Quelques intentions du Cubisme
nie au = D TR mn DR IA rs eo NES RE EE RE ARE" Den nue: Der 5 En prés ae RTANT ne piante LES et
2 far peer ÉDPERORS
SR
mes
ee a
NIQ
HA
Je remercie vivement monsieur et madame Fitch d’avoir bien voulu me permettre de vous entretenir de sujets si ardus que l'esthétique en général et le Cubisme en particulier. Et, bien plus encore, je les remercie de me laisser bavarder d'une chose aussi délicate que la Vérité, car il s'agira surtout de la vérité en art, dans les quelques idées que je désirerais vous exposer. Je dis bien : vérité: car l'on confond quelquefois certitude et vérité. C'est l'éter. nelle querelle des sens et de la raison. Mais la certitude n'est qu’une croyance très relative, alors que la vérité est ce qui est. L'audace est grande, certes, mais un artiste, comme un poète, ne serait plus digne de cette sorte de sacerdoce, s'il connaissait la peur. D'autre part enfin, l'artiste a parfaitement le droit de dégager et d'utiliser ce que contiennent de beau et de poétique les grandes formes de la philosophie, quand il ne lui arrive pas à son tour d'en suggérer aux philosophes.
Le but de toute recherche en art, ne doit être ni l'idéal, nila réalité, mais le vrai. Et quand je vous aurai montré ce que j'entends par vérité en art, je commenterai cette phrase de Georges Braque, qui servira de thème à ma causerie : « Les sens déforment, mais l'esprit forme. »
La vérité éternelle est une divinité si redoutable que bien des hommes, et des plus grands, pour n'avoir pu la regarder en face, ont décidé d'en inventer une nouvelle, de toutes pièces, et non pas, hélas! à leur image mais à leur caricature. Alors que dans les
meilleures religions, les dieux sont faits à l'image de l'homme
considéré dans ce qu'il a de plus vrai, ou de plus pur, en art, l'homme se copie volontiers dans ce qu'il a de plus vulgaire. Cepennant l'art n'est qu'une sorte de religion et dans les périodes où il a. paru le plus grand, c'est toujours la Foi qui l’a inspiré : foi reli gieuse ches les Egyptiens, foi dans la religion de la beauté chez les Grecs : foi chrétienne au moyen-âge, C'est pourquoi, le mobile: de l'art au XX! siècle sera suggéré à son tour par une foi : la foi dans la vérité philosophique et scientifique. |
La pensée humaine est donc sollicitée par deux sortes de vérités » de natures dissemblables et d'inégales valeurs. On les a baptisées assez nettement. D'abord les vérités commodes, et, les autres ….… les ‘rcommodes, mais cependant les seules réellement vraies.
Les vérités commodes seront celles que suggèrent nos sens, nos sens amoureux du direct, du précis, nos sens ennemis de l'effort, des exigences de l'esprit, nos sens paresseux amis du bien-être et du facile, en un mot les vérités des sens. |
Les vérités incommodes, au contraire, restercnt Papas des efforts de la raison, elles tendront à la connaissance des choses dans ce qu'elles ont d’essentiel et d'abstrait; elles seront les vérités de l'esprit. me
C'est ainsi que la recherche de la vérité en art à déterminé. un essai de notation picturale qui n'est pas précisément commode. Cependant, le cubisme n'a jamais eu la prétention d'être un art « pour tout le monde >». Les géométries non euclidiennes, la poésie \ de Mallarmé, la musique de chambre. toutes les sciences encore, ne sont pas publiques et n'oublions pas que l'art est et doit être une « finalité sans fin >». Mais, vous connaissez cette anomalie : personne ne jugera un ouvrage scientifique, mais tout le monde
« se connaît en pernture ».
