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Quelques ex-libris, genre "fers à dorer"

X- H bris : rr faisant partie des livres ». Ce mot assez impropre sert à désigner les marques de propriété sur les livres. Ce sont des armes, un chiffre, une allégorie, désignant le possesseur et dont la reproduction gravée sur bois ou au burin s'applique sur la garde du livre.

Quand l'imprimerie n'existait pas encore, les manuscrits enluminés à la main étaient des objets trop précieux pour être prêtés, ils risquaient d'être égarés. Cependant, les couvents, les rois et les grands seigneurs faisaient volontiers figurer leurs armoiries dans la décoration peinte par l'enlumineur. On le voit sur les Heures du duc de Berry, et nous savons qu'un Bourbon ayant acquis un Josèphe enluminé par Jehan Touquet pour un d'Jlrmagnac, le nouveau possesseur fit peindre ses armes à la place de celles qui existaient déjà. Combien d'objets, et de livres en particulier, ont ainsi subi l'effacement volontaire de leur destination première. Ceux qui ne possédaient pas d'armoiries cherchaient quelque

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autre marque distincHve. C'est ainsi que le même Jehan Touquet, dans les Heures d'Etienne Chevalier que l'on voit à Chantilly, peignit sur un grand nombre de pages un double E enlacé de cordelières et de banderoles.

Le (( fer à dorer » poussé sur les plats des reliures et le plus généralement emprunté aux armoiries servit aussi de marque intérieure.

L'imprimerie, en augmentant le nombre des livres et en diminuant leur prix, rendit plus nécessaires les marques de possession. 'En Trance, les seigneurs firent dessiner en fer à dorer leurs armes sur le plat de leurs reliures, ce qui constituait un ex-libris, c'est-à-dire une marque de propriété indiscutable. Mais dans les pays où la bourgeoisie d'abord fut éclairée, la coutume vint d'apposer sa marque sur la garde par une gravure volante. C'était de beaucoup meilleur marché et d'une application plus facile sur tous les ouvrages reliés ou non. C'est donc en JlUemagne, en Hollande, en Suisse que nous trouvons les premiers ex-libris. L'un des premiers qui aient été vus en 'France fut celui de JSicolas de Lescut, secrétaire du duc de Lorraine, travail incontestablement allemand qui fut peut-être exécuté pendant que le possesseur accompagnait son maître à la Diète de Spire (j54j).

Yient ensuite un ex-libris de bibliophile autunois (jS/4) qui n'est qu'une simple étiquette portant le nom : Charles d'Alboise et la date, puis celui de Dacquet, peintre-verrier, qui est d'exécution flamande et daté de j5c}6 ou du moins apposé sur un Desportes édité en j5c)6 à Anvers chez Arnould Coninx.

Toutefois, sans en avoir de traces, nous savons par le Champ-

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fleur y de Geoffroy Tory que cet excellent dessinateur-typographe sous Trançois V^ et son contemporain T^ojfet en dessinèrent quelques-uns, de même que Guyot Marchant, Pigouchet et quelques autres. Grolier, célèbre amateur français, adopte pour ses livres la devise : « Grolieri et amicorum ». Maioli, en Italie, collectionneur réputé, mit sur tous ses livres : « Sibi et amicis. »

D'autre part, si la mode prenait difficilement ch^'z nous, par suite vraisemblablement du plaisir de faire armorier ses reliures, l'Allemagne produisait de très beaux ex- li bris. Le premier que nous connaissions est celui de Bilibald Pirckheimer, dessiné par Jllbert Durer et gravé en j5jj à "Nuremberg. Vient ensuite celui de Jérôme Ebner, composé en j5j6. Jllbert Durer en dessina plusieurs et fit école en cette matière.

Il convient de citer les deux célèbres graveurs du XVJ' siècle, Virgile Solis et Jost Jlmman, Beham également, qui dessinèrent des blasons ornementés et coloriés du plus charmant effet décoratif.

C'est d'une influence allemande que s'imprégnèrent, par la Tlandre, la Lorraine ou la Tranche-Comté, les quelques graveurs qui firent des ex-libris en Trance au DCVV siècle. Citons parmi les plus habiles Thomas de Leu, Léonard Gaultier, Tirens et Jean Picart.

