OBSERVATION I
Tourlier, 312° d'Infanterie, blessé le 30 juin.
Entré le 1° juillet à l'Ambulance 2/14 de Dugny.
L’éclat d'obus a pénétré par la face gauche extrême du - moignon de l'épaule, à la naissance du bras, à suivi un trajet transversal de dehors en dedans et de bas en haut, a traversé la pyramide axillaire, brisé le gril costal dans l'intérieur de l'aisselle, au niveau de la courbure latéro-. postérieure des 2° et 3° côtes, enfin traversé le sommet du poumon pour ressortir par une large brèche au niveau de l'articulation sterno-claviculaire. A l'entrée, blessé, très dyspnéique avec signes très nets d'hémo-pneumothorax ; température peu élevée qui s’abaisse d’ailleurs les jours suivants. La dyspnée aussi finit par s’atténuer, ce qui fait qu'on hésite devant la nécessité d’une interventicn, subitement la fièvre monte à 39° 5, l'état général s'aggrave. On voit apparaître les signes de pleurésie purulente et le malade meurt malgré une large pleurotomie et drainage.
A l’Autopsie. — On constate au niveau de l'orifice de sortie une cavité très abondamment suppurante, contenant de petites esquilles costales, et située entre le dôme pleural et le sommet du poumon. Au-dessous, le poumon, adhérent à la paroi sur toute l'étendue du lobe supérieur est traversé par un trajet de substance condensée, hepatisée mais non suppurée. En arrière, au niveau de l'orifice de sortie, on aperçoit des adhérences formées de pseudo-membranes suppuratives, là encore on retire de petites esquilles costales au milieu du liquide purulent.
Le lobe inférieur du poumon est atélectasié, rétracté dans le sinus costo-para-vertébral. Entre lui et la paroi, cavité ‘d’hémo-pneumotorax ouvert à l'extérieur par l'incision Opératoire.
Péricarde. — Feuillet fibreux, épaissi, dur. Péri-péricardite fibreuse réactionnelle, cavité, contient environ un verre
rire
de liquide louche : bouillon gras avec quelques flammèches purulentes, ganglions trachéo-bronchiques énormes. Ceux qui sont situés sur le versant droit semblent avoir commencé une fonte purulente.
Les Plèvres. — La plèvre médiastine droite est remplie
d'un liquide franchement purulent qu’on peut évaluer à un
1/2 litre compris entre le sinus para-vertébral, le péricarde le bord interne du poumon.
Celui-ci adhère partout ailleurs par son feuillet pleural a la plèvre costale et au diaphragme ; ces adhérences en certains points, sandwichs au beurre, sont, en d’autres points très résistantes.
Il en résulte qu'un séton de poitrine, ayant traversé le sommet du poumon a rapidement organisé autour de la plaie intra-pulmonaire, des réactions de défense qui ont limité la suppuratiou locale en cloisonnant le sommet de façon à ne laisser au-dessous qu’un reliquat d'hémo-pneumothorax, mais dans cette région ainsi localisée, il est resté un foyer d'infection sous la forme d’une esquille logée dans le dôme pleural et deux autres foyers d'infection au point d’entrée et de sortie du projectile sous forme d’ostéite suppurée des fragments de côtes broyées. Ces foyers sont peu à peu devenus le point de départ de propagations purulentes loin du lieu de la blessure.
a) Une adénopathie trachéo-bronchique suppurée ;
b) Une péricardite suppurée ;
c) Une pleurésie purulente du côté opposé, pleurésie fibro-caséeuse pariétale et à liquide purulent intra-médiastinal.