OCTOBRE I
De ma campagne de la Fenêtre , le 19 septembre i833»
Mon cher Cayourî
Le souvenir des soins que tu donnais naguère à la maison de force de Turin intitulée VErgastohj m'engage à te dédier ces notes sur le système pénitentiaire que je désire voir introduit dans tous les établissemens destinés à préserver la société civilisée des attentats de ceux qui se constituent vis-à-vis d'elle dans un état d'hostilité. Quoique les prisons du Piémont ne soient pas sous ta surveillance , en ta qualité de syndic de la ville de Turin , tu es placé de manière à pouvoir exercer une influence morale favorable sur leur administration et leur régime , dont l'importance se fait surtout sentir dans les grandes villes. Le Piémont possède deux élémens précieux pour le système pénitentiaire :
i° Un clergé respectable ;
20 Un grand nombre de militaires retirés , de tout grade, qui pourraient remplir différens emplois, qui , dans TintérêS
du système , ne doivent être confiés qu'à des hommes honorables, habitués à respecter et à faire respecter une discipline sévère.
Ce qui doit concilier au système pénitentiaire le suffrage de tous les hommes d'état , c'est l'influence qu'il exerce sur la diminution des récidives , qui est le produit net des bonnes habitudes contractées par les détenus pendant qu'ils subissent leur peine.
Je souhaite, mon cher Cavour, que tu considères cette dédicace comme une nouvelle preuve de la tendre amitié que je t'ai vouée depuis si long-temps , et qui ne finira qu'avec ton frère ,