ACTE II. — SCENE IX
LAMBERT, même jeu.
Eh bien, examinez de près ce diadème : vous verrez qu'il est parfait. Non seulement il n'est pas lourd, il n'écrase pas ; mais, au contraire, il est léger, fin, gracieux; c'est une vraie dentelle, quoi!
LE DOCTEUR
Oui, oui !
LAMBERT
Je suis, d'ailleurs, certain que votre femme, docteur, le trouvera ravissant.
LE DOCTEUR
Ma femme?
LAMBERT, avec un petit air entendu.
Oui, docteur, je sais que ce bijou est destiné à Madame Garin...
LE DOCTEUR
Ah ! oui !
LAMBERT
C'est Madame de Saint-Alain...
LE DOCTEUR
Madame de Saint-Alain?
LAMBERT
Oui, docteur, c'est Madame votre sœur qui me l'a dit...
LE DO C T EUR
Ah! bon, bon, parfait!
Pour ce qui est du prix, il n'est pas élevé. A dix-huit mille francs, cela n'est pas cher. D'ailleurs, je dois
vous dire qu'à Paris, je ne vous le céderais pas à moins de vingt-cinq mille francs.
LE DOCTEUR
Vingt-cinq mille !
LAMBERT
Oui, docteur, vingt-cinq mille; pas un sou de moins. Seulement, ici, je veux bien consentir à un sacrifice, n'est-ce pas?
LE DOCTEUR
Oui, oui!
LAMBERT
Madame de Saint-Alain vous a, peut-être, dit les circonstances particulières dans lesquelles je me trouve et qui m'obligent à me défaire de ce bijou? ...
LE DOCTEUR
Oui, oui... Je sais tout cela.
LAMBERT
Alors, Madame votre sœur a certainement dû vous dire qu'à dix-huit mille francs, c'est une occasion, une véritable occasion. D'ailleurs, le prince Kougelof, que vous connaissez peut-être?...
LE DOCTEUR
Oui, oui!
Eh I bien, le prince Kougeloff était de l'avis de Madame votre sœur...
LE DOCTEUR, l'iaterrompantet le regardant droit dans les yeux.
Oui... dites-moi?.. .