Nous noterons donc, en premier lieu, que sauf aux époques
d'art primitif, et dans quelques cas exceptionnels (nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet), la peinture s’est contenté d'obéir exclusive. ment ou presque, aux injonctions absolues des sens. Or, si nous songeons à la vérité, une pareille peinture né pouvait donner naissance qu à des vérités médiocres, des certitudes passagères, des croyances souvent erronées, à des vérités de tout repos si l'on peut dire. Lorsque les grands artistes faisaient intervenir dans leurs œuvres des intentions historiques, religieuses, pédagogiques, morales ou psychologiques, ce n'était pas là des excuses, mais des réels sujets. Et leur magnifique sensibilité laissée en liberté ne trouvait guère dans ces sujets que des occasions de s'épanouir, qui ouvraient la porte à l'insuffisance comme à l'exagération.
Or, l'abus de la sensualité était certainement la cause prépondérante de ces insuffisances. Les artistes, en effet, ne voyaient guère que ce que nous pourrions appeler le fait simple, le fait vulgaire des objets qu'ils avaient chosis, alors que l'artiste moderne .considérera les objets et leur ensemble comme des faits artistiques,
Mais, ceci demande quelques explications. Lorsque vous frottez un bâton d'ébonite sur quoi que ce soit, les yeux vous indiquent immédiatement que ce bâton attire des morceaux de papier, et voila certes, une vérité puisque chaque fois qu'on renouvellera l'expérience le même phénomène se reproduira. Cependant, lorsqu'àa son tour le savant examinera ce phénomène, il pensera d'emblée < Tout corps frotté dégage de l'électricité. > Ne voyez-vous pas là une vérité synthétique d'un ordre plus élevé? Or, l'artiste ne regarde pas la nature suivant la vulgarité du premier procédé. Lorsqu'il examine une orange à l'aide seulement de Ses moyens sensuels, il ne voit qu'un fruit aux contours moœælleux, à l'aspect savoureux, à la peau grenue et brillante, etc., c'est-à-dire
qu'il ne voit que le fait simple de l'orange, et voilà une petite cer-
titude. Mais, s'il considère le même fruit dans son aspect.
éternel et synthétique, il ne voit plus dans l'orange qu’une sphère de couleur orangée, et la constatation de cet ensemble d'éléments constitue un fait artistique primordial.
Remarquez d'ailleurs que le langage procède de la même façon. Quand je veux parler d'une table, je ne dis pas: voici une planche de couleur marron et très brillante, fixée sur quatre pieds de même teinte, mais de forme contournée etc. etc... Non je dis: «Voila une table > et c'est tout. Notez même combien l'appellation de table
constitue ce meuble lui-même, dans son essence, puisque la même
appellation servira à toutes les tables du monde quelle que soit
leur forme, leur matière, leur couleur, en un mot leurs accidents.
Or, le procès de la peinture d'imitation, ou comme nous disons …
dans notre patois, la peinture directe, pour l'opposer à [indirecte
qui est la nôtre, le procès de cette peinture, dis-je vous l'avez fait cent fois et vous direz comme moi que l'imitation directe de la nature ne fit jamais que retarder les perfectionnements du progres. Non pas que la raison s’en soit affranchi immédiatement, car il ne faut pas croire, avec certains esprits un peu pressés, que l'homme ayant besoin d'un moyen de transport imagina d'emblée la roue. Non! L'usage des jambes inspira longtemps les recherches des
moyens de transport, et je vous rappellerai que le premier bateau
du Marquis de Jouffroy ne marchait peut-être pas avec des jam”
bes, mais était actionné par d'énormes pattes de palmipèdes qui s'articulaient alternativement. Et puisque nous en sommes aux exemples, je vous rappellerai également que les premières locometives présentaient une force d'adhérence au sol si problématique que les ingénieurs les avaient munies de véritables jambes de force à crampons, qui leur permettaient de s'accrocher au sol. Enfin, l'avion de Ader avait des ailes battantes.
| 2 conception. nd si ! ferle < en s beats | artistiques et
s forme 1 la base traditionnelle du ie art et les esprits
mage oui s'existent que quand à nous | Faisons strictement
ec « eux sont ‘donc déterminés en “dehors de fu
L t AMANL) ? s " aspect. Or, je l'ai montré, ces rapports ne peuvent être unique:
ment obtenus par nos sens, et ne pourrai-je vous le mieux montrer qu'en citant ce fait vulgaire, que malgré la théorie des canaux semi-circulaires, si nous n'avions que le sens visuel à notre disposiion, nous ne serions pas sans inquietude sur le parallélisme perpétuel des rails de chemin de fer.
