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j'arriverais trop tard. C'est l'histoire d'une femme qui, à son insu, conçoit pour son beau- fils une passion coupable. Un jour, elle apprend que celui-ci a une maîtresse et voici que la tourmente le désir d'éloigner cette femme qu'elle hait obscurément Elle va la trouver et l'humilie cruellement.
« Elles se regardaient fixement. Si leurs dehors ne trahissaient qu'une faible « émotion, leurs mépris s'échangeaient perçants comme des balles et chacune. V. d'elles, dans sa conscience, percevait un choc qui rendait brûlante sa rancune. « Avec des mines qu'elles s'appliquaient, par respect humain, à garder distantes « et paisibles, elles côtoyaient parallèlement ces lisières du drame où il suffit parfois « d'un mot pour nous faire tomber. Leurs mains seules témoignaient un peu d'im- « patience. M'»^ Ahscan (la maîtresse) demanda :
— Marc est-il au courant du détail intime dont vous venez de faire usage si délicatement?
— Oui, dit Hélène, il le connaît celui-là... et l'autre I
— Il les tient de vous?
— Je m'en flatte !
« Elle se sentait comme dévorée de courage physique. La vieille amante «'baissa la tête, réfléchit longtemps, ou, pour mieux dire parut sonder un cruel « futur et déjà, par avance, s'y déchira toute. Quand son visage se redressa, des « pleurs l'inondaient.
— Eh bien ! fit-elle, n'en parlons plus ! Je m'efface, madame... Votre fils n'axira pas à rougir de moi !
— Mais, dit Hélène, si jamais Marc...
— Je n'ai qu'une parole.
— Il me reste, madame, à vous remercier.
« Elle se disposait à sortir. Comme elle avait encore un pied dans l'appartement, M™« Aliscan l'arrêta. Ses beaux yeux répandaient une étrange lueur.
— Puisque, fit-eUe, nous sommes deux mères, écoutez ceci... dont j'étais sûre, prononça-t-elle avec désespoir, et que m'a confirmé notre affreuse rencontre. Ce n'est pas comme un fils que vous aimez Marc ! C'est autrement... tout autrement... Regardez en vous...
« Elle fit entendre un long soupir.
— Madame, je vous plains. »
' La page, et celles qui suivent sont excellentes. Dans ce roman, la difficulté consistait justement à aller plus loin que les apparences, à travailler dans l'inconnu. M. Deberly n'a pas triché en l'esquivant. S'il montre parfois un peu de gêne, il a de belles réussites et nous pouvons, sans crainte de nous tromper, attendre de lui de beaux livres.
LouTS LŒVEYRE,