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SCENE III

MADAME FLOCHE

Mais, mon pauvre ami ; je les ai tous faits les bureaux de placement; ils ne connaissent que moi làdedans ; j'y suis célèbre ; à force de changer de domestiques, savez-vous comment on m'y appelle? La dame qui tue ses bonnes !

BRINGUE

Charmant !

MADAME FLOCHE

Je me suis adressée aux journaux; j'ai fait passer des petites annonces ; j'ai fait appel à la province et même à la Suisse, cette patrie des gens de maison. Eh bien, toutes celles qui venaient s'en retournaient le lendemain.

BRINGUE

Le service n'est pourtant pas dur !

MADAME FLOCHE

Dur ! Mais elles font ce qu'elles veulent; je consens à tout; je leur passe tout. Tenez ! Une qui aimait la musique a [tassé le peu de temps qu'elle est restée icià jouer au piano, sur un doigt, les adieux de Manon; elle m'avait proposé de me donner des leçons: j'avais accepté. Une autre, un peu nerveuse, à qui des douches étaient ordonnées, restait des heures entières, toute nue, dans *a cuisine à faire de l'hydrothérapie. Une troisième passait son temps, dans la cour, à faire de la bicyclette. Enfin ! cher ami, j'ai tout permis, tout promis : rien n'y a fait. De guerre lasse, je suis allée consulter un médium.

Vous y croyez ?

MADAME FLOCHE

Oh ! Je crois à tout.

ISHINf. 1 E.

Vous êtes comme moi, je ne crois à rien !

MADAME FLOCHE

Et alors, après avoir évoqué quelques esprits, naturellement domestiques, il m'a déclaré que je n'avais qu'une chose à faire : c'était d'aller demeurer à l'hôtel.

BRI NG l'F,

C'est une solution...

MADAME FLOCHE, apeurée el à vois basse.

Chut ! la voici... Parlons d'autre chose...

Entre, par la droite, Gcrtrude.

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