Le premier ex-libris anglais qui nous soit parvenu est celui de TV. Bacon, daté de jSy4.

Tous ces ex-libris, in-folio, étaient armoriés. Tien est de même pendant la première moitié du XVJV siècle. La plupart sont de simples blasons, les autres sont des compositions d'allure tout à

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fait héraldique : accolades de lauriers ou de palmes, lambrequins, heaumes, cimiers, supports. Le blason s appuie généralement sur un terrain qui se relève des deux côtés pour encadrer la pointe de Vécu. Les métaux et les couleurs d'armoiries, d'abord gravés au hasard, sont ensuite désignés par leur initiale, enfin indiqués, comme on fait encore, par des traits en sens divers, universellement adoptés d'après les Tcsseroe Gentilitoe du père Silvestre Petra Santa (T(ome, j638j.

La plupart des graveurs d'ex- H bris sont restés anonymes en j63j, d'fiozier publia jiS blasons sous le titre : Recueil des noms et surnoms, qualités, armes et blasons de tous les curieux et amateurs d'armoiries, généalogies et histoires vivans en cet an i 63 i . De ces blasons, nous n'en trouvons que 5 signés dans les collections actuelles : Le Puy du Tou, Montchal, Auzolles de Lapeyre, Jean Bigot et les frères Sainte-Marthe,

JSlous trouvons aussi, d'un graveur inconnu, l'ex-libris de Tricotas Chevalier, ambassadeur en Suisse de Louis XJJJ. Il descend d'Etienne Chevalier et a gardé de son aïeul le double £ enlacé de cordelières que nous avons vu dans les Heures de Jehan Touquet.

L'inscription avec le simple mot rr ex-libris » est infiniment rare. Le plus souvent, en Trance, on met : <( Ex-Bibliotheca » ; en Jlllemagne : « Liber » ; en Tlandre : (( Ex-Museo » ; en Angleterre, simplement le nom.

De j55o à ijoo, le heaume et surtout les lambrequins perdent de leur importance. Ces insignes de la moyenne et de la

petite noblesse, qui avaient le mérite d'être authentiques, sont remplacés par des couronnes plus au moins apocryphes. L'écu s'encadre dans un cartouche. Les armes ne sont pas modifiées en elles-mêmes, comme en témoigne /'Armoriai de Segoing (jôyc)), mais elles subissent des simplifications fantaisistes.

La plupart des ex-libris ne contiennent plus que les armes. Les graveurs les plus connus sont : Sébastien Le Clerc, A. Talmen, 7. Bloquet, peintre de la Grande Mademoiselle, Jean Toustain, fournisseur de la noblesse normande, Pierre T^oulin, Trudon, auteur d'un livre d'armoiries, et Montulay Lenée.

C'est à ce moment que commence la réelle, vogue des ex-libris, mais aussi que l'on voit se perdre le sens de l'héraldique. 'Beaucoup de bourgeois enrichis jouent au naturel Je Bourgeois gentilhomme, pour le plus grand profit des Tinances royales. A tant faire que de s'offrir des armes à beaux deniers comptants, ils ne lésinèrent pas sur les tortils et les couronnes et, si leurs armes sont parfois cocasses au point de vue du blason, elles ont du moins l'avantage de laisser toute latitude au graveur qui en tire souvent le plus heureux parti. C'est aussi le début des devises latines. Les premières modifications aux armes proprement dites ont été faites par Sébastien Le Clerc qui inscrit les armes dans un écu ovale, à l'italienne. Jl invente des supports délicieusement historiés, entoure Vécusson de perles et de guirlandes. Décors charmants qui eussent été hors de saison si Von eût gardé l'austérité des anciennes armoiries. 7/ est vrai que, si les traitants se firent fabriquer des armes triomphales,

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les artistes et gens de lettres furent exempts de ce ridicule. Sauf Ménage, réellement anobli, on ne trouve aucun blason apocryphe dans la pléiade d'alors-

