‹ Quelques mots sur certaines habitudes nuisibles à la santéChapitre 2 sur 3 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

S’il est en général assez facile de prévenir les habitudes physiologiques ou morales , ou d’arrêter leurs progrès, lorsqu’elles ne font que de naître : il n’en est pas de même lorsque leur ancienneté les a changées en véri-

tables besoins ; elles triomphent alors des résolutions. Vainement elles exercent de l’influence sur la santé ; vainement la raison vient éclairer l’homme et lui montrer la voie qu’il doit suivre : il est souvent sage par théorie et fou par pratique. Le joueur qui a perdu une partie de sa fortune s’emporte contre le jeu et fait serment de ne plus s’y livrer : vain projet ! Il ne peut s’empêcher de se laisser séduire par l’amorce d'une nouvelle partie , et de s’exposer ainsi à perdre le reste de son bien.

Il est donc de la plus haute importance de faire de continuels efforts pour prévenir ces fléaux redoutables de l’espèce humaine ; et ce n’est qu’en remplaçant les habitudes vicieuses par d’autres d’un caractère entièrement opposé, que l’on peut espérer de faire o oûter à l’homme une forte somme de félicité

morale jointe à la vigueur corporelle. En effet, celui qui, dès l’enfance, a appris à

braver les saisons , à vivre et à se contenter du premier aliment qu’il rencontre ; qui a exercé son corps aux privations et au travail , et ses organes à toute espèce d’impression ; qui a su borner ses désirs et opposer un frein à ses passions , est le seul qui puisse connaître les jouissances d’un vrai bonheur.

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