‹ Quelques rectifications à propos d'un jugement porté sur l'industrie coutelière chirurgicale à l'Exposition universelle de Londres de 1862Chapitre 2 sur 12 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Peut-être nous dira-t-on, après avoir lu ces pages, qu’un critique ne peut pas tout savoir. Cela, nous le pensons. On dira que l’on ne peut pas savoir toujours à qui revient la priorité de telle ou telle invention; c’est possible. Mais dans le cas actuel, lorsque nous voyons dire, à propos de la serretelle, que les Anglais ont exposé les instruments d’un de nos confrères de Paris, nous avons le droit de nous plaindre que les restitutions de priorité ne soient point faites pour nous comme pour les autres. Ainsi, pour la serretelle, si l’on n’a point lu nos Notices et la lettre de M. Siebel à cet égard,, au moins il eût été facile de voir dans les œuvres de MM. Siebel et Desmarres que c’est moi qui ai inventé la serretelle en 1842, et (pie les ciseaux de M. Wilde, que nous avons faits le premier en 1850 pour M. Higgius, sont une simple modification de ma serretelle. Nous plaçant ensuite à un autre point de vue, nous resterons étonné des oublis du critique à l’égard de plusieurs fabricants étrangers, tels que M. Bonnels, de Bruxelles, un de mes nombreux collaborateurs au moment de l’Exposition de 1855.

Il nous eût été difficile de reprendre une à une toutes les erreurs de métier qui ont été faites dans cette appréciation sommaire des instruments de chirurgie à l’Exposition universelle de Londres. L’auteur des articles de la Gazelle hebdomadaire ne nous en voudra pas, nous en sommes persuadé, d’avoir défendu notre bien. Il nous saura gré de rapporter ici, pour éclairer sou jugement et celui des lecteurs sur les véritables titres de la maison Cbarrièrc et de .1. Charrière dans l’exposilion actuelle, la table des instruments et modifications nouvelles consignés dans la grande Notice de J. Charrière. Les lecteurs y trouveront matière à réparer eux-mêmes tous les oublis qui ont été faits, et quelques-unes des usurpations qu’à notre détriment le critique a consacrées dans ses appréciations.

Peut-être quelques lecteurs plus clairvoyants auront trouvé dans les articles que nous réfutons la raison d’une tendance que nous signalons pour terminer, celle de dépouiller la maison Charrière du rôle quelle a tenu jusqu’ici, d’occuper la tête de l’industrie de la coutellerie chirurgicale. Peut-être aussi cette note leur donnera -t-elle des éclaircissements utiles pour juger la valeur de cette tendance.

Il eût mieux valu, sans doute, garder le silence et nous laisser peu à peu enlever toutes nos inventions, grâce à des copies déguisées, laissant à ceux qui ont lu sérieusement la Notice de .1. Charrière le soin de nous juger, le soin de rendre à ce dernier les droits que lui ont acquis, les leçons de son père, dont il a largement profité, ses expositions, la grande médaille d’honneur qu’il a remportée à l’Exposition universelle de 1855 (1).

Ce parti, peut-être plus sage, mon successeur voulait le suivre; il avait raison à son point de vue. Mais au mien , je crois meilleur de parler, et comme nul intérêt ne saurait m’être prêté, on comprendra bien que je suis venu revendiquer, au nom seul de la justice, une position légitimement acquise en France et à l’étranger.

Paris, novembre 1862.

(1) A Londres, J. Charrière a obtenu deux médailles de première classe pour les instruments de chirurgie et la coutellerie.

TABLE

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