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dépression anormale à la région pariétale droite et, soupçonnant une fracture du crâne, dirigea immédiatement le blessé sur l'hôpital après lui avoir appliqué un pansement provisoire. ME | Mais, le diagnostic ne s'établit pas toujours aussi facilement : auand le périoste est intact, l'inspection ne fournit souvent aucune indication, et le toucher pratiqué avec soin ne trahit aucune aspérité qui puisse éveiller l'attention. Dans ce cas, il faut recourir aux symptômes rationnels: le bruit : de pot fêlé entendu par les assistants a une sérieuse valeur ; la forme, la nature du corps contondant, la puissance avec laquelle il a été lancé peuvent encore fournir des renseignements utiles ; et, quand la fracture à été méconnue un certain temps, la douleur, en un point fixe, le mauvais état de la plaie s'accompagnant d'un état fébrile général, la suppuration continue, le décollement du périoste, les symptômes généraux mettent sur la voie du diagnostic. C’est ce qui s'est passé pour ce quartier-maître, dont nous avons parlé (Observation VI): l’attention a été éveillée par cette attaque d’épilepsie survenant brusquement et, pour la première fois, chez cet homme âgé de vingt-quatre ans, par la douleur de tête ayant son siég'e spécial à la région sus-orbitaire g'aucne ; enfin, le diagnostic a été établi par la présence du pus soulevant la cicatrice qui venait de se former, et surtout par les
mouvements réguliers d’ascension et de descente du pus dans
le trajet fistuleux, mouvements qui prouväient une communication avec l’intérieur du crâne.
D’autres fois, Les os sont à nu et l’on se trouve en présence d'une fissure qui peut être méconnue, d’une suture normale ou anormale qui peut être prise pour un trait de fracture et donner lieu à une application du trépan.
Une troisième variété des fractures du crâne est celle des
fractures de Ja base dont nous avons déjà expliqué le mécanisme. Pour arriver à les reconnaître, on est surtout obligé de recourir aux signes rationnels dont les plus importants sont : PRES
1° Zes ecchymoses et particulièrement l’ecchymose palpé- . brale, sur laquelle MM. Maslieurat-Langemard et Velpeau ont les premiers attiré l’attention : ce signe a une valeur d'autant plus grande, que son apparition est plus tardive; toutefois, il peut exister sans fracture, à la suite de larupture de vaisseaux sans importance. Les ecchymoses sous-occipitales et sous-mastoïdiennes s’observent plus rarement, car la lésion qui les produit étant grave, la mort vient le plus souvent arrêter la transsudation du sang des parties profondes vers la peau.
2 Keoulement de sang. — Les hémorrhagies par l'oreille ont une réelle importance, car on les a très souvent rencontrées dans les cas de fractures de la base : il ne faut pas oublier cependant qu’elles peuvent être dues à la déchirure du tympan, à la lésion des parties molles du conduit auditif externe. L'écoulement de sang par les fosses nasales n’a de valeur réelle que lorsqu'il est très abondant et très prol:ng'é, sans qu'il y ait fracture ou contusion du nez.
3° ÆZcoulement de liquide séreux. — Sans entrer dans la discussion des nombreuses théories qui ont été données sur la source probable de ce liquide, nous: nous contenterons de faire remarquer que ce symptôme a une importance très grandeau point de vue du diagnostic, car, lorsque l'écoulement a lieu par l'oreille, il indique d’une manière presque certaine une fracture du rocher ; s’il se fait par le nez, il implique l'existence d’une fracture de l’étage supérieur du crâne.
4 ssue de la substance cérébrale. — C’est un signe certain ds fracture du crâne, soit que la substance cérébrale se fasse
jour par une solution de continuité des os de la v oute.. soit par le nez ou par l'oreille.
° Zésion des nerfs. — Les nerfs les plus f'équemment et sont l’acoustique et le facial, par suite de la fracture du rocher. La lésion de l’acoustique entraîne la surdité, et
- celle du facial, la paralysie du côté correspondant à la frac-
ture : la lésion des nerfs olfactifs est très rare.
