CONCLUSIONS
Les conclusions qu’on peut tirer sont les suivantes :
1° Les tissus tuberculeux, à l'état pulvérulent, ne perdent pas leurs propriétés pathogènes au contact, même prolongé, de l’air sec;
20 L'oxygène pur détruit toujours la virulence tuberculeuse mise au contact de cet oxygène pendant un mois environ ;
80 Par un contact d’un mois environ, les vapeurs de mercure détruisent le plus souvent le virus tubercu- Jeux et l’atténuent quand elles ne le détruisent pas.
Application.
De ce que l'oxygène pur détruit la virulence tuberculeuse et de ce que les vapeurs de mercure produisent le plus souvent le même effet, ou atténuent d'autres
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fois ce virus, peut-on conclure immédiatement à des applications pratiques? Evidemment non. Maïs s’il est impossible, à l'heure qu’il est, de savoir dans quelles conditions on pourra appliquer à la thérapeutique de la tuberculose, ces données expérimentales, on doit, d'autre part, se rappeler combien d'expériences de laboratoire, considérées d’abord comme de simples faits de curiosité, ont eu ultérieurement des applications utiles
L'emploi du mercure,sous toutes les formes, est trop répandu aujourd'hui dans le traitement de la syphilis pour que nous ayons ici à faire l'éloge de ce précieux médicament. Depuis quelques années, les épidémies de fièvre puerpuérale, qui faisaient jadis tant de ravages dans les maternités, ne se rencontrent plus; et c’est à peine si on trouve quelques cas isolés qu'on arrête, grâce au sublimé.
Il n’est pas jusqu’à la blennorragie elle-même qui ne trouve pas son bénéfice à l'emploi du mercure, puisque d’après l'avis des expérimentateurs, l'injection du sublimé à faibles doses est un moyen certain de destruction du gonococeus. Ne peut-on donc pas songer à employer les vapeurs de mercure, d’une façon quelconque, pourvu qu'on réussise, au traitement de la phtisie humaine?
L'oxygène, d'autre part, a fait depuis longtemps son apparition en thérapeutique et, en particulier, dans la phtisie, puisque chacun sait que des malades envoyés sur les hauts plateaux de la Suisse et du Pérou, afin d'y respirer un air pur, dépourvu de tout agent infectieux, ont vu leur santé s'améliorer par ce mode
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de traitement. On a attribué ces guérisons à la pureté de l'air et à l'oxygène que ces malades respiraient, ce qui serait conforme à nos expériences, puisque nous avons vu que la virulence tuberculeuse est détruite par l'oxygène pur.
Sans sortir les tuberculeux d’un milieu où ils recoivent des soins nécessaires, ne pourrait-on songer à les soumettre à un traitement par l'air pur, ou par un air plus oxygéné que l'air atmosphérique, ou même par l'oxygène pur?
Telles sont les réflexions que nous inspirent les résultats que nous avors obtenus par nos expériences, résultats que nous sommes heureux de livrer, surtout s'ils doivent un jour contribuer, même pour une minime part, au but suprême de la thérapeutique actuelle : arrêter, sinon détruire la phtisie.
. Vu bon À imprimer:
Le Président de la Thèse, Le Doyen, Dr ORÉ. À. PITRES.
Vu et permis d'imprimer :
Bordeaux, le 12 décembre 1886.
Le Recteur de l’Académie de Bordeaux, OUVRÉ.