Quelques observations de phlébite suite de saignées, recueillies à l'Hôtel-Dieu de Bordeaux, pendant les mois de mai et juin 1839. Mémoire lu à la Société de Médecine [de Bordeaux], le 12 août 1839
« La présence du pus dans le sang* peut « être considérée comme un véritable em- « poisonnement. »
Àndraï. , clinique médicale „ vol. III, p. 538.
L’inflammation des veines a été primitivement tout à fait ignorée; puis est venue une époque où les accidents produits par elle ont été attribués à la piqûre d’un tendon ou d’un nerf. Les premiers auteurs, qui ont soupçonné l’existence de la phlébite, paraisssent même l’avoir confondue avec l’artérite. Il faut arriver jusqu’à Meckel, Hunter, Abernethy, pou? trouver quelques notions un peu positives sur cette maladie. Ce n’est, enfin, que de nos jours, grâce aux travaux de MM. Breschet, Danse et Cruveilher, que la phlébite a été envisagée sous toutes ses phases, décrite dans toutes ses périodes, et occupe une place importante dans toutes les nosographies.
Mon but n’est donc pas ici, de reproduire l’histoire de cette affection, d’en étudier d’une manière générale les causes, les symptômes, la marche, le prognostic et
le traitement (*) ; mais, témoin dans l’Hôtel-Dieu de Bordeaux, de plusieurs cas de phlébite , à la suite de saignées, pendant les mois de mai et juin derniers, je
viens raconter ce que j’ai vu . Puisse cet ensemble
de faits, en augmentant le nombre de ceux observés jusqu’à ce jour, élucider les points de la question qui seraient encore restés dans l’ombre! Puisse leur différence ou leur analogie, faire naître quelques déductions théoriquement ou pratiquement utiles ! ! Telle est la pensée qui préside à ce travail.
Négligeant dans l’énumération de cette série de faits un ordre chronologique qui me paraît assez peu important, j’en formerai deux classes distinctes.
Dans la première, se rangent ce que quelques auteurs ont appelé pseudo-phlébites , phlébites légères, phlébites au 1er degré.
Dans la seconde , trouvent leur place, les phlébites graves , phlébites véritables ; les unes suivies de guérison, les autres de mort avec l’examen nécroscopique de chacune d’elles.