‹ Quelques remarques ethnologiques sur la répartition géographique de certaines infirmités en FranceChapitre 1 sur 2 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

M’ A l’académie 1MPÉRI.\LE DE MÉDECINE LE 12 MAI 1868, ET DEVENU, LE 16 MARS 1869, LE SUJET d’un rapport DE M. LE PROFESSEUR BROCA , AU NOM D’üNE COMMISSION COMPOSÉE DE MM. LARREV, BÉCLARD LT BROCA (1).

Jusqu’à présent, dans nos pays d’Europe habités par des populations de races blanches, on s’est peu occupé du rôle étiologique des éléments ethniques sur le développement, la fréquence et la gravité des maladies. Cependant, plusieurs auteurs ont signalé entre diverses populations quelques différences médicales, chirurgicales et obstétricales.

M. J. Guérin (2), à propos de l’immunité dont, selon M. Caillai, avaient joui des étrangers au milieu d’une épidémie de suelte miliaire, a rappelé, ainsi que plus tard M. Boudin (3), qu’en 1518, lors d’une épidémie semblable en Angleterre, en Flandre, en Espagne, les Anglais étaient seuls atteints, les Écossais et les Irlandais étant complètement épargnés.

(1) Bulletin de l’Acad. de méd., t. XXXIV, p. 172. Paris, 1869.

(2) J. Guérin, Rapport sur la suette miliaire {Mémoires de l'Académie de médecine, l. XVII, p. 2-2,1853).

(3) Boudin, Traité de géographie et statistique médicales, 1857, l. II, p. 705.

Dans la discussion académique sur la gravité relative de la résection de la hanche: «Y a-t-il, disait M. Velpeau, une différence entre les malades anglais et nos malades? Cela est possible; il peut y avoir une différence tenant à la constitution des deux nations. La chair des Anglais, par une sorte de privilège physiologique, serait plus réfractaire que la chair des Français aux accidents qui suivent les grandes opérations » (1).

« La race anglo-saxonne, selon M. Chauffard, possède à un plus haut degré que la nôtre la faculté de supporter sans y succomber les grands traumatismes. L’influence des races est souvent décisive (2). »

Pareillement M. Legouest pense qu’il faut« prendre en considération l’influence que peut exercer sur le succès des opérations la race d’hommes qui les supporte » (3).

Suivant M. Lenoir, « les femmes de la tige germanique accouchent avec plus de facilité que les femmes de la lige celtique » {h).

Enfin MM. Boudin, Sislach et quelques autres observateurs ont aussi fait remarquer qu’une prédisposition ethnique pourrait parfois, mieux que des influences géographiques ou de milieu, rendre compte de la fréquence relative de certaines infirmités parmi les habitants des diverses régions de la France (5).

Je désire actuellement rassembler quelques documents propres à démontrer celle influence de la race sur la pathogénie de notre pays, où des populations d’origines diverses’ se sont stratifiées sans se détruire, et malgré leur incessant croisement présentent actuellement encore de notables différences.

Mais, auparavant, il faut rappeler les éléments ethniques qui composent notre nation et montrer la permanence de leurs caractères anthropologiques.

(1) Velpeau, Bulletin de l’Académie de médecine, t. XXVII, 1861-62, p. 174.

(2) Chauffard, Gazette hebdomadaire de médecine et chirurgie, 30 oct. 1865, p. 714 et 717, feuilleton. Considérations touchant l’influence des races sur le résultat des opérations chirurgicales, p. 713 à 721,

(3) Legouest, Traité de chirurgie d’armée, p. 714- Paris. 1863.

(4) Lenoir, Atlas complémentaire de tous les traités d’accouchements, p. 32, 1" col. 1860.

(5) Boudin, Traité de géographie et de statistique médicales, t. Il, p. 553 et 589, etc. — Sislach, Etudes statistiques sur les varices et la varicocèle {Gazette médicale de Paris, 1863, p. 854). y

Dans ce double but, suivant l’exemple de M. Broca (1), tout d’abord je montrerai la concordance remarquable qui existe entre les variations de la taille des populations et leurs éléments ethniques. Cette concordance, en faisant reconnaître certains groupes de populations encore distinctes, permettra de comparer quelques-uns de ces groupes au point de vue de la fréquence relative de certaines infirmités.

Dans mon travail manuscrit lu à l’Académie de médecine le 12 mai 1868 (2), pour cette étugde elhnoloique de la répartition des exemptions pour défaut de taille, je m’étais servi des documents statistiques recueillrs par MM. Dévot (3), Sistacli (/t), Boudin (5) et Broca (6), relatifs seulement à vingt-trois années, de 1837 à 1859. Gomme depuis celle époque M. Broca a publié des documents plus étendus embrassant trente années, de 1831 à 1860 inclusivement (7), je crois préférable de m’en servir en livrant actuellement ce travail à l’impression.

Je prends donc dans ce second mémoire, récemment publié par M. Broca sur l’anthropologie de la France, la série statistique exprimant la proportion dans chaque département des jeunes gens exemptés du service militaire pour défaut de taille, durant les trente années consécutives écoulées depuis 1831 jusqu’à 1860 inclusivement, et je divise une carte départementale en trois séries inégales de teintes différentes (voyez Carte n° 1).

(1) Broca, Recherches sur l'ethnologie de la France (Mémoires de la société d’ anthropologie, t. 1860-63.

(2) Lagneaii, Bulletin de l’Académie de médecine, 12 mai 1868.

(3) Dévot, Essai de statistique médicale sur les principales causes d’exemptions du service militaire, et recherches sur leur fréquence et leur distribution. Thèse. Paris, 29 août 1855.

(û) Sistach, Études statistiques sur les infirmités et le défaut de taille considérés comme causes d'exemptions du service militaire (Rec. de mém. de méd. chir. et pharm. militaires, 3® série, p. 353, etc., 1862).

(5) Boudin, hc. cit., et De l'accroissement de la taille et des conditions de l'aptitude militaire en France (Mém. de la Soc. d’anthropologie, t. It, p. 221, 1865).

(6) Broca, loc. cit.

(7) Broca, Nouvelles recherches sur l'anthropologie de la France en général et de la Basse-Bretagne en particulier, lues le 20 décembre 1866 (Mémoires de la Société d'anthrop.,

t. III, p. 1Û7-209, 1869).

REMARQUES ETUNOLüGIQUES

Tableau cu7nparatif des exemptions pour défaut de taille durant trente années, de 1831 à 1860. — Exemptés sur 1000 examinés.

Doubs 21^39

Côte-d'Or 31,64

Jura 32,00

Haute-Marne 34,52

Pas-de-Calais 36,58

Somme 36,61

Oise 37,57

Ardennes 38,37

Haute-Saône 39,30

Bas-Rhin.* 39,70

Moselle 41,22

Seine-et-Marne 42,35

Nord 43,88

Aisne 45,73

Marne 45,75

Aube 46,10

Ain 46,40

Meuse 46,69

Bouches-du-Rbôiie . . . 47,19

Seine-et-Oise 51,73

Calvados 51,97

Rhône 51,97

Eure 52,15

Orne 52,29

Vo'sges 53,74

Meurtbe 54,11

Vaucluse 54,77

Isère 55,13

Manche 55,14

Eure-et-Loir 55,60

Deux-Sèvres 56,20

Haut-Rhin 56,38

Charente-Inférieure... 56,43

Seine-Inférieure 56,48

Yonne 56,63

Maine-et-Loire 57,38

Hautes-Pyrénées 58,89

Gard 60,16

Var.. 60,63

Drôme 61,51

Loire-inférieure. ...... 62,17

Hérault 62,99

Saône-et-Loire 63,10

Gironde 64,82

Haute-Garonne 65,28

Lot-et-Garonne 69,66

Vendée 69,80

Gers 70,56

Seme 72,75

Pyrénées-Orientales... 73,02

Basses-Pyrénées 74,17

Corse 74,40

Vienne 75,47

Sarthe 75,57

Loiret 76,42

Tarn-et-Garonne 76,90

Aude 77,37

Mayenne 77,98

Haute-Vienne 174,85

Nièvre

Ariége

Loire

Morbihan ....

Creuse

Loir-et-Cher. .

Aveyron

Cantal

Haute-Loire. .

Ille-et-Vilaine,

Cher

Indre

Basses-.llpes . .

Tarn

Landes

Lozère

Indre-et-Loire.

Côtes-du-Nord

Lot

.Allier

Finistère ....

Ardèche

Hautes-Alpes, Charente ....

Dordogne. . . .

Puy-de-Dôme Corrèze

Dans la répartition générale des trois teintes de la carte n" 1, on observe trois groupes principaux.

1“ Ün groupe blanc présentant peu d’exemptions pour défaut de taille est situé dans la région nord-est, anciennement occupée par les Belges, la plupart d’origine germanique, suivant César (1).

(1) « Gallia est omiiis divisa in partes très, quarum uiiaiii incolunt Belgæ, aliam Aquitain, lerliam qui ipsoruin lingua Cellæ, nostra Galli appellaiitur. Hioinnes linguà, inslitutis, legibus inter se diirerunt. Gallosab AquitanisGarumna llumen, a Belgis Matrona, et Sequana dividit. » {De Bello gallico, lib. I, cap. i.)

« Plero.sque Belgas esse orlos ab Germanis; Rbeuumque antiquitus traiisducios, propter !oci ferlilitatem ibi consedisse. » {L c., lib. II, cap. iv.)

SUR CERTAlNIiS INFIRMITɑ3 EN FRANCE. 5

Un groupe généralemenl gris, présentant une proportion moyenne (l’exemptions pour défaut de taille, correspond à l’ancien pays des Aquitains et des Ligures que César, Pline (1), Scylax (2), Scymnos de Cliio (3), etc., disent habiter au sud de la Garonne et le long du littoral méditerranéen. Selon Slrabon (4), ces Aquitains, très-cliSérents des autres habitants des Gaules, se rapprochaient au contraire des Ibères de THispanie (Espagne), non-seulement parleur langage, mais aussi par leurs caractères physiques. Pareillement, les Ligures différaient de -la race celtique.

3" Quant aux départements noirs, présentant le plus d’exemptions pour défaut de taille, ils s’observent dans la région comprise entre rOcéan et les Alpes, la Garonne et la Seine, c’est-à-dire dans la région que César, Pline, disent être occupée par les Gallo-Celtes, dont un dialecte, le breizad, se parle encore actuellement dans une partie de la Bretagne.

Outre ces trois grands groupes, différents sous le rapport de la taille comme sous celui do l’ethnologie, outre quelques départements de

(1) « Gallia omnis coniata uno nomine appellata, in nia popiilorum généra di'iditur, oiiinls maxime distincla. A Scaldia Sequanam Belgica. Ab eo ad Ganimnam Cellica, cademque Lugdunensis, Inde ad Pyrenæi nionlis excursuin Aquilanica. » {Hist. nat,, lib. IV, cap. xxxi, t. Ilf, p. 250, éd. de Panckonke).

(2) k~o S'i txovTai Alyjî;, xal ïêripe; [jii'jfaJc;, îrcrau-oü Picî'avcü... A-'o l’ouy.viJ

TTOTa|ji.oû è'y^ovTai aI-jue; [Périple, p. 2, § 3 et Zi,dn texte et trad. latine de Vossius,

Amsterdam 1639.) [Au delà des Ibères (anciens habitants de l’Espagne) habitent les Ligures et les Ibères inèlès jusqu’au fleuve le Rhône. Depuis ce fleuve habitent les Ligures jusqu’à Antibé...]

3) ...ETretra TrapaflaXâ-ric; xaTo)

A(-jua; E/,cvTai, xat ïro/.ai; iXXri-r.Se; â; MaasaXiûvai <I>tüxa£t5 àTïûxiaav.

Periëgéte, vers 200 à 202, in Fragments des poèmes géographiques de Letronue, Paris 18/iO [... puis au-dessous (des Pyrénées) sont les Ligures maritimes et les villes grecques que colonisèrent les Phocéens de .Marseille.]

4) Ot Axom-avot (ïiatpEpcuai toü raXaTixoü tpûXou xavà te rà; tüv cuLtaraiv xaTawîuà; xal xarà -r:i fXüTvav, ècîxaui Si u.àxxcv têriftnv (lib. IV, cap. II, § 1, p. 157, du texte et trad. de Millier et Dübner). [I^es Aquitains durèrent de la race gaélique par la conformation du corps et par le angage, ils sont plus sendalables aux Ibères.]

Toù; (jiÈv ÂxouiTavoù; teXe»; s;r/XXa*j'(J.£'v:’j; où Tvi yXcoTTr, u.o'vov, àXXâ xa'i toï; ooiy.airiv, io'/jpcc

(xâXXov ïi PaXaTat,-. Lib. IV, cap. i, § 1. [Les Aquitains diffèrent enlièremnnt non-seulement par la langue, mais aussi par le corps; ils ressemblent plus aux Ibères qu’aux Gaèls. ]

É3vy! KsX-ixà ■jrXr,-/ tüv Aipcov. ouroi ^’ÉrEpcEâ/Elî [is'v ciot, TraparrXTiOiti Sè toÎ; pUi;. (lib. II,

cap. V, § 20, p. 106.) [.... des peuples Celtiques en outre des Ligures. Ceux-ci sont de race race différente, mais offrent quelque ressemblance dans leur manière de vivre. ]

teinte grise, placés entre les groupes blanc et noir, comme l’expression de la fusion de deux races différentes, on remarque des groupes secondaires qui diffèrent de teinte au milieu des groupes principaux, ou leur constituent des appendices de même teinte. Le groupe blanc du nordest correspond non-seulement à l’ancien pays des Belges limité au sud-ouest par la Seine et la Marne, mais s’avance beaucoup au delà. A l’ouest, les départements blancs, qui présentent peu d’exemptions pour défaut de taille, correspondent principalement à la région où s’établirent, au commencement du x° siècle, les Normands de race Scandinave, que les contemporains nous dépeignent comme des hommes de haute stature (1), Au sud de l’ancienne Gaule Belgique, les départements blancs situés sur le bord du Rhin correspondent à la région envahie à diverses époques par les Triboques, de race germanique, ainsi que l’indique Strabon (2), par les Allemands, dont un idiome est encore parlé en Alsace. Plus au sud-ouest, les départements blancs du Doubs, du Jura, de la Côte-d’Or, ceux qui de toute la France présentent encore le moins d’exemptions pour défaut de taille, ainsi que l’ont déjà signalé MM. Lélut, Michel Lévy (3) et Broca, correspondent à la région occupée au commencement du v” siècle par un peuple venu des bords de la Vistule, les Burgundes, que Sidoine Apollinaire nous dit avoir sept pieds romains de haut (à).

Dans la vaste région gallo-celtique, les départements noirs ne constituent pas un seul et unique groupe, mais bien trois groupes partiels séparés, l’un correspondant à la Bretagne, le deuxième au centre du pays des Celtes, enfin le troisième aux Alpes. Ces trois groupes inégaux paraissent avoir été ainsi divisés par les immigrations des peuples du nord-es!. En effet, certaines peuplades du nord de la Gaule se portèrent du bassin do la Seine, par le bassin de la Saône et du Rhône

(1) « In quo cei'tamiiie taies viri de Nordmannis cecidisse referunlur, quales mmquatn autea in gente Fiancoriim viri fuissent in pulchrilucline videlicet ae proceritate corporum. » (Annalium Fuldiensium, anno bSU, in Dom Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France, i. VIII, p. l\h, 1652, voy. aussi t. IV, p. 50 et 51, lib. VI, vers 13 ù 17, d’Ermold Nigell.)

(2) Èv cF; ’î^puTai ‘j’Epu.ftvixôv êd'/iç îiepaiwÔÈv ix TÜi oweiaç, TpiSczj(.oi, Stl'abon, I. II, C. IV, greclatin. Müller et Dübner, coll. Didot. [Parmi eux (les Médiomatrices) est venu s’établir de son pays d'outre-Rhin un peuple germanique, les Triboques. ]

(3) Michel Lévy, Traité d’hygiène publique et privée, t. II, p. 422, 4' édit. 1862,

(4) Hic Burgundio seplipes fréquenter... lib. VIII, epist. IX.

jusqu’en Italie, où elles conservèrent leurs noms redoutés, de Senones, de Cenomans (1), etc. D’autre part, l^immigralion kimrique qui, selon M. Am. Thierry (2), aurait précédé celle des Belges dans le nord-est des Gaules, se serait portée de la Seine vers la basse Loire, et do ce fleuve, le long du littoral, jusqu’au delà de l’embouchure de la Garonne, sur le territoire des Aquitains.

Enfin, si parmi les départements du littoral de l’Océan, les deux départements blancs de la Charente-Inférieure et des Deux-Sèvres se font remarquer par une minime proportion d’exemptions pour défaut de taille, peut-être doit-on l’attribuer à la présence de descendants des Alains et des Theiphales qui, au v® siècle, donnèrent leur nom au pays d’Aulnis, Pagus alanensis et au pays de Tilïauges sur la Sèvre nantaise, Pagits teofalgiciis, car ces .Alains, suivant Ammien Marcellin, étaient de haute taille (3).

Quant au département des Landes, qui était teinté en gris comme les départements voisins sur la carte que j’avais d’abord donnée avec mon manuscrit d’après les documents statistiques recueillis par MM. Dévot, Sislach, Boudin et Broca, il se fait remarquer par sa coloration noire sur la carte actuelle faite d’après les documents rectifiés, plus étendus, récemment publiés par M. Broca. Ce département se trouverait donc présenter une proportion plus grande d’exemptions pour défaut de taille que les autres départements limitrophes, principalement peuplés de descendants d'Aquitains de race ibérienne. Quoique il semble difficile de rapporter à une influence ethnique celte proportion considérable d’exemptions qui ne se trouve surpassée que dans quelques départements correspondant à l’ancienne Gaule celtique, il m’a paru d’autant plus utile de la faire remarquer que, dans la suite, un coup d’œil jeté sur plusieurs des autres cartes relatives aux exemptions pour myopie, varices, varicocèles, etc., fera également reconnaître que la population de ce département diffère notablement de celle des départements voisins sous le rapport des infirmités.

(1) Am. Thierry, Hist. des Gaulois, t. I, ch. i, p. 1Z|9 à 161, éd. de 1862.

(2) Thierry, loc. cit,, introduction, p. 108, et liv. I, ch. i, p. IZiZi.

(3) « Proceri autem Alani pœne sunt omnes et pulchri, crinibus mediocriter flavis, oculorutn temperata torvitate terribiles, et armorum levilate veloces... » {Rerum gestarum qui de XXXI supersunt, p. 2A7, Hb. XXXI, cap. ii.)

La l'cpariilion des excmpiions pour défaut do taille en France, par sa concordance avec la distribution géographique des divers éléments ethniques de notre nation, permet donc de reconnaître encore certains groupes, qui suivant les analogies ou les différences existant entre leurs éléments ethniques et ceux des populations circonvoisines se trouvent plus ou moins confondus ensemble, comme les groupes Belge, Normand, Germain de l’Alsace, Burgunde, ou sont plus ou moins isolés, comme le groupe Breton, celui du centre de la France et d’autres encore.

Quelques-uns de ces groupes, comme ceux des départements bretons cl des départements normands, diffèrent entre eux non-seulement par l’ethnogénie, par la taille, voire même par la mortalité, comme l’a fait remarquer M. Bertillon (1), mais présentent également de notables différences sous le rapport de certaines infirmités. Toutefois, tandis que la race paraît a^oir une influence considérable et prédominante sur la stature, son influence est loin d’être exclusive sur la répartition des états morbides, qui reconnaissent des causes étiologiques très-diverses et souvent fort obscures, généralement désignées sous la dénomination de conditions de milieu. On doit donc s’attendre à trouver dans la répartition de ces états morbides, non pas une concordance générale, mais seulement une concordance partielle avec les éléments ethniques de la population.

D’ailleurs, par suite du croisement de races diverses à prédispositions morbides différentes, danslesdépartements limitrophes dedeux groupes différents, et aussi dans certaines grandes villes où affluent de nombreux étrangers, suivant qu’on étudie la répartition de telle ou telle infirmité, on voit se modifier le contour et l’étendue de ces groupes, qui cependant conservent approximiativement leur situation géographique. Par exemple le groupe Breton limité ordinairement aux quatre départements du Finistère, du Morbihan, des Côtes-du-Nord et de l’Ille-et-Vilaine qui, en général, se font remarquer par l’uniformité de leur proportionnalité morbide, parfois, relativement à certaines infirmités, s’étend non-seulement au département de la Loire-Inférieure, mais aussi à ceux de la Mayenne, de la Manche cl très-exceptionnellement à celui du Calvados.

(1) Bfi'lillon, Bulletin eJe la Fociêlé d'cnlhrofologie, t. II, p. 662, 19 décembre 1861.

Ces modifications des groupes dans leur contour ci leur étendue s’expliquent naturellement, car souvent dans le croisement de deux races distinctes, comme celles des Gallo-Celtes armoricains et des immigrants Scandinaves dans la partie occidentale de la Normandie actuelle, le produit hérite inégalement des caractères ethniques des deux producteurs, et représente parfaitement une race sous certains rapports, tandis qu’il rappelle entièrement l’autre race pour certaines conformations, aptitudes ou prédispositions.

Dans cet essai de pathologie ethnique, qui n’a d’autre but que de faire ressortir l’influence que paraît avoir la race sur le degré de prédisposition à telle ou telle infirmité, je me bornerai à exposer quelques analogies et quelques différences pathologiques présentées par des groupes de départements habités par des populations de même race et de races distinctes ; comparant ainsi, soit les deux groupes gallo-celtiques du nord-ouest et du centre, soit l’un de ces groupes avec quelque autre de l’Aquitaine, de notre Ligurie, de la Gaule Belgique ou de la Normandie.

Parmi les nombreux documents statistiques fournis par les comptes rendus du recrutement de l’armée et par la statistique de France, dont les moyennes ont été calculées durant un certain nombre d’années par MM. Louial (1), Dévot (2), Boudin (3), Bergeron(/i), Broca (5), Sistach (6), Chervin (7), Jonvaux (8), il ne sera ici question que de quelques infirmités dont la répartition semble plus ou moins en rapport avec la distribution géographique des éléments ethniques de notre nation.

Myopie. (Voy. carte n" 11.) — Les recherches de MM. Dévot et Boudin (9) ont montré qu’en Franco la proportion des jeunes gens,

(1) Louial, Essai sur l’épilepsie, 28 août 185/». Paris.

(2) Dévot, loc. cit.

(3) Boudin, loc, cit.

(/») Bergeron, Étude sur la géographie et la prophylaxie des teignes (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 2* série, 1865, t. XXllI, tirage à part).

(5) Broca, loc. cit.

(6) Sistach, loc. cit.

(7) Chervin, Du bégayement, carte, 1866.

(8) Jonvaux, Recherches sur la distribution géographique des pieds plats en France (Recueil de mém. de méd., ehir. et pharm. militaires, 3° série, 1863, t. X, p. 260).

(9) Dévot, tlièse, 1855, l. c. — Boudin, Traité de géogr. et de statist, méd., t. II, p. 589.

exemples pour myopie, varie de 51 sur 100 000 examinés dans le déparlement d’ïndre-et-Loire, à 1181 dans celui des Bouches-du-Rhône. Ne pouvant allribuer audimat la moindre proportion de myopes en Bretagne et dans le centre de la France que dans les départements du Nord et surtout du !\lidi,M. Boudin s’exprimait ainsi : «Nous croyons ici beaucoup plutôt à une influence de race qu’à une influence géographique proprement dite. »

Si la fréquence de la myopie était la conséquence de la lecture, de l’écriture ou de travaux minutieux qui obligent l'œil à regarder de trèsprès des objets de petit volume, elle devrait surtout se montrer dans les montagnes du Jura, dont la population s’occupe beaucoup d’horlogeriej or, les départements du Jura et du Doubs ne présentent que 307 et 15i exemptés pour myopie, quoique parmi les conscrits de ces départements il n’y en ait que 370 et 226 ne sachant pas lire sur 100 000, proportion remarquablement minime, puisque la moyenne pour toute la France est de 2300 (1).

Sauf quelques exceptions, d’une manière générale, la myopie parait beaucoup plus fréquente dans la partie de la France située au sud de la Durance, du Tarn et de la Garonne, vaste région jadis principalement occupée par les Ligures et les Aquitains de race ibérienne, que dans les régions plus septentrionales anciennement habitées par les Gallo-Celtes et les Belges. Sans donner autant de myopes que les départements du midi, et en particulier du sud-est, à la Gaule Belgique et à une partie de la Normandie correspond un groupe de départements qui comptent plus de myopes que la plupart de ceux du centre et surtout du nordouest de la France.

Si dans chacune des régions du nord-ouest, du centre, du nord-est et du midi, principalement habitées par des descendants de Celtes, de Belges-Normands et d’Aquitains-Ligures, on réunit la plupart des départements présentant une certaine uniformité dans la proportion des exemptés pour myopie, ou se trouvant plus ou moins à proximité les uns des autres dans la série statistique des exemptions pour celte inlirrnité, on reconnaît que sur 100 000 examinés la moyenne est de 166 myopes dans les départements armorico- bretons du nord-ouest, de

(1) Manier, Carte sur les jeunes gens sachant lire, e7i 1866. Paris, 1867.

175,6 dans ceux celtiques du centre, de 395 dans ceux belges- normands du nord-est, et de 517,8 dans ceux aquilains-ligures du midi. Parmi CCS derniers, n’a pas été compris le département des Landes ne présentant que no exemptés sur 100 000 examinés. Ainsi qu’il a été déjà remarqué, ce département, peuplé au nord de descendants des Boïes d’origine plus septentrionale, diffère souvent des départements aquitainscirconvoisins, soit par la taille, soit par la proportion des infirmités de ses habitants.

Pour la myopie, comme pour beauconp d’autres infirmités, les départements de la Bretagne et du centre, dont les populations paraissent avoir été moins mêlées que celles de la plupart des autres régions de la France, se font remarquer par leur faible proportion d’exemptés. Il semblerait donc que la pureté de race constitue parfois une condition d’immunité pathologique relative, conformément à l’opinion déjà soutenue par M. J. -N. Périer (1).

Départements Armorico- Départements Celtiques Départements Delges- Départements Aquitains-

Bretons du Nord-Ouest.

du Centre.

Normands du Nord

l-Est.

Ligures du Midi»

Gôtes-du-Norcl .

ludrc-et-Loire. .

Seine-et-Marne.

Gard

Finistère

Cher

Meuse

Ariége

Morbihan . ...

Corrèze

Pas-de-Calais. .

Basses-Pyrénées

Ille-et-Vilaine. .

Indre

Somme

Hautes-Pyrénées

Calvados

Puy-de-Dôme. .

Nord

Pyrénées-Or. . .

Manche

Lot

Eure-et-Loir . . .

Gers

Mayenne

Loiret

Oise

Hérault

Loire-Inférieure

Cantal

Seine-et-Oise . .

Haute-Garonne.

Allier

Ardennes

Aude

Creuse

Aisne.

Gironde

Nièvre

Orne

Lot-et-Garonne.

Haute-Loire . . .

Eure

Vaucluse

Rhône

Seine

Basses-Alpes. . .

Saône-et-Loire .

Haute-Marne . .

Tarn-et-Gar . . .

Seine-Inférieure

Var

Aube

Bouches-du-Rh.

Moyenne. . . .

Moyenne. . . .

Moyenne. . . .

Moyenne. . . .

Perte de dents; mauvaise «lenture. (Voy. carte n° III.) — Boudin (5) et M. Magitol (3) se sont occupés de la répartition de la

(1) Perrier, Essai sur les croisements ethniques {Mém. de la Soc. d’anthr., p. 72-92, 187- 236, et t. ir, p. 261-37Z1).

(2) Boudin, Traité de géogr. et stast. méd., t. II, p. Uol.

(3) Magiiot, Bulletin de la Société d'anthropologie, 2°- série, t. II, p. 71, 17 janvier 1867.

mauvaise denture. Pour toute la France, la proportion moyenne est de 785 exemptions sur 100000 jeunes hommes examinés. De 36 dans le département du Puy-de-Dôme, la proportion des exemptions s’élève à 6760 dans celui de la Dordogne.

Ce dernier confrère accorde une grande part à l’influence ethnique sur la fréquence de la carie dentaire. Avec raison, il fait observer ([ue les départements occupés par les descendants les plus purs des Gallo- Celtes, soit de la Bretagne, soit de la région qui du centre s’étend jusqu’aux Alpes, sont les plus favorisés sous le rapport de la denture. Au contraire, les départements du nord-est, peuplés par les descendants des Belges et des Normands, présentent une proportion considérable de jeunes gens exemptés pour mauvaise denture. On peut rapprocher celle remarque de celle faite depuis longtemps par M. le docteur Oudel (1) sur les populations de la Hollande et surtout de la Frise, où la carie dentaire semblerait endémique.

Sauf quelques exceptions, avec M. Magilol on peut remarquer que la mauvaise denture paraît surtout se montrer parmi les populations de haute stature, qui présentent peu d’exemptions pour défaut de taille. I/observation faite par M. le docteur Vincent (2) dans la Creuse, où d'ailleurs les blonds sont peu communs, relativement à la plus grande fréquence de la carie chez eux que chez les bruns, trouverait également un appui dans la répartition de celle affection dentaire dans nos divers départements. En effet, dans la région anciennement peuplée par les Belges et les Normands, en général la taille est élevée, les cheveux sont souvent blonds et la carie dentaire est très-commune; dans la région méridionale, peuplée anciennement par les Aquitains et les Ligures, la taille est moins élevée, les cheveux sont noirs ou de couleur foncée et la carie dentaire est moins commune; enfin dans la région moyenne occupée par des descendants des Gallo-Celtes, la taille est petite, les cheveux sont bruns et la carie dentaire est peu fréquente.

Sans contester l’influence étiologique, d’ailleurs peu démontrée, que les conditions physiques et chimiques des eaux, de certaines boissons.

(1) Oudet, Dictionnaire de médecine en 30 vol., an. Dent, t. X, p. 166.

(2) Vincent, Éludes anthropologiques sur le département de la Creuse {Bull, de la Société (les sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, t. IV, p. 21).

des aliments, pourraient avoir sur les maladies des dents, et sans prétendre faire jouer aux prédispositions ethniques un rôle exagéré, on peut comparer dans les régions correspondant à la Bretagne, à la partie centrale et alpestre de la Celtique, au littoral ligurien, à la Gaule Belgique et à la Normandie, quatre groupes de départements présentant une certaine proximité sériale dans la proportion des exemptions pour mauvaise denture. Tandis que les Bretons et les habitants de la région celtique centrale n’ont que 124 et l’/7 exemptés sur 100 000 examinés, les populations du sud-est en ont 519 et celles du groupe belge-normand 1917. Comme pour beaucoup d’autres infirmités, 1e département de la Manche, par la proportion de 377 exemptions pour mauvaise denture, se montre intermédiaire aux départements bretons et aux autres départements normands.

Départements Bretons

Finistère CO

Morbihan 119

Mayenne 133

Côtes-du-Nord.. 137

IHe-et-Vilainc. . 175

Moyenne.... 124

Départements Coltujues du centre aux Alpes.

Puy-de-Dôme. . . 36

Haute-Loire.... 41

Rhône 85

Cantal 99

Corrèze 102

Loire 111

Drôme 139

Allier 178

Ain 188

Lozère 221

Ardèche 222

Saône-el-Loirc.. 251

Isère 254

Hautes-Alpes. . . 255

Aveyron .* '265

Nièvre * 282

Cher ; 283

Moyenne.... 177

Départements I.igurcs.

Vaucluse 271

Basses-Alpes. . . . 514

Var 551

Bouclies-du-Rli . 741

Moyenne.... 519

Dépfirtement.

Belges-Normands.

Aisne 814

Pas-de-Calais. . . 959

Scine-et-Marne. 1013

Ardennes 1061

Eure-et-Loir. . . . 1269

Somme 1727

Calvados 1733

Seine-et-Oise. . . 2120

Oise 2623

Seine-Inft^rieure. 3140 Eure 5014

Moyenne .... 1917

Hernies. (Voy. carte n” IV.) — Dans la plupart des départements, la répartition des exemptions pour hernies, qui de 217 sur 100 000 examinés dans le département de la Meuse, s’élève à 5120 dans celui de la Vendée, semble avoir peu de rapport avec Tethnogénie des populations. Toutefois Boudin (1), avec raison, insistait sur l’utilité qu’il y

ïh REMARQUES ETHNOLOGIQUES

aurait à examiner si l’hérédité et la race n’exerçaient pas une influence prononcée sur cette infirmité qui se montrait fréquente dans vingt-six des départements les mieux partagés sous le rapport de la (aille, et relativement rare dans la Bretagne et dans la région centrale de la France.

En effet, on peut reconnaître plusieurs groupes ethnologiquement distincts qui présentent de notables différences dans la proportion de celte infirmité.

Tandis que pour la France entière, la moyenne des jeunes gens affectés de hernies est de 210/i sur 100 000 examinés ; les Bretons n’en comptent que 1025, et les habitants d’un groupe de onze départements situés au centre n’en présentent que 1300.

Quant aux départements normands, ils présentent une moyenne de 2190 exemptés, près de deux fois plus considérable que celle des départements bretons, qui, quoique limitrophes, se trouvent dans des conditions ethnologiques différentes. On peut, en outre, remarquer que parmi les départements normands, celui de la Manche, qui, sous le rapport de la taille, de la mauvaise denture, du goître, se montre intermédiaire entre la Bretagne et les autres départements de la Normandie, de même pour les hernies se rapproche beaucoup des départements véritablements bretons, dont diffère notablement celui de la Loire-Inférieure qui, outre les Armoricains et les Bretons, fut anciennement peuplé par des Saxons, des Normands et autres immigrants.

Départements Bretons. Départements Celtiques du centre. Départements Normands.

llle-et-Vilaine. . . .

Ardèche

Manche

Morbihan

Aveyron

Calvados

Gôtcs-du-Nord . . .

Creuse

Seine-Inférieure . . . .

Finistère

Puy-de-Dôme. .

!*oirp-Tîiforioiiro .

Lozfirft

Eure

Lot

Loire

Haute-Loire. . . .

Indre

Cantal

Allier

Moyenne

Moyenne. . .

Moyenne

(1) Boudin, Traité de géogr. et de stat, méd., t. Il, p. 651 et suiv., tableaux des exemptions pour hernies de 1837 à 1849.

Waricocèle. (Voy. carie n" V.) — M. Sistacli(l), qui a démontré que le varicocèle constitue une cause d’exemption pour 317 jeunes gens sur 100 000 examinés dans le département de la Lozère et de 288‘2 dans celui des Ardennes, a cherché h apprécier l'influence de la race sur cette infirmité. La fréquence relative du varicocèle dans nos départements du nord-est occupés par des populations kimriques ou belges cl dans ceux du centre et du sud-ouest habités par les descendants des Celles et des Aquitains, serait exprimée par le rapport de 1253 à 753 exemptions.

En outre, plusieurs groupes secondaires de départements distincts sous le rapport ethnique, diffèrent aussi relativement au degré de fréquence du varicocèle ; tandis que les départements bretons ont une moyenne de A53 exemptés sur 100 000 examinés, et que les départements celtiques du centre en ont 570, les départements normands, au contraire, donnent une moyenne de 1783 exemptés. Ainsi donc, les Bretons et les Normands, quoique voisins, diffèrent considérablement sous le rapport de cette infirmité, vraisemblablement par suite de leur

ellinogénie distincte.

Départements Bretons.

Départements Celtiques

du centre. Départementa Normands

Finistère

339 Lozère

Morbihan

428 Haute-Loire

. . . 421 Orne

ïlli»-pt-Vilninp . .

eifiû Pny-Hfi-Domp

... 444 Eure

Charente

Ardèche

Loire

Creuze

Corrèze

Cantal

Indre

Haute -Vienne

Lot

Nièvre

Cher

Allier

Moyenne

453 Moyenne

. . . 570 Moyenne

(1) Sistacb, Tableau des exemptions pour varicocèle, de 1850 à 1859 inclusivement {fiazelte médicale de Paris, 1863, p. 853, etc.).

J6 REMARQüJiS ETHNOLOGIQUES

\^arîces. (Voy. carte n" VI.) — La proportion des varices qui, suivant M. Sislach (1) est de Qkl exemptés sur 100 000 examinés en Corse, et de 6689 dans le département des Ardennes, ne paraît guère dépendre de l’elbnogénie des populations. Sans repousser toute autre cause étiologique, on ne peut cependant refuser une certaine influence à la race sur la prédisposition aux varices, lorsqu’on retrouve certains groupes de département dont les populations, d’origines diverses, se font remarquer par de notables différences dans la proportion des exemptés pour cette infirmité. En effet, les départements bretons, sur 100 000 examinés n’ont que 1226 exemptés; et seize départements du centre en ont 1370; tandis que ceux de la Normandie en comptent 3007, plus du double que les départements voisins de la Bretagne.

Départements

Bretons.

Dépaileinents Celtiques du

centre.

Départements

Normaad*.

Morbihan

Tarn

Manche

Côtes-du-Nord. . . .

Ardèche

Calvados

Loire- Inférieure .

Haute-Loire

Seine-Inférieure

Finistère

Puy-de-Dôme

Orne

llIe-et-Vilaine. . .

Loire

Eure

Aveyron

Lozère

Haute-Vieniic

Lot

Allier

Corrèze

Creuse

Dordogne

Indre

Vienne

Cantal

Moyenne

Moyenne

Moyenne. , . .

liiflriiiUés cil g;éiiéral. (Voy. carte n“ VII.) — Au point de vue ethnologique, il est difficile de comparer la fréquence relative des infirmités dans leur ensemble, car deux races très-diverses peuvent être sujettes à des infirmités complètement différentes, mais également nombreuses. Néanmoins, certains groupes ethniques paraissent jouir

(1) Sislach, Études statistiques sur les varices et le varicocèle, tableau des exemptions pour varices, de 1850 à 1859 inclusivement {Gazette médicale de Paris, p. 725, etc., 1863).

d’une immunité, ou présenter une prédisposition plus ou moins grande à l’égard d’un grand nombre d’infirmités. La proportion des exemptions pour infirmités en général, qui de 171 sur 1000 examinés dans le département de l’Ardèche, s’élève à 386 dans celui de l’Orne, d’après le tableau donné par M. Sistacli (1), n’est que de 216 pour l’ensemble du groupe breton y compris le département de la Mayenne, tandis qu’elle atteint 327 pour le groupe des départements normands, qui d’ailleurs, en général, sous le rapport pathologique, comme sous celui de la taille, ont de grandes analogies avec les départements des régions anciennement occupées par les peuples Kimro-Belges.

Départementi bretonf.

Morbihan 178

Côtes-du-Nord 203

Loire-Inférieure 211

Finistère 226

Mayenne 231,8

Ille-et-Vilaine 248

Départemeoti uormaDda.

Calvados 270,5

Manche 315,6

Seine-Inférieure 333

Eure 334

Orne 386

Moyenne

216,3 Moyenne

Maintenant il importe de résumer les faits qui ressortent de la comparaison de ces groupes ethniques.

Parmi ces groupes, deux, celui de la Bretagne et celui du centre, diffèrent complètement l’un de l’antre par leur situation géographique, mais présentent entre eux de grands rapports ethniques, car tous deux ils faisaient partie du pays des Gallo-Celtes, de la Gaule celtique. Or les populations de ces deux groupes présentent entre elles les plus grandes analogies, non-seulement sous le rapport de la taille généralement peu élevée, mais aussi sous le rapport de plusieurs infirmités généralement peu fréquentes, comme la myopie, la mauvaise denture, les hernies, les varices et le varicocèle.

Au contraire, les populations de ces deux groupes diffèrent considérablement, sous divers rapports pathologiques, de celles de la plupart des autres groupes, habités par des populations de races différentes.

Les départements méridionaux , anciennement peuplés de Ligures d’ Aquitains, présentent beaucoup de myopes.

(1) Sistach, Recueil de mém. de méd., chir. et pharm. militaires, 3* série, t. VI, p. 368.

iS G. I^AGMEAU. — RECHERCHES ETHNOLOGIQUES

Les départements anciennement occupés par les Belges diffèrent des départements du centre et de la Bretagne, non-seulement par la taille élevée de leurs habitants, mais aussi par une notable proportion de myopes et de jeunes hommes exemptés pour perte de dents.

Enfin, les départements normands, qui, limitrophes des départements bretons, se trouvent comme eux sur le littoral, dans des conditions climatologiques analogues, mais sont occupés par des populations de races différentes, se distinguent de ces départements, ainsi que de ceux du centre de la France, non-seulement par la taille plus élevée et la mortalité moindre de leurs habitants, mais aussi par une plus grande proportion d’infirmes en général et de jeunes gens affectés de mauvaises dentures, de hernies, de varices, de varicocèles en particulier.

En'constatant, d’une part, que des groupes départementaux de même origine ethnique présentent la même proportion de certaines infirmités, et, d’autre part, que des groupes départementaux d’origines ethniques diverses présentent des différences considérables dans la proportion des mêmes infirmités, on est amené à reconnaître aux races une inégale prédisposition pathologique.

D'ailleurs, cette prédisposition pathologique des races n’est que la conséquence plus générale de la transmission héréditaire morbide si souvent observée dans les familles.

EXPIdCATlON DES PLANCHES 1 à IV.

Les cartes départementales ci-jointes, à deux ou à trois teintes, permettent de reconnaître, parmiles autres départements de la France habités par les descendants des anciens Belges, Burgundes, Normands, Aquitains et Ligures, deux groupes de départements anciennement peuplés par les Gallo-Celtes. Le premier correspondant à la Bretagne, et le second, plus variable, occupant le centre de notre pays, se font tous deux remarquer par la proportion considérable de jeunes gens exemptés pour défaut de taille, et par la proportion minime de jeunes gens exemptés pour myopie, mauvaise denture, hernies, varicocèles, varices, et infirmités en général.

CARTE N* ï (Pl. I).

Carte indiquant pour chaque département , durant trente ans, de 1831 à 1860 inclusivement, la proportion, sur 1000 examinés, des exemptés pour défaut de taille.

Doubs

Eure-et-Loir

Nièvre

Côte-d’Or

Deux-Sèvres

Ariége

Jura

Haut-Rhin

Loire

Haute-Marne

Charente-Inférieure. . .

Morbihan

Pas-de-Calais

Seine-Inférieure

Creuse

Somme

Ynnnp.

TiOir-pf «Clipr

Oise

Maine-et-Loire

Aveyron

Ardennes

Hautes-Pyrénées

Cantal

Haute-Saône

Gard . . .

Haute-Loire

Bas-Rhin

Var

Ille-et-Vilaine

Moselle

Ctier

Seine-et-Marne

Loire-inférieure

Indre

Nord

Hérault

Basses-Alpes

Aisne

Saône-et-Loire

Tarn

Marne

Landes

Aube

Haute-Garonne

Lozère

Ain

Lot-et-Garonne

Indre-et-Loire

Meuse

Vendée

Côtes-du-Nord

Bouches-du-Rhône . .

Gers

Lot

Seine-et- Oise

Seine

Allier

Pyrénées-Orientales.. .

Basses-Pyrénées

FtTïisfprp

Rhône

Ardèche

Eure

Corse

Hautes-Alpes

Viaine

Charente

Vosges

Sarthe

Dordogne

Meurtlie

Loiret

Puy-de-Dôme

Vaucluse

Tam-et-Garonne. . . .

Con-èze

Isère

Manche

Aude

Mayenne

Haute-Vienne

1® Les départements bbncs présentent de 24,^9 à 56,48 exemptés ioclusivemeiit sar 1000 examinés. Il y en a 34.

2® Les départements grisent de 56,63 à 81,41 exemptés inclusivement. Il y en a 26,

3® Les départements noirs ont de 84,72 à 174,85 exemptés inclusivement. 11 y en a 20.

Cette carte à trois teintes, conwne celle accompagnant primitivement mon manuscrit lu il y a deux ans à l’Académie de médecine, ne diffère de celle publiée par M. Broca que pai la division des trois séries; les départements blancs étant au nombre de 34 au lieu de 26, et la série de départements gris s’arrêtant après le soixantième au lieu du cinquante-deuxième comme dans la carte de M. Broca.

G. l.AGMEAl'

CARTE Il (Pl. 11).

Carte indiquant pour chaque département la proportion , sur 100 000 examinés, des exemptés pour myopie, de 1837 à 1849 inclusivement.

Tableau donné par MM. Dévot et Boudin (Boudin, Traité de géogr. et de stat, méd., t. H, p. 589.)

lüdrc-et-Loire 51

Côtes-du-Nord 59

Bas-Rhin 82

Cher 91

Finistère 97

Corrèze 106

Morbihan 113

Indre 131

Puy-de-Dôme 134

Landes. . 149

Doubs 154

Lot 158

Ille-et-Vilaine 169

Meurthe 170

Calvados 175

Haute-Saône 179

Loiret 181

Cantal 182

Allier 185

Manche 193

V'endée 196

Moselle 202

Creuse 227

Nièvre 249

Haute-Loire 251

Rhône 251,5

Mayenne 253

Drôme 254

Corse '. . . . 258

Seine-et-Marne 260,1

Saône-et-Loire 260,5

Gard 262

Meuse 265

Loire-Inférieure 271

Ariége 274,2

Pas-de-Calais 274,9

Somme 277

Nord 285

Eure-et-Loir 287

Oise 303

Jura 307

Sartlie 314

Basses-Pyrénées 314,5

Tarn 317

Haut-Rhin 322

Ardèche 322,2

Seine-et-Oise 324

Isère 326

Ain 331

Ardennes 333

Loire 333

Côte-d’Or 337

Aisne 348

Vosges 366

Hautes-Pyrénées 376

Haute-Vienne 381

Vienne 383

Charente-Inférieure. . . 386

Maine-et-Loire 387

Aveyron 391

Pyrénées-Orientales. . . 394

Gers 416

Hérault 417

Lozère 425

Deux-Sèvres 430

Orne 440

Haute-Garonne 454

Yonne 462

Eure 468

Aude 477

Seine 481

Hautes-Alpes 538

Gironde 548

Haute-Marne 566

Charente..., 579

Lot-et-Garonne 608

Vaucluse 620

Basses-Alpes 633

Tarn-et-Garonne 641

Seine-Inférieure.. .. 663

Var 670

Marne 686

Aube 701

Loir-et-Cher 764

Dordogne 772

Bouches-du-Rhône.... 1181

1® Les départements blancs présenlent de 51 à 251 exemptés sur 100 000 examinés. 2® Les départements gris présentent de 251,5 à 1181 exemptés sur 10 000 examinés.

CAKTE rs“ m (Pl. II).

Carte indiquant pour chaque département la proportion, sur 100 000 examinés, des exemptés pour mauvaise denture, de 1837 à 1849 inclusivement.

Tableau donné par Boudin et M. Magitot (Magitot, Bull, de la Soc. d’anthropologie, Il,p. 79.)

Puy-de-Dôme 36

Haute-Loire 41

Finistère 60

Rhône 85

Cantal 99

'Gorrèse 102

Loire 111

Morbihan 119

Mayenne 133

Gôtes-du-Nord 137

Drôme 139

Aude 146

Tarn 156

Gard 165

llle-et-Vilaine 175

Allier 178

Haut-Rhin 184

Pyrénées-Orientales.... 186

Ain 188

Moselle 194

Gers 197

Hérault 211

Meurthe 215

Lozère 221

Ardèche . 222

Saône-et-Loire 251

Isère.., 254

Hautes-Alpes 255

Aveyron 265

Vaucluse 271

Corse 274

Nièvre 282

Cher 283

Tarn-et-Garonne 284

Haute-Saône. . . 286

Deux-Sèvres 290

Lot 311

Vosges 319

Jura 323

Creuse 356

Manche 377

Haute-Vienne 397

Charente 404

Doubs 415

Bas-Rhin 416

Haute-Garonne 424

Sarthe 462

Basses- Alpes 514

Nord 531

Seine 532

Var 551

Marne 553

Charente-Inférieure. .. , 557

Ariége..,, 604

Loir-et-Cher 624

Indre 627

Loiret 644

Vienne ' 652

Côte-d’Or 674

Bouches-du-Rhône 741

Meuse 792

Aisne 814

Vendée 831

Yonne 834

Aube.; 902

Haute-Marne 946

Pas-de-Calais 959

Indre-et-Loire 1000

Basses-Pyrénées 1003

Seine-et-Marnè 1013

Ardennes 1061

Lot-et-Garonne 1111

Hautes-Pyrénées 1140

Eure-et-Loir 1269

Orne !... 1537

Somme.... 1727

Calvados ]. . . 1733

Landes 1819

Gironde 1837

Loire-Inférieure 1959

Maine-et-Loire 2017

Seine-et-Oisc 2120

Oise 2623

Seine-Inférieure 3140

Eure 5014

Dordogne 6760

1“ Les départements blancs présentent de 36 à 397 exemptés sur 100 000 examinés. :2» Les départements gris présentent de 404 à 6760 exemptés sur 100 000 examinés.

CARTE N“ IV (Pl. III).

('arte indiquant pour chaque département la proportion, sur 100 000 examinés, des exemptés pour hernies, de 1837 à 18^i9 inclusivement.

Tableau donné par Boudin (Traité de géog, et de stat. méd., t. H, p. 551.)

Meuse 217

Ille-et-Vilaine 799

Morbihan 872

Côtes-du-Nord 894

Finistère '. . . 907

Ardèche 908

Aveyron 920

Creuse 921

Manche...’ 945

Pas-de-Calais 1028

Puy-de-Dôme 1035

Lozère 1053

Isère 1117

Lot 1128

Doubs 1174,1

Jura 1174,8

Mayenne 1243

Côtes-d’Or 1255

Loire 13G3

Haut-Rhin 1409

Moselle 1415

Haute-Loire 1418

Hautes-Pyrénées 1433

Gard 1495

Sarthe • 1509

Landes 153.8

Somme 1547

Ardennes 1569

Haute-Saône 1571

Haute-Garonne 1583

Ain 1635

Drôme 1653

Loire-Inférieure 1656

Hérault 1733

Seine 1736

Calvados 1760

Corse 1763

Indre 1788

Meurthe 1813

Cantal 1827

Bouches-du-Rhône 1935

Allier 1941

Basses-Alpes 1954

Rhône 1962

Bas-Rhin 1963

Seine-Inférieure 1977

■Vaucluse 2029

Tarn-et-Garonne 2068

Corrèze 2071

Aube 2073

Vosges 2077

Aisne 2143

Var. 2206

Seine-et-Oise 2257

Marne 2269

Gironde 2322

l’vrcnécs-Orientales .... 2325

Allège 2330

Maine-et-Loire 2411

Haute-Vienne 2429

Oise 2481

Yonne 2594

Seiiie-et-Marne 2596

Cher 2626

Indre-et-Loire 2642

Hautes- Alpes 2664

Saône-et-Loire 2732

Lot-et-Garonne 2850

Eure-et-Loir 2896

Loiret 3032

Deux-Sèvres 3145

Aude 3195

Dordogne 3290

Haute-Marne 3481

Tarn 3514

Nièvre 3564

Vienne 3774

Basses -Pyrénées 3823

Charente 3939

Loir-et-Cher 3965

Eure 4055

Charente-Inférieure 4118

Gers 4524

Nord 4621

Vendée 5120

1° Le.s départements blancs présentent de 217 à i/i>8 exemptés sur 100 000 examinés. 2“ Les départcmenls gris présentent de 1433 à 5120 exemptés sur 100 000 e.xaminés.

CARTE N” V (Pl. IIl>

Carte indiquant pour chaque département la proportion, sur 100 000 examinés, des exemptés pour varicocèles, de 1850 à 1859 inclusivement.

Tableau donné par M. Sistach {Gaz. méd. de Paris, 1863, p. 853).

Lozère. 317

Haute-Loire 319

Finistère 339

Tarn ........ , 353

Landes 382

Corse 385

Aveyron 421

Morbihan 428

Côtes-du-Nord 436

Puy-de-Dôme 444

PjTénées-Orientales .... 451

Charente 481

Ardèche. . 490

Loire..... 492

Loire-Inférieure. ...... 502

Deux-Sèvres. 528

Creuse 542

Corrèze, , . . . 542

Nord..,..., 545

Haute-Saône 549

Ille-et-Vilaine 564

Vaucluse. 579

Hérault 599

Basses-Alpes.......... 615

Cantal 654

Doubs 683

Indre 686

Haute-Vienne 692

Lot 700

Rhône....... 715

Gard 716

Ain 721

Yonne. 722

Nièvre 743

Haute-Garonne 761

Hautes-Alpes.. 779

Mayenne 782

Dordogne ............ 810

Gers 843

Lot-et-Garonne ........ 862

Isère. 870

Vendée. 884

Saône-et-Loire. ....... 897

Hautes-Pyrénées 898

Cher. 910

Allier 911

Jura ' 92J)

Gironde 925

Pas-de-Calais. 925

Loiret 945

Var 958

Vienne 968

Basses-Pyrénées 969

Meuse 969

Tarn-et-Garonue 977

Drôme 1005

Haute-Marne 1022

Haut-Rhin 1031

Charente-Inférieure.... 1062

Aude 1070

Eure-et-Loir 1084

Meurthe 1084

Marne.. ' 1110

Aisne 1158

Sarthe 1160

Seine 1176

Ariége 1189

Maine-et-Loire 1216

Somme 1230

Indre-et-Loire 1231

Bas-Rhin 1253

Oise 1258

Vosges 1312

Manche. 1327

Calvados 1415

Bouches-du-Rhône 1454

Côte-d’Or 1502

Moselle... 1540

Aube 1740

Seine-Inférieure 1742

Seine-et-Marne . ... .... 1743

Loir-et-Cher 1805

Seine-et-Oise 1860

Orne 1970

Eure 2462

Ardennes 2882

1° Les départenoents blancs présentent de 317 à 715 exemptés sur 100 000 examinés, 2° Les départements gris présentent de 716 à 2882 exemptés sur 100 000 examinés.

liACiMEAU

CARTE N” VI (Pl. IV).

Carte indiquant pour chaque département la proportion, sur 100 000 examinés, des exemptés pour varices, c?e 1850 à 1859 inclusivement.

Tableau donné par M. Sistach {Gaz. méd. de Paris, 1863, p. 725.)

Corse 641

Morbihan 804

Tarn 814

Ardèche 973

Pyrénées-Orientales.... 1043

Côtes-du-Nord 1074

Hérault 1078

Charente 1079

Landes 4082

Nord 1084

Haute-Loire... 1112

Puy-de-Dôme.. 1115

Loire 1117

Aveyron 1135

Lozère ; . . 1150

Basses-Alpes ‘ 1154

Vaucluse 1217

Loire-Inférieure 1277

Gard 1294

Finistère.- 1303

Haute-Vienne 1388

Var 1401

Haute-Garonne 1404

Lot 1468

Allier 1548

Haute-Saône....' 1569

Aude 1583

Jura 1591

Corrèze 1597

Creuse 1611

Pas-de-Calais 1613

Rhône 1634

Doubs 1637

Dordogne....' 1638

Ille-et-Vilaine 1665

Gers 1668

Tarn-et-Garonne 1669

Indre 1694

Vienne 1725

Hautes-Alpes 1743

Mayenne 1743

Yonne 1762

Hautes-Pyrénées 1764

Gironde 1766

Deux-Sèvres 1767

Ariége, 1841

Cantal 1845

Mause 1882

Somme. . 1894

Isère.... 1916

Charente-Inférieure. . . . 1951

Lot-et-Garonne 1963

Drôme 1982

Loiret 2003

Meurthe 2014

Bouches-du-Rhône 2020

Bas-Rhin 2028

Ain 2047

Seine 2049

Nièvre 2066

Basses-Pyrénées 2159

Aisne 2180

Haut-Rhin 2212

Haute-Marne 2270

Cher 2336

Eure-et-Loir 2342

Marne 2370

Saône-et-Loire 2421

Manche 2432

Maine-et-Loire 2441

Indre-et-Loire 2487

Sarthe 2491

Calvados 2564

Moselle....' 2688

Vosges 2736

Côte-d’Or 2759

Oise 2761

Seine-Inférieure 2845

Vendée 2909

Seine-et-Oise 2979

Aube 2980

Seine-et-Marne 2994

Orne. . 3335

Loir-et-Cher 3855

Eure 3860

Ardennes... 4689

1“ Les départements blancs présentent de 641 à 1665 exemptés sur 100 OOO examinés. 2* Les départements gris présentent de 1668 à 4689 exemptés sur 100 000 examinés.

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