‹ Quelques remarques sur le Mémoire appuyant la demande d'une école normale dans la ville des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 9 sur 9 · RME · texte numérisé non relu

RME

bin rm era HAE

Li OTE

Ce n’est pas ainsi qu'on agissait au moyen-âge, à l'époque où l’on comprenait si bien l'importance de l’enseignement. On savait que les bons professeurs sont rares et combien il faut de temys et de dépenses pour ‘es former. La véritable économie Cuusiste à concentrer ces établissements autant que possible, parce que la moitié au moins des dépenses sera la même pour 300 élèves que pour 100.

Dernièrement, Léon XI!I engageait, dit-on, plusieurs évêques à réunir leurs ressources pour établir en commun un grand séminaire qui fût digne de son nom et rendit à la Religion de véritables services.

Je suis fâché d’avoir si peu de temns pour défendre les écoles normales. de le fais pour ainsi dire en courant, n'ayant pu me procurer une copie du Mémoire qu'hier matin, et il faut que ma réponse soit iraprimée ce soir. Le besoin d'être court m'a forcé d'employer les formules un peu sèches de l'Ecole.

C’est ce qui explique le ton de ce travail. Mais s'il s'est glissé quelque chose qui puisse blesser, je le regrette sincèrement.

Je regrette bien plus encore d’être obligé de répandre à une personne aussi élevée au-dessus de moi que Mgr Laflèche. Ii est membre du Conseii de l’Instruc tion Publique, et, par conséquent, mon supérieur dans la hiérarchie de l’enseignement ; il est évêque, et, par conséquent, mon supérieur üans la hiérarchie ecclésiastique. Je n'ai pas besoin de parler de ses qualités personnelles, qui le rendent vénérable à tous.

Ma position est donc très difficile. J'espère que Sa Grandeur ne verra dans ma ‘‘"arche que l'accomplissement de ce que je regarde comme un devoir.

Le n'est pas sans une certaine émotion que je vois les efforts tentés pour détruire une œuvre à laquelie je me suis consacré, à laquelle je travailie depuis un quart de siècle et qui n’est pas sans avoir fait du bien.

Je me rappelle les paroles pleines d'émotion, de tristesse, mais en même temps de fermeté, avec lesquelles l'amiral Waldegrave, repoussait les prétentions du duc de Kent. alors Lieutenant-Général à Halifax. Sa position aussi était difficile. Il avait à lutter contre un prince du sang, élevé dans la hiérarchie militaire. Mais le duc, loin de s’offenser de la liberté de l'amiral, lui témoigna hautement sa satisfaction de ce qu'il n'avait pas craint d'accomplir ce qu’il regardait comme un devoir.

Puisse-t-il m'en arriver autant !

Montréal, mardi 22 février. |. | à H. A. VERREAU, Pre, Principal de l'Ecole Normale Jacques-Cartier.

Page 1