U EC TU H
Mes douleurs... Depuis que j'emploie le remède
d Alice il s'assied sur une chaise devant la cheminée la transpiration, je n'en ai plus.
A LICE
Ah! lu vois!
MADAME NO YEUX, à sa fille.
Qu'est-ce qui t'a indiqué cela?
ALICE
Je ne sais plus; c'est un remède de bonne femme que j'ai lu quelque part.
HECTOR, regardant sa montre.
Écoutez, vous direz ce que vous voudrez, mais Jeanne est en retard.
ALICE, à sou mari .
Quelle heure as-tu?
HECTOR
Six heures et demie.
ALICE
Tu avances certainement.
HECTOR
Pas du tout !
MADAME NO YEUX, tirant sa montre.
.Mes enfants, il est exactement six heures dix.
HECTOR
Je ne pourrai pas attendre aussi longtemps.
A LICE
Nous n'allons, pourtant, pas nous mettre à table sans elle?
UECTOR.
Bien entendu! Seulement je vais manger quelque chose.
MADAME N OYEUX.
Pour vous empêcher de dîner, n'est-ce pas?
A LICE
Maman a raison. .Ne prends rien maintenant : ça le couperait l'appétit... Voyons, sois raisonnable...
UECTOR.
Nous avons une façon de vivre!... Je trouve que l'on devrait manger quand on a faim.
a c t e il. — s ( ; i : n i : pu e m i i ; r e. 311
M A DAME N Û V E l X .
Il faut manger aux heures des repas !
HECTOR
Ce sont les cuisinières qui disent cela.
M A D A M E N 0 YEUX
Ce sont les hygiénistes.
ALICE, à Hector.
Comment se fait-il que lu aies si faim?
HECTOR
Je ne sais pas... C'est, peut-être, parce que j'ai quitté le bureau plus tôt... J'ai marché... ça m'a creusé.
ALICE
Où es-tu allé?
HECTOR
Je suis passé chez le médecin.
MADAME NOYE L X , vivement.
Au sujet d'Alice?
Il ECTOR.
Précisément !
ALICE
C'était inutile !
MADAME Mi Y E IX.
Laisse donc parler ton mari, voyons! a. Hector.) Qu'est-ce qu'il vous a dit?
HECTOR
Eh bien, mais qu'il avait examiné Alice el il m'a
confirmé la bonne nouvelle. Dans quelques mois, ma femme m'aura donné un héritier...
ALICE, riant.
... ou une héritière.
HECTOR
Non ! 11 m'a assuré que ce serait un garçon.
MADAME NO YEUX
Si j'avais su, je serais allée avec vous.
ALICE, à M"" N'oyeux.
Mais pour quoi faire, maman?
MA HA M E NOYEl \.
Pour savoir s'il te trouvait bien.
HECTOR
Je le lui ai demandé, comme bien vous pensez... « Votre femme, m'a-t-il répondu, va aussi bien que possible. Autant, l'an passé, je l'ai trouvée agitée, neurasthénique : autant, maintenant, je la trouve calme et de nerfs reposés... L'important, a-t-il ajouté, c'est qu'elle ne se surmène pas! .
MADAME NOYEUX.
Lui avez-vous demandé si Alice devait continuer ses promenades dans la journée?
HECTOR
Ma foi, je vous avouerai que je ne lui en ai pas parlé.
ALICE
Mais naturellement : c'est ce régime-là qui m'a fait du bien .. Quand on est neurasthénique, comme je le suis, il n'y a qu'un remède... c'est de faire ce que je fais... de longues promenades toute seule.