La date de sa mort a été donnée par M. Jules Guiffrey
apporterait les révélations les plus piquantes, peut-être même des renseignements inédits. Brantôme avait une démangeaison d'écrire ; il n'eût point manqué de noter chaque personnage, de fournir quelque anecdote sur lui, de le décrire. Comme le recueil avait disparu en Angleterre, je m'étais demandé si les crayons de Castle Howard, avec leur écriture particulière, longue et liàtive, n'étaient point cause d'une méprise de Mariette, et s'il n'avait point voulu parler d'eux dans la note citée à ce sujet. Depuis, le cahier a été heureusement retrouvé, et les appréciations de Mariette sont sur la première page. « Ce recueil... a appartenu sans doute à Brantôme; ce qui me le fait préjuger, c'est que plusieurs des inscriptions sont écrites de sa main ; je m'en suis assuré par la confrontation que j'en ay faite avec un manuscrit authentique tout corrigé de la main de ce célèbre écrivain. » Malheureusement le conteur, ordinairement si prolixe, s'en serait tenu à la sèche énumération des noms, ce qui me fait croire à une erreur de Mariette. Et puis, si je n'ai point vu le cahier aujourd'hui conservé à Liverpool je puis bien dire qu'on y rencontre surtout des gens inconnus à Brantôme, même des seigneurs du xv'^ siècle tels que Montaigu exécuté à Montfaucon et le maréchal Pierre de Rohan. François P'', Claude de France, Louise de Savoie, Bonnivet, tué à Pavie, M™'' de Canaples, sont pour lui des ancêtres. A peine Diane de Poitiers représente-t-elle ses contemporains immédiats. Il y a, toutefois, unepreuve plus forte contre l'attribution, c'est qu'on voit, dans le nombre, des femmes du règne de Louis XIII; Brantôme était mort depuis longtemps.
Laissons donc une bonne fois cette question du cahier de portraitures possédé et annoté par Pierre de Bourdeille, qui a tourmenté nombre d'écrivains spéciaux depuis trente ans en çà. Mariette, amateur de gravures, n'était point un déchifFreur impeccable d'écritures. Contentonsnous de chercher ailleurs les gracieuses figures des femmes de Brantôme. Il y en a, et de telles, que le brave seigneur n'en eût su posséder de meilleures, ni de plus authentiques.
•1. Ces renseigaements m'ont été communiqués par M. Thibaudeau, qui a bien voulu faire pour moi le voyage do Liverpool, et me dresser la liste des portraits conservés dans l'album.
MARIE STUART, Reiuo de France et d'ÉcossE Craj'oii origiuîi] de François Clouet
De quelques « belles et honnestes » princesses, grandes dames et damoiselles, de leur vie et de leurs portraits.