INTRODUCTION
Pendant notre stage d’interne à l’hôpital d'Angoulême, nous avons été particulièrement intéressé par les docteurs Duroselle et Barret, anciens internes des hôpitaux de Paris, aux problèmes de la transfusion sanguine en clinique chirurgicale. Sur leur demande et avec leur appui nous avons pratiqué des transfusions. Nous avons été amené à organiser le recrutement et la surveillance de nos donneurs de sang.
Nous présentons cette expérience clinique et l’organisation du Centre de transfusion sanguine d'urgence auquel elle nous a conduit progressivement. Nous tenterons quelques explicaions sur les problèmes théoriques dont nous avons dû nous informer à cette occasion.
Cette question nous a intéressé. Mais ce n’est pas dans le seul but de faire le bilan de notre documentation, que nous avons décidé d'écrire. Dans cette ville de province où nous avons travaillé, nous avons réuni des ressources limitées, mais suffisantes. Les avantages acquis de ce fait nous paraissent considérables. Puissions-nous par ce travail convaincre de cette manière de voir, ceux de nos confrères placés dans une situation comparable.
Trop nombreux nous paraissent encore les médecins qui hésitent à secourir à la transfusion du sang. Ils considèrent cette pratique, comme une thérapeutique d'exception, exigeant un outillage spécial et une compétence particulière. Ils ne l’envisagent que tardivement et seulement dans Îles cas désespérés.
Cette attitude nous paraît regrettable du point de vue des
ME Tone malades d’abord. Nos observations et nos lectures, nous en ont persuadé. Du point de vue de l’organisation des centres de transfusion ensuite. En effet, il faut y consentir une somme de travail et d'argent, d'initiative et de persévérance qui ne se justifient pas sans emploi, vis-à-vis de soi-même, ou vis-àvis des donneurs recrutés. Ce sont encore les malades qui, en définitive, pâtissent de cette absence d'organisation.
Aussi bien, lorsqu'on pénètre dans le milieu de plus en plus nombreux de médecins transfuseurs, on y trouve un enthousiasme qui, sans jamais diminuer l'esprit critique le plus rigoureux, vous sauve du scepticisme auquel sont condamnés bien souvent les esprits les plus distingués devant les balbutiements de la thérapeutique. Et cela fait du bien.
La pratique de la transfusion sanguine nous réserve ce privilège, que connaissent aussi les chirurgiens, d’être efficace à la mesure de notre compétence et de notre information.