‹ Quelques pièces attribuées à Régnier tirée du Parnasse satiriqueChapitre 5 sur 5 · LES LIVRES D'AMATEURS · texte numérisé non relu

LES LIVRES D'AMATEURS

ous les jours le goût des beaux livres tend à se propager davantage. Bien des personnes commencent à comprendre que la typographie peut avoir, elle aussi, sa place dans le domaine artistique. La beauté du papier, l'élégance du caractère, la netteté du tirage, la disposition harmonieuse du texte et des ornements qui l'accompagnent, ne sont plus choses indifférentes pour le public éclairé, et l'on reconnaît que, si le luxe de l'édition n'ajoute rien au mérite de l'œuvre, il sert au moins à en faire mieux ressortir les beautés dans tous leurs détails.

En présence de ce retour vers les belles publications, nous avons pensé qu'il pouvait y avoir désormais pour les livres d'amateurs une place marquée dans la librairie. A cet effet, combinant les données typographiques des siècles passés avec les innovations de l'imprimerie moderne, nous avons entrepris de faire des livres dignes du public d'élite auquel nous nous adressons.

Nos éditions, composées en caractères elzeviriens, avec ornements dans le texte, sont imprimées sur un très-beau papier vergé dont la solidité assure aux volumes une durée illimitée. — Tous les tirages sont faits à petit nombre, ce qui donne bientôt aux ouvrages une valeur de rareté et en fait monter rapidement le prix. — Quelques exemplaires spéciaux, imprimés sur papier de Chine ou sur papier anglais Whatman, sont destinés aux amateurs qui tiennent à posséder des livres qu'on ne puisse rencontrer que dans très-peu de bibliothèques. La plupart des exemplaires de choix sont souscrits à l'avance.

Nos principales publications se divisent en trois séries : les Classiques français, in-S", qui comprendront les chefs-d'œuvre de notre littérature; les Romans classiques du XVIII* siècle, grand in-S", et le Cabinet du Bibliophile, in-i6, recueil de pièces rares ou curieuses et de textes originaux.

Notre but est de restitueras textes dans toute leur exactitude, et pour cela nous nous guidons sur les éditions contemporaines des auteurs. On ne peut se figurer, quand on ne s'est pas livré à l'étude comparative des éditions anciennes et des modernes, les nombreuses altérations qu'ont subies les œuvres de

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nos grands écrivains. II fallait réagir contre le funeste système qui veut tout moderniser, et qui sacrifie la vérité littéraire aux caprices de la langue. Nous pensons rendre un véritable sersnce aux lettres en consacrant une partie de nos efforts à cette œuvre de rénovation.

Nous avons également respecté l'orthographe des éditions que nous reproduisons. L'orthographe, selon nous, demande à être conservée, non-seulement parce qu'elle a son intérêt philologique, mais aussi parce qu'il existe entre l'expression de la pensée et la figure des mots qui servent à la traduire une corrélation qu'on ne peut détruire sans attenter au génie des écrivains.

La reproduction servile des anciens textes, qui a bien son intérêt historique, présente néanmoins de grands inconvénients. 11 ne faut pas perdre de vue, dans les réimpressions, qu'on s'adresse à des lecteurs modernes , souvent peu familiarisés avec la langue des siècles passés, et qu'on s'expose à rebuter complètement si l'on n'a soin de leur faire quelques concessions en écartant des textes les irrégularités qui seraient susceptibles de les dérouter.

Quant à la ponctuation ancienne , nous n'en avons généralement tenu aucun compte : presque toujours irrégulière, abandonnée aux caprices du hasard , elle était plutôt un embarras qu'un secours pour le lecteur.

Nous avons encore à faire une remarque, relative au placement des notes, que nous avons reportées à la fin des volumes, au lieu de les mettre sous le texte, suivant l'usage généralement adopté. Placées au bas des pages, les notes viennent en rompre l'harmonie, surtout dans les œuvres poétiques, où leur contraste avec les lignes inégales du texte produit un effet disgracieux. — Une autre raison plus importante, et qui tient à la nature même des notes, nous a déterminé à les séparer du texte. Les notes ne doivent pasVimposcr au lecteur ; elles sont destinées à lui venir en aide, et non à l'entraver. D'ailleurs, tous les lecteurs n'ont pas le même degré d'érudition; tel renseignement qui est nécessaire à l'un est tout à fait inutile pour l'autre. Aussi la place véritable des notes nous a-t-elle paru être à la fin des volumes, où celui qui en a besoin peut aller les consulter.

La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance

The Library University of Ottawa Date Due

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