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M A D A M E N O Y E UX

VOUS Connaissez mon enfant? (Robert fait signe que oui

■le la tête. Mais, parlez, Monsieur!

ROBERT

Uui, Madame... je parlerai... Mais je vous en supplie encore... demeurez calme.

MADAME > OYEUX, inquiète.

Je vous en prie, Monsieur!

ROBERT

Madame! [Baissant lavoix. Votre iille est enceinte.

M A DAME N Ù Y E U X. éclatant de rire.

Eh ! parbleu ! Je le sais bien !

ROBERT, interdit.

Ali ! vous savez...

M A D A 51 E N OYEUX, même jeu et se levant.

Dame !

ROBERT, se levant.

Et vous savez tout?

M A D AMi: N OYEUX, énervée.

Tout quoi?

RoliERT.

Le nom?

MADAME NO Y EUX, même jeu.

Quel nom?

Le nom de son amant !

M A D A M E N 0 YEUX, ^ur>autam .

Son amant! Mais, Monsieur, ma fille n'a pas d'amant!

ROBERT, presque tragique.

Si, Madame! Et c'est son amant que vous avez devant vous !

.\1 A D A M i: N 0 V EUX, suffoquant.

Vous?

ROBERT, avec volubilité.

Madame! Je vous en prie, écoutez-moi... Jesuis un galant homme... et je saurai ne pas faillir à mon devoir... Votre fille est ma maîtresse depuis près de sept mois... Je l'aime passionnément et quand, tout à l'heure, chez moi, elle m'a dit qu'elle allait être mère, cela a été pour moi un véritable coup de bonheur; mon amour s'en est accru et j'ai voulu, malgré sa défense, venir vous trouver et vous mettre au courant de la situation. Cela n'a pas été sans peine. La chère enfant, par crainte de vous, m'avait toujours laissé ignorer son nom et son adresse... Je l'ai donc suivie... Elle est allée jusqu'à la station des tramways de la rue Taitbout, où vous êtes venue la rejoindre; puis, toutes deux, vous êtes entrées ici. Le concierge était sur la porte. « Ce sont bien les dames Durand qui viennent d'entrer? » lui dis-je en vous désignant... Durand, un nom que je venais d'inventer... — « Non, Monsieur, me répondit-il, c'est Madame NoyeuK et sa fille, les locataires du troisième. » — C'est ainsi que j'appris votre nom...

M A H A M i; N OYEUX.

Bref, Monsieur.

Af.TK II. — SCÈNE X. 329

ROBERT, digne et avec émotion.

Bref, Madame, vous êtes mère; vous êtes bonne; vous pardonnerez! Quant à moi, je vous le répèteje connais mon devoir : je n'y faillirai pas... Solennel. J'ai l'honneur, Madame Noyeux, de vous demander la main de votre fille.

M AI» A ME NOYEUX.

La main?

ROBERT

Oui, Madame!

MADAME NOYEUX, éclatant.

Mais, Monsieur, ma tille est mariée!

ROBERT, ahuri.

Mariée?

MADAME NOYEUX.

Eh! oui! Monsieur, ma tille est mariée... Je ne sais pas ce que vous venez me chanter là !

ROBERT

Mariée! votre fille est mariée?

MADAME NOYEUX.

Depuis trois ans... oui. Monsieur!

Vous m'envoyez tout abasourdi... C'est pourtant bien vous qui étiez, tout à l'heure, rue Taitbout!... Enfin ! je vous reconnais bien.

MADAME NOYEUX.

Oui, Monsieur, en effet, j'étais rue Taitbout; mais vous vous êtes trompé, voilà tout. Enfin, Monsieur s'il

faut absolument vous convaincre, c'est facile!.. (Appelant.) Alice! Alice!.. (A Robert.) Vous allez voir ma tille!

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