Sous la T{égence, la mode reste héraldique, avec plus de faste que de sincérité. L'affaire Law déplaça tellement les fortunes que les nouveaux enrichis perdirent toute mesure. Jlu lieu des modestes lévriers ou des anciens griffons, le plus mince robin ne veut pas de moindres supports qu'une Minerve dans les nuées, la 'Vierge Marie ou la T^eligion, pour ses armes de fraîche date fr ex- H bris du Président Jîénault dessiné par 'Boucher, qui est une chose charmante) . Si la robe, d'ordinaire de mœurs paisibles, se laissait aller à de telles fantaisies, on imagine où pouvaient en venir les vrais parvenus. Un dentiste (les dentistes étaient alors de réels charlatans) , enrichi à martyriser ses contemporains, se faisait faire un blason sur son nom, Jlrrachart — nom sinistre — avec ces armes parlantes : « De sinople au chevron d'argent, escaladé par deux rats de sable, char de même traîné par un cheval marin ».

Les supports font preuve de la plus aimable fantaisie. On voit, aux armes de l'ex-libris de Gourgue, des griffons qui se font le bec après les armes comme sur un échaudé. Le lion des armes de Tolard porte l'écusson sur son dos comme une pendule. Sans préjudice des ailes, guirlandes, coraux, palmes, composés avec le plus mauvais goût, mais qui sont parfois assez charmants. La Joue, peintre ordinaire du roi, crée des rocailles, des architectures fantasques, des figures allégoriques. Lui et

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'Boucher transmettent leur manière à Eisen, Cochin, Moreau te Jeune, Saint- Aubin, Ma rit lier, Gravelot, Gaucher qui gravent des ex-libris comme ils gravaient de si gracieuses cartes de visite. Leur conception charmante du décor les empêchait de tomber dans le galimatias où ne pouvait manquer de choir l'héraldiste limité par les nécessités de son état. A côté de ces grands artistes, des amateurs réalisèrent d'aimables œuvres : citons Mme Louise Le Daulceur et le comte de Caylus.

Cependant Trousseau vint et l'allégorie se fît champêtre. On fait dessiner son château à la place de ses armes, ou bien de petites vignettes sentimentales, naturellement aggravées de devises latines ou terriblement ampoulées et du mauvais goût le plus mignard.

Ces derniers vestiges de l'orgueil aristocratique émigrèrent avec leurs possesseurs. La T^évolution supprima cet art qui avait trop aimé les armoiries pour n'être pas suspect d'incivisme. Voici pourtant î' ex- H bris du citoyen Michaud qui nous montre son monogramme entouré d'une guirlande de laurier, son nom sur un cartouche, le bonnet phrygien pour cimier et, plus haut, la devise « La Liberté ou la Mort ^> . Voici l' ex-libris de l'adjudant général V illatte, avec des faisceaux de licteur sous le même bonnet phrygien, mais le décor se surcharge d'un chapeau pastoral, d'une houlette et de pigeons amoureux. Cela sent à la fois le délicat Tlorian « mort berger sous la Terreur », les élégies de T^obespierre et les pastorales de Tabre d'Eglantine.

L'Empire ramena des armoiries, les siennes, pires que tout

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ce qu'on avait déjà vu. Il faut voir celles de Trançois de ISeuchàteau par exemple pour en savourer tout le ridicule, avec ses épis et son cygne : agriculture et poésie. Par contre Piis, marquis authentique, se fait un ex-libris d'un palmier dont chaque feuille porte un nom des maîtres de la chanson. "En bas, ses œuvres sont éparses.

Sous la J{es tau ration, nous trouvons le seul ex-libris de Madame, duchesse de Berry, conçu en manière de fer à dorer. l^a mode en a complètement disparu. C'est le T(omantisme qui la restaure avec tout son attirail pseudo- gothique, aussi ennuyeux que la fausse antiquité. Jl y a cependant des éléments de gatté. Tel cet électeur bénévole qui se fait portraiturer « avec le vent de l'inspiration dans les cheveux >> sous les colonnades d'un cloître gothique où rampent des bêtes d'Apocalypse (ex-libris de Aimé Leroy de Valenciennes) . Jl y en a naturellement peu de celte sublimité naïve et des artistes mieux inspirés créent trois types : l'écusson, la marque de libraire genre JCY^ siècle, la vignette encadrée d'une courroie.

