‹ Quelques Observations d'Interventions chirurgicales chez les HémophilesChapitre 32 sur 42 · RE PE · texte numérisé non relu

RE PE

Antécédents : Pas d’hémorragie jusqu’à l’âge de 5 ans.

Entre 5 et 12 ans, épistaxis répétées, parfois tous les jours pendant 8 jours de suite, très abondantes, anémiant le malade.

Depuis l’âge de 12 ans, les épistaxis se sont espacées. Actuellement elles ne surviennent qu’à la suite de choc ou de grattage, mais sont toujours très importantes.

En avril 1921, hémarthrose du genou droit qui laisse un peu de raideur articulaire et de douleur.

Ecchymoses au moindre choc.

La plus petite plaie saigne très abondamment.

Pas d’antécédents héréditaires ou familiaux d’hémophilie.

Evolution : Le malade s’est cogné à un coin de table et s’est fait une petite plaie du cuir chevelu qui saigne si peu sur le moment qu’il ne s’en inquiète même pas. Néanmoins la douleur persiste quelques jours et, une huitaine après le traumatisme, le malade est réveillé par un écoulement sanguin qui file dans sa nuque.

Il va se faire panser à la Charité pendant 8 jours. L'hémorragie persiste et on met deux crins, mais elle ne cesse pas et on l’adresse au Dr P.-E. Weil.

Examen : Il s'agit d’une plaie légèrement contuse de 3 cm., siégeant dans la région occipitale.

En détergeant la plaie des caillots qui la comblent on ne provoque qu'une hémorragie minime.

On enlève les crins et on applique un pansement compressif au sérum antidiphtérique.

Examen du sang :

ES ANSE T. C. : début en 45’, fin en 4h.

Sédimentation importante. Rétraction faible, plasmatique.

Signe du lacet : négatif.

Evolution : La plaie est pansée tous les deux jours au sérum antidiphtérique.

Les bourgeons charnus exubérants sont touchés au nitrate.

La cicatrisation se fait très rapidement.

Le 25 janvier elle est presque achevée.

Il ne reste que quelques rares bourgeons.

L'état général est excellent et le malade quitte le Service

le 2 février.

Hémorragies dentaires chez les hémophiles.

Nous avons déjà rapporté des cas où la transfusion sanguine fut utilisée d’abord préventivement, puis comme moyen thérapeutique.

En ce qui concerne l’action locale du sérum sanguin, il est indispensable de le mettre directement au contact des tissus saignants. Il faut donc tout d’abord enlever les caillots de mauvaise qualité à l’aide d’un courant d’un ou deux litres de sérum physiologique ou d’eau bouillie bicarbonatée à 10%.

Le pansement compressif (mèche imbibée de sérum antidiphtérique) ne sera appliqué qu’ensuite.

Dans les cas où il est impossible de réaliser un tamponnement efficace, les transfusions sanguines donneront un succès total et immédiat ou partiel,

mais toujours suffisant pour tirer le malade d'affaire.

OBSERVATION I

R... Eugène, 24 ans, manœuvre.

Le malade entre dans le Service du D" P.-E. Weil le 9 juin 1926 pour une hémorragie dentaire abondante consécutive à une extraction.

Por

Cette extraction a été pratiquée le 4 juin sans difficulté, et ce n'est qu'une demi-journée plus tard que l’hémorragie à fait son apparition.

Elle persiste encore actuellement malgré une transfusion

de 100 cemc. (groupe IV).

Examen du sang :

HS CS ar T. C. : coagulation plasmatique de moitié.

Début en 1 h. Fin en 4 h. 30.

Rétraction faible du caillot blanc. Sérum normal. G. R. : 3.900.000 H. : 60 G. B. : 13.000 V. G. : 1,02

Antécédents : nombreuses hémorragies traumatiques.

A 5 ans, hémarthrose du genou droit prise pour une tumeur blanche et immobilisée cinq ans dans le plâtre.

A 20 ans, hémarthrose du genou gauche traitée par l'extension continue et immobilisation dans le plâtre pendant cinq mois.

Evolution : Le 11 juin l’hémorragie s'arrête à la suite d’un lavage soigneux de l’alvéole dentaire au sérum physiologique, suivi d’un tamponnement au sérum antidiphtérique.

Le 14 un examen de sang montre :

H250 VACTA07 90.000 hématoblastes.

Le malade quitte le Service le 17 juin.

OBSERVATION II

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