‹ Quelques considérations à propos du chauffage central en matière d'hygiène domestiqueChapitre 13 sur 46 · LS PESE · texte numérisé non relu

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tilées. L'air doit y être incessamment renouvelé aussi bien l'hiver que l'été, par les moyens les plus divers adoptés aux différents climats, à la seule condition qu’il n'en résulte aucune gêne pour les habitants ».

Certes, si d’une manière générale on tient compte de toutes ces règles, lorsqu'il s’agit de la ventilation des ateliers où la responsabilité d’un patron est en jeu; il n’en est plus de même dans les appartements particuliers où la seule préoccupation des habitants est d'en assurer le chauffage.

L'éducation du public est entièrement à faite sur la question de l’aération. Il est nécessaire de répéter sans relâche que la ventilation permanente des locaux habités est capitale. On a trop l'habitude de fermer hermétiquement toutes les ouvertures dès que la température extérieure se refroidit.

Si l’on considère que dans les appartements chauffés par le chauffage central, l’appel d’air qui se fait par les joints des portes et des fenêtres est insignifiant, 1l est de toute évidence que seule la différence de température entre l'air exténieur et l'air intérieur qui tendent à équilibrer leur tension ne peut pas suffire à établir une ventilation convenable.

On est donc amené à avoir recours à la ventilation artificielle pour assurer d’une manière efficace et permanente le remplacement de l'air vicié par de l'air pur.

Certes, la ventilation intermittente, pratiquée en ouvrant les fenêtres plusieurs fois par heure pour une courte durée, est un bon moyen d'assurer la pureté de l'atmosphère intérieure, mais elle n’est pas toujours sans soulever les protestations des occupants et elle les astreint à une obligation qui ne tarde pas à les lasser.

Nous ne croyons pas devoir décrire ici les divers modes de rate :

de ventilation artificielle. Laissant de côté les procédés qui utilisent soit la propulsion, soit l'aspiration pour faire pénétrer l'air du dehors, paree que ce sont là des méthodes dispendieuses qui ne conviennent qu'aux salles de spectacles, de même nous éliminerons tous les appareils de ventilation qui ne font qu’agiter l'air sans le renouveler, comme cela se

produit avec les pankas ou les appareils hélicoïdaux électiques que l’on place au milieu d'une pièce. Nous nous permettrons cependant de rappeler les petits moyens de ventilation qui nous paraissent les plus pratiques. |

Tout d’abord l'air que l’on se propose d'introduire dans un local doit être aussi pur que possible. Aussi convient-il de le prendre directement et par le chemin le plus court à. l'atmosphère extérieure en établissant la prise, non pas au ras du sol, ce qui serait insalubre, mais un peu au-dessus. Ensuite, comme l'air expiré est chaud et monte vers le plafond, les orifices de sortie de l'air vicié se trouveront à la partie supérieure des appartements. Nous placerons au contraire les orifices d'entrée à la partie inférieure, de façon à réaliser une ventilation ascendante qui est la seule rationnelle.

Comme onfices d'entrée de l’air, nous pourrons employer soit les vitres perforées d’Abppert, avec registres pleins pour la modération du courant, soit les vitres contrariées du Docteur Castaing. Ou bien nous pourrons pratiquer franchement des orifices en face les radiateurs de telle façon que l'air neuf, dès sa pénétration, sera porté à une température douce et agréable. Cependant nous n’oublierons pas que l'intensité de la ventilation étant proportionnelle à l'écart entre la température du dehors et celle de l'intérieur, ces orifices devront être munis de fermetures à persiennes qui permettront de les ouvrir plus ou moins largement.

L'’évacuation de l'air vicié sera assurée par des impostes mobiles placés en haut des fenêtres, ou bien encore par des corniches ventilatrices ou briques perforées situées à la partie supérieure des parois de la façade.

