DU CEREMONIAL DES LETTRES
1). "Pe quel papier doit-on se servir pour écrire une lettre î
R. Pour écrire à un supérieur ou à une personne de condition, on doit se servir de grand papier à lettre et écrire sur une feuille double^ et non pas sur une demi-feuille ; pour ses égaux ou ses inférieurs on peut se servir de papier plus petit.
D. Où doit se mettre la date d'une lettre?
R. Dans les lettres d'affaires ou de commerce et dans celles à ses égaux ou à ses inférieurs, on met la date en haut du papier, vers la droite ; mais dans les lettres à ses supérieurs ou à une personne de condition, on la place à la fin de la lettre, à peu près à la hauteur de la signature et du côté gauche.
D. Qu'avez-vous à observer lorsque vous écrivez votre Tettre sur le papier 1
R. On doit laisser, à gauche de son papier, une marge de la largeur de deux à trois doigts. Vers le quart de la page, à partir du haut et près de la marge, on écrit, seuls sur la ligne, les mots : Monseigneur, Monsieur, Madame, Mademoiselle, Honorable Monsieur, Révérend Monsieur, Mon cher père, Ma chère mère, Mon cher ami, selon l'état ou le rang de la personne. Au dessous de ces mots, avant de commencer la lettre, on laisse un intervalle plus ou moins grand, selon la dignité de la personne ou le respect qu'on lui doit; cela peut aller jusqu'à ne commencer la première ligne qu'au milieu de la page, et dont le premier mot doit être séparé de la marge et se trouver à la droite du mot Monsieur ou Madame, On doit aussi, au bas de cette première page, laisser un intervalle convena-
blc, et, au revers, commencer à peu près à la même hauteur où l'on a place de l'autre côté le titre qualificatif Monsieur ou Madame.
D. Quand doit-on répéter dans une lettre le titre de celui à qui l'on écrit ?
II. Lorsqu'une lettre est longue, il convient de répéter deux ou trois fois le titre de celui à qui l'on écrit, et tel qu'on l'a mis au commencement de la lettre ; il faut l'écrire en toute lettre et non en abrégé.
D. Est-il permis de prier celui à qui l'on écrit de saluer, d'autres personnes, ou de leur donner quelques commissions 1
II. Il ne convient pas de charger dans les lettres des personr.es supérieures de saluer d'autres personnes de notre part ou de leur faire des recommandations ; si l'on croit pouvoir le faire, parles circonstances où l'on se trouve, on peut se servir des phrases suivantes : " Permettez-moi, s'il vous plait de saluer M... ou, je vous prie trèshumblement d'assurer M... de mes civilités respectueuses." Mais I!, serait impoli de charger une personne de rendre ses hommages à une personne d'une qualité trop élevée au-dessus de la sienne, ou de lui demander de saluer des personnes qiiiiui seraient' bien inférieures.
D. Que doit-on observer quand on fait mention des parents de ceux à qui l'on écrit \
R. Quand on fait mention des parents de ceux à qui l'on écrit, on doit toujours ajouter Monsieur, Madame, Mademoiselle, ou quelques épithètes de considération ou de sentiment,disant : Monsieur votre père, ou votre respectable père, Madame votre mère,ou votre vénérable mère, Mademoiselle votre sœur, ou votre aimable sœur, etc.
D. Les renvois, le3 interlignes, les ratures et les postscrjptura sont-ils permis dans les lettres ?
J.i. Il faut éviter les renvois, les interlignes, les ratures et les post-scriptum ; on ne peut tout au plus se les permettre qu'à l'égard des personnes avec lesquelles on a le droit d'agir sans cérémonie. Dans le cas qu'on aurait fait des ratures ou omis quelque chose, il serait nécessaire de recopier sa lettre sur une autre feuille de papier.
D. Que doit-on faire si l'on prévoit que la matière de la. lettre finira trop bas pour y mettre la signature 1
R. Si l'on prévoit que la matière de la lettre finira trop bas pour y mettre la signature, il faut la ménager en sorte qu'on puisse en garder assez pour remplir deux ou trois lignes sur la page suivante.
D. Comment doit-on terminer ses lettres ? R. Les lettres se terminent par l'expression d'un sentiment de respect, de reconnaissance, d'attachement, d'amitié, d'estime, suivant la position de la personne à laquelle on écrit et les relations qu'on a avec elle.
Les formules les plus ordinaires sont les suivantes :, Pour un Eveque.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monseigneur, De votre Grandeur, Le très humble et très obéissant serviteur,
, Pour une personne de condition.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
ou, Je suis très respectueusement,
Monsieur, Votre
Pour un Bienfaiteur.
Veuillez agréer, Monsieur, L'expression de mes sincères sentiranets de reconnaissance
Pour un Père.
Je demeure toujours,
Votre fils soumis et très dévoué, ou,. Votre très obéissant et très affectueux fils,
Pour un Ami.
Je demeure toujours,
Votre affectueux ami, ou, Votre tout dévoué ami»
Pour une Dame.
Veuillez agréer, Madame,
L'hommage de mon respect, N. N.
D. Quelle est la manière de plier une lettre ? R. Pour plier une lettre, il faut employer la manière la plus simple, qui est toujours la meilleure ; elle doit présenter une surface plus longue que large, afin que l'adresse puisse être inscrite en moins de lignes et être lue d'un simple coup d'œil ; on la plie ordinairement en quatre et on la cacheté au milieu. On manquerait à l'usage en remplaçant le cachet par l'empreinte d'une pièce de monnaie, ou par un pointillé d'épingle ou de canif.
D. Doit-on se servir d'enveloppe pour envoyer ses lettres et employer indifféremment du pain à cacheter ou de la cire pour les cacheter 1
R. On ne doit pas envoyer sans enveloppe une lettre à
une personne au-dessus ije soi;H alor^, :l <\,t plus convenable d'employer de la cire pour la cacheter, c'est un témoignage de considération envers la personne à laquelle on s'adresse ; on n'emploie la couleur noire qu'en cas de deuil ; une lettre ne se cacheté qu'à une seule place, à moins qu'elle ne contienne de l'argent. /
D. Qu'avez-vous à remarquer sur l'adresse d'une lettre ?
\\. La meilleure adresse d'une lettre est celle qui est la moins longue possible. Elle doit indiquer le nom,la. profession ou le titre de la personne à laquelle elle est destinée, et même les prénoms, lorsqu'il y a dans la même localité des personnes du même nom, exerçant la même profession. Il faut indiquer le nom de la ville ou de la paroisse et celui du comté. L'adresse d'une lettre se met ainsi : Monsieur que l'on écrit vers le milieu de l'enveloppe à gauche et que l'on fait suivre sur la même ligne du nom de la personne à qui l'on écrit et de celui de sa dignité ; dans la seconde ligne, à droite, on met le nom de la demeure, et au dessous, celui du comté> comme dans l'exemple suivant :
Monsieur Louis Luneau, Cultivateur, S. Calixte de Somerset,
- Comté de Méo-antic.
Si l'on écrit à uae personne quia droit au titre d'Ecuier comme, par exemple, à un avocat, à un notaire, à un docteur,àun juge de paix, à un membre du parlement,etc, on ne fait pas usage du mot "Monsieur" et alors,on écrit le nom de la personne suivie du înof'Ecuier" et de ses autres qualités, comme dans l'exemple suivant, pour un juge de paix :
Jean Louis Viau, Ecuier, J. P.
Ste. Croix, Comté d^ Lotbinière.
Si la personne à qui l'on écrit est un membre du Conseil Exécutif ou un membre du Conseil Législatif, on supprime lemot "Monsieur" et le mot "Ecuier", et on met le mot "Honorable" suivi du nom de la personne et de ses autres qualités, comme dans l'exemple suivant :
L'Honorable Louis Turgeon, Proc. Gén.
Montréal, Rue St. Paul, No. 12- D. Donnez-nous les principales adresses ? R. Voici les principales adresses qui se rencontrent le plus souvent :
Monsieur Louis Legris, Instituteur.
Si la personne à qui l'on écrit est une femme, on met le mot "Madame" suivi du nom de son mari, comme dans l'exemple suivant.
Madame Jean Baptiste Martineau,
D. Que doit-on faire lorsqu'on envoie une lettre par occasion 1
R. Lorsqu'on envoie une lettre par occasion, on met par politesse le nom du porteur et ses principaux titres à gauche, au bas de l'adresse, les faisant précéder de l'une des expressions suivantes : Par faveur de. . . . ou par politesse de.
D. Que faut-il observer lorsqu'on recommande sa lettre aux soins d'une personne pour qu'elle la remette à une autre ?
R. Lorsqu'on est obligé de recommander sa lettre aux soins d'une personne pour la remettre à son adresse, il faut le faire de la manière suivante : Respectueusement recommandée aux soins obligeants de N. . . . ou simplement: Aux soins obligeants de N. . . . qu'on écrit à la gauche, au bas de l'adresse.
i). De quelle manière peut on faire connaître qu'une lettre contient de l'argent ou qu'elle est pressée ?
R. On pont faire connaître qu'une lettre contient de l'argent, en écrivant en gros caractères, horizontalement, au haut de l'adresse : Lettre d'argent:, alors il est bon de Ja faire enregistrer ; si elle est pressée on écrit en gros caractères, au haut, en travers, vers la gauche de l'adresse le mot : Pressée.
D. Doit-on payer le port de ses lettres?
R. La bienséance exige qu'on paie invariablement le port de ses lettres, surtout lorsqu'on reclame un service, ou qu'on témoigne de la reconnaissance pour un service reçu ; on peut cependant dévier de cette règle lorsqu'on écrit au chef d'un département public pour des affaires qui regardent ce département.
usa sb Saiifmia*