Indépendamment de ce défaut, la peinture exclusivement sensuelle, enfermée dans son petit cercle de vérités provisoires, ne traduit toujours qu'un fragment de l'espace, choisi forcément d'une façon arbitraire et illégitime. Puisque nous ne connaissons pas de point fixe dans l'espace, que nous ne possédons au’ cune assise valable, comment vouloir situer un objet de façon vraie ? mors
é A s à CC s LA è Dans le même sens la peinture de vision ne peut traduire qu'en
fragment du temps. Les sens ne perçoivent en effet que le passa ger, le fugitif, ils ne peuvent fixer qu'une fraction de la durée, une parcelle de l'éternité. D'ailleurs à ce sujet, un exemple frappant de cette lacune, ne se présente-til pas chez les impressionnistes ? D'une pochade excellente, ne tiraient-ils pas souvent, un tableau médiocre ? Si, n'est-ce pas, et pourquoi? Si ce n'est que
l'impression fugitive de l'artiste, à peine tracée, présentait une
certaine Valeur, alors que la même une fois fixée s'encombrait de
richesses parasites qui n'en faisaient qu'un fatras.
Cest ainsi, qu'avec la peinture de vision directe, les lois de la
perspective sont tombées en désuétude, comme l'avaient fait déjà
la règle des trois unités, la loi des tourbillons et tant d'autres grandes
lois physiques et sociales. Mais, ne voyez là aucune prétention, je Vous prie, car je sais
mieux que personne que l'on n'enlève jamais uneillusion aux hom-
mes que pour la remplacer par une nouvelle. Et les anciennes lois
imen on | déterminée, lepace luimême. E remarquez ! ici com- do. LEE
on (dia: « « Vois de bien grands mors: > mais souvenons
l “ on (ue } ii Le sais encore qu ’on nous as souvent notre culs
: » mais : notez bien, ie vous me que nous ne Faisons: inter:
M art de ces grandes pensées.
[ ie (08 Î 14
sne rente que ce passe, l'esprit Ce qui de
Cicéron dit, à à son tour, ceci: € Lénete Phi voulait saules Le ii statue d’un Dieu, il ne cherchait pas de modèle parmi les hommes. at mais dans son esprit — in ipsius mente — Et ce dernier fait illus . trera parfaitement une phrase de Bossuet qui les résume tous: « Les sens ne peuvent supporter les extrêmes, mais l' entendement n'en est jamais blessé ». | ts
Nous voyons assez d'après Éd orénitles combien les Anciens (ae accordaient d'importance aux injonctions de leur : imagination ; et je #
ne saurais omettre non plus les efforts synthétiques. de. 'art nègre, a
pour vous montrer comment cette forme d'interprétation de l'art se trouve en puissance dans les écrits des grands philosophes, comme ie aux degrés inférieurs de l'humanité. | a POAS
Pour compléter cette ldée je voudrais vous dire comment cette “a
conception de l'art a trouvé des équivalents dans la façon dont A dt sont établis tous les rapports des hommes. Je Quelques artistes ont employé le mot « créer » pour indiquer : | À \ combien leurs œuvres avaient peu de rapport avec les sujets qui : ue les avaient inspirées. Le mot «créer» est ici un peu fort, et seule sa Do k a commodité excuse un peu sa superfétation. Néanmoins il prête aa A l'équivoque et rappelle un peu trop le « Dieu tombé », quin'esten st réalité qu'un animal parvenu. € Créer » est en effet, faire quelque ie chose de rien, et ce mot a été galvaudé. Cependant l'idée qu Al i représente n'en a pas moins une signification assez précise et e qu ‘pe cn : importe de dégager. Ve A NS « Les lois, dit Montesquieu, sont les rapports nécessaires. > fi ; 2 Eh bien! je tiens que le choix d'éléments primordiaux des objets, en préconisé par nos artistes, constitue « la loi même » de ces objets. Et vous verrez que cette « loi » ne naît pas autrement que les lois a scientifiques et sociales de l'humanité. La part de découverte de 4
Newton réside non | pas dans ce qu il: a examiné les étoiles, n ni dans ne
| ce in A à. | utilisé fe moyen des mathématiques, mais Fe dans
l'énoncé de cette loi; « L’attraction terrestre varie comme l'inverse du carré des distances. » Même conception chez le législateur.
