‹ Quelques expériences d'acoustiqueChapitre 13 sur 80 · VIBRATIONS DES PLAQUES · texte numérisé non relu

VIBRATIONS DES PLAQUES

en supposant leur existence simultanée. Les nodales devaient évidemment passer par les points où une direction positive de l'un des systèmes coïncide avec une direction négative de l'autre, de manière à produire une interférence.

La quatrième série est formée par les figures observées directement; je les ai imprimées sur du papier humide et collées sur une planche, qui a servi à les photographier. On voit que ces figures sont celles que donne la combinaison rectangulaire de deux mouvements vibratoires, dont la différence de phase est telle que les deux moitiés de la courbe résultante peuvent se superposer.

Malgré les dimensions de ces plaques (0m,20 de longueur), qui suffisent pour la production d'un grand nombre de figures, la figure pour laquelle chacune est accordée apparaît toujours instantanément au premier coup d'archet, si l'on a eu soin de fixer la plaque dans l'un des points d'intersection des courbes que l'on désire provoquer.

Pendant que je construisais ces plaques, j'ai aussi cherché à constater si elles offrent le phénomène observé par M. Terquem sur les verges vibrantes, à savoir qu'il est presque impossible de produire un son donné quand les sons primaires sont entre eux à l'unisson parfait. J'ai donc accordé la plaque (2:3) de telle sorte que le système de trois nodales correspondait à une série de sons successifs qui variait, depuis un ton plus grave jusqu'à un ton plus haut que l'unisson, par rapport au son symétrique.

J'ai constaté de cette manière que le son propre de la plaque apparaissait avec le plus de pureté et que la figure se dessinait avec le plus de netteté, quand la différence entre les sons primaires était d'un ton entier. Alors on ne sent plus rien de forcé dans la production du phénomène, le moindre coup d'archet détermine l'apparition des courbes, et la plaque fait entendre un son clair prolongé, intermédiaire entre les sons primaires symétriques.

Wheatstone a cherché à expliquer l'observation de Strehlke, dont les expériences très précises ont montré que les nodales ne se coupent pas, ce qu'elles devraient faire d'après l'explicafion donnée de leur origine. Il pense que ce désaccord provient des défauts d'homogénéité et de régularité de la plaque, mais je crois qu'il faut conclure de l'expérience précitée, que si on arrivait à l'unisson parfait des sons primaires pour deux systèmes orthogonaux donnés de nodales, la figure théorique n'apparaîtrait pas du tout.

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