‹ Quelques notes sur l'enseignement secondaire en Angleterre, en France, aux États-Unis, etc. [microforme]Chapitre 2 sur 21 · EXTRAIT DE LA REVUE CANADIENNE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE LA REVUE CANADIENNE

AC Ga F3

L'Enseignement Secondaire en Angleterre

Le président d'un grand collège anglais m’écrivait récemment : *‘ Nos collèges n'ont pas de programme de cours proprement dit... Nos professeurs accommodent leur enseignement aux besoins des étudiants... C'est le syllabus des examens publics qui détermine chaque année la nature et l'étendue des études, que les élèves doivent poursuivre. Leur choix est très varié... Dans le collège que je dirige nous enseignons les arts et les sciences ; nous préparons à l'examen d'entrée de plusieurs corps enseignants, ainsi qu'à l’immatriculation et aux grades d'Oxford, de Cambridge, de Londres. Le programme de ces institutions trace à nos professeurs et à nos élèves leur tâche quotidienne... ”

Il faut savoir en effet que l’université d'Etat est inconnue en Angleterre. L'enseignement supérieur est libre. Oxford, Cambridge, ont leur programme particulier. Londres a aussi le sien qui diffère des deux précédents. De même, Manchester, Liverpool, Leeds, Aberdeen, etc., se distinguent de leurs ainées et tendent à se spécialiser.

11 résulte de cette diversité de programme et d’enseignement que les grades universitaires n’ont ni la même signification, ni la même valeur partout. C'est pour cela que le bachelier ès-arts de l’université d'Oxford (par exemple) n'oubliera pas de faire connaître l’origine de son grade et l'inscrira : Z. À. (Oxon). La pratique de l'équivalence sans réserve est ignorée, même entre les grandes universités. L'étudiant qui se destine à l'une des nombreuses carrières ouvertes uniquement aux diplômés, doit s’y préparer par un entraînement spécial. Aussi, cst-il bien recommandé au jeune homme qui entre dans un university college, de faire connaître l'état auquel il ambitionne d'atteindre. Cette ouverture permettra au président de le classer aussitôt. Elle lui permettra en même temps de le confier à un directeur (£wfor) qui lui tracera un programme particulier (avec l'horaire des cours qu'il doit suivre) et qui surveillera et stimulera son avancement.

Voilà bien le régime que me laisse deviner mon aimable correspondant cité plus haut. C'est pareillement ce que j'avais

ét lors du Congrès des universités de l'empire anglais tenu

Londres en 1912. Je me suis confirmé en cette opinion par l'étude que je viens de faire en vue de répondre à l'invitation du Comité permanent des congrès de nos collèges me priant de lui donner quelques notes concernant l'enseignement secondaire en Angleterre.

J'ai feuilleté et annoté une couple de douzaines de publications éducationnelles, telles : les Statutes des universités d'Oxford, de Cambridge et de Londres, et les Regulations and Papers de leurs divers examens. J'ai pu me procurer les prospectus de quelques university colleges et de quelques elementary and grammar schools,

C'est en m'aidant de ces divers imprimés que j'ai préparé cet article. J'avoue toulefois que je ne saurais me flatter de pouvoir tout dire ou tou’ éclaircir. Pour pénétrer à fond les arcanes des multiples examens anglais, il faudrait les avoir pratiqués, soit en qualité de candidat, soit en qualité de témoin. A première vue, je me suis senti littéralement perdu dans le nombre presque infini des règlements qui les concernent. Ce. semble tenir du logogriphe. Je sais que le même sentiment envahirait l'étranger qui ouvrirait notre programme de baccalauréat, lequel nous paraît pourtant si simple. Jerevois par la pensée la figure ahurie du secrétaire des examens d'Oxford, lorsque j'entrepris de lui faire connaître notre appareil universitaire avec ses examens collégiaux, ses grades de bachelier ès-lettres, bachelier ès-sciences, bachelier ès-arts, tous issus d’un même examen !

J'aime à croire que Je serai plus heureux auprès des lecteurs de la Revue Canadienne en les entretenant des programmes anglais. L’exposé que je vais en faire sera nécessairement aride, parce qn'il sera réduit à une sèche énumération. J'ai limité mes recherches aux universités d'Oxford, de Cambridge et de Londres. Les autres et nombreuses universités du Royaume-Uni et des colonies ont ce que je puis nommer un régime de marche à peu près identique. Toutes requièrent deux séries d'examens. La première série conduit à l'immatriculation, c'est-à-dire à l’admissibilité à la deuxième série, laquelle, exclusivement universitaire, prépare seule aux grades et en permet l'obtention.

Les examens de la première série, quoique désignés sous le nom de Oxford local examinations, Cambridge local exami-

nations, ne sont pas des examens universitaires, puisqu'ils ne confèrent aucun grade. Ce sont simplement des examens probatoires institués, je présume, par le ministère de l'instruction publique, sous la direction des universités. Ils sont dits /ocal, parce que les jurys qui les président tiennent séance un jour dit, trois fois l'an, en plus d'une couple de cents villes du Royaume-Uni et mème des colonies. Oxford a son jour, Cambridge a son jour, qui n'est pas le même que celui d'Oxford, etc.

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