Comme il ne pouvait établir un jugement particulier ou une dispo-
Le | l'analyse, puis la synthèse de tous les cas pour en tirer les lois qui sont les rapports justes entre tous les cas qui lui furent soumis.
C'est ainsi que nous retrouverons le même mécanisme dans le travail de l'artiste. Lorsque le peintre, en effet,se trouve en présence ro des objets, le premier travail de son esprit imaginatif consiste en | une analyse des mêmes objets, qu'il étudie dans ses esquisses ou ni dans ses ébauches. À la faveur de cette analyse, il dégage les élé-
ments primordiaux qu'il considère comme les plus beaux et qui sont
à. son avis, les signes incontestables de leur idée première, ou de leur forme la plus pure. Enfin, par un travail synthétique qu'il Due exécute à l'aide de tous ses moyens picturaux, il constitue un en- UE semble nouveau de tous ces éléments.
Lorsque le physicien songe à la composition chimique de l'eau,
saveur, mais il la considère comme un agrégat de molécules. ai L artiste opérera de même façon et son œuvre sera donc comme A 1 ‘une loi de tous les rapports des éléments entre eux. Iln'y aura pas JA, création à proprement parler, mais analyse, synthèse, puis éta. … blissement d’une loi de cette sorte de phénomène. Et le nombre : de ces lois pourra être aussi considérable que l’est celui de toutes jt les lois humaines.
| Après les recherches de l'esprit, nous arrivons aux données % io ds sens, € ‘est-à-dire ? à l exécution de j œuvre, à sa réalisation. | Masi ici, pour le commentateur surgit une grave difficulté,
D Des goûts et t des couleurs, dit-on, il ne faut pas discuter. Voilà en
| sition spéciale pour chaque individu et suivant tous F cas, il opéra
He ne lexamine pas sous son aspect d'utilité, de fraicheur ou de
qui après de longues conférences finit par démontrer récemment | que toutes réflexions faites, les aéroplanes ne pouvaient être … construits autrement qu'ils ne l'avaient été.
L'artiste devra donc se garder d'un excès de méthode. Ce’ pendant je m'empresse de dire qu'il devra se méfier autant de l'exagération contraire, je veux parler de celle qui ferait des sens les tyraniques dominateurs. Pour les motifs plus haut cités, il est incontestable que si l'influence des sens s'affirmait seule, l'artiste verserait infailliblement dans la décoration pure, et l'émotion artistique qui ne vaut que par sa distinction sombrerait dans une vulgarité utilitaire qu'aucun pragmatisme ne saurait ériger en beauté. | ;
Les sens sont dangereux, la volupté se paie cher et puisque la perfection est au-dessus de nous, il faut pour l'approcher se montrer désintéressés et faire des sacrifices. D'ailleurs, nous savons assez que la sensualité, cette foi d'ordre inférieur n’a jamais fourni de manifestations qu'aux époques de décadence. Devant certaines tentatives périlleuses, l'artiste n'oubliera donc pas que la qualité d'une œuvre repose sur le choix des différentes parties qui la composent. Qu'il s'agisse de choix des éléments ou de choix de moyens, l'artiste discernera les éléments où les moyens picturaux, de ceux des éléments ou des moyens qui ne le seraient pas. De plus il ne perdra jamais de vue que leur dépense exagérée, sans un choix très sévère, amènerait facilement l'incohérence, la confusion et surtout l'équivoque. Certains artistes ont imaginé de centréler justement le choix de certains de leurs éléments à l'aide de ce moyen nouveau qui consistait à coller dans leur tableau du papier et du faux bois. Voila déjà un essai de limitation qui a porté ses fruits. Mais, ce procédé ne devait subsister que comme
moyen de contrôle personnel de l'artiste, car son établissement
à comme moyen définitf, risquait aussi de le faire sombrer dans une exagération également à redouter; ; je veux parler de la re. cherche et del ‘utilisation des moyens pour les moyens.
