ENT
pose de son liquide, qu'il faisait lui-même, il n’a jamais eu d'accidents.
M. le D' Grandclément communiquait également le 3 décembre à la même Société des observations d’ataxiques où le résultat s’annonçait très heureux. Ses malades étant encore en traitement, il ne pouvait donner de conclusions fermes.
A la même séance, M. le professeur agrégé Bard citait le cas d’un malade de son service.
Le diagnostic était flottant entre anémie pernicieuse et cancer. Le malade était très affaibli et sujet aux syncopes.
Le chiffre de ses globules rouges était tombé à 800.000. Il lui fit des injections de liquide testiculaire et vit rapidement la tendance aux vertiges et à la syncope disparaitre. Le chiffre des globules rouges remonta à 3.000.000. À l’autopsie, on trouva un carcinome de l’estomac.
M. Bard conclut à une action tonique du traitement.
La question fut mise à l’ordre du jour et, dans une séance suivante, M. le D' Clément citait à son tour les observations qu’il avait faites.
Chez trois ataxiques, il obtint une amélioration notable avec des injections de liquide testiculaire. Une de ses malades, qui ne pouvait quitter son lit, marcha seule dès la sixième injection.
Chez un quatrième ataxique, des injections de liquide médullaire restèrent sans résultat.
Dans un cas d’hémiparaplégie avec atrophie musculaire datant de sept ans, le résultat fut très bon.
Le malade ne pouvait pas détacher le talon du plan du lit. Au bout de quelques injections, l’impotence n'était plus aussi absolue, et après la douzième le malade
pouvait soulever 4 kilogrammes du côté atteint et 8 du côté sain. Il avait donc regagné rapidement la moitié de sa force perdue.
Chez un sujet atteint d’atrophie musculaire progressive (type Aran-Duchenne) il obtint une grande amélioration.
M. Clément ne croit pas que la suggestion puisse être mise en cause dans les cas qu'il à cités. En effet, un ataxique amélioré par le sue testiculaire ne l'avait pas été par le liquide médullaire.
Il ne nie pas cependant que la suggestion ne soit facile dans l’ataxie, ces malades subissant facilement l'influence du milieu.
Pour lui, il y a par ce traitement une action médica menteuse nette et une amélioration évidente.
La méthode n’est donc pas à rejeter.
D’autres observations furent publiées.
M. le professeur agrégé Augagneur a employé les injections de liquide testiculaire dans un cas de trichophytie et a noté une amélioration de l’état général en même temps que des plaques de trichophyton.
M. le professeur Mayet croit que la suggestion doit jouer un grand rôle dans le résultat obtenu, et cite à l’appui de son opinion le cas d'un neurasthénique chez qui il a fait des injections de 3 à 4 centimètres cubes par jour. | Hs | TE
Le malade n’a pas eu le coup de fouet dont parle Brown-Séquard, et l’amélioration s’est arrêtée Le jour où il n’a plus cru à la méthode. Sur lui-même M. Mayet n’a constaté aucune action physiologique.
A la même époque et jusqu’à ces temps derniers, M. le D'Colrat, dans son service de la Charité, s’est servi fré-
Bey de quemment des injections de liquide testiculaire dans le traitement de la chorée.
Nous publions plus loin cinq observations qu’il à bien voulu nous communiquer et dont il a tiré lui-même les conclusions. Les voici in extenso !
« On peut conclure que les injections ont eu une action manifeste dans l’observation XVI, chorée grave, avec amélioration pour ainsi dire instantanée et guérison rapide en 8 injections. |
«Les cas XIV et XV montrent, dans ces cas de chorée moyenne, l'amélioration vers la troisième injection et la guérison en trois semaines ou un mois après 12 ou 18 injections.
« Le cas XVIII, au contraire, a été rebelle au traitement. Il a fallu faire 40 injections en deux mois et demi. L'amélioration a été lente et l’on peut croire quelle n’aurait pas été différente si l'enfant n’avait suivi aucun traitement.
« Enrésumé, on peut toujours essayer ce procédé dans le traitement de la chorée, puisqu’il est sans danger et qu'il a donné une fois un résultat excellent et deux fois un résultat passable.
«Il n’est donc pas inférieur aux traitements employés jusqu'ici pour guérir la chorée. »
Par contre, les observations XX, XXI et XXII, que M. le professeur agrégé Roque nous a gracieusement communiquées, ne sont guère favorables à la méthode.
! Province médicale, 19 mars 1893. — Communication faite a la Société nationale de médecine de Lyon, par M. Deydier, interne des hôpitaux.
En effet, dans ces trois observations, le résultat a été plutôt défavorable, à tel point que M. Roque a eru devoir suspendre le traitement.
Une seule malade a été améliorée, mais à la suite d’une angine, et l’on connaît parfaitement l'effet des maladies féoriles sur la guérison de la chorée.
Avec les observations que nous devons à M. le professeur Bondet, uous revenons aux ataxiques (obs. IX, X et XI).
De l’avis de M. Bondet, il n’y à pas eu d’amélioration réelle pour ces malades. Ghez l’un (obs. X), pas de modification. Cependant, nous avons observé chez les deux autres une atténuation des symptômes morbides. Disparition des troubles vésicaux (obs. IX). Disparition des couleurs fulgurantes ((obs. XII). Dans ce dernier cas, le traitement n’a pas empêché l’éclosion de crises gastriques violentes.
Nous avons vbteuu de M. le professeur Teissier lau— torisation de suivre nous-même quelques malades de son service soumises au traitement par les injections de liquide Jacquet.
Avant d'en rendre compte, nous examinerons d’abord les deux observations qu'il a bien voulu nous donner et qui, toutes les deux, sont en faveur du traitement.
Dans l’observation XIII, nous nous trouvons en présence d’une jeune fillette de douze ans atteinte de chorée typique. Depuis treize mois elle était soignée sans résultat. Soumise aux injections de liquide testiculaire, au bout de cinq injections la guérison a été obtenue complète.
L'observation X XIII nous montre une neurasthénique améliorée par quatre injections,