PILASTRE FÉMORAL
Nous pouvons, maintenant que nous connaissons les variations de forme dela diaphyse aborder l'étude du pilastre.
Quand on examine, deux fémurs, l’un cylindrique, l’autre prismatique, il semble, à première vue, que le second ne soit que la modification du premier par suite du développement exagéré de la ligne àpre. S'il est ainsi cependant, en supprimant (par le raclage, par exemple) sur l’un et l’autre os, les rugosités de la ligne âpre, nous devrons les ramener tous deux à une forme identique, et si nous pratiquons à la partie moyenne des diaphyses une section transversale, les deux sections devront être circulaires, et d’égale épaisseur en tous leurs points. Mais en est.il ainsi?
Pratiquons ces sections, alors que les diaphyses sont
privées des rugosités de la ligne âpre. Des deux coupes,
l’une offre un contour règulièrement arrondi, l’au're conserve sa forme triangulaire à angles latéraux mousses et à bord postérieur plus où moins saillant. L'épaisseur de l'os est-elle la même dans les deux 08? non encore; dans le premier, l'épaisseur de l'os est régulière en tous les points de la coupe, dans le second, il existe au niveau du bord postérieur un épa’ssissement très notable, dont il faudrait supprimer la plus grande partie pour ramener la diaphyse à la forme de los précédent. C'est à cet épaississement que l’on a donné le nom de pilastre, et on appelle fémurs à pilas-
tre ou à colonne les fémurs qui en sont pourvus.
Nous avons recherché ce caractère sur 120 fémurs
des deux sexes.
Sur 6) fémurs hommes nous l'avons trouvé 27 fois, 18 fois seulement sur 60 fémurs de femmes ce qui donne les moyennes suivantes.
45 0/0 chez l'homme 30 0/0 chez la femme
Enfin nous avons remarqué qu’il était plus fréquent, du côté droit que du côté gauche, d’une façon sensible dans les deux sexes.
Qu’elle est l’origine du pilastre ?
Si l’on se bornait à ne considérer le pilastre que comme une sorte de contrefort destiné à s'opposer à
l’incurvation du fémur en arrière, on ne résoudrait, je crois, qu'une faible partie de la question. M.Manouvrier, qui a fait une excellente étude du pilastre, dit qu’on devrait dans ce cas le rencontrer surtout chez les fémurs très courbés. Or d’après les recherches que l'on a faites et que j'ai contrôlées on ne peut établir un rapport entre la saillie pilastrique et la courbure en arrière. Cependant il faut noter que l'épaisseur du pilastre atteint son maximum d'épaisseur au maximum de courbure, ce qui #st une preuve qu’une action mécanique intervient pour une part dans sa formation. Nous ne suivrons pas M. Manouvrier dans la discussion qu'il a entreprise pour prouver que le pilastre n’est également pas dû à l’action des muscles qui s’insèrent sur la ligne äpre, en cffet, cela voudrait simplement dire que le pilastre n’est qu'une exagération de la ligne âpre, et nous savons qu’il n’en est rien, d'autant plus que le pilastre peut exister sins supporter la moindre rugosité qui révèle un surcroit d'activité des muscles adducteurs ou exténseurs. Arrivons tout de suite à ce qui semble être la vraie cause de la formation de la saillie pilastrique. Prenons un fémur à pilastre très saillant. Nous voyons, et nous avons signalé cette particularité, dans notre étude de l'indice fémoral, que da
face post-externe présente une cannelure très accen-