Les moyens, expression vivante de sa sensibilité doivent être
| fournis : à l'artiste par la suggestion de son intuition, | où inspirés par la réminiscence d'œuvres classiques. Si au contraire les | moyens n'étaient que l'objet et le résultat de Mar ce ne … pourrait être quà la suite d'un effort cérébral qui risquerait
| toujours d'occasionner un manque d'équilibre. Et dans le cas
présent comme dans un précédent, à rechercher les moyens pour Dir “Pa moyens, l'artiste s'éloignerait toujours de [a rive humaine,
RE pied et s'enfoncerait dans un individualisme inextricable
«faisons quelque chose de nouveau», ne dites jamais «cher.
chons des moyens nouveaux.» Sans quoi nous retombons dans
: ri de l'école qui dit à l'élève : «Faites ceci, mais ne faites pas cela >», et ne lui conseille en définitif que de | refaire le déjà fait.
En définitive pour le plus bel éaulibre et pour le Sie sûr épa- nouissement de la beauté, l'on doit trouver dans toute représenta- tion d'art, une comparaison, une confrontation entre ce qu'auront … fourni dans une œuvre et l'esprit et les sens. Etc'est du choix de Lu ces deux sources que jaillira l'émotion artistique ou poétique sous | forme d'une exagération qui sera le lyrisme.
Reste : à donner à à cette exagération cette mesure juste que
nous préconisons, mais ceci est le secret du génie.
ii tradition doivent apporter une aide puissante à la recherche
pute de ces résultats.
CN EVE TERRES es D
. où il serait seul à se suivre. De même qu'il ne faut pas dire:
Néanmoins, je persiste a croire que la connaissance des
us la compréhension juste de leurs œuvres etle respect de
Le Cubisme montre d’ailleurs maints exemples de cette vénéra: | P | |
tion. Ainsi l'artiste sensuel pourra rechercher les contrastes subjectifs des couleurs, tels que l'on en rencontre chez Giotto, ces fameux constrastes qui faisaient dire à un critique que l’on ne savait jamais d'ou venait la lumière, ni l'heure qu'il était dans les œuvres du grand Primitif, tant Giotto s'inquiétait peu de limitation servile. La plupart des Primitifs, vivaient en Dieu, et le temps comme l'espace n’existaient pas pour eux. Aussi verrons nous le Cubiste inspiré par Giotto dédaigner dans sa toile, l'ombre imitée d'un objet éclairé suivant la perspective, pour disposer dans la même intention constructive un plan de couleur quelconque qui ne sera plus | l'ombre, mais sa représentation indirecte et non définie, son équivalence, son analogie. |
Nous avons admis, n'est-ce-pas que la reproduction directe des lignes droites, et courbes comme des surfaces ne saurait constituer qu’un travail d'imitation simple et dénué de tout intérêt | artistique.