Cette dernière variété triompha, le bibliophile se recrutant de plus en plus dans la bourgeoisie éclairée. Des artistes se chargèrent de symboliser la personnalité des possesseurs de livres. ISous voyons une tortue surmontée d'une grue sur les livres de Ch. Asselineau, deux masques sur ceux de Paul de Saint- Yictor. Jllexandre Bida en dessine de charmants, entre autres celui de "Félix Solar. Aglaûs Bouvenne grave ceux de Champfleury, Th. Gautier, et, pour Victor Hugo, une "Notre-Dame

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de Paris, qu'illumine un éclair portant le nom du grand poète, caractérise le monogramme de Hugo. Gavarni grave pour les Goncourt une main dont deux doigts désignent les deux initiales "E et J. 'Félix Bracquemond dessine ceux de G. Pouchet, P. Burty et celui d'Edouard Manet avec le glorieux calembour : « Manet et manebit )>.

Gambetta n'était pas plus modeste que Hugo en choisissant le coq gaulois avec sa devise : <( Youloir, c'est pouvoir », et Ferdinand de Lesseps en marquant ses livres d'un Hercule avec la devise : « Aperire terram gentibus ». M. E. Paillet avait une balance d'or, Jlglaûs Bouvenne une chouette dans un vieux colombier (du nom de sa rue). Celui de M. Henri Beraldi, l'historien de la T(eliure au XJX' siècle, représenté par son nom simplement, mode simpliste suivie par quelques bibliophiles contemporains. Bracquemond, Lalauze Courboin en ont dessiné un grand nombre, de même que Giacomelli dont tout le monde connaît l'ex-libris de M. Conquet, libraire : un moineau parisien sur des livres, avec la devise : « Ouvre l'œil » . L. Deschamps a un baudet. Octave Uzanne un très élégant monogramme. Parfois un calembour achève la cacophonie du genre comme l'ex-libris de M. de La borde rie : un pilote breton abordant avec la devise : « Qui l'aborde rie >>. J'en ai dessiné un pour un collectionneur qui, pour laisser ironiquement survivre la trace de son internement dans une maison de santé, m'avait demandé une toile d'araignée surmontée d'un marteau. En fin d'album nous donnons l'ex-libris d'un amateur anonyme, dçnt

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la devise : <( Bien faire, laisser braire », ne dégénère pas en rounds de boxe. C'est celle d'un sage et d'un bel exemple. De nos jours la Trance ne brille pas d'un éclat qui vaille la peine d'une description intéressante pour l'histoire de l'exlibris. JMous mentionnerons cependant ceux du peintre délicat A. Giraldon, illustrateur d'ouvrages de bibliophiles très réputés, qui en a dessiné quelques-uns du plus charmant effet décoratif. Albert J(obida, dont l'œuvre gravée est autant un plaisir pour les yeux qu'une source de documentation savante pour tout le Moyen Age, en a dessiné qui sont l'expression d'une ingéniosité très artiste, te peintre Lobet-J{iche, également.

Les Anglais, les Espagnols et les Allemands en sont restés aux armoiries jusqu'au XJX' siècle, et les Tousses et les Italiens de la fin du XJX^ siècle suivent la mode de Paris.

Les ex-libris anglais, après s'être longtemps inspirés du JCY' siècle allemand, ont trouvé leur voie définitive avec les œuvres décoratives modernes de Walter Crâne. Cet artiste, comme toute la pléiade qui a fleuri autour de T{uskin (Burne Jones, Dante-Gabriel J^ossetti et leur continuateur Aubrey BeardsleyJ, eut une très grande influence sur tout l'art décoratif contemporain. Chacun de ces artistes qui ont gravé des ex-libris y apporta sa note personnelle, mais dans le sentiment décoratif déjà indiqué. C'était le retour au Quattrocento italien. Anning Bell y apporte une note païenne qui, dans son ex-

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iibris d'Arthur Melbourne Sulthery, rejoint la première T^enaissance, tandis que les autres se rapprochent des illustrations des King's IdylJs par Dante-Gabriel J^ossetti, de même que Ospoval, W.-Ji. Marjaslon et B. Thaw. Certains, comme Harald J\elson, cherchent dans ce goût des décors d'ordre typographique, si imités depuis, mais nouveaux depuis j8c)0. On trouve la même recherche chez M. T. Fischer et Léon B. Solon. Celia Levé tus s'inspire de \ate Greenaway, tandis que Th. J{idetts subit l' influence allemande. J. W . Simpson est imbu des Japonais de même que Gordon Craig, enfin F. Carruthers Gould caricature le Moyen Jlge cher à ses contemporains, tandis que Burrow en dessine la plus romantique image dans l'exlibris de W aller Ville.