Nous ne prétendons d’ailleurs pas assurer par des moyens aussi simples une ventilation idéale, mais du moins, bien appliqués, ils marqueront déjà un certain progrès sur ce qui a été fait jusqu'ici pour l’aération des maisons particulières.

B. — Humidification de l’air. — Quant à ce qui touche

à |’ humidification de l'air, le problème est peut-être plus

difficile. Nous avons vu en effet dans notre deuxième chapître que dans les expériences pratiquées à the School of. Home Economics, on n’était pas parvenu à maintenir un état hygrométrique satisfaisant malgré que l’on ait fait tout le nécessaire pour assurer une ventilation suffisante.

Néanmoins, nous pensons que l’on peut remédier en majeure partie à la trop grande sécheresse de l’air en disposant sur les radiateurs des récipients d eau présentant une large

“surface d’évaporation.

Ellen Reynolds conseille d’avoir dans les appartements des plantes à larges feuilles. Nous savons en effet que l'excès de l’eau absorbée par les racines est évaporée par les feuilles. Cependant il ne faut pas oublier que les végétaux sont des êtres vivants comme les animaux, qu'ils respirent et que par suite ils appauvrissent en oxygène l’air qui les environne tandis qu'ils y rejettent du gaz carbonique. Donc, en principe, cette méthode ne sera employée que lorsque on aura la ceititude d’avoir établi une bonne ventilation.

Il semble d’ailleurs que l’auteur n'ait pas tenu compte: de cette observation courante qüe les plantes exposées dans une pièce chauffée par le chauffage central se dessèchent et meurent parce que l'état hygrométrique de l'air est toujours inférieur à leurs besoins.

€. — Surveillance de la température. — Une autre mesure s'impose encore pour prévenir cette sécheresse de l’air, c'est la surveillance de la température des appartements. Rien n'est plus facile, nous semble-t-il, que d'éviter ces hautes températures de 26 et 27° que nous avons observées plusieurs fois.

Tout radiateur est précédé d'un robinet à double réglage: un réglage qui est déterminé par le constructeur, permet le passage du maximum de vapeur que le radiateur est capable de condenser, le second est à la disposition de |’ occupant qui peut faire entrer plus ou moins de vapeur selon l'intensité de chaleur qu'il veut obtenir. Il suffira donc de placer un thermomètre ‘dans les pièces et de ralentir le chauffage chaque

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fois que la température s'élèvera au-dessus de 18°. On pourra même alors ouvrir largement une fenêtre de façon à restituer plus rapidement une température normale à l’atmosphère.

poussières devra être poursuivie partout. Certes nous ne conseillons pas de supprimer tous les nids à poussières tels que tapis, tentures, étc.., car nous aurions bien peu de chances d'être entendu.

Comment les faire disparaître cependant et cela sans secouer par les fenêtres les tapis et les linges qui ont servis au nettoyage ?

D'abord nous devons considérer comme inefficaces et même malsains le balayage et le nettoyage à sec. On a imaginé bien des artifices pour empêcher les poussières de voltiger dans l’air sous l'influence du balayage. On a cherché à les rendre adhérentes aux parquets par l'emploi de substance nommée anti-poussières. Dans tous les procédés employés le principe est toujours le même: enduire les parquets d’un vernis ou d’une cire gluante qui forme à la surface de ceux-c1 des chatons gras et assez volumineux à la place des fines particules de la poussière ordinaire. On promène alors sur ces parquets des linges humides pour enlever les chatons de poussières.

Nous ne saurions trop recommander pour les appartements chauffés par le chauffage central les systèmes qui aspirent les poussières par le vide. Une machine à vapeur ou à pétrole est placée dans la rue où elle fait le vide. Dans l’appartement des suçeurs de différents calibrés sont promenés sur les tapis, “sur les rideaux, sur les meubles, etc... En quelques heures l'appartement est vidé de ses poussières qui s’accumulént dans la rue, à côté de la pompe aspirante; les tapis et tenturés ont repris un aspect neuf.

D. — Hygiène du vêtement dans la rue et dans les appartements. — Nous avons vu que pendant la saison rigoureuse, la différence de température entre l’air intérieur et l'air libre

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pouvait être considérable. Les habitants, en sortant de leurs appartements, devront donc se garantir contre ces variations brusques et c’est naturellement au vêtement que cette protection sera demandée.

C'est lui en effet qui aide l'organisme dans ses fonctions de régularisation thermique et le protège contre les influences extérieures nuisibles. Les expériencés de Rubner nous ont montré que si la température extérieure est d'environ 15° on peut remarquer que, tandis que la surface cutanée recouverte par les vêtements atteint 36 et 37°, la température de la peau dans les régions découvertes ne s'élève pas au-dessus de 29°. On voit par là que le vêtement économise à l’organisme une notable déperdition de calories. Il est à déplorer qu'il ne soit pas toujours considéré au point de vue exclusif de l’hygiène. Sa forme et la nature dont il est fait sont trop souvent une pure question de mode et d'ornement, et en matière de chauffage central on peut dire que l "usage d’un certain nombre de vêtements légers en flanelle s’est imposé pour parer à cette obligation de l'hygiène. Nous admettons que dans la façon de se vêtir, chacun, et la femme surtout, tienne compte du besoin impérieux de se plaire à soi-même et de ne pas choquer le regard des autres, mais 1l importe de ne point sacrifier à ce besoin très légitime l'obligation pour tous de se bien porter et de ne point contrarier les lois de la nature.

Nous n’oublierons donc pas que le vêtement ne doit être ni trop ample, ni trop serré; qu'il doit être léger quand nous nous trouvons dans les appartements chauffés de façon à ne point gêner l’évaporation de la sudation cutanée et que c'est au vêtement de laine que nous aurons recours pour descendre dans la rue parce que c’est celui qui conserve le mieux notre chaleur sans apporter aucune entrave aux échanges qui se font au niveau de la surface cutanée.

Les fourrures, indispensables dans les régions froides, et qu'on porte en dédänsl tandis que chez nous on les porte en

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dehors, ne sont guère que la marque de luxe et de l'ostentation.

Bornons-nous à recommander aux jeunes femmes de se décolleter le moins possible et de songer que lorsqu'elles exposent à l'admiration publique le satin de leur peau, l’angine, les pneumonies, les bronchites, les pleurésies sont là qui les guettent.

La température des chambres à coucher est également le plus souvent trop élevée. |

En France nous avons déjà tendance à exagérer la mollesse du lit, à utiliser trop de plumes, trop d’édredons et de courtes-pointes. Cet usage, Joint à la température trop élevée, provoque des sueurs abondantes et par suite un grand affaiblissement qui incite à prolonger le sommeil. Or le sommeil trop prolongé fatigue, engourdit l’activité morale et intellectuelle.

Ne craignons donc pas de laisser une fenêtre entr’ouverte pendant notre sommeil et veillons à ce que la température ne soit pas trop élevée, moins élevée que dans les autres

pièces.

E. — Supprimons les dates fixes jee l’allumage et l'extinction du chauffage. — En dernier lieu, nous ne pou-

vons nous empêcher de nous élever contre la mauvaise habitude que l’on a d'’instituer des dates fixes pour l'allumage et l'extinction du chauffage central, même dans les maisons particulières.

Nous savons tous que dans nos climats la nature est capricieuse, que souvent le mois d'octobre nous réserve encore de beaux jours, mais que souvent aussi, il nous surprend par des vagues de froid auxquelles nous sommes d'autant plus sensibles que notre organisme en avait perdu l'habitude. Avril nous réserve aussi les mêmes surprises et voilà souvent les causes des recrudescences de rhumes, bronchites, grippes, etc... Nous ferions bien mieux de tenir nos appareils prêts à fonctionner dès que la température s’abaisse. La nécessité de la suppression des dates fixes dans l'allumage et l'extinction du chauffage s'impose.

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