CHOLERA- MORB1I
.demeurant rue Neuve-Notre-Dame , fui apporté dans le service des cholériques, le i6 avril, sur les cinq heures du soir. Il avait été pris ce jour là môme, à cinq heures du matin , des symptômes d’un choléra grave , tels que selles
liquides très multipliées, vomissements, crampes. Le malade
nous affirme que les jours précédents il était bien portant, et qu’il n’avait point de dévoiement; la veille , il avait mange et bu un peu plus qu’a son ordinaire. Voici quel était son état au moment de son arrivée : face et mains un peu froides et violettes , langue également froide et d une pâleur livide , veux excavés , voix extrêmement faible , pouls petit , a qua- Ire-vlngt-douze pulsations , ventre douloureux par intervalles, crampes dans les membres, tendance marquée l’assoupissement. (Une tasse d’infusmn legere de caffi, Imaonade clique gommée à 1? glace, frictionner et réchauffer les membres , cataplasmes sur le ventre , quart de lavemen
amvlac’é bîs , dicte.) , j
,7, à la visite du malin. Le mal a fait des progrès e(-
fravLts . et déjà l’agonie a commencé. Plongé dans un coLleux, le malade ne donne aucun signe de connaissance , froid glacial des mains , du visage et de la langue, couverte d’une sueur froide et visqueuse, plissee en divers
points, généralement violette (la teinte violette ou cyanique
«t très foncée au visage et aux extrémités); abseu e du pouls radial ; ballemenU du cœur à peine sensibles , respi-
. l „le semi ■ convulsive, râWe; yeux excaves , en-
r °s d’un cercle noir très prononcé, comme flétris, a / fermés par les paupières , tournés en baut ; à sa partie inKrieure, là où elle n’est pasrecouverle par les paupières,^ a
inférieu ’ parcheminée, noire, cccbymosee.
“Tce Uiste appareil de symptômes , qui nous rappelait les V. eholériones reçus dans les hôpitaux , il ne nous
effet le malade succomba peu de temps apres la visite.
CUOLÉnA-MOnBUS.
Autopsie cadavérique viugl-trois heures après la mort.
10 Habitude extérieure. Rigidité cadavérique considérable ; visage , mains , pieds , parties génitales , d’un violet moins foncé que pendant la vie; œil flasque, affaissé, flétri , sec, parcheminé , ainsi qu’il a été déjà noté plus haut.
2° Organes abdominaux. Vus à l’extérieur, les organes digestifs ofiVent une injection générale, d’un rouge assez vif; péritoine sec, poisseux , ne contenant aucune goutte de sérosité.— L’intestin grêle renferme, dans sa cavité, un demilitre environ d’un liquide trouble , floconneux , partout blanchâtre , excepté dans la partie inférieure de l’iléon , où il est rougeâtre, brlqueté. Une couche de matière crémeuse, d’un blanc sale, tapisse la surface interne de l’intestin grêle, dans toute son étendue; la membrane muqueuse de celui-ci est le siège d’une belle injection capillaire , avec rougeur rosée , lilas ou hortensia. Une rougeur un peu plus foncée règne dans la première partie du jéjunum, ainsi que dans une portion du duodénum, où l’on remarque en outre quelques plaques d’un pointillé d’un rouge plus vif et comme rutilant. Aucune altération bien notable dans la consistance et l’épaisseur de la membrane muqueuse. Au-dessous des lambeaux qu’on en détache , apparaît un tissu cellulaire, rouge et injecté. Dans diverses circonvolutions de l’iléon , on trouve quelques plaques de Peyer, faisant à peine saillie à la surface de la membrane muqueuse. Tout-à-falt à l’extrémité de l’iléon , dans l’étendue d’un pied environ , les follicules de Brunner, très développés, forment une sorte d’éruption à petites pustules arrondies ; non loin de la valvule iléo-cœcale, une plaque de Peyer, de deux pouces de long sur sept à huit lignes de largeur, fait une saillie plus considérable que dans l’état normal , et présente des follicules plus gros qu’ils ne le sont à l’état sain. Là , la membrane muqueuse s’enlève facilement par lambeaux, sans qu’elle soit
d’ailleurs très notablement ramollie. Legros intestin contient un verre d’un liquide semblable à celui de la fin de l’intestin grêle , mais plus trouble, et mêlé de quelques lentilles non digérées. La membrane muqueuse du cæcum est parcourue de quelques plaques d’un rouge assez vif ; partout ailleurs elle est d’un blanc grisâtre, un peu sale. La i^ougeur se prononce davantage au commencement du colon, où elle trace des espèces de raies sanglantes, d’un demi-pouce de longueur; la rougeur se prolonge, tantôt faible, tantôt plus Intense, et avec Infiltration sanguine , jusqu’à l’extrémité du gros intestin, lequel, dans plusieurs circonvolutions, est sillonné intérieurement de replis nombreux , par suite de sa contraction sur lui-même. Fort mince dans le cæcum , où elle se détache sous forme de pulpe, laissant voir au-dessous d’elle une injection du tissu cellulaire, la membrane muqueuse devien plus épaisse et plus adhécenteau tissu sous-jacent dans le rcstet du gros intestin, dont les follicules n’offrent aucun développement. Cet Intestin n’exhale qu’une odeur médiocrement fétide. — L’estomac , contracté sur lui-même, n’a guère que le volume d’un intestin, et ne contient aucun liquide. Sa membrane muqueuse est sillonnée de nombreuses, et grosses rugosités, sur-tout dans la région pylorique; elle est généralement Injectée, mais à un assez faible degré, excepté dans cette dernière région, où rinjecllon est très prononcée : dans les . points les plus faiblement injectés, la membrane offre une teinte d’ocre, et une rougeur vive dans ceux où l’injection est plus marquée ; c’est sur le bord libre des rugosités qu’existe la teinte rouge la plus foncée (i). Un peu molle dans le grand cul-de-sac, la membrane muqueuse est d’une bonne
(i) A trois pouces à peu près au-dessous de l’insertiou de rœsopliage, se rencontre une pelilc tumeur du volume d’un pois, dénature encéphalotde (lésion chronique ).
CHOLÉnA-MOHBUS.
consistance partout ailleurs, où, par suite de son retrait sur elle-même,, elle semble plus épaisse que dans l’état normal. — Vessie fortement contractée sur elle-même , vide. Sa membrane muqueuse, hérissée de grosses rides , rosée, est recouverte d’une légère couche de matière crémeuse , blanchâtre. — Tissu des reins ferme , ne fournissant , par la pression, ni urine, ni matière crémeuse. ■ — Foie et rate n’offrant aucune lésion ( le tissu du premier est d’un rouge-brun ). Bile d’un vert foncé dans la vésicule du foie.
3® jippareils de la circulation et de la respiration. Le cœur et les gros vaisseaux contiennent une assez grande quantité de sang , soit liquide , soit caillebolté, et semblable à de la gelée de groseille très noire. Orifice aüriculo- ventriculaire gauche un peu rétréci par suite delà présence de concrétions crétacées , osseuses, ou cartilagineuses des valvules. Une concrétion crétacée, plus volumineuse que les autres , existe à l’insertion de l’un des tendons valvulaires aux colonnes charnues : ces concrétions s’écrasent pour la plupart en morceaux grenus, analogues à des grains de sable. Orifice aortique libre. — Plaques jaunes, calcaires, terreuses dans toute l’étendue de l’aorte J dont la membrane interne est d’un jaune plus foncé que dans l’état normal. — Poumons bien crépitants, très peu engorgés à leur partie postérieure; membrane muqueuse des bronches , d’un rouge vif en quelques points , d’un rouge violet partout ailleurs. ( Cette teinte est sur-tout très prononcée à la partie postérieure de ces conduits.)
4» Appareil nerveux. Injection des membranes cérébrales. A l’ouverture de la cavité de l’arachnoïde , il s’écoule une assez grande quantité de sérosité limpide. Infiltration de sérosité abondante dans le tissu de la pie-mère, sur-tout à la partie postérieure des hémisphères cérébraux , et par suite, aspect gélatlniforme et d’un blanc mat de la surface
CHOLÉRA-MORBüS.
supérieure du cerveau. Imbibé de celte sérosité, le réseau celluleux qui constitue la pie-mère est fort épaissi. Surface du cerveau humide , lavée et comme macérée par la sérosité; substance cérébrale un peu molle et médiocrement sablée de sang. Ventricules distendus par une grande quantité de sérosité claire, visqueuse, semblable à une solution de gomme; plexus et toile choroïdes injectés et macérés.
— Cervelet abreuvé de sérosité, comme le cerveau, un peu mou. — Environ une cuillerée de sérosité mêlée de saug, dans les fosses occipitales inférieures. Oasfficatlon des artères de da base du crâne et de toutes leurs ramifications , ce qui leur donne de la ressemblance avec des branches de corail.
— Mésocéphale et moelle alongée un peu injectés , d’une bonne consistance.
Ganglion semi-lunaire d’une teinte un peu violette, mais sans lésion de texture.
Il® Observation.
Choléra asphyxique , précédé, depuis plusieurs jours, de dérangement dans
les fondions digestives. — Mort vingt-quatre heures environ aprè
l'entrée.
G iroux (Antoine) , âgé de soixante-six ans, fileiir, fut apporté le 3 avril au matin , dans le service des cholériques (salle Saint- Anastase , n“ 4i.) Voici les renseignements que l’on put se procurer sur l’état antérieur de ce malade : depuis plusieurs années, il ne jouissait pas d une santé bien vigoureuse; habituellement sujet à de petites coliques , il avait le cours de ventre depuis une quinzaine de jours, aussitôt qu’il mangeait un peu trop; il avait beaucoup souffert Thlver dernier, et son dernier dévoiement avait succédé à une petite riboLe (nous conservons ses expressions). Le dimanche j i avril, Giroux avait bu unech'^plne devin. Le lendemain, il fut tourmenté par des salles liquides, presque continuelles; cependant, à six
OHOLERA-MOBBUS.
heures du soir, il essaya de manger deux œufs, qu’il ne larda pas à vomir. De légères crampes qu’il ressentait depuis quelques jours , prirent alors une nouvelle intensité : défaillance, sans perte de connaissance, persistance des selles liquides, peu de vomissements dans la nuit du 2 au 3.
Le 3 , à la visite, il nous offrit l’état suivant : face cholérique Ç\); selles liquides très fréquentes, accompagnées de vives coliques , occupant sur-tout la partiegauche de l’abdomen; pas de vomissements; crampes très fortes dans les jambes; mains froides, d’un violet foncé, livides; pouls impei’ceplible aux radiales; langue un peu sèche et froide; soif ardente; voix éteinte. On s’effoixie en vain de réchauffer et de frictionner le malade , après avoir fait appliquer vingt sangsues sur le ventre. Le visage et les extrémités deviennent d’un froid glacial; la peau se couvre d’une saeur froide et visqueuse ; la respiration devient déplus en plus haute et rare, et le malade succombe le lendemain de son entrée, avant la visite.
Autopsie cadavérique, deux heures après la mort.
1® Habitude extérieure. Le cadavre est chaud; il est plutôt pâle que livide; il n’existe pas de rigidité.
2® Organes abdominaux. Contracté sur lui-même, l’estomac n’a guère que le volume d’un intestin ; il contient une once environ de bile d’un jaune verdâtre, mêlée à une certaine quantité de mucosité. La membrane muqueuse est parsemée d’un, grand nombre de rugosités fort épaisses, dont la plupart, généralement rouges, offrent en outre des points ou des taches brunâtres, probable-
(i) Cette formule abréviative n’a pas besoin d’explication pour quiconque a vu un certain nombre de chole'riques.
cboléra-morbus.
ment formées par du sang iurdlre et altéré. La membrane muqueuse,, ainsi plissée sur elle-inême, parait ])lus épaisse que dans l’état normal; elle s’enlève par de larges lambeaux, au-dessous desquels on aperçoit le tissu cellulaire injecté; elle'ne forme que très peu de rugosités dans le grand cul-de-sac, où elle présente une rougeur assez vive avec injection poinlillée; là, elle est beaucoup plus mince que dans le reste de l’organe , sans ramollissement bien caractérisé. — Leduodénumconlient nnecertainequanlité de bile, semblable à celle de l’estomac; une petite quantité de ce liquide existe aussi dans le reste de l’intestin grêle, où il est mêlé à un autre liquide, trouble, rougeâtre , briquaté , qu’on peut évaluer à un quart de litre ; membrane snvtquease duodénale médiocrement injectée, parsemée de taches d’un rouge nuancé de jaune; des taches semblables, mais d’un rouge plus prononcé, existent en plus grand nombre sur la membrane muqueuse du jéjunum'; leur nombre augmente à mesure qu’on avance vers l’iléon, où elles se rapprochent au point de former une surface rouge continue; .'cette l'ougeur occupe toute la longueur de l’iléon, en se fonçant de plus en plus, à mesure qu’on approche de son extrémité cœcale; dans son tiers inférieur, la membrane muqueuse de l’iléon esl hérissée d’une si grande quantité de follicules de Brunner, développés, tuméfiés, qu elle offre un aspectvariolique.Oa. rencontre aussi quelques plaques de Peyer plus saillantes que dans l’état normal, et dont la surface offre une rougeur qui esl due à une belle injection poinlillée; l’épaissenret la consistancede la raembrane muqueusede l’inleslingrêle, sont d’ailleurs sensiblement telles que dans l’état normal. Il existe, dans le gros intestin, un quart de litre environ d’un liquide trouble, rougeâtre ,/étide. Dans le cæcum, dans le commencement du colon ascendant, dans plusieurs
cholÉba-morbus.
circonvolutions de l’arc du colon , du colon descendant et dans le rectum , la membrane muqueuse est rouge comme si elle eût été imbibée de sang , et elle est réellement ecchymosée dans quelques points. Cette coloration est comparable à celle quon observe parfois dans les cas d’empoisonnement par les substances irritantes et corrosives , telles que l’arsenic ou le sublimé. Vers l’extrémité du rectum , la rougeur, d’abord d’une teinte vineuse, tire ensuite sur le noir. On ne rencontre qu’un assez petit nombre de follicules développés dans le gros intestin. La membrane muqueuse est un peu amincie dans l’arc du colon. Dans aucune portion du gros intestin, elle n’est, d’ailleurs, sensiblement ramollie. — Vessie contractée , contenant une cuillerée environ d’une urine trouble; sa membrane muqueuse à peine rosée. — Foie d’un volume ordinaire, ayant son tissu un peu brun et abreuvé de sang noir. Une grande quantité de bile d’un vert peu foncé , pas très épaisse dans la vésicule du foie. — Membrane de la rate transformée en une calotte en partie cartilagineuse, en partie osseuse.-^Reins d’un volume et d’une consistance ordinaires : la pression fait sortir par les calices ou les mamelons une urine un peu trouble.
3® Organes circulatoires st respiratoires. Cœur d’un volume normal. Quelques tacbes d’un rouge-violet à la surface Interne des ventricules; quelques incrustations calcaires ou cartilagineuses des valvules des cavités gauches e,t de la surface interne de l’aorte. Le cœur et les gros vaissea ux remplis d’un sang encore chaud, fluide et noirâtre; les artères et les veines sont blanches à leur surface interne. — Les poumons n’ont'offert aucune lésion notable.
4® Système nerveux. Le ganglion semi-lunaire et les nerfs qui en émanent nous ont paru toul-.^-fail sains; il en a été de même des nerfs de la huitième paire.
cholÉramobdus. •
lll® Observation.
Cholc’ra-morbus setni-asphyxique. — Traitement antiphlogistique. — De'— veloppement des phénomènes typhoïdes, auxquels le malade succombe.
Codrat, tanneur, âgé de quarante-deux ans, d’une bonne conslilulion , fut apporté dans le service des cholériques, le 3 avril, au soir. L’invasion de sa maladie avait eu lieu le 7 , dans la soirée, et avait été marquée par des selles claires, fréquentes, des vomissements et des crampes. Ces mêmes symptômes redoublèrent d’intensité le 8, accompagnés de suppression d’urine. Le 9 , les vomissements cessèrent. Lorsque nous vimes le malade pour la première fois, à la visite du 10, l’affaissement était très considérable, le pouls encore sensible, le froid et la teinte violette du visage et des mains à un degré moyen. ( Réchauffer et frictionner le malade; vingt sangsues sur l’abdomen ; solution de sirop de gomme à la glace ; julep gommeux; un quart de lavement émollient bis; cataplasme sur le ventre; diète.)
Le 1 1 , peu de changement, si ce n’est que le malade s’est réchauffé. (Trente sangsues sur l’abdomen. )
1 2. Le malade se sent un peu soulagé , il a uriné ; mais il a une tendance très grande à l’assoupissement; la langue est rouge, villeuse; la soif très vive; point de vomissements; trois ou quatre selles; pouls pas très petit. (Vingt sangsues sur l’abdomen. )
13. État typhique très prononcé; langue rouge, sèche; injection des yeux; balbutiement; air de stupidité. (Vingt sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes. ) Cependant l’état de stupeur augmente, les yeux se renversent en haut, le malade ne répond plus, et il s’éteint le i4 au matin.
Autopsie cadavérique.
io Habitude extérieure. Rigidité cadavérique trèsforte; le visage seul ofl're une teinte violette.
CnOLÉBA -MORDUS. 4*
2“ Organes abdominaux. L’intestin grêle contient une assez grande quantité d’une bile verte, à demi-concrète, mêlée à un liquide rougeâtre, sanguinolent. Une concbe de matière crémeuse tapisse la membrane muqueuse de l’intestin ; cette couche est plus épaisse à la partie supérieure de cet Intestin qu’à sa partie inférieure. Dans deux ou trois pouces d’étendue, la membrane muqueuse du duodénum est injectée, et d’un rouge assez foncé; ni rougeur , ni injection du reste de cette membrane, non plus que de celle du jéjunum, si ce n’est dans les dernières circonvolutions de celui-ci : là existe une rougeur assez foncée; la membrane muqueuse de l’iléon, blanche dans ses trois cinquièmes supérieurs environ, est injectée dans le reste de son étendue , à un faible degré d’abord , puis à un très haut degré dans les deux ou trois derniers pieds de cet intestin. (Là, l’injection se remarque jusque dans les plus petits capillaires.) Où aperçoit quelques plaques de Peyer à l’extrémité de l’iléon ; partout la membrane mnqueuse nous a paru d’une épaisseur et d’une consistance normales. — Il existe une certaine quantité de bile verdâtre dans la cavité de l’estomac; une couche de mucus filant , gluant , tapisse la membrane muqueuse gastrique; dans toute la région du grand cul-de-sac , celle membrane offre une rougeur des plus intenses, rougeur d’aspect pointillé, et qui est due à l’injection admirable des capillaires les plus ténus. Cette portion de la membrane muqueuse gastrique contraste avec celle de la région pylorique, qui offre une teinte d’un gris verdâtre; dans cette région, la membrane, un peu épaisse, est d’une bonne consistance; elle est plus mince et plus molle dans la portion qu’occupe la rougeur. Le tissu cellulaire sousmuqueux est injecté. — Le gros intestin contient une médiocre quantité d’un liquide analogue à celui de l’inleslln
CHOLF.nA'MOHUUS.
grêle : rougeur foncée el très belle injeclion de la membrane muqueuse du cæcum et du commencement du colon, avec léger ramollissement (elle se détache aisément, et, sous forme de pulpe, du tissu cellulaire sous-jacent). La rougeur va en diminuant, et finit par disparaître à mesure qu’on s’approche de l’extrémité inférieure du gros intestin. Za très distendue , contient deux verres
d'urineunpeufoncée encouleur(i). — Bile d’un jaune sale, trouble, dans la vésicule du foie; la membrane interne de cette vésicule, exactement lavée, est rouge. Injectée, un peu épaisse; elle offre un aspect réticulé , et se détache facilement du tissu cellulaire sous-jacent. Le foie est d’un bon volume; son tissu est brunâtre.
5“ Appareils de la respiration ^et de la circulation . Les deux poumons sont beaux , bien crépitants, engorgés seulement à leur partie postérieure. Le cœur etles gros vaisseaux, gorgés de sang noir, n’offrent d’ail leurs aucune lésion.
4“ Appareil nerveux. Injection assez considér.abIe des méninges. A l’ouverture de la cavité de l’arachnoïde, il s’écoule une assez grande quantité de sérosité. L’infiltralion séi’euse , très considérable, de la pie-mère donne un aspect gélaliniforme à la surface du cerveau, et à l’arachnoide qui revêt cet organe une teinte d’un blanc laite'ux, mat, opalin. La pie-mère , ainsi gorgée de sérosité, est ti'ès épaissie. Débarrassée de ses membranes, la surface du
(i) Celle distension de la vessie se rencontre fre'quemmcnt chca les cho- Jcriqucs qui ont succombé à la suite de la complication typhoïde ; tandis que , chez les autres», la vessie , comme tout le monde le sait, est vide et fortement contractée. Dans ce dernier cas, le sang, dépouillé de son eau ou de sa sérosité , ne peut plus fournir aux reins les matériaux ordinaires de leur sécrétion. Dans la complication typhoïde, lorsque les évacuations ont cessé , l’urine est sécrétée de nouveau ; el comme les malades ne sentent pas le besoin d’uriner, le réservoir urinaire ne larde pas à être distendu par le liquide qui s’y accumule incessamment.
CHOLEBA-MORBIJS.
cerveau est recouverte de goutleleltes de sang très fnutlipliées. La substance grise offre une teinte lilas qui paraît dépendre de l’injection dont elle est le siège. On rencontre, dans les ventricules, une quantité de sérosité limpide , plus abondante que dans l’état sain. Il existe une certaine quantité du même liquide à la base du crâne. — Le cervelet offre une coloration et une consistance qui diffèrent peu de celles du cerveau. — La protubérance annulaire, sablée de sang, présente une teinte lilas.