‹ Quelques dessous du procès de RennesChapitre 9 sur 10 · G8 QUELQUES DESSOUS · texte numérisé non relu

G8 QUELQUES DESSOUS

même, de sa main, la lettre demandant que Dreyfus ne fût pas soumis une seconde fois à la dégradation.

Il l'a signée, le premier.

Il Ta portée, lui-même, d'abord chez de Bréon, en dernier lieu chez le capitaine Parfait, qui racontait au Cercle :

— Cette canaille a fini par moi, pour que je sois ohligé de signer... Sans cela, je me serais singularisé...

Récompenses.

Après le procès de Rennes, comme après toutes les grandes manœuvres, il y a eu des récompenses. Les choix du général Mercier n'eussent pas été autres que ceux de Davignon-GallifFet.

(Au début et au cours de ces notes, j'ai rappelé quelques décorations, quelques avancements scabreux.)

Le comité des Inspecteurs généraux d'ar-

tillerie a maintenu au tableau des candidats à la Légion d'honneur, les capitaines Beauvais, Parfait et Valerio.

(Ce comité est présidé par le général Gras qui fut secrétaire général de Gavaignac. — Le général Julliard est de ce comité — où il a soutenu les deux capitaines de sa brigade.)

Le commandant Garrière vient d'être proposé pour officier de la Légion d'honneur — sans doute pour avoir enfreint à tant de reprises les instructions du gouvernement.

Le lieutenant-colonel Picquart est toujours sous le coup de cinq ans de prison pour avoir pris une consultation juridique à son ami, l'avocat Leblois, sur une question de pigeons voyageurs.

L addition.

Les frais du procès ont été liquidés, à la charge du condamné...

Les témoins de la défense ont refusé de toncher l'indemnité ; évidemment ils sont dédommagés par le Syndicat.

Aux témoins civils il était alloué cent sous par jonr.

Les militaires, en plus de leur solde d'activité et des indemnités, recevaient : les officiers subalternes, douze francs par jour, et les officiers d'un grade plus élevé jusqu'à trois ou quatre fois plus.

Mais il faut avouer qu'ils en donnaient largement pour l'argent.

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