L'artiste appliquera encore le même raisonnement à l'étude du dessin et des surfaces. Il est peu légitime, je le sais, de détacher le dessin et les surfaces de la couleur, puisque les objets ne sont que des surfaces colorées, mais je ne le ferai ici que dans un but ana lytique. :
Nous aurons donc la recherche des constrastes des surfaces, l'étude de leurs influences réciproques et enfin l'examen del'influence des droites et des courbes sur leurs voisines; mais, ceci, toujours dans le but de découvrir leurs rapports. |
Or, ces recherches, elles aussi, seront basées sur les exemples : de la tradition. L'artiste les transposera, les transformera suivant
l'état de sa sensibilité moderne, mais il leur conservera toujours le.
de découvrir dans telle toile une courbe sinueuse définitivement admise et toujours répétée dans certain cas, et telle qu'en usaient souvent les Égyptiens pour représenter une forme déterminée par 1 leur esprit, comme signe local. Dans le même sens nous retrou- .. | | verons, toujours indépendamment d'une idée représentative
| auelomque les modes de groupement les plus classiques. Et les
ï | LITRES | Je ne veux pas dépasser ici les limites d’une causerie.
es Ho le cas présent comme dans bien d’autres, je sais que les
. ne doit pas chercher à comprendre. Ce qu'il faut donc avant tout a ' . c'est aimer une œuvre pour quelque raison que ce soit, nous la
… comprendrons toujours dans la suite.
Je n'ai pas la prétention de vous voir attraper le coup : de foudre devant une toile cubiste, ceci ne sera jamais le fait que de tous jeunes gens! Et d’ailleurs j'aurais trop à dire sur ce sujet. Mais les admirateurs de cette formule d'art, je
k} | pade de ceux quiavaient aimé antrieurement d'autres formes
peu à cette nouvelle notation et d'éclaircissements en consta- tations se sont pris à aimer cet art comme je l'aime moid. même, sans cesser d'accorder pour cela leur tribut d'admiration
de aux manières ts qui pour n être pr conçues suivant
| même esprit d éauilibre. Et ce sera une joie pour le spectateur que.
constructions transposées, mais rafeunies et amplifiées des
er et He W/atteau, par exemple, affirmeront souvent leur 0
di | meilleures raisons sont les pires. L'on aime ou l’on aime pas et l'on
de la peinture, se sont d'abord accoutumés, acclimatés peu à
dans le goût que l'on en a; et cest la grâce que je vous
souhaite. D'ailleurs il en est ainsi pour tout art.
Rappelez vous seulement que le Gubisme n'est qu'un essai. de notation nouvelle susceptible de perfectionnement et quil n'a d'autre but que proposer à l'examen de votre sensibilité des ensembles nouveaux d'éléments d'objets parfaitement connus et ce grace à des moyens choisis de la façon la plus judicieuse ct la plus traditionnelle.
Traditionnel, je vous ai dit que le Cubisme l'était, en vous indiquant comment la construction de ses lois rappelait le patron -de toutes les grandes lois scientifiques. Mais pour terminer je voudrais vous montrer maintenant, comment les lois du Cubisme sont également humaines. Mais pour cela je vous demanderai permission viser de plus haut. |
Toutes proportions gardées, la nature dans ses origines na t-elle pas procédé suivant ces mêmes lois? Souvenez-vous de ce que je vous ai dit, ii ny a quun instant. N'est-ce pas avec les mêmes principes vitaux, avec leurs éléments premiers pris dans leur essence, dans leur plus pure simplicité, que la nature nous a donné l'immense variété et la complexité de la faune. N'est-ce pas avec un peu du suc de la terre et d'humbles graines que se sont multipliés les miracles si divers de la flore. N'est-ce pas avec les mêmes éléments simples que le Créateur. a donné naissance au brin d'herbe comme au plus orgueilleux des chênes. ;
Quelle jolie chose, quel rêve d'art que tirer de ces éléments
simples et divers qu'étaient un peu d'eau, de terre, de racines» que sais-je, un pêcher en fleurs.
Aussi puisque j'ai l'avantage de parler devant un auditoire si complaisant et si libéral, me permettrez-vous de vous demander pour en finir : « Est-ce que le Créateur, lui-même, ne serait pas le premier Cubiste » ?
1% a re
ELA \N #4 % MEUTA {
Ni