On a encore observé des chutes de la paupière supérieure, de l’amaurose, de la diplopie, ete... qui, bien que n'étant pas un signe certain de fracture, peuvent mettre sur la voie du diagnostic. “ :
Tous ces symptômes peuvent se trouver riunis chez le même individu; mais, en général, il en est plusieurs qui manquent. Ainsi, dans l'observation IT, où nous avons porté le
diagnostic de fracture probable de la base du crâne, nous
avons simplement constaté une ecchymose très forte des paupières. avec écoulement abondant de sang, peut-être mélangé de sérosité, par le nez, la bouche et les oreilles .
Signes généraux. — Les signes généraux offrent d’autant plus d'intérêt qu'ils sont en rapport avec les lésions traumatiques de l’encéphale.
Dans un premier degré, le blessé a une légère perte de connaissance passagère, presque instantanée, parfois même à peine appréciable : les facultés intellectuelies ont été momentanément abolies pour reparaître quelques instants après : nous avons rapporté deux cas de ce genre (Observations I et III), dans lesquels les blessés, étourdis par le choc, n’ont pas
tardé à reprendre connaissance. Mais, ce degré peut être
plus accentué : les troubles sont moins fugaces; il y a des ré vasseries, des cauchemars. pendaut le sommeil, des vomissemenfs, de la constipation : le carctère n’est plus le même, le
blessé est maussade, triste, d'humeur changeante, il répond souvent par des grognements inintelligibles à toutes les questions qu'on lui pose... L'observation II nous en donne un exemple. À un degré encore plus élevé, la commotion est dite foudroyante : les symptômes s’exagèrent, le blessé tombe privé de sentiment et de mouvement, presque sans pouls, respirant à peine : les pupilles sont resserrées, les membres parfois contracturés. Tantôt la mort est immédiate, tantôt elle arrive au bout de quelques heures. Ces jours derniers, nous avons eu l’occasion de voir un exemple de ce troisième degré de la commotion chez un jeune mousse qui, à la suite d’une chute faite à bord de l’Austerlitz, est mort à l'hôpital quelques heures après l'accident, sans avoir repris connaissance.
Mais, si la pulpe cérébrale violemment contusionnée a été broyée sur certains points, la perte coxplète de connaissance peut durer plusieurs jours ; la respiration est pénible, anxieuse, mais non stertoreuse : il y a de la contracture, des mouvements convulsifs, une agitation extrème pendant laquelle le blessé mobilise ses fractures, sans douleur apparente (Observation IT) : suivant les cas, 1l peut y avoir de l’anesthésie ou de l'hypéresthésie. Les pupilles sont resserrées, immobiles, quelquefois dilatées ; en tout cas, elles ne sont pas sensibles à l’action de la lumière ou du moins le sont très peu. L’audition paraît être abolie. Parfois le blessé pousse incessamment des cris plaintifs.
Ces symptômes varient et durent plus où moins longtemps suivant la gravité des cas : lorsque Ja contusion est limitée, ils peuvent revêtir une forme insidieuse. Une contusion du cerveau est toujours une lésion fort grave : elle peut se terminer de différentes manières : 1° Par guerison, dans les cas
où la lésion n’a intéressé qu'une très petite partie de l'encéphale; 2 Par méningo-encéphalite diffuse; 3° Par un abcès
RM ae
du cerveau : c’est ce qui a eu lieu chez ce quartier-maître dont nous avons parlé dans l'observation VI; 4° Par la mort immédiate quand la cause vulnérante a déterminé des délabrements trop considérables.
À la suite'du traumatisme, un corps étrancer, les fragments de la fracture, un épanchement sanguin peuvent venir presser sur le cerveau en diminuant la capacité de la boîte crânienne. La compression peut-être brusque ou lente : dans le premier cas elle produit des accidents immédiats ; dans le second cas elle peut-être supportée par le fait de l'habitude au-delà des limites que l'esprit lui aurait assignées. | Les symptômes de la compression sont loin d’être bien nets : l’on s'accorde: à les considérer comme des symptômes de dépression et de paralysie : le pouls est lent, la respiration stertoreuse : ce dernier signe est celui sur lequel on insiste le plus, car il appartient le plus souvent à la compression, bien qu'on le trouve aussi parfois dans les cas de contusion. Les accidents dûs à la compression varient suivant Le point comprimé : ce sont, en général, des paralysies, de la contracture, de l’anesthésie, etc.