COMMENT ILS SE SONT BATTUS
pagnie qui réduit à la grenade les dernières résistances boches.
De trou d'obus en trou d'obus il se dirige vers elle.
Il va l'atteindre.
Tout à coup, le « paf! paf! » sec des fusils boches claque à ses oreilles : il est tombé sur une patrouille ennemie embusquée dans un élément de boyau.
Il est seul. Il n'hésite pas.
A coups de grenades, il tape dans le tas, tuant ou blessant les uns, mettant les autres en fuite...
Courves, grenadier au même régiment, tombe sur un détachement boche commandé par un officier. Il n'a plus de grenades. Que faire? Il somme l'officier de se rendre. L'autre refuse. Courves lui saute à la gorge et l'étrangle. Des camarades accourent. Les Boches, terrifiés, se rendent.
Le sergent Piquemal, à la tête d'une patrouille, aperçoit à la lisière du bois de la
C... une batterie de 105. Sans hésiter, il fonce sur les artilleurs, assomme d'un coup de crosse le commandant de batterie, tandis que ses hommes clouent les servants sur les pièces à coups de baïonnette, sauf un que l'on garde pour l'interroger.
Mais le plus magnifique exemple de sangfroid est celui du nettoyeur de tranchées Doumergue.
Il arrive auprès d'un abri.
— Rendez-vous !
Pour réponse, des grenades.
Doumergue en lance une à son tour, descend dans l'abri, brûle la cervelle du premier Boche qu'il trouve et fait signe aux autres de sortir.
Ils obéissent, effarés, les mains hautes, cependant que Doumergue, tout en leur indiquant le chemin, allume tranquillement une cigarette.
La Prise de Loivre, le 16 avril 19/7
Un des plus beaux faits d'armes de l'offensive du 16 avril aura été la prise de Loivre.
Loivre est un petit bourg de 1.300 (l) habitants environ, sur le bord du canal de l'Aisne à la Marne. Situé au nord-ouest de Brimont, il commande un des points les plus importants de cet obstacle militaire qu'est le canal.
Deux régiments avaient été chargés de l'enlever, le 23e, les « Braves », et le 133e, les « Lions ».
Les « Braves » devaient passer le canal un
(1) Exactement 1.379 avant la guerre.
peu plus au nord, puis, faisant un mouvement de conversion à droite, en occuper toute la rive est, jusques et y compris la voie ferrée.
A la faveur de cette avancée, les « Lions » s'empareraient du village : un bataillon l'aborderait par le nord, tandis qu'au sud deux autres fixeraient l'ennemi et tenteraient de franchir le canal droit devant eux.