Cette influence du Quattrocento revu par les Préraphaélites anglais, les Allemands Vont grandement subie et alourdie à leur manière par l'adjonction de détails plus ou moins symboliques. Cela se complique des armoiries traditionnelles et de chevaliers du temps de Maximilien comme celui de J{arl f{idelt. Le goût anglais se double de manière plutôt singulière dans l'exlibris T . Deschennis où l'on sent un parfum de Tipps, mais r ex- Iibris de George Jiahl par Joseph Sattler est purement anglais, de même que le chevalier de von Gerhardt, tandis que les hiboux de Joseph Sattler cherchent à rejoindre la tradition gothique. Cette tradition est assez heureusement représentée par quelques blasons comme celui de Gustav Wolf, gravé par Julius Diez, /

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Quant à Vex-libris de l'empereur Guillaume 77, // est écrasé de détails, compact à étouffer l'aigle de son blason. 7/ a été dessiné par E. Dopler dem Jiingeren, qui a pourtant été moins malheureux dans les compositions pour les livres de la famille T(avoth. Bernard JVenig copie l'Erasme d'Jiolbein et fait des recherches dans un goût précieux et romantique assez bizarre- Tians Thoma fait des recherches d'un symbolisme peu clair, et Max J^linger l'imite en cela, non moins que D. Greiner et B. Bantot. Trantz Staffen revient au genre anglais, de même que Triz Erler qui nous donne un curieux ex- H bris du compositeur Hugo Wolf. La figure à la bouche cadenassée du même auteur, qui vient ensuite, est aussi fort curieuse. La jeune femme, dans un point d'interrogation d'Elfriede Wendblandl, est tout à fait Tlubrey Beardsley, aussi bien que le jardin d'Henri Vogeler. Par contre, le paysage d'Otto Zlbbelohde a des tendances japonaises. Jiermann Jiirzel revient au Moyen Jlge allemand avec des paysages anglais et Otto Edmann, avec un ex-libris à portrait, en donne un de décoration purement typographique qui n'est point sans intérêt, non plus que celui de J. Brieslander. E. Strakgurtl encadre une des figures les plus connues du Printemps de Botticelli et JRnna de JVahl des fleurs et un livre avec la devise : « Cuique suum », qui laisse entendre que cet ex-libris est pour le mari lettré dont elle fleurit l'existence. "En résumé, les ex-libris allemands manquent d'originalité, pris entre les deux courants : Jllbert Durer et les Préraphaélites anglais.

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TLes artistes suisses, à l'exception du célèbre Dunker et Jlberli, participent naturellement du goût allemand. 'Le blason présenté par Erhardt-Ctern retourne à l'antique inspiration des héraldistes, de même que l'ex-libris de 7/. C. Escher. Le Renard et les Raisins d'Ewert tan Muyden, composé avec esprit et fantaisie pour M. Trédéric J^aisin, de Genève, est tout à fait joli et bien personnel à Vérudit bibliophile.

A part quelques artistes de tout premier ordre tels que Tifz, J(oels, Yernaert, la 'Belgique subit des influences diverses. Ternand J^noopfl^ est tout à fait anglais, tandis que T(assenfosse et Lynen imitent leur compatriote "Félicien T{ops. Ceci pour les ex-libris seulement, au moins pour Jlmédée "Lynen qui peint surtout des guerriers du Moyen Age. Les ex~libris de Georges Lemmen et de Théo T{enhuys sont purement typographiques, de même que V ex-libris hollandais.

Cette énumération sèche et tout à fait sommaire n'a 'aucunement la prétention d'ajouter un chapitre à l'Histoire de V exlibris ; c'est simplement un petit préambule pour servir à la présentation des ex-libris gravés dans le genre ((fers à dorer », ex-libris accommodés à la technique de la reliure que quelques amateurs bibliophiles ont bien voulu me demander. Que ces amateurs reçoivent ici l'hommage de ma reconnaissance.

Ch. m.

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