‹ Quelques remarques à propos de la Strychnothérapie de la Diphtérie MaligneChapitre 11 sur 25 · HIS E · texte numérisé non relu

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grave ». Définition assez vague, prêtant à la confusion ci-dessus signalée, si l’on songe que pratiquement, sous le nom de diphtérie maligne on range :

10 Un syndrome malin précoce ; 20 Un syndrome malin secondaire ;

39 Un syndrome malin tardif.

Ces deux derniers syndromes ayant un déterminisme symptomatique et chronologique précis et bien connu.

Si on voulait adopter une définition plus complète, mais plus complexe, qui différencie la diphtérie cliniquement maligne d’emblée (1) de la diphtérie grave, on pourrait dire que :

€ La diphtérie maligne est une angine où le bacille diphtérique joue un rôle constant et essentiel mais non unique, et qui se manifeste par un processus toxique différent du processus pathogène habituel du bacille diphtérique. Cette intoxication se traduit cliniquement par des troubles généraux contemporains de l’angine, des troubles secondaires apparaissant vers le dixième jour après le début et des troubles tardifs dont la gravité ne se manifeste jamais après le 52° jour. »

Ainsi donc les syndromes malins de la diphtérie sont déjà en puissance dans l’angine du début que l’on retrouve constamment (ou presque) dans les antécédents des syndromes secondaires ou tardifs.

La diphtérie est ainsi presque toujours maligne

(1) Nous verrons plus loin que toute diphtérie maligne l’est étiologiquement, d'emblée ; donc quand on parle de diphtérie maligne d'emblée, il faudrait toujours dire « cliniquement maligne d'emblée » ce qui équivaut à dire qu'on est en présence d’une angine diphtérique maligne (l’angine étant le symptôme d'accompagnement essentiel et obligé du syndrome précoce).

d'emblée, étiologiquement du moins, rarement elle est secondairement maligne (x).

Parfois, en effet, une diphtérie banale non où mal traitée pourra par adjonction des facteurs étiologiques de la malignité devenir secondairement maligne et se comporter alors comme telle. Cela ne veut pas dire qu'une diphtérie commune puisse indifféremment donner des symptômes habituels ou des symptômes malins, mais simplement qu’elle s’est alors transformée en diphtérie maligne.

Il est donc faux d’attribuer un syndrome secondaire ou tardif à l'influence lointaine d’une angine banale. Et si ans certains cas les syndromes secondaire ou tardif semblent s’extérioriser seuls comme malins et faire suite lointaine à une angine diphtérique banale, c'est que, malgré son apparence, celle-ci contenait déjà les facteurs étiologiques de la malignité. Inversement l’éclosion d’un syndrome précoce entraîne obligatoirement les deux manifestations secondaire et tardive. Bien plus, il est permis de penser que de la gravité de l’angine primitive on puisse conclure à la gravité des deux syndromes secondaire et tardif comme le vérifie notre observation.

C’est la strychnothérapie, qui, en octroyant la survie aux diphtéries malignes précoces et en permettant l’éclosion de syndromes secondaires et tardifs, nous conduit actuellement à unir, plus que par le passé, ces trois

(1) Ne pas confondre diphtérie secondairement maligne avec syndrome secondaire malin.

De même, ne pas confondre diphtérie sévère avec diphtérie maligne. Cette confusion facile du point de vue nosologique l'est aussi très souvent du point de vue clinique. Et pourtant, une angine diphtérique sévère n'est « qu'une diphtérie commune grave » (PAISSEAU), tandis qu’une diphtérie maligne n'est jamais une diphtérie commune. Cette distinction est formelle dans les travaux de STROE et HORTOPAN.

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syndromes précoce, secondaire et tardif sous le nom de diphtérie maligne qui doit les englober. Lorsqu'un seul de ces syndromes se manifeste il correspond alors à une forme clinique mineure de la diphtérie maligne.

Aussi, dans le cours de ce travail, avons-nous parlé constamment de Îa diphtérie maligne dite d'emblée qu'il serait, d’ailleurs, plus précis d'appeler diphtérie cliniquement maligne d'emblée, son étude entraînant par le fait l’étude des trois syndromes de malignité (x).

On comprend que du diagnostic de cette malignité précoce dépendent non seulement le pronostic immédiat mais aussi la prévision et le pronostic des syndromes secondaire et tardif (2). #

C’est la notion de l'importance clinique de l’angine diphtérique maligne qui motivera les quelques remarques sur lesquelles nous désirons insister dans cette deuxième partie, à propos de notre observation.

Dans un premier chapitre, nous étudierons et commenterons les signes de malignité de l’angine diphtérique maligne et le diagnostic de celle-ci, en nous reportant constamment à notre observation.

Dans un deuxième chapitre, nous commenterons de façon plus rapide, l’évolution ultérieure de cette angine maligne, et ce faisant, nous Constaterons les différences qui séparent cette évolution de celle d’une diphtérie maligne non traitée par la strychnine.

Dans un troisième chapitre, enfin, qui terminera la deuxième partie de ce travail, nous exposerons rapidement quelques idées d'ordre étiologique.

(1) La diphtérie cliniquement maligne d'emblée peut encore être appelée plus simplement angine diphtérique maligne, ce qui montre bien qu'on parle de la première période de la diphtérie maïigne (la seule où existe l’angine).

(2) Ceux-ci font ainsi partie de l’évolution de l’angine diphtérique maligne.

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