SCÈNE PREMIERE
Non, non et non ! Tu avoueras qu'il esl insupportable, lorsqu'on est à la campagne, d'employer ses matinées à l'aire passer des examens de mécanique à son mari.
NOCK.
Tu as voulu une voiture ?
MADAME NOCK.
"" Certainement ! Mais pour me promener, pour voir du pays, pour passer d'agréables vacances, et non pas pour demeurer enfermée, en tète à tête, avec toi. dans une remise.
NOCK.
Merci.
MADAME NOCK.
C'est vrai ! Nous habitons déjà un endroit éloigné de tout...
NOCK.
C'est un pays de routes.
MADAME NOCK.
* Un désert.
NOCK.
Nous ne sommes pas les seuls. Regarde nos voisins.
M AD AMI-: NOCK.
^ Nos voisins? Nous avons des voisins?
Enfin! Ces gens qui sont à cent vingt kilomètres d'ici... Ils sont tout aussi isolés que nous, et ce sont des personnes très chics.
MADAME NOCK.
. Qu'en sais-tu? Tu ne les connais pas.
NOCK.
Je les ai vu passer... Ils ont une voiture d'au moins 60 chevaux... Mais, ici, c'est un pays merveilleux... 11 y a des excursions admirables... des randonnées...
MADAME NOCK.
Des randonnées ! Parlons-en de tes randonnées ! Depuis trois mois que nous nous morfondons sur ce grand chemin... toutes les fois que nous avons voulu en sortir, il y a eu des pannes, des accidents... Nos seules promenades ont été de cette remise au garage de la ville. D'ailleurs, pour moi, Arthur avait raison: celte voiture est trop lourde.
Ce chauffeur disait cela pour le plaisir de nous faire grimper les côtes à pied... Et la preuve, c'est que son successeur soutenait, au contraire, que la voilure étail trop légère et exigeait que nous emmenions toujours la femme de chambre.
MADAME NOCK.
Parbleu ! Il en était amoureux.
NOCK.
Tu crois?
J'en suis sûre.
NOCK.
C'est donc pour cela qu'il avait trouvé que le poids de cette fille correspondait à celui qui manquait au châssis... Enfin, qu'est-ce que tu veux, nous avons eu des mécaniciens impossibles, je les ai renvoyés.