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Quelques remarques sur le Mémoire appuyant la demande d'une école normale dans la ville des Trois-Rivières [microforme]

On veut prouver cette nécessité : 10. par le fait que l'utilité des écoles normales a été admise en principe par le premier Concile de Québec, par le gouvernement, par le Conseil de l’Instruction Publique.

Je nie simplement la conclusion.

En effet, elle suppose ce raisonnement :

L’utilité des écoles normales a été admise en principe ;

Donc une école normale est nécessaire à Trois-Rivières.

Cette nécessité est prouvée en second lieu par les rapports officiels des Inspecteurs.

Je nie qu’une pareille conclusion puisse se tirer de leurs rapports.

D'où je puis conclure légitimement :

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Donc la nécessité d’une école normale à Trois-Rivières n’est pas prouvée.

De plus, dans les preuves apportées, je trouve quelques remarques à faire.

10. “ L’utilité des écoles normales a été admise en principe par le premier ‘‘ Concile de Québec, décret XVIIL”

C'est en 1851 que les Pères du Ier Concile par le décret XV reconnaissaient l'utilité Ge ces écoles, et le gouvernement voyant que personne ne songeait à les établir, s'en est occupé en 1856; il les a ouvertes en 1857, avec le concours de NN SS. les évêques de Québec et de Montréal.

20.‘ par le gouvernement qui les a décrétées et qui a fait de si grands ‘ sacrifices pécuniaires pour les fonder et les soutenir.”

Le gouvernement n’a pas fait ces sacrifices en faveur des écoles qu’il fondait. Mais il les a fondées et entretenues pour tout le Bas-Canada, (la Province de Québec d'aujourd'hui) : l’école normale Laval, pour toute la partie qui s'étend depuis le Golfe jusqu’à la ville de Trois-Rivières ; l'école normale Jacques-Cartier, pour l’autre partie, depuis la ville de Trois-Rivières jusqu’à l'extrémité du district d'Ottawa. La ville de Trois-Rivières se trouve tout particulièrement favorisée, puisqu'elle ‘peut envoyer ses instituteurs aux deux écoles, avantage que n'ont ni Québec, ni Montréal, ni Ottawa, ni St Hyacinthe.

Si le Conseil de l’Instruction Publique désire voir les écoles normales maintenues, il désire par là qu’on ne fasse rien qui les diminue ou les affaiblisse.

Les citations tirées des rapports des Inspecteurs prouvent : 10. que l'instruction élémentaire dans le district de Trois-Rivières se trouve dans un état déplorable ;

20. Qu'un grand nombre d'institutrices n’ont pas les connaissances et les qualités nécessaires pour tenir une simple école élémentaire ;

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30. Que, par conséquent, ces institutrices ne méritent pas le diplôme qu'elles ont obtenu ;

40. Qu'il y a un vice dans la manière dont les diplômes s'accordent.

L'établissement d’une école normale à Trois-Rivières ne fera pas disparaître ce vice, et n’'empèchera pas les incapables de se présenter en grand nombre, de s'engager au rabais, et, par suite, de faire la concurrence aux personnes capables, élèves des écoles normales et autres.

Le mal, qui est ici constaté, existe ailleurs aussi, Une loi avait exigé que les instituteurs subissent des examens tous les trois ans. On l’a regardée comme un monopole, il a fallu l’abolir. Une mesure de ce genre serait encore utile, et ferait disparaître le mal progressivement, sans secousse, sans blesser les droits de personne, ou bien il faudra, à Trois-Rivières, imposer aux municipalités les élèves des écoles normales.

Le Conseil voudra bien remarquer que si tant de personnes incapables n'avaient pas été autorisées à enseigner, on aurait été obligé de demander des maîtres ailleurs qu'à Trois-Rivières, et les élèves des écoles normales auraient eu une chance de s’y placer.

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