DETERMINEE FER O
Expérience 19. — Petit chien métis de 12 kilog. 750.
On lui fait avaler le 20 janvier O gr. 03 de sublimë corrosif dans 19 grammes d'eau. Il ne vomit pas.
Immédiatement après, on établit la fistule biliaire ; on laisse s’écouler dans le péritoine la très-petite quantité de bile jaune et fluide qui se trouvait dans la vésicule. (Le matin même le chien avait mangé 400 grammes de viande de cheval.)
Le chien meurt dans la nuit du lendemain, sans avoir présenté de symptômes d'intoxication bien accentués.
ANALYSE DE LA BILE
Quantité totale. . . 56 gr.
par kilog.| (0/0 d'azote. 0/0 de soufre.
AZOLONe Er 3020 CHE 80,24 SOUL E CE 0 110 124,79 FÉES MO OIGY() 0,525 0,424
Il y a une petite incertitude sur le chiffre du fer.
Quelles conclusions peut on tirer de ces expériences
Je serai, je l’ai dit, très-réservé.
Ce qui frappe tout d’abord, quand on compare Îles
biles de vésicule aux biles de fistule normales, c’est
la diminution considérable de la quantité de soufre dans les secondes.
Le fait est bien connu ; les uns l’ont attribué à la concentration de la bile dans la vésicule, d’autres à la résorption dans l'intestin de l’acide taurocholique, ou de la taurine. Ces produits rentrant dans la circulation seraient d’après Schiff repris par le foie et versés à nouveau dans la bile, tandis que, d’après Socoloff, 1l n’en serait pas ainsi, et l'injection d'acides biliaires dans les veines exciterait la sécrétion biliaire sans augmenter la proportion de ces acides dans la bile.
En comparant aux biles de fistule normales les biles sécrétées sous l’influence des cholagogues, on remarque que tous les cholagogues ont agi sur la sécrétion du soufre avec beaucoup plus d'énergie que sur la sécrétion des autres éléments. Je rappelle que la transfusion produit le même effet. L'augmentation dans une bile de chien de la proportion relative du soufre serait donc peut-être la caractéristique d’un excès d’activité dans la sécrétion biliaire.
Les expériences 12, 13 et 14 ont été faites dans le but d'étudier la résorption des composés sulfurés de la bile dans lintestin.
L'expérience 12 trahit une augmentation très-considérable de la proportion de soufre, c’est-à-dire d'acide taurocholique dans la bile sous l'influence de l'introduction de cet acide dans l'intestin.
La résorption n’est en ce cas pas douteuse, mais
PHONE
elle est insuffisante à expliquer augmentation de la proportion du soufre dans la bile, la quantité d’acide introduite dans l'intestin étant relativement médiocre (1 gr. 50). Il faut donc admettre en outre que l’acide taurocholique une fois introduit dans le seng possède une action excitante sur la sécrétion biliaire.
Cette expérience n’a eu qu’une médiocre influence sur la sécrétion du fer, bien que l’acide taurocholique ait la propriété de détruire les globules rouges ; mais il faut se rappeler, que, à l’état physiologique, quand la bile coule dans lintestin, des quantités d’acide taurocholique tout aussi considérables sont exposées à absorption intestinale, sans que les globules rouges se dissolvent.
Les expériencs 13 et 14 montrent que si l’acide taurocholique absorbé dans l’intestin semble faire facilement retour à la bile, il n’en est pas de même de la taurine.
L’ingestion de taurine a moins augmenté en effet la proportion de soufre de la bile que l'introduction d’acide taurocholique dans l’intestin, et l’ingestion de 6 gr. 50 n’a pas été plus active que l’ingestion de 1 gr. 50.
Ce résultat concorde parfaitement avec une expérience de l’intéressant travail de MM. Lépine et Guérin sur le soufre difficilement oxydable de l'urine (1) :
(1) Revue de médecine, 1881 t. [., p. 1002
De la taurine ayant été portée dans une anse intestinale, on constata une augmentation considérable de là proportion de soufre difficilement oxydable de l'urine. Une bonne partie de la taurine absorbée s’élimine donc par l’urine, et n’est par conséquent pas versée à nouveau dans la bile.
On peut soupçonner, d’après ces expériences, que dans l'intestin à l’état physiologique, la quantité d'acide taurocholique qui se dédouble en acide cholalique et en taurine échappe, en grande partie du moins, au retour dans la bile.
Des différents cholagogues dont on a essayé l’action, celui qui a cu sur la sécrétion du soufre l’influence la plus active est le sublimé corrosif que M. Rutherford (1) considère en effet comme le plus puissant des cholagogues, puis vient le sulfate de soude, qui dans lexpérience 9 avait semblé ne modifier en rien la composition de la bile de vésicule, puis la pilocarpine et en dernier lieu le bicarbonate de soude.
Cette dernière expérience semblerait prouver, que — ainsi que l’admettent certains auteurs — le bicarbonate de soude n’est pas un cholagogue, mais un simple fluidifiant de la bile.
(1) Journal of anatomy and physiology, t. XI.
Les quantités absolues de fer que j’ai trouvées dans la bile sont inférieures aux quantités trouvées par les différents physiologistes qui ont effectué les mêmes dosages.
Ainsi les quelques dosages isolés du fer de la bile rapportés dans les ouvrages classiques et la série récente d’analyses de Kunkel(l) tendent à faire admettre comme proportion moyenne du fer dans la bile du chien 0,060 par litre, proportion bien supérieure à celle qui se déduit des analyses ci-dessus.
Sans doute, l’inanition complète à laquelle étaient soumis les chiens de mes expériences, tandis que ceux de Kunkel étaient nourris aussi abondamment que possible, peut justifier une différence entre les résultats que nous avons obtenus; mais peut-elle justifier une différence aussi grande que celle qui existe ?
Quoi qu’il en soit, on peut remarquer que, tandis que les biles de fistule contiennent des quantités d’azote et surtout de soufre bien inférieures à celles des biles de vésicule, les quantités de fer sont à peu près identiques dans ces deux sortes de biles.
Il en résulte naturellement que dans les biles de fistule le rapport du poids du fer au poids des autres éléments et notamment du soufre est plus grand que
dans les biles de vésicule.
(1) Archives de Pflüger, t, XIV.
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Kunkel, qui a obtenu le même résultat, l’explique par lhypothèse que, tandis que les autres éléments de la bile sont résorbés dans l'intestin pour être versés à nouveau dans la bile, le fer ne l’est pas.
L’action des différents cholagogues sur l’excrétion du fer n’a rien de bien caractéristique. Ils semblent tous l’activer un peu.
Un fait inexplicable est l’augmentation très-considérable de la sécrétion du fer sous l’influence de l’ingestion de taurine (exp. 13). N’y a-t:1l là qu’une simple coïncidence? Un accident aurait-il introduit un peu de sang dans la bile? L'expérience 14 n’a pas confirmé absolument l'expérience 13. Cependant la
proportion de fer reste encore assez élevée.
Je borne là ces quelques considérations, en attendant que de nouvelles recherches me permettent de
me montrer moins réservé dans mes conclusions.