‹ Quelques figures de femmes aimantes ou malheureusesChapitre 5 sur 31 · CAROLINE-MATHILDE ET STRUENSEE ^'J · texte numérisé non relu

CAROLINE-MATHILDE ET STRUENSEE ^'J

finiment, — car le pauvre roi était sans cesse plus épris de sa femme, qui sans cesse se soumettait davantage à la volonté de son Ruy Blas nietzschéen, — si bientôt Tinvraisemblable lâcheté du « sur-vaict » n'avait pas ouvert les yeux et rendu le courage à ses ennemis. Cliaque fois que des ouvriers, ou des soldats, ou des marins, ayant à se plaindre de quelque nouvelle mesure prise contre eux par Struensée, menaçaient celui-ci de représailles violentes, le puissant ministre pâlissait, tremblait de tous ses membres, et se hâtait de révoquer les mesures en question. La chose finit par être sue de tous; et c'est ainsi qu'une troupe d'aventuriers, ayant à leur tôte la reine Juliana, seconde femme dti père de Christian Vil, comprirent que le moindre effort leur suffirait pour renverser une fortune aussi mal défendue. Dans la nuit du i6 janvif^r 1772, Juliana, profitant du désordre d im bal masqué, parvint à s'introduire auprès de Christian, lui montra une fausse lettre où Strïiensée et la reine étaient censés avoir formé un complot pour le tuer, et arracha de force au malheureux fou l'ordre de faire emprisonner la reine et le ministre. Sur quoi, les conjurés allèrent saisir Struensée, qui dormait dans son lit, lui signifièrent son arrestation, et le firent mener à la citadelle, malgré ses supplications et ses gi'^mis-

sements. Puis ils s'emparèrent de la reine Mîilhilde, avec une violence, une grossièreté, une crLtauté scandaleuses, et renfermèrent à la prison d'EIseneLïF, dans une pièce sans feu, où, pendant des semaines, seule, privée de vêtements, à demi morte, elle resta soumise au régime des voleurs et des assassins.

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