Marey. la Méthode graphique, p
tions du diapason chronographc par la communication des vibrations d'un diapason à l'unisson n'est pas seulement très commode, mais particulièrement avantageux, parce que la période d'oscillation du diapason ebronograph? n'éprouve ici aucune perturbation.
La figure 3 représente le tracé des vibrations d'un diapason w<3= 512 v. s., excité par l'influence d'un diapason auxiliaire à l'unisson du premier.
Le diapason auxiliaire, destiné à exciter le diapason inscripteur, peut en outre servir à vérifier le nombre absolu des vibrations de ce dernier, par la méthode de l'inscription simultanée des vibrations de deux diapasons qui donnent ensemble des battements (mélhode indiquée plus haut), car il est toujours facile de le baisser de quelques vibrations doubles par l'application d'un peu de cire.
Quand les vibrations d'un diapason sont entretenues par l'élec-
Fip\ 3. Vibrations d'un diapason dp 310 v. s., excitées par l'influence d'un diapason à l'unisson
du premier.
tricité, ce diapason étant chargé d'interrompre et de fermer luimême, à chacune de ses vibrations, le courant destiné à alimenter l'électro-aimant qui le sollicite, l'isochronismedes vibrations n'éprouve d'ordinaire aucune perturbation, si l'intensité du courant ne varie pas trop et que l'amplitude des vibrations reste, par conséquent, à peu près constante; seulement le nombre absolu des vibrations n'est plus exactement le même que dans le cas où le diapason vibre librement, car il dépend, dans une certaine mesure, de l'intensité du courant, de la grandeur des amplitudes, et aussi du mode d'interruption employé. Pour déterminer d'une manière générale la part d'influence de chacune de ces causes qui contribuent à modifier le nombre des vibrations du diapason, il faudrait probablement recourir à de très nombreuses expériences, et en définitive on n'en serait pas moins obligé, pour éviter toute erreur, de déterminer directement, dans chaque cas particulier, l'altération que l'influence électrique produit dans les vibrations du diapason avec lequel on travaille. Je me contenterai donc cle citer
DIAPASONS CHRONOGRAPHIQUES. 11
quelques chiffres qui suffiront à caractériser l'ordre de grandeur des quantités dont il s'agit ici
Un diapason ut.2 = 256 v. s. dont les branches avaient une épaisseur de I0mm, entretenu par l'électricité, avec contact à mercure, a été trouvé plus élevé de 0,033, de 0,056 et de 0,083 v. s. respectivement, quand ses amplitudes étaient de 1 ,5, de 3 et de 4 millimètres; le nombre des vibrations augmentait donc avec l'amplitude. En faisant, au contraire, usage d'électro-diapasons à interruption sèche, produite par un fil d'argent très flexible et une plaque de platine, l'élévation du nombre des vibrations n'augmentait pas toujours avec l'amplitude, et j'ai même plusieurs fois observé le contraire. Ainsi, tandis qu'un diapason ut^ = 512 v. s., éprouvait une surélévation progressive allant de 0,16 à 0,33 v. s. pour des amplitudes de 0,25 à 2 millimètres, comme je l'avais constaté pour le diapason à contact de mercure, la surélévation d'un diapason vt2 = 256 v. s. fut trouvée de 0,33, de 0,045 et de 0,0 v. s. pour des amplitudes de 0,5, de 1,5 et de 3 millimètres; et celle d'un autre diapason de. 256 v. s. à branches plus minces, de 0,1, de 0,083 et de 0,05 v. s. pour des amplitudes de 0,5, de 1 et de 3 millimètres.
Ces résultats si irréguliers fournis par les différents diapasons dans des conditions en apparence identiques, s'expliquent probablement par ce fait que, lors de l'emploi d'un contact en platine, les vibrations du diapason sont soumises en même temps à deux influences différentes qui tendent à les modifier en sens contraires. En effet, tandis que l'intensité du courant tend à accélérer les vibrations, la résistance que la plaque de platine oppose au fil interrupteur, à chacune de leurs rencontres, tend aies ralentir et comme cette résistance augmente avec l'amplitude des vibrations, elle peut, pour des amplitudes croissantes, diminuer peu à peu la surélévation due à l'intensité du courant, jusqu'à l'annuler complètement, comme on l'a vu par l'un des exemples cités.
Dans le chronographe construit d'après M. Regnault, on évite la source d'erreurs qui peut naître des altérations du nombre normal des vibrations par de telles influences extérieures et passagères, en faisant interrompre le courant qui traverse l'un des signaux électriques par un pendule à secondes, de manière à faire marquer les secondes à côté des vibrations du diapason. Ce procédé offre un double avantage : il permet, d'une part, de lire tout de suite et directement sur le tracé le nombre absolu des vi-
brations du diapason pendant la durée de l'expérience, et il dispense, d'autre part, de compter les vibrations pour toutes les secondes successives, lorsqu'il s'agit d'expériences d'une certaine durée.
Composition lie deux mouvements vibratoires parallèles, exécutés par deux corps différents.
i\ ' 9-15. Vingt-neuf spécimens de la composition de deux mouvements vibratoires parallèles, comprenant tous les intervalles formés par les combinaisons des nombres naturels depuis 1 jusqu'à 8, puis encore les intervalles 8 : 9, 9 : 10, 15:16, 24:25, 80:81, 8:15 ctn:2n-f-l. Quelques-uns de ces tracés sont représentés dans la figure 4.
L'inscription de ces mouvements combinés a été exécutée par la méthode que M. Desains avait indiquée en 1860, dans ses Leçons de physique. Elle consiste à fixer une plaque sur l'un des deux corps vibrants, et pendant qu'elle en partage tous les mouvements, à tracer sur elle les vibrations du second corps sonore. Pour la composition de deux mouvements vibratoires parallèles, que M. Desains a exécutée en commun avec M. Lissajous, la glace enfumée était fixée, avec un peu de cire, sur l'une des branches d'un gros diapason fixe, tandis que l'autre diapason qui portait le style traceur était tenu à la main et promené au-dessus du premier.
L'appareil que j'ai combiné pour ces expériences en 1862, et que j'ai depuis lors notablement perfectionné, permet d'effectuer, avec autant de facilité que de précision, non seulement la composition des mouvements vibratoires parallèles, mais encore celle de mouvements vibratoires se rencontrant sous un angle quelconque.
Dans l'appareil complet, le diapason qui porte la plaque de verre, et qui doit rester immobile pendant l'expérience, est i\\é horizontalement dans un support qui peut tourner autour d'un axe vertical et, en outre, se déplacer sur la planchetle qui porte le tout, en glissant dans une rainure où on l'arrête par un écrou.
La plaque de verre est saisie dans une sorte de pince qui permet de la maintenir, pour une inclinaison quelconque du diapason, parallèle à l'axe longitudinal de la planchette et. au chemin de