ÉRIGÉ
EN
Les armoiries de Turenne sont placées sur ta même face au-dessous dé cette date.
Un vieil invalidé frahçais, payé par la France , est attaché à la garde de ce monument.
Les entrailles de Turenne sont ensevelies dans la petite chapelle d^Achern, sous le chœur , et son. corps a été trans|)orté aux Invalides.
En repassant à Baden, f y trouvai cette petite ville plus animée que jamais. Madame la comtesse M. venait d'y arriver, et déjà, comme partout, imprimait un mouvement plus rapide à toute la société. Dans les grandes villes , où les habitudes sont des lois , les coteries restent fidèles à leur chef d'ordre et se fondent rarement ensemble d'uùe manière intime ; et, il faut le dire, si les coteries sont peu agréables pour les membres étrangers f elles ajoutent beau-
tnup à la confianctï des membres àssosiés* Dans les villes de passage , il en est tout autrement ; la société est fort indisciplinée et appartient en réalité à qui sait la conquérir. La puis* sance des arts est toujours pour madame M.
un puissant moyen de se conquérir toutes les opinions y comme tous les rangs et tous lés climats ; ce lien qui rapproche d'elle les hommes de toutes les Nuances les rapproche aussi lés uns des autres. Le monarchiste s'aperçoit que son antagoniste le républicain n'est pas si dénué de politesse, si ardent à dévorer les hommes qu'il le pensait; le républicain à son tour trouve qu'un titre ancien n'est pas toujours un brevet d'ignorance et de stupidité, et que même parmi les légitimistes il est possible de trouver un petit nombre .d'hommes qui, soit qu'ils se rappellent avoir courageusement servi dans les armées de l'empire, soit qu'ils se trouvent retenus malgré eux dans' des préjugés de famille, détestent aussi l'intervention de l'étranger. Chacun, sans renoncer a son opinion, sans renoncer même à l'espoir de la faire partager par la discussion, y met au moins la modération qui prouve la force, la méthode qui prouve la conviction , et le bon goût qui peut se concilier avec l'expression de toutes les idées. Les opinions^^ égoïstes ou de position sont les seules qui éprouvent un peu d'embarras dans de semblables conflits. La grande-duchesse Stéphanie, qui fait ordînai*
( 302 ) rcment les honneurs des eaux de Baden pendant la saison, était allée faire un voyage en Italie, et ce furent madame M. et la jolie princesse de la T. qui ouvrirent leur salon. Madame M» est peut-être la personne qui a le plus contribué à combler Tes*pace immense qui séparait autrefois ^eo France W chanteurs assez médiocres de saloA^ des véritables^ artistes, £a admettant la première les artistes^ des deux sexes à chanter avec les simples aitiateurs^ elle a forcé ces derniers à étudier et à se former» Les préjugés et la paresse luttaient encore, maif Famour de Tart, aidé de quelques succès, a fini par triompher. Madame M., qui avait donné Téxèmple, a continué depuis à servir de modèle, et sa fille dont la voix est si pure, si chaste, si touchante, dont le talent est si perfectionné, peut lutter k côté d'elle, avec ce que les artistes peuvent offrir déplus célèbre. Arrivé à Baden pour y rester deux jours, j'y passai un mois pour ne rien perdre de la société d'amis, si doux à rencontrer à l'étran-^ ger , quand ma santé me rendait le secoure dés eaux indispensable. Les eaux de Baden et le docteur Kramer avaient fait merveilles, et il me tardait de profiter de mes forces fft)ur mieux voir le beau pays que je n'avais souvent pu voir qu'en voiture. Les vieilles et immen3i^ ruines de l'antique château des marquis de Baden présentaient des points de vue toujours nouveaux» Le château moderne, situé beaucoup plus bas
( 3o3 ) sur la mêm^ montagne, et hfibUé par la grande^ duchesse iStéphanie, offre peu d'intérêt* On trouve cependant dans les caves les restes d'une vaste prison qui reportent l'esprit des jouissance^ d'une vie tranquille à une époque bien agitée* De lourdes portes de pierre roulent avec facilité sur leurs gonds, et yovi^ conduisent à travers de long^ corridors à des cachots près desquels on montra une espèce de puits profond, dans lequel étaient jetés les malheureux condatidnés par les rig^reux arrêts de ce temps. Près de là est une saille un peu plus grande dans laquelle on pouvait entrer par un soupirail aujourd'hui à demi-fermé. C'est là, dit-on, que siégeait autrefois un de ces tribunaux secrets dont on ne trouve habituellement de traces qu'en Westphalie; c'est là qu'ils rendaient leurs inflexibles arrêts ; c'est là qu'ils les faisaient exécuter. Cette présomption historique n'est pas sans probabilité, et l'aspect des lieux se rapporte assez bien à tout ce qu'on sait sur ces tribunaux secrets et sans appel du moyen4ge. Cettejustice secrète doit probablement son origine au temps qui suivit immédiatement la chute d'Henri le Lion en i iSa, et prit plus de consistance au milieu des désordres qui éclatèrent de toutes parts en Allemagne, après la chute de la maison de Souabe, au milieu de l'anarchie de l'interrègne. Alors tout homme qui se sentait la force de manier un glaive, et qui possédait un rocher et une muraille derrière lesquels il pouvait trouver
tin abri, se fit une loi a lui seul^ on plutôt ne reconnut d'autre loi que sa passion. C'est Tëpoque oîi l'ordre ëqueslre germanique (Reiehs** Ritter-Schafft) se déclara affranchi du vasselage^ et oii, comme les souverains plus puissans, il ne tint plus à FEmpire que par un lien immédiat; c'est le temps aussi où les villes, livrées à leurs propres forces, n'avaient plus de protection contre les seigneurs, que par le lien d'une alliance commune, et oîi, après avoir détruit les châteaux qui entravaient le commerce du Rhin, elles formèrent la ligue hanséatique; c'est le temps enfin où quelques seigneurs, plus amis de la justice, se réunirent en espèce de chevalerie secrète, pour organiser les terribles tribunaux qui allaient frapper les plus puissans criminels au sein même de leur puissance. Les empereurs se hâtèrent de favoriser l'établissement de ces tribunaux, comme moyen de répression des plus turbulens vassaux. Le grand nombre des affi« liés permettait d'en étendre l'action sur toute TÂllemagne. Quiconque, pauvre ou riche, se méfiait de la partialité ou de la pusillanimité de la justice ordinaire, en appelait aussitôt à une cour westphalienne, nommé Wehmgerichte. Ce fut aux treizième et quatorzième siècles que cette justice rendit des services réels à une société imparfaitement organisée. Mais, ainsi qu'il arrive à toutes les institutions, celle-ci, créée pour un moment de trouble social, voulut se perpétuer après que la société
était rentrée dans des voies plus régulières. Il en fut Silon des Wehmgerichte^ comme il en a été des couvens si utiles aux cinquième, huitième, neuvième et dixième siècles, si déplacés au dix-neuvième, de la légitimité du droit divioi qui après avoir rempli 9a mission d'utilité, ne peut plus que troubler la société, et enfin de tant d'autres institutions hu« maines^ excellentes au moment de leur qréation, et dont le tortesCide vouloir se survivreà elles-mêmes. Elles croient vivre encore^ parce qu'elles ont encore nu 119m, et pour garder ce nom sans sub tance, elles entravent le progr^ social,qu'elles étaient destinées dans d'autres temps à accélérer. Les souverains des villes d'Allemagne sentaient déjà tous les dangers de cette justice secrète, dès le commencement du quinzième siècle ;piais cette opinion, comprise par tous, ne s'était pas encore hautement formulée. Enfin en 1461 toute l'Allemagne, fatiguée des abus de ces tribunaux, demanda nettement leur suppres^sion. L'empereur fut forcé d'ordonner des modifia cations auxquelles ils résistèrent, tout en perdant cependant de leur terrible activité. Le dernier Wchmgeridite fut tenp en 1 568, près de Zelle. Le secret observé en tout par ces tribunaux nous a privés d'une connaissance approfondie de leur organisation; on n'en sait que fort peu de chose. Le Stahl4ierr (président ) était habituellement un comte; il portait le titre de Frei-graf , le tribunal le nom de Frei-$tuhl , institution celui de West-
( 366 ) feligstirer-gericht, ou Wehingericht, les memlïréji celui de Frei-schbffen, les séances celui de Freidinge. Les Frei-sdioffen étaient nommés par le Frei graf, et onen comptait, dit-on ^ près de 1 00,000, nombre fort exagéré par la terreur qu'ils inspiraient. Ils se reconnaissaient à certains signes et avaient reçu de là le nom de Wissenden ( illuminés.) Ils prêtaient serment de faire respecter le saint Wehm ( arrêt )> et de le tenir secret ^ de femme et d'enfant^ de père et de mère, de tout ce que le soleil éclaire, de tout ce qu'atteint la pluie^ de tout ce qui se trouve tentre le ciel et la terre.» Ils reconnaissaient l'empereur comme chef, et aussitôt son couronnement à Aix-la-Chapelle, ils entraient en comniutiication avec lui. Il y avait même des séances publiques en plein jour, sous le ciel libre, mais la plupart, et c'était là ce qui faisait leur force, étaient secrètes et se tenaient pendant la nuit, dans un bois, ou dans quelques souterrains comme celui de Baden et celui de Lichtemberg, à trois lieues deFelsberg, qui existait encore en 148a. Publics ou secrets, la marche des débats et l'arrêt étaient toujours secrets. Ils prononçaient sur l'hérésie, la sorcellerie, le viol, le vol, le brigandage et le meurtre. Tous les Frei-schôffen étaient investis des fonctions d'accusateur public. L'un d'eux dénonçait, sous serment, que tel délit avait été commis par un tel ; l'accusé était sommé par trois fois de comparaître en personne par une annonce
(307) que l'on faisait plaèér à sa porte du dans un lieu ToiiiH. L'accusateur ne se faisait pas connaître. Après ces trois Sommations, l'accuié était encore une fois sommé de paraître à une séance solennelle de la cour j et si cette dernière fois il ne paraissait paà, l'arrêt était rendu immédiatement, sa tête était mise à prixj et le premier Frei-schôffé qui le rencontrait^ l'attachait à un arbre et exécutait l'arrêt rendu contre âa personne. Dans ce cas où ne se servait jamais du |;ibet, réservé pour la jus^ tice ordinaire. En cas de résistance, on le tuait de manière ou d'autre, et alors on laissait le couteau dans le corps pour indiquer que sa mort n'é^ tait ps l'efiel d'un meurtre y mais l'exécution d'un jugement du Wehmgericht qui surveillait particulièrement de semblables arrêts pour que les ▼engeances privées ne profitassent pas de son nom. Il est cependant facUe de s'imaginer le nombre effroyable d'injustices^ de cruautés et d'abus auxquels put donner lieu une institution oii tout se passait d'une manière si brève et si sommaire. Gôthe, dans son Gœtz de BerUchingen, tableau si vrai de la guerre des paysans au commencement du seizième siècle, a inti-oduit une séance de tribunal secret; elle est aussi belle que simple et vraie. Après les grandes époques de guerre civile, les passions des hommes ont souvent beaucoup' de peine à rentrer dans leur lit. De puissantes existences indépendantes se sont formées et refti-
( 3o8 ) saient de courber la tête spus le joug de la réforme Houvelle* Les grands jomps des parlemeos de Poitiers et de Cleraioat oat pu seuls ramener la noblesse de ces pays aii frem des lois. C'est une êorie de guerre qui contiaue encore de la société calmée, et trop prompte quelquefois à trembler pour la conservation d'un repos si récent, contre les âmes énergiques et quelquefois désordonnées si utiles dans les momens de trouble^ si importunes dans Tégoïsme du repos, pliks importunes encore quand elles ont rendu dlmportans services, puisque la société se trouve forcée de rougir de son défaut de reconnaissance comme d'une lâdieté nouvelle, et dé s'enfoncer parfois dans ia turpi* tude pour s'y cacher.
Je quittai Badefki avec k désir d'y retourner souvent^ et je me dirigeai par Rastadt sur la vîHe de Carlsruhe, nouvelle cajâtak des états Badoîs, avant Rastadt et Durlach*
(3io) pe que je pourrais des pittoresques vallées du Neckar et du Rhin, je partis enfin de Baden, nie pror mettant bien d'y venir retrouver plus d'une foi§ icett0 attrayante variété de collines et de vallons,^ c}e souvenirs antiques «t dp plaisirs niO|dernes.
A trè$ peu de distance de Baden; on reprend hi grande route qui longe le Rhin de Suisse eji UoIt lande. A peine e$t-on sorti de la vallée que déJ4 apparaît la piettite villp dp Ra^tadt. Son vastc^ château, s€i%largeis^ ou plutôt $a lapge rue» et $e$ maisons régulières qu'an dirait vides d'habitàns , jet* tent dan^ une toute iiouypUe série d'idées , et offrent une très exacte impgç de la plupai:t des résidences princière^de l'Allemagne, lelle vous verrez plus loin la triste Çarlsrnhe, pnis }a triste Darm« stadt f qui a succédé à la triste Pirmâsèns i puis toutes ces tristes capitales citééps, cpmmel'a été la triste Qt solennelle Yerjsaill^ , çn dépit de la nature, en dépit des besoin^ du pays^ps^r le seul ca^ price d'uq prince que tourmentent l'eimui^ la yaiiité, les craintes superstitienses on le çapriçç» L^ Fon(ain«afdi$;
Tout petit prince a des amb^ssadenra^ Tout marquis veut avoir des ]^ages.
Ici les marquis ont des ambassadeurs et des palais pil ils pourraient donner nn bal à tout lew pays^ ^t les comtes veulent avoir de^ cbambellans, des p%ge9 e| jusqu'à des prdres de cbeyalerie créés par eux.
( 3.1 > Rastadt, qui avait été élevée au rang de ville sur la fia du 1 7' siècle, par le marquis Guillaume, et avait coutiaué à être césidence jusqu'à ce que les marquis de Badeo ses successeursallassent s'éta« blir à Durlach^ n eét plus coxiQue aujourd'hui que par lia concLusioB tragique de cet inutile congrès oii les princes de l'Empire consentaient à céder à la France les provinces rbénanés, lorsque les intrigues de l'Angleterre et de rAutriche vinrent mettre fin aux conférences, avant que rien eût été conclu. Le hasard m'ayant fourni quelques faits déplus sur l'assasânat de nos {tlénipotentiaires, je n'hésite pas à placer ici ces cùrifeux détails dont jegacanti& Texac^ litude..
Le< traité de Gampo-Formiadu 17 octobre 1797 entre l'Âutricbe et le Directoire avait ^ par un article secret,, assuré à la France te consèntegàent de l'empereur à lui voie étendre ses frontières jiusqu'au Rhin, L'cmpiereur s'était même engagé à user de son influence pour faire accéder les princes de V'Empire à cet arrai^gement^ en leurrant les. souv^raîaa dépOfSsédés d'indemnités convenables. Par «n article patent , le& deu^ parties contractantes étaient convenues d'ouvrir incessamment à Rastadt un congqèa poniposé de tous les membres du corps germanique ppur régler définitivement les coqdi* tions de la pacification entre la France et, l'Empire. La destruction de quatre armées autrichien* ue^par Bonaparte le 5 août 1796.; à Castiglio9f »
le 8 septembre de la même année à Bass^no, leiS novembre lie la même mméé a Afcole, et lé 16 janvier suivant (1797) à Rivoli, suivie do passage triomphal du Rhin par i'amiée cfe Rhin etMo^^ selle le 20 avril 1797, forçai^ l'^^pereûr à-ajour» ner ses intrigues et à paraître vouloir la' paix. Aprè% cîiiq ans de lutte glorieuse pour notre iAdépèndanoe, la première guerre de la révolution était enfin ter** ininée, mais l'empereur humilié ne voyait dans cette pçiix qu^ine trêve. La perte des Pays«-BlB, qnïl venait de céder à la France, n^iécait Iden pour, lui, a{»*ès 4à possession précaire des demièi*es années { mais la perte de là Lombârdie, devenueavèc d^att^ très états voisins une de ces républiques soumises dont le directoire se plaisait à s'eiiloiirèt-y lui était d'autant pW sensible que , malgré iés avantages ^n'cm lui faisait à ^enise comme moyen de com-* y^çnsatiôn, \\ voyait bien qu'on voulait tui fermer tih jour cette Italiis, objet éternel de rainlation dés eiiripeî*èQr9 allènïands*
Le congrès deïlastadt sV^uvrit leQ déoembi^l 797^ Le i*' mars 1798 la députâtion de l'ËiqpiréYecoiïput la rive gauche d^ Rhin pour liniit^de la répish blique fran<jaise. Le roi d^ Sardaigne, Chat^les^ Emmanuel^ avait cédé, lé ïb déce«ibre 1798, à te France tous ses droits sur le Piéttaont, et s'était ^€ftiré en Sardàig^ô. Le roi deNapIei, après la sotte levée de boucliers de Ma^k, s^ait de son cèté^ retiré à Palerme, et Us Français étaiefiteritrés le aîj
janvier 1799 à Napks. L^^LUtriche avait lait des pr^ratifs immenses; Malgré la cdnscription qu'on veiiaît de lever, la France était loin d*être stir un aussi htm fieâL La guerre qui déjà bruissait sourde^ ment, éclata eafinl Le^ hostilités commencèrent dè^ les premiers jours dâ <mars, et le congrès de Ra» . 9tadt fut rompu je (lavril^après iS mois d'inutiles conférenceft.
Lei trois- plénipotentiaires fran^ts, Roberjot, lé plus Capable de tous, et désigné pour remplfeicer SL de Tallejrrand aux aflhires étrangères, Bonnier et Jean de Bry, avaient fait tous leurs efforts pour dëtacJier ]^ membres du corps germanique du ch^.der£mpire; mai$ ^empereur était parvenu à renouer une seconde coalition, et, avant même la clôture do cotigrès , quelques états allemande avaîeiit rappelé leurs plépipotentiaireâ.
Lesplémpotentiaires français reçurent le îiS avril ^u diredoire leur ordre de départ; ils en firent ipommiinicatbn ^le a$, cJt annoncèrent officielle^ aieat leur décifiîon de partir le 28. Le 218 au ma^ tio, leçolond antriciiien leur signifia de son côt^ qiM les règles milib4re$ ne pef^mettant pas de tolérer plus lcNii|^^teiqps des minières étrangers aux avant-postes, ils de«iraîeot quitter &Âstàât soùs !24 heunes; GeuxH[^i,quiav!|iient annoncé leur résolution départir dans la journée, déclarèrent alors qùlls cillaient :semetlflr6^eti route sar-Wchamp; mais Tespeinte néoessaiire jusque Strasbourg n'aérant élé
comuiaBdiée que pour plus tard, ou les retint jusqu'à la nuit. Ils partent enfiii, et en: traversant li^ P^rtiis boisée de la raute entre Rastadt et Carisruhe , sont attaqués pur des hussards Seeckler du* régiment du colonel BarbacEzy^. Detxx , Boberjot et Boivûer, périsseot as3as8inés; le troisième^ Jean de Bry, est dangereusem^it blessé^ n'échappe à li» mort qu'à la foveur de l'obscurité de la nuit , et rentre à Rastadt, où la nouvelle de cet attentat monstrueux consterne tous ceux qui y étaient étrangers. Voici comment cette attaqué a^ait été négociée.
L'Autriche pensait bien que les plénipotentiairea frfiBçaisà Rastadt devaient être devenus comme uo centre d'informations oh aboutissaient les mécon* tans de (ous les paysf elle savait que des intrigues avaient été ourdies pour préparer des soulèvemens pofiulaires en Italie et en Allemagne, et elle supposait que les agitateurs n'avaient pas manqué de réclamer leur appui et de les m^tre au courant de tout. Le baron de Wessemberg, envoyé secrètement à Stockach ou se croisaient les posles dltaUe , d'Allemagneet de France, y était resté cinq mois, dormant pendant le jour et occupé pendant la nuit, avec quelques hp9imes affidés, à décacheter et déchiffrer toutes les correspondances. Il avait pu ainsi mettre le gouvernement autrichien sur la voie de ces entreprises révolutionnaires; mais malgré tant de recWcbes, il n'avait pu faire connais
\re exactepiait ni les détails 4e$ projets^ ni même le nom des hommes qui deyaient se mettre en avant. Le gouvernement autrichien^ toujours prêt g sacrifier ce que les hommes respectent le plus, qManid il croit cela nécessaire pour arriver à son |)uty frémissait de la passée que ces r^ueignemens ppuyaient pister dan» les papiers des plénipotentiaires français^ fst que ces papiers allaient lui échappe^ p^r lejur. i^ntrée en France* U thercbatl dofic à tAut prix à obtenir cette liste de sesrenner piis^ afin. de »e donner le plaisir de les poursuivre , ^elpn Fusagede i^on cabiaet, jusqu'à la dernière gé-r ^ration. N'ayant, pu trouver, personne qui your lût, comme le fit, dk-on, plus tard le prince de C: pour ses amis de iSai, lui liyter la liste des noms et les papiers à l'appui , il attendit qu'un moyen, quel qu'il fût, devînt possible. La reine Oaroltn^ de Naples^ qui, après avoir été chassée de Naples par l'armée française et s'être réfugiée à Palerme , diercfaaitde U à cqmn^uniquerà Fempereur ^oq neveu, sa batûe passionnée contre tpot ce qui Ve<^ naît des Français,et M. Wid^ham, commissaire bri* lannique près de l'armée impériale, préparèrentlés résolutions et aidèrent à trouver les moyens d'ar* river au but. Il ne fiit plus question que de cber<i* i^ber des instrumens* Le comte de Lehrbach, mir iiistre d'^iitriçl^e au i^pvçk de Farc^iduché (i)y au
j[i) M. le cûmjte ()e Metterpich y rep|[*é8entait le ct:^
congrès de Rkstitdt^ se chargea déinener à bien cette affaire; L'éxecution du coup conseillé par le^ uns et aulioriié par les autres, futcoiiféré à uncer*
tain guettai D ^ émigré français. Il fut
décidé qu'au moment' o& les plénipotentiaires frau* çaia quitteraient Ras^dt, le général D. ..... ^ .^
avec des hpmmes^à )ui, les attaquerait, profiterait de la confusion ||0i)r enlever leurs papiers, objet principal du gu^t^à-pens^ et lès àabi^rltit même, si cela était nécessaire pour mieux pfœiGeairaubut.
Le prince Oiarles,qu^ ignorait cette intrigueda cabinet impéri^d, ^nïià des oi*dres au colonel des. hussards Saeckler, M. Barbaôsy, pour quéi^lui-d Ht accompagner le8plétt^)ateBtiaires paruneescortede ec8 hussards. M. Barï)acéy expédia en effet Tordre * m <dirfd'éscadroD. . . . ; , qui Wfit conèatfcre aux. plétiipdtentîaires et prit ^es dispositions p<»tr èxé^ cut^fof^dre qui Uii était donlué par son chef.
losl^t dé ces dispositions par AL Wickhàniîet par le comte ife Lebrbec^, D...» ëomouuida îaussi^ tôt à: Strasbourg une quarantaine d'mnformes de busbardsSseckler et les distribua à des Croates, Cosaques, et ^litres hommes dimsis pfar lui; A^ Tiiéune dite , il traibe sor les pUbipot^tiaires et leur escorte avec sa bande, et les papiers sont promptement ënletés.L'escoPteT'éritable, orilonnee^
de PEmpire^ et M. le comte de Gobenzel, le roi de Hongrie et de Bohême. Après le départ du comte de Cobenzel , M. de Lehrbach réunit en ses mains lés deux légations.
( 3i7 ) ^r le pridceCharies «tdésignëe par leeoUmel Ban* baezy^ voyant les assaillant revêtus de l'unifonMde aon régiment, et s^imaginant qu'en elQfet c'âait un ordre donné .par ses chefs, se mit eiie-n)ême, sans plus longue înfermatÎDn, à aider les faux Saeckler à dépouiller les plénipotentiaires et à les tebrer avec les autres. Les papiers étaient pendant ce temps-là transportés en lieu sûr et remis à 1V|. Wickr faam et au isomte de Lehrbaeh* L'Autriche lut par là. informée, dit*on, de tout ce qui avait été pr^ paré contre les projets des coalisés et put agir avec plus d^assurance^
Le prince Charles fut désespéré d'un événe*^ ment dont on pouvait rejeter sur lui tout le dés* honneur; mais son caractère loyal le jusl^eass^sL. Beaucoup de voix acculèrent a«issi le Directoire de cet attentat contre les siens. On savait qu'il ne vou^ kit pas sérieusement la paix , et l'imnlûralité de quelques-uns de ses membres, au^ bieti*quë le parti qu'il tira de cet atteatat si odieux pouir {allumer les passions populi^ires , ^^mnèrent d'afcord qudquè créance à ce bruit ; mais les lait^ sont tels que je viens de ks raoont<$r, et le «prince Charles aussi bien que le Directoire doiveM être acquittés de tout reproche, dû uniquement au cabinet de Vienne. Ce n'est pas la première fois que ce cabinet s'est fait connaître par des moyens de ce genre. L'histoire de la monarchie autrichienne nous en fournit un second exemple tout-à-fait
(.318) ideatiquéet dans les causi» et d^s lé rësàhot. Dans rannëe l54i9 Françob P' earo]^ en ain«bassade^ auprès des Yétiitiens pour les engager dans son parti contre Charles^utnt/Rincon qui revenait de son ambassade près de Soliman et qui devait retourner à Constantinople par Venise , et Frëgose, exilé Génois, munis tous deux de ses pleins pouvoirs. Le nterquis du Gnast, gouverneur du Milanais, aUnoib de Charles^uint, coniuibsant tout le dësir de son souverain de pénétrer les secrets de ces négociations j apposta quelques sol* dats de la garnison de Pavie qui surprirent Rincôn et Frégose au moment ou ils s'embarquaient sur le Pô, les. massacrèrent, eux et une grande partie de leur suite^ et se saisirent de leurs papiers. Du Bellay^ qui eooamandait pour la France en Pié^ mont^ parvint h se procurer les détails circonstas-^ ciés du complot (i). François P'se servit, comme lé Directoire, du sentiment universel d'indignation cfu'avait excité cet attentat pour recommencer la guerre qui n'avait été qu'assoupie par une longue trève^satis avoir jamais été complètement terminée par un traité de paix que les prétentions des deux rivaux rendaient impossible à conclure.
(i) Voyez les Mémoii^es de du Bellay.
caUlsruhë.
t^elui qui prendrait au sérieut soit uti plah dé Xîarlsruhe, soit une vue de ses portes, de ses places , de son obélisque , et qui oublierait d'y appliquer immédiatement y comme échelle, la taille ordinaire de l'homme^ courrait risque d'être grandement désapointé en passant de la représenta^ tion à U réalité. A en croire ces tableaux décevaus, la capitale des États du grand-duc serait un Edimbourg sur une grande échelle, une sorte de fac sùnûe du West-end de Londres, clos par mille portes triomphales variées , tandis qu'un obélisque dignede l'Egypte enserrerait, à l'imitation des pyra^ mides, les restes du souverain fondateur; mais les proportions diminuent un peu en passant de la peinture à la réalité. Les milles portes sont autant de mobiles décorations d'opéra, et l'obélisque est à hauteur d'appui. Le palais seul est très vaste , mais sans être beau. Appuyé d'un côté sur unie forêt de plusieurs lieues d'étendue destinée à U chasse, il est précédé sur sa façade antérieure d'une orangerie servant de promenade, et d'une place d'armes entourée d'arbres. Un cirque de maisons ornées de portiques, comme la Place Royale , clôt cette arène de sable , et est coupé par de longues et larges rues qui s'étendent dans toutes les
( 320^ ) directionsi semblables aux branches d'un éventail déployé. Du palais l'œil pénètre à travers toutes les rues de la ville^ dé tnâme que dé toutes les rues de la ville le palais (i) termine la perspective. Les rues sont coupées par d'açtres^ ruôs parallèles entre elles a et qui s'étendept d'une exti*éiQité de la ville à l'autre. Malheureqâeinent, pour Taspeot général^ les n^aispns ne sofitpas en proportion avec la beauté desrues^Ce sont de petite$ lâaisons basses, à fenêtres étroit^ toutes bifn propres ^t bien blanchies 9 m^s offrait Tapp^i'eit^e d^ niaisons de viUai^ agglomérées symétri^emeftt* Peu h peu les pauvres habitations s'améliorent» et quelques habitations plus commodes s'élèvent le long des excellens trottoirs qui garnisseï^ toutes les rues des deuxcôtés^ noi) pas d'une manière mesquine et maladroite commeàParis^ mais à la hqoa d'Ëdim* bourg et de Londres.
Carlsrube^ avec toute sa propreté et toute sa ré* gularité, avec ses vastes rues et son petit nombre d'h^tans, ressemble en quelque sorte à ua jolî volume doré sur tranche, mais dont presque toutes les pages seraient blanches^ Il ne peut guère en être autrement* Um^ fa^tiûsie de prince a fait &im d'un rwde«-vous de chasse i)ue capitale ^ comme une foiblesse superstitieuse de Louis XIV
(i) CW chns le palais qu'est placée la bîbriothèque pid4iq«t. Ye^éBdâM l'Appendice, note ii, bibliothèque pMblîfMade Caitsruhe.
( 321 ) youbtt ÊiiiH^ èe Versailles unegraodèt ille; mais il faut d'autres ressources qu'une cour^ des commis , une garnison^ pour fonder une prospérité durable. Carlsruhe est située dans une vaste plaine de sable^ à deux lieues du Rhin ^ privée d'eau et sur la li^ siëre d'un magnifique pays , aux agrémens duquel elle ne participe en rien. Elle n'a ni montagnes pour embellir son paysageini fleuve pour attirer le commerce y ni jardin plantureux pour founûr aux consommations de luxe. Sa seule beauté est la vaste forêt de pins sur laquelle elle s'appuie d'un côté; mais cette forêt si agréable aux promeneurs et aux cavaliers, l'est fort peu à l'entretien de belles rou* tes de commerce. De tels obstacles naturels s'opposeroîft toujours à ce que Carlsri^he soit autre •chosequ'une résidence. Aussi le commerce ne con* siste-t-il que dans la fourniture des objets denéces* -'site ou d'agrément à ceux que le séjour de la cour y attire. Il n'y a pour ainsi dire dans celte ville aucune fortune indépendante qui puisse favoriser des établissemens industriels, ou donner un peu de vie et de mouvement à la société!
La cour vit simplement et modestement; elle donne peu des fêtes brillantes, maià elle reçoit avec bon goût dans l'occasion. La princesse de Nassau, femme d'esprit et d'agi^ément, domiciliée à Carlsruhe et à quelques pas de là, réunit seule habituellement quelques Badois et étrangers. Le reste des babitans va passer Itf' soirée. dans les auberges à
( âti )
làaser en fomai^t^ el jremre de bèiuie liëUre poui^ re|M'endre lé vie <le famille. Le plaisir le plus vif est celui dii thtéâtre , pour leotretien duquel le gVand-duc fournit unescMiimeatiouelle de iSo^oca francs. L'opéra y ea parfois fort bien jouë.Lasailô l^st jolie, l'orchestre excellent, comme partout en Âlleip^gne^ le» loges, le parterre et les galeries supérieures toujours remplis , ce qui anime la »cène| et les acteurs sont assez souvent des ineiU leur% de rAUomagne.
Aussit^^u'un opéra nèuveau a eu dq succès a Paris, en Italie otu en Allemagne , il est S4ir-le« champ traduit et mis en scène. Carlsrube possède^ majlntenant deux acteurs que leur envierait plus d^une grande ville, Heitzioger et sa femme. Tous^ deux,gens d'espritet de bonnes manières, conçoivent bien leurs rôles aies jouent nvectalenLHeilzingelr a une diarmante voix de salon^ qui manque peut-être de rétendue nécessaire pour électriser un public nouveau ;mpis sur ce théâtre, assez grand d'ailleurs où il est connu et aimé, l'assurance do succès ajoute à ses moyens. Sa voix de ténor est suave «ït bien timbrée , idaos le geme de celk de Nourrit^ mais avec nKMns de puwtBcei Noiti l'avp^ «&<» tendu autrefois à Paris ^qr le théâtre Italien | où il est venu donner que^pie^ représcMitifttions avec b V*oupe allemamle et où il a été fort goûté des amateurs. Sa femme est une jolie personiie qoî joue d'une manière fort piquiant^ ' dfios h icomédie , tt
( 323 ) cloatU voi)^ési fort agréable. Je lai entendjue au tluCâtre et dans le saloii ; sa voit reconquiert dans lé salon tout l'avantage que la finesse de 309 jeu lui^oanesur la scène. Le ministre de France, à
eul desminis*'
emps dans son
:es lespWre^
iret sa fétnme
! ^a soirée.
iiUes^ les habt''
rès 'petit nooi«-
liées* rendent
9ne dans cette
^mi^t p€»danl
«sfunbleot totu
nne partie des
supériorités intellectuelles du pays. On y remarque
M. Mittermeyer d'Heidelberg, M. Itctein 4e Maii«>
lieim^ MM. Welker , Rottedk, DuttUnger de Fri*
bourg, M. Winter,iniAÎstre de rintérieur, le prince
deFurstemberg et beaucoup d'auAres «Jal plusieurs
fois assisté aux séances des deux cbambres , et j ai
toujours trouvé las débats conduits avec mesure, et
sotiteniisavec une élocution facile. MM« de Roibeck
et Itztein dans la deuxième chambre, le prince de
Furstemberg dans la première, jouissent de la re^
nommée d'être les mieux disons* Le ridicule filtras
des discours écrits oc s'y est heureusement jamais
iatroduii.
j ï>é toutes les assemblées reprësentattvesdê l'AK 4emagne, celle deJBaden est celle qui s'e«t conduite avec leiplus de lumières, de mesure et de fernueté, et st^n rôle u'ëtait pas satis $le grandes difficultés eu présence à la (ois des vœux, du pays, de la timidité «du gouverjaement,de Ueiigeqce de la Prusse et de rAiftriche, et du peu (Je sûreté qu'ont offert^ peu*dantltes dernières années les perpéHielles hésitations du gouvernement français* Né pouvant sauver la liberté, elle a duipoins $auvë Thonneui* du pays , en protestant contre les Xisurpatîons de la diète 9 et en réclamant, autant qu'elle Ta pu , Taf^ franchissement de la presse , asservie^ par la diète, espèce de comité de salut public ;adojLici. Elle ne pouvait peut-être faire plus, sans compromettre ^ «on ravenir qui est assuré à l'Europe > mais 4^ présent toujours contesté. L'Allemagne entière se iiv>uve en efiet aujourd'hui dans la plus fausse position vis-à-vis d'elle-même. Napoléon écrivait, ai2 mois de mai 1 7^7, de Montebello, au directoire après la destruction des quatre armées de l'Autni* che en Italie, les avantages de l'armée de Samb«*e et Meuse et les préliminaires de Léoben :
cr ..... Il m^a paru que c'était moins à nous accorider les limites du Rhin que l'on avait répugnance^ tju'à faire aucun changement qui accrût la puissance du roi de Prusse, et qui culbuterait entière* ment le corps germanique. Culbuter le corps de l'Allemagne, c'est perdre l'avantage de la Belgique
tet de la Bihite dii Rhin , car c*est mettre diit om douze millions d^abitans dans les^ mains de deux puissances- dont nous nous soucions égalôtiient. Si
tait pas, .il faudrait le
convenances. » , . ^
rànçaise, la dissolutioa*
rait qomnjepcé par. Ta-
>e étales tentatives de^
le domination non coi^n
e. A* la mort.de UélecK
i-Josepb^.le 3o d^ceai-
i.bre 1777, KAutrichje^avait voulu se mettre en po^*
sessioii de la Bavière; m^i$ la. g.iierre de succession.
de.^vière, tèitainée'^ar la paix del'jBSchen (le i'X
mai i^79)^confiriiiative, diïtraife de. Westphalie^,
conàacra^ bs'drbits de l'életteur palatip Charles^)
Théodore à l'électton de^Baviere, et ^'Autriche fi^t^
obligée descconfeater de rinn-Vier.teJ. Quelques^.
années plus tard^en i^SlS, Joseph II, qui sentait.
bien que les Pa.ys-Bas ne pouvai^Ut manquer d'é^
^chapper prochaiaement à l'AutHche et qui en
trouvait la pdl^session trop éloignée du corps dej
la monarchie pour^ Inutilité oonimune., prppoça à,
l'électeur Charles - Théodore de les Jul céder eh*
échange de la Bavière; mais.Fréâ^rip U,; comme.
garani; di^la paix de T^chen>:i:^rotégea l'ordre exig-,
taot^ etd'accord avec les électeurs de Saxç et de;
Brunswick) forma, pour résister à la dominatioi;i d^
TAutriche, une ligue cbmiue sous le nohi^e Fur»-.
tenbund^ ligue des princes, Stle fOT^col&éluç hndf
jxiillet 1786, et bietitâi elteseforlîfia de YkQct^on
de l'éliBcleur de Maj^eoce^idesrduc&de DeiH^PotitSi
de BruBswick, de Mec.Hli
Gotha I du Ijandgrave^ c
(pm d'AiKspaeb, du mârq
cfOsdabrad et des .prij
ime TëritpbM dissolution
i)ait à se remodeler de 1
de la Prusse. La bidrcbed
^tait ascendânie. Le;^ëiM
lait tout à coup U|i l^Xai d ^
peu (Fannëes peul-é|re oq
feiltérle même pbéiiiomèi:
•enté la France jf y a que
comtes dp Paris^ si réçèn
ataienlfiui f){ii^s'4ggîcmiérer toutes le$ autres petitea
aouTeraiuetëSi et. de leur capitale du àord a^aienf
étendu leur doqfiînationt si^r Routes les protiuee^
du midi jtrsqu'aiix Alpes et aux Pyrëgiées.
Les choses en étaient )à dç l'autre côtS du. Wiiu « lorsque éclata {a révolution françai$è> Les troubl|g^ fies Pays«Bas et 1^ complément de Tignominieux pur tage de la Pologne , occupaieni, encgre assez exeijiisJTemcnt les intér^s pllemands poiar que Fon ne crût pas fort ^ gropos de se^donaer put eâibarnks de plus e» nous déclarant la guerre. On ât&H bien fail entendre quelques réc^matîons f^AlUre les décret^ de Tasseniblée qationâle relatif
( 2»7 > aux primes aUematt4s poasessiomiës en Alsace % maisFEmpiTe n'eût pas^ Êik la guerre pour soutes QÎr les^drolts féodaux de quelques comtes, ou baw
( 3!î8 ) à circonscrire dans un cercleplas étroit sarp^pres libertés. Napoléon trouva la force dé centralisa** lîoé toute créée; il lui donna une plus vigoureuse inicpulsidn. La crainte qu'inspiraient les passionsrivées ou les mesquines intrigues de Témigration cimenta sa puissance. Les attaques renouvelées de; Péfranger l'accrurent encore /"et la gloire donnée pour appui à la liberté, gêna souvent par trop l'ài^ iancede son allure. Toutefois les idées génereu^fef étaient loin de s'éteindre dans uite lutte siappro«» pl*iee à notrecaracière«]L.ettrofe&eur Gans de BerUii a' dit?de lioijs dans une de ses spirituell&s léçoiis:
<c Le'^rançais se* dëterqptine voldnlier^ par l'a* inour seurdè la guerre, par une £(rdeur irrésistible pour tpute espèce "Se combat, par Un désîr vagfé du succès qu'ij espère obtenir dans les^cdnfiits. La'^ vie, la science, l'art, tout est une luttera sçs yeux. Les avantages qu'il remporte, il les estime tous à^ l'égal d'un iien galps^ble , et tes respecte conftiie une glorieuse conquête. . . . ...
envers ses ennemi. Au morne èhamp dé bataille, il oublie le n
duit S'il n'hésite pas |i'$(
Ion té d'un grand homme clipable ire du caractère national afin de s'îHêntifier \v^ lui, tout pouvoir qui transporte sîDn action sqr ua autre point, ne manquera jamais d'exciter sa* r^
sîstance La mode, révolution journalièredes
mœurs, des habitudes, des costumes, mouveâiaat
frivole du caprice en apparence , mais éorrojfif clans son effet, attire les objets les plus gmves de la vie dans le torrent de son éternelle flnctaétion* C'est dans ce tourbtUoii^ sans cesse botiillonnant, qu'on acquiert en France le qoup dœil desaffiiires^ qu'on apprend à éviter avan|: tout le râitculd et que le peuple se prépare et s'exeît;é ^ux ^ands exploiu.... . Ce pays est le seul ou les provinces se soient non seulement soumises à la loi délaça* f^ala, mab où eHes raient ^ccuèUlié de plein gré; le seul oïl le télégraphe, entr^âenneconsUraulnenl l\inité d'action qui fait de l'Etat un ensemble ayant cojiscienoe de lui-même ; c'est, en un mot, Iq ^ul pays où l'idée de la domination étrangère V' époc^antaiL de toutes Jes. nations , excit^nôt luiét telle horreur , que^ te conquérant qui oserait U méditer, reculerait devant la seule démonstratiôsi de l'antipathie universelle pour ses projets. