‹ Quelques remarques sur le Mémoire appuyant la demande d'une école normale dans la ville des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 3 sur 9 · Par la faute de la population, etc. J’accorde · texte numérisé non relu

Par la faute de la population, etc. J’accorde

Mais j'avoue ne pas comprendre ce qu’on entend par les circonstances où se trouve le diocèse des Trois-Rivières par rapport aux écoles normales. :

‘ Sur ces 460 écoles, il n’y en a pas 10 qui sont dirigées par des maîtres... ‘ venant des écoles normales, ce qui moñtre à l'évidence l’inefficacité des écoles “ normales actuelles pour le diocèse des Trois-Rivières.”

Je nie de nouveau, sous la distinction que j'ai faite plus haut.

10. Cela ne prouve pas que l’enseignement des écoles normales soit insuffisant.

20. Cela ne prouve pas “à l'évidence ” que le nombre des instituteurs des

écoles normales soitinsuffisant. La cause qui les empêche de pénétrer dans le diocèse de Trois-Rivières peut venir d’ailleurs, comme de la modicité des salaires, de la crainte de ne pas plaire à l'autorité diocésaine. Plusieurs personnes m'ont donné à entendre qu’on n’aimait pas en général à voir les élèves de l’école normale enseigner dans le diocèse de Trois-Rivières. Elles se trompaient sans doute; mais cette fausse impression a dû produire de l'effet sur les autorités scolaires comme sur les instituteurs.

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Du moment qu'on saura que l'autorité diocésaine voit avec plaisir les jeunes gens des deux sexes fréquenter les écoles normales, et, plus tard, enseigner dans les paroisses, je crois que l'inconvénient dont le Mémoire se plaint disparaîtra bientôt.

D'ailleurs le Mémoire nous donne lui-même une des causes de cette prétendue insuffisance,

Les meilleures écoles étant données aux congrégations religieuses, { les autres ‘ écoles offrant en général des émoluments moins considérables peuvent difficile- ‘“ ment retenir longtemps dans cette carrière peu lucrative de l’enseignement, des ‘instituteurs et des institutrices possédant les moyens de faire davantage ailleu:s, “ par l'instruction normale et quelquefois quasi-classique qu’ils ont reçue dans “ les écoles normales actuelles.”

Ce serait donc parce qu’on n’a pas les moyens de payer des maîtres capables qu'on ne les engage pas.

Mais l’école normale établie à Trois-Rivières ne proeurera-t-elle pas ainsi à ses élèves les moyens de faire davantage ailleurs par l'instruction normale qu’elle leur donnera ? Ceux-ci ne seront-ils pas exposés, comme je l’ai dit plus haut, à la concurrence des incapables ?

Il n’est pas “évident” que l’école Laval ne puisse donner d’institutrices à l’enseignement, puisqu'elle en donne tous les ans.

Elle n’est pas ‘ exclusivement” destinée à la formation d’instituteurs, puisqu'elle forme des intitutrices.

4 ,,.....ÆElle est pratiquement inaccessible à la presque totalité des personnes ‘ du sexe qui se destinent à l’enseignement, à cause de son éloignement et du “ défaut de rapports qu’elles ont avec ces écoles qui leur sont complètement étran- “ gères: car la plupart de ces jeunes personnes ont reçu leur éducation première “ dans les écoles modèles, ou dans les couvents du diocèse. ”

Je nie que l’éloignement de l’école normale Laval la rende pratiquement inac cessible aux instituteurs de Trois-Rivières,

Quant au défaut de rapports des futurs instituteurs avec les écoles normales, il n'est pas plus grand à Trois-Rivières qu'ailleurs.

La plupart des jeunes gens qui viennent à l’école normale Jacques-Cartier ont aussi commencé leur éducation première dans les écoles modèles, les académies, comme les jeunes personnes de Trois-Rivières.

&«Ilest tout-à-fait illusoire d'espérer qu’elle les y atiirera plus tard, comme “ le prouve l'expérience qui en a été faite depuis sa fondation.”

En quoi consiste cette expérience ?

Il n’est pas du tout prouvé que les autorités scolaires aient fait en ce sens tout ce qui dépendait d’elles.

‘ Le gouvernement a dépensé des sommes considérables à cette fin.”

A quelle fin ? Celle d'attirer à Québec les jeunes instilutrices de Trois-Rivières ?

Je nie cette proposition et les conséquences qu’on en veut tirer.

Tout le monde applaudira au zèle que l'autorité diocésaine a déployé pour se procurer 46 frères et 140 religieuses, qui se sont chargés des écoles les plus importantes. Mais ce résultat suggère trois questions :

10. Que serait-il arrivé si l'autorité n’avait pas déployé ce zèle ? les diocésains auraient-ils témoigné plus d’empressement pour les religieux et les religieuses ?

Il est permis d’en douter, puisque l'autorité s’est crue obligée d'intervenir.

20. Que serait-il arrivé si la même autorité avait en même temps employé son zèle en faveur des élèves des écoles normales ?

30. Que serait-il arrivé si le Bureau de l'éducation avait voulu faire des efforts

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analogues pour introduire dans le district de Trois-Rivières des élèves des écoles normales ?

Le résultat auquel on est arrivé semble bien naturel: c'est le contraire qui devrait surprendre,

Nous voyons, d’un côté, l'autorité diocésaine, usant de son influence, bien légitime sans doute, mais en même temps immense, et de l’autre, quelques pauvres instituteurs qui avaient cette autorité et cette influence contre eux, ou du moins, qui ne pouvaient l'avoir pour eux.

Que le gouvernement ait donné beaucoup ou peu pour les noviciats religieux, cela ne prouve ni qu’une école normale soit nécessaire à Trois-Rivières, ni que les écoles normales actuelles soient inefficaces.

Sans admettre le chiffre de $900,000 comme le montant de ce que le gouvernement a payé pour les écoles normales, je ferai remarquer que l'instruction en général coûte cher, et d'autant plus cher que l'institution qui la donne occupe un rang plus élevé. C'est bien dans l’ordre des choses. Qu'on jette un coup-d'œil sur les dépenses annuelles des principaux collèges, dans le Rapport de 1871, on verra qu’elles sont comme suit :

Petit Séminaire de Québec...…..........,.#22,000 Collège de Montréal... 18,000 Collège de Nicolet... severe 14,155 Collège de St-Hyacinthe...…... su 004710 Collège de Ste-Thérèse.............. . 11943 Collège de Ste-Anne..........s.ss.s ss 82,000

Il est bon de remarquer que dans ce dernier collège, comme dans les écoles normales, les directeurs et professeurs reçoivent un salaire, modique sans doute, mais assez élevé pour établir une différence très grande dans les dépenses entre cette maison et les autres.

Pour les Collèges de Nicolet, St-Hyacinthe et Ste-Thérèse, j'ai pris la moyenne

des dépenses des années 1857, 1867 et 1871. Elle est, en chiffre ronds, pour : Nicolet 82958 ; multipliée par 23 ans, égale $298,034 : St-Hyacinthe $20,296 LE Re 6 Se $466,808 d Ste-Thérèse $10931 À de ke $8251,473 Donnant un total de... 81,016,315 Le chiffre de $900,000, en le supposant exact, n'aurait donc pas lieu d'étonner. ; Il est bien certain qu’une seule école normale coûterait beaucoup moins cher. De 4 même, si l'on pouvait obtenir que les $172,000 dépensées annuellement par nos j q 11 institutions classiques et catholiques fussent réparties entre la moitié de ces i P institutions, tout y serait sur un meilleur pied, et le niveau intellectuel du pays 3 serait plus élevé. L'enseignement à bon niarché est une utopie. Seulement, il E 6

peut arriver que des personnes, comme les messieurs des séminaires de Québec et 1 ! de Montréal, donnent cet enseignement à peu près gratuitement; mais il ne leur

coûte pas moins cher pour cela. 2 8 t Les noviciats de nos congrégations enseignantes sont des noviciats par- & faitement organisés pour donner l’enseignement pédagogique.” 3 Chaque congrégation enseignante doit sans doute donner l’enseignement à n ses propres sujets, mais d’après sa méthode et suivant le degré d’instrnction qu’elle # a en vue. 7 7 dE Ainsi, il y a une différence très sensible entre ’enseignement des religieux de LL: Ste-Croix, de St-Viateur, du Sacré-Cœur, et des écoles chrétiennes. Plusieurs per-: 4 d Fe sonnes trouvent cette différence tellement grande, qu’elles attendront plusieurs 0 1

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années pour se procurer les religieux de l’ordre qu'elles regardent comme formant les meilleurs instituteurs. La même différence existe dans les congrégations de femmes : les unes ont une excellente méthode, appuyée sur l'expérience d'un très grand nombre d'années, tandis que les autres débutent, pour ainsi dire, dans l'enseignement.

Il ne serait donc pas exact de dire d'une manière générale que les noviciats sont des ‘‘écoles normales de première classe.”

Vo. Les districts qui le composent (le diocèse de Trois-Rivières) ont droit à # leur part de bénéfice des sommes considérables que la législature alloue chaque “ année pour l’enseignement pédagogique dans les écoles normales, et dont ils “ n'ont tiré aucun profit jusqu'à présent.”

Je distingue. Ils ont droit à ces sommes, parce qu'ils n'en ont tiré aucun profit par leur faute. Je nie.

Ils y ont droit, parce qu'ils n'en ont tiré aucun profit par la faute du gouvernement, je l'accorde ; mais on a vu et l'on sait que ce n'est pas la faute du gouvernement si le district de ‘Trois-Rivières n'a pas voulu profiter des écoles normales.

De nouveau : les districts ont droit a une part de ces sommes que la législa. ture accorde chaque année aux trois écoles normales qui existent: je nie.

La législature accorde ces sommes pour être partagées entre toutes les écoles normales qui pourront s'établir, comme elle accorde un fonds pour Ôtre partagé entre toutes les maisons de l’enseignement supérieur, de le nie.

La somme votée par la législature a une destination fixée d'avance, à laquelle personne d'autre n'a droit, sans une législation spéciale.

& I] leur faut une école normale appropriée aux circonstances et aux besoins “ de la localitc.”

Je ne puis comprendre ce passage qu'en le rapprochant de celui où l'on parle de l'instruction quasi-classique des écoles normales, comme d’une des causes de leur peu de succès dans le district de Trois-Rivières. Dans ce cas, on ne demanderait qu'une école normale pour l’enseignement élémentaire. Resterait toujours la difficulté des écoles modèles et académiques.

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