BAINS
Voici rheure du bain et des demi-pudeurs.
Œil vif, cheveux au vent, sur le seuil des cabines,
Les pâles nudités des maigres citadines
Se figent dans ta gloire, ô Soleil qui te meurs !
Quelques petits crevés accompagnent leurs sœurs Et lorgnent chastement les mollets des cousines. Des rires et des cris. Les nerveuses ondines Au contact de l'eau froide ont de courtes frayeurs.
Tandis que les mamans assises sur la grève Epuisent l'arsenal des propos malveillants, Plus beau qu'un jeune Dieu, debout, muscles saillants,
Un baigneur inconnu s'oublie en un long rêve. Et d'avoir vu l'Eros s'animer à demi, Dans le soir triomphal les vierges ont frémi.