‹ Quelques notes pour servir pendant la présente élection aux électeurs du comté de Bellechasse [microforme]Chapitre 6 sur 19 · LE QUAI · texte numérisé non relu

LE QUAI

St. Michel est non-seulement un lieu de pélerinage, mais c’est aussi un endroit charmant pour passer la belle saison.

I s'agissait de réparer le quai de St-Michel et cette question touche à la question précédente. À ce propos on m'écrivait :

* Une répartition de huit années a été faite l’an dernier sur les biens imposables de la paroisse pour payer le coût du parachèvement de l’église. Une autre répartition sera faite bientôt pour rencontrer les dépenses de la reconstruction d’un pont considérable sur la rivière Boyer. Les paroissiens de St-Michel se trouvent par là même dans l'impossibilité absolue de réparer leur quai.

“ Ce quai, à part l'extrémité nord qui a été réparé l’an’dernier, se trouve aujourd’hui dans un état de vétusté telle que le conseil municipal sera tenu de le fermer à la circulation du public, pour empêcher les accidents qui pourraient Y arriver et les poursuites en dommages qui en pourraient résulter, à moins que le gouvernement dans l'intérêt de la navigation et des travaux publics n’y veuille faire continuer les travaux de réparation déjà commencés.

‘On signe en ce moment une requête pour remercier le gouvernement fédéral, pour l’aide de mille piastres donné

l'an dernier, et pour le prier de faire voter pendant cette session la somme d'argent nécessaire pour réparer ce quai d’une manière convenable, et le rendre accessible, sans danger, à tout le monde indistinctement. ”

Cette requête était signée par tout ce que St-Michel de Bellechasse compte de plus influent, et le gouvernement fédéra; se rendant à ma prière a donné #1000 cette année et en a accepté les conclusions qui s’imposaient au public. Le quai de St-Michel a sauvé déjà plusieurs navires. Espérons que l'an prochain on y construira une lumière.

À ce propos j'écrivais dans le Canadien l’article suivant :

Il y a quelques jours un steamer chargé de vins *t de fruits de la Méditerrannée, l’Avlona, venait faire naufrage sur la pointe Saint-Valier, célèbre déjà par plusieurs ‘autres sinistres qui s’y sont succédés.

L'amiral Bayfeld, dans ses travaux d’hydrographie, traduits par M. Nesbitt, décrit ainsi ce lieu redouté des marins.

À 2} milles à l’ouest & sud de l’église de Berthier est située la Pointe Saint-Valier. Elle est remarquable : c’est la plus haute pointe de la rive sud, au-dessus de la traverse de Saint- Roch. AÀ 84 milles à l’ouest sur sud de la pointe Saint- Valier se trouve la pointe Saint-Michel qui est très basse. De ces deux pointes s'étendent à une grande distance au nord-est des récifs d’ardoise qui assèchent à mer basse. L'église et le village Saint-Valier s'élèvent sur la rive de la baie entre les pointes Saint-Michel et Saint-Valier. Ils sont à 2 milles sud-ouest sur sud de l'extrémité de cette dernière pointe. La baie de Saint-Valier remplit toute la baie entre les deux pointes et se projette jusqu’à trois quarts de mille du nord-est de la pointe Saint-Michel. L'église et le village de Saint-Michel sont à deux milles ouest sur sud de la pointe de ce nom, et à la pointe de la Durantaye l'eau basse ne s'étend qu’à 100 brasses au large.

Ce qui vient d'arriver au steamer Avw/ona, ce qui est arrivé à tant d’autres, pourrait être évité presqu'à coup sùr si le gouvernement fédéral allongeait un peu le quai de Saint- Michel de Bellechasse et y construisait un phare. Cette idée n’est pas nouvelle, et nous aimerions à la voir discutée par des hommes compétents, par nos pilotes, par nos capitaines au long cours, par les agents des grandes assurances maritimes.

D'ailleurs, ce quai a déjà prouvé son utilité publique.

Dans une lettre qu'il écrivait à Sir Hector Langevin, le 4 Ævrier 1835, M. Amyot disait :

.“Si la paroisse de St. Michel n'eut considéré que la commodité, elle eut pu, à quelque distance de là, construire à peu de frais un quai beaucoup plus court, qui eut suffi pour a mettre en communication avec Québec. Mais cédant aux ænstances des hommes publics, confiante dans l'assurance qui ui était donnée, désireuse d'aider à la navigation, elle con- #sentit à construire le quai actuel, l’un des plus considérables et des plus utiles à la navigation fluviale. maintes fois ce

uai a servi de hâvre de refuge assuré à des vaisseaux en

étresse ou surpris par les glaces, tels que la barque Thomas Füden, le brigantin Three Sisters. Tous les ans, un grand mombre d’embarcations importantes y trouvaient un abri. Æt c'est le seul quai qui offre cet avantage sur un grand parcours du fleuve. Ce qui explique le fait qu’er moyenne #0 ou 60 bâtiments s’en servent chaque année cc mme hâvre ‘ile refuge et toujours avec succès. En outre, tout le comté “le Bellechasse, et même les paroisses des comités voisins utilise comme débarcadère.”

Voilà un résumé éloquent des services que cette jetée de St-Michel a pu rendre à la navigation. La réparation de ce suai qui a 1190 pieds de long, etson rallongement s'imposent æa plutôt. Il y a des travaux publics qui deviennent tout à «up urgents. La construction du nouveau phare de S$t- Michel tombe dans cette catégorie. C’est au public et au com- “merce à le faire comprendre au plutôt aux autorités.

Quant à nous, nous attirons l'attention du ministre de la Marine et des Pécheries ainsi que celle du ministre des Trawaux Publics sur le fait que depuis des années et des années, äl s'est perdu des sommes considérables, soit pour le com- #merce, soit pour les compagnies d'assurance n.aritime, par les smgufrages qui ont eu lieu en temps de brume ou de tempête sur la pointe StValier. Le seul moyen de prévenir autant que possible ces sinistres est de mettre une lumière sur le quai de St-Michel.

Æspérons que le naufrage de l’Avlona sera le dernier qui sé fera à la pointe Saint Valier, et que le gouvernement fédéral “ya bientôt donner des ordres pour la réparation et l'allongement du quai de St. Michel et pour la construction d'un phare en cet endroit. |

Que les pilotes, les capitaines au long cours, les agents AÉ'essuraticé maritime, les armateurs, les consignataires, que

tous ceux qui ont intérêt à la sureté de la navigation du Saint Laurent fassent immédiatement des requêtes adressées à l'exécutif, à Ottawa. La demande qu'ils feront est. trop du domaine de la saine économie politique, elle est.trop. juste ‘ trop pratique, trop humanitaire, pour qu’elle reste an panier. Si tel était le cas, le gouvernement fédéral accepterait alors une lourde responsabilité devant le commerce et la navigation du Saint Laurent. L'un et l’autre ont droit à sa vigilante protection, et dans ce dernier cas, nous le répétons, il y a urgence.

FAUCHER DE SAINT MAURICE

Nous tenons, maintenant de source certaine que le gouvernement d'Ottawa étudie l'opportunité de l'érection de cette lumière.

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