‹ Quelques lecons sur l'art epistolaire et la politesse, accompagnees de formules de comptes et de petits actes civils, a lusage des ecoles primaires superieuresChapitre 42 sur 47 · CONDUITE EN COMPAGNIE · texte numérisé non relu

CONDUITE EN COMPAGNIE

D. Que doit-on observer en entrant dans une compagnie ?

II. Lorsque vous vous présentez à la porte d'une maison, vous devez frapper doucement et attendre qu'on vous ait répondu avant d'ouvrir. Quand vous serez entré, fermez la porte sur vous sans bruit. Le premier soin d'une personne bien élevée en entrant dans une maison, c'est de saluer les personnes qui s'y trouvent par une inclination gracieuse et d'aller directement présenter ses devoirs au maître de la maison. La civilité veut aussi qu'on ôte son gant pour présenter la main à une personne ou pour en recevoir quelque chose. On ne doit pas présenter familièrement la main à une personne à qui. l'on doit des égards.

Si plusieurs personnes sont en conversation, on commence par écouter pour se mettre bien au courant du sujet dont il est question ; s'il s'agit d'affaires particulières, il faut bien prendre garde d'y prendre part. On ne doit jamais passer devant une personne sans lui faire un salut et lui demander excuse ; il vaut mieux passer derrière quand on le peut. Si une personne qui vous est supérieure passe près de vous, il faut vour retirer un peu pour lui faire place ; si c'est à l'entrée d'une porte, arrêtez-vous pour la laisser passer la première. Si en marchant, vous heurtez quelqu'un par mégarde, voua devez vous retourner avec empres-

sèment et lui exprimer tous vos regrets de cette maladresse.

D. Que doit-on éviter en compagnie ?

R. La bienséance exige de né pas fixer les yeux trop longtemps sur la môme personne ; d'éviter de lui faire sentir son baleine, de passer devant sa figure Une lumière ou un objet quelconque pour le donner à un autre. Il ne faut pas toucber son nez, ni se mordre les lèvres, ni mettre ses doigts dans les oreilles ou dans sa boucbe. On ne doit jamais tourner la tête à droite et à gauclie pendant la conversation, mais se tenir droit, les pieds posés à terre, sans se courber oit s'appuyer sur un siège ou sur un meuble ; il faut éviter de parler ou de rire de manière à couvrir la voix des autres. Il ne convient pas en se mouchant d'imiter la trompette avec son nez, d'éternuer fort, et en le faisant, il faut mettre la main ou le mouchoir devant la figure ; si quelqu'un éternue en votre présence, gardez-vous bien dé lui dire : " Dieu vous bénisse." Evitez avec soin de vous moquer des défauts des autres, surtout des personnes présentes, de les tourner en ridicule, de leur lancer des paroles qui pourraient blesser leur amour propre, de faire des allusions imprudentes et d'essayer de faire briller votre esprit à leUr dépens. Il serait impoli de parler à l'oreille de quelqu'un lorsqu'on est Cn compagnie, de parler d'objets malpropres, ou de se servir de termes dégoûtants ou grossiers. Gardez-vous bien de bailler, de fredonner un air entre vos dents ; et si vous ne pouvez pas vous empéelier de bailler, mettez la main ou votre mouchoir devant la bouche ; il serait encore déplacé de s'endormir au milieu d'une société ; il vaudrait mieux alors quitter la compagnie.

Il ne convient pas de rire aux éclats, soit avant, ou après avoir raconté une histoire, ni d'interrompre une personne qui parle, mais montrer que l'on prend intérêt à ce qu'elle raconte. S'il vous arrive de prendre la parole en même temps

qu'un autre, il faut se taire et lui laisser la parole. Si l'on vous apporte une lettre, vous ne devez pas la lire sans demander auparavant !a permission à la compagnie.

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