‹ Quelques Considérations sur le Mécanisme, la Symptomatologie Et Le Traitement Des Fractures Du Bassin En GénéralChapitre 15 sur 26 · SN DES · texte numérisé non relu

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verse. Au moment où il se relève, il ne peut éviter d’être atteint par une (les deux roues de son chariot dont le poids total est de 1200 à 1400 kilogrammes. L'homme était alors couché sur le côté gauche, et la roue est passée sur le grand trochanter droit Ce dernier point est le seul qui porte une ecchymose primitive. C'est aussi le seul qui réponde à une déchirure des vêtements.

Immédiatement après l’accident, le blessé constate qu'il peut encore mouvoir bras el jambes, maisil est incapable de se relever : on le transporte à son domicile sur une voiture garnie d’une couche de paille. Dès les premières heures, il se plaint d’une douleur nrépondérante ; celle de ne pouvoir uriner.

Le 17. — Le cathétérisme est pratiqué à trois reprises différentes, mais il est impossible de faire pénétrer la sonde jusqu’au fond, d'abaisser le pavillon etd’amener l'instrument à la direction horizontale. Pendant ces manœuvres qui sont conduites avec la plus grande douceur, l'exploration métallique se heurte au contact dur et rugueux de l'os fracturé. L’urine sort, mais en petite quantité; elle s'écoule en bavant sans jamais être lancée en jet. Cette urine est très abondamment chargée de sang, ere blessé ne se trouve que médiocrement soulagé.

Le 148 mars. —-- M. Guermonprez de Lille constate avecmoique le blessé peut assez facilement étendre et fléchir les jambes, mais le mouvement communiqué devient très douloureux dès qu'on fait la moindre tentative pour écarter les genoux. Les se cousses iraprimées sur la crête iliaque ou sur le grand trochan- Ler retentissent douloureusement. Une ecchymose tardive s’est développée sur tout-le périnée et s'étend vers le scrotum. La région estprofondément déformée par une taméfaction qui à d’abord été médiane, mais qui a pris un plus grand développe-

ment à gauche qu’à droite. Pendant le cathétérisme on constate

les mêmes faits signalés plus haut, sauf le contact osseux, i] est évident que le cathéter se perd dans un antre périnéal rempli d'urine ; le blessé urine dans l’espace celluleux qui bombe vers le périnée, et c'est cel espace dépourvu de contractilité qui est vidé par la sonde. Quelque soin que l’on prenne à rechercher une portion centrale de l’urèthre, on-ne peut parveve.ir à en trouver la moindre trace. La boutonnière périnéale est proposée el acceptée par le blessé. Un copieux lavage est praliqué au savon et à la solution normale de sublimé.

Le bislouri est plongé directement et pratique de haut en bas une boutounière longue de 4 à 5 centimètres et s'arrête à deux travers de doigt en avant de l’anus.

D'emblée. il s'écoule un flot d'urine, avec une petite quantité de sang sans aucun jet artériel. Le chirurgien retire les doigts de la plaie. Tout aussitôt le blessé s’empresse d’uriver dans la poche dont il s'agit, et en écartant de nouveau avec les doigts les lèvres de la plaie, le chirurgien donne issue à un nouveau flot d'urine. On reconnaît par le toucher le moignon antérieur d’une part, le moignon postérieur, d’aulre part : dans ce dernier se trouve le bulbe de l’urèthre : mais le doigt passe très facilement en avant et au-dessus, parcourt toute l'étendue dela cavité de Relzius derrière la symphyse pubienne et même un peu au-dessus. Au moment de retirer le doigt, en longeant le bord gaucFe du squelelte, on reconnait une fracture de la branche descendante du pubis gauche au point où elle se confond avec la branche ascendante de l’ischion; ce fragment postérieur fait saillie en dedans. La sonde passe régulièrement dans le bout antérieur de l’urèthre, vient faire saillie dans cette vaste plaie en un point très voisin de la peau.

Il est facile de reconnaître de visu qu'il ne reste plus aucun

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débris de muqueuse pour le rattacher au bout postérie ur. A ce moment précis on voit le blessé évacuer une urine parfaitement transparente vers la partie postérieure et inférieure de la plaie. Le chirurgien s'empresse de vouloir introduire une sonde cannelée dans ce pertuis qui doit le conduire au bout postérieur ; malheureusement le moinlre contact interrompt l'acte de 14

miction et, cuincidence malheureüse, pendant toutes les ma-

nœuvres précédentes, le blessé n'avait pas perdu son temps ;

il s'était empressé d’évacuer lout ce que sa vessie contenait en-

core d'urine. Un nouveau lavage au sublimé est pratiqué et le

blessé est replacé sur son lit. Il reconnait bien que la douleur

principale n’a pas été l’incision, ni les explorations ultérieures,

c'était certainement l’écartement des genoux. Il se sent d’ail-

leurs très soulagé.

Les jours suivants on fait dans la plaie des injections multiples à l’eau boriquée et une éponge trempée dans cette eau est maintenue sur la plaie.

Le malade perd ses urines par la plaie et se trouve de plus en plus soulagé. L'immobilité qu'il garde autant qu'il le peut contribue pour une large part à ce bien-être.

Le 8 avril, avec l’aide de M. le D° Guermonprez, on essaie d'introduire une sonde dans le canal et de la faire pénétrer dans la vessie. Mais la vive douleur que provoque chez le malade l’écarlement des jambes l'empêche complètement d’uriner, eL onne peut réussir dans cette tentative.

LEE - J'essaie de nouveau d'introduire une sonde, cette tois je suis plus heureux et je puis, tandis que le malade urine, introduire une. sonde cannelée dans la vessie. Maintenant ma sonde cannelée de la main gauche, je fais introduire une fine

| sonde dans l'urèthre, je la relire par la plaie et au moyen d’un

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stylel introduit dans l’œil de la sonde, je la pousse dans la vessie en suivant la rainure de la sonde cannelée.

Le 15. — Le malade urine par sa sonde.

Le 16. — La sonde trop élroile s’est bouchée ; elle est retirée. Par suile d’une fausse manœuvre d'un aide, la nouvelle sonde introduite est retirée de la vessie. J'essaie en vain de retrouver l'orifice vésical ; je ne rencontre qu’un orifice trop large et remontant trop près de la paroi abdominale pour être celui qui estrecherché. La sonde y est introduite quand même : elle sert de drain à la cavité de Betzius.

Le 17. — Le malade urine par la plaie ; il ne sort rien par la sonde. La sonde est retirée.

Le 25.— Le blessé continue à s'améliorer. appétit est revenu et les douleurs sont moins vives dans les mouvements des jambes. La plaie périnéale se rétrécit. Une nouvelle tentative d'introduction de sonde est faite, mais sans aucun résultat. 11 esl alors décidé qu'on laisse à plus tard tout essai de restauratioh du canal, la fistule urinaire ne gênant pas trop le patient pour le moment. :

10 mai. — Le malade sent très nettement le besoin d'uriner. La miction n’est pas douloureuse. Son état général ne cesse pas de s'améliorer. L’urine sort en formant un jet.

3 juin. — La femme du blessé prétend avoir vu sortir des matières stercorales par la plaie périnésle. En surveillant le malade, je ne remarque rien personnellement : injections boriquées redoublées dans la plaie. “

Le 15. — L'état général semble moins bon, je trouve un peu de matières stercorales dans la plaie. On Re les injections

antiseptiques, lavements fréquents.

Le 30, — La quantité de matières stercorales auxquelles la

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plaie donne issue semblant augmenter, la rectotomie linéaire

postérieure est faite au thermo-cautère par le D' Guermonprez. Le malade supporte bien le chloroforme Pendant les six semaines qui suivirent celte opération, il n’y eut plus de matières stercorales dans Ja plaie périnéale qui se réduit à une étroite fistule. L'état général du patient s'améliore de nouveau.

2 août. — Le malade a laissé passer quelques gouttes d’urine par la verge, mais, habitué à être soigné refuse de se lever. La

plaie qu’a laissée la rectotomie est à peu près guérie.

Le 18. — M. le D' Guermonprez amoneste vivement le malade. Devant nous il s’assied sans aucun aide.

Les jours suivants,la maladese lève chaque fois qu'il a besoin d’uriner. La miction s'opère debout et il passe une quantité notable d’urine par la verge. |

Pendant un mois le malade se lève régulièrement, marche,

s’assied dans son jardin. L'état général est très bon.

17 septembre. — Le malade se plaint d'une vive douleur dans la région supérieure de la face postéro-interne de la cuisse gauche. Il y a de là rougeur et de Ponoatement an niveau du pli fessier et jusque trois travers de doigt-en dessous. Cataplasme de farine de lin, frictions à l’onguent mercuriel belladoné. T. 38,8. :

Le 21. — Tous ces phénômènes se sont dissipés, le malade se lève de nouveau. S :

Le 30. — Nouvel empâtement de la même région, T. 3%, 1.

4 octobre. — L’empâtement n’a guère diminué. La tempéra-

ture reste au dessus de la normale. Le malade se plaint d’une

douleur dans le ventre. Vers le milieu de la ligne unissant

l’ombilic à l'épine iliaque supérieure gauche, il y à un point

particulièrement douloureux. Le malade prétend qu'il se pro-

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duit là par moments une grosseur très douloureuse du volume d'une petite noix. La percussion ne révèle rien. Des cataplasmes de farine de lin et des frictions mercurielles belladonées amènent un rapide soulagement. Le malade depuis qu'il est au lit, c’est-à-dire depuis le 30 septembre, urine très peu par la verge. La miction se fait par la fistule périnéale et est un peu douloureuse. La température se maintient entre 37°,9 et 38°,6.

Le i8. — La grosseur du ventre semble augmenter et un abcès se forme nettement dans la région supérieure de la cuisse gauche, |

Le 21. — L’abcès de la cuisse est descendu jusqu’à la partie supérieure du 1/3 moyen. Il menace de décoller les parties inférieures. Je l’ouvre aussi bas que possible. Cette ouverture donne issue à une grande quantité d'urine mélangée d'un pus à odeur très fétide. Des injections antiseptiques sont faites au moyen d’un drain profondément engagé dans la plaie. L'état général du malade s'aggrave rapidement.

L'examen du ventre donne à la palpation de l’induration dans loute la losse iliaque gauche, excepté au niveau de l’endroit où se montrait la grosseur. À la percussion, de la sonorité partout, mais une sonorité tympanique plus marquée à l'endroit où se montrait la grosseur.

Le 28. — L'état général du malade, devient de plus en plus grave. Autour de l’endroit où se montrait la grosseur, il semble se produire un décollement de la peau. L’urine s'écoule par la cuisse et la plaie périnéale ne donne plus issue qu’à des lambeaux de tissu cellulaire sphacélé et à une très grande quantité de pus.

3 novembre. — Le malade a cessé de manger. L'état des par-

ties est le même, Une issue fatale ne se fera pas attendre,

Le 4. — Le malade succombe à 4 h. du matin.

Autopsie. — L'autopsie du cadavre à pu être faite, mais dans des condilions de temps et de lieu qui m'ont obligé à renoncer à l'examen des organes autres que ceux qui ont été intéressés par la blessure.

Je tiens à remercier M.le D: Guermonprez du concours qu'il a

bien voulu m'apporter encore en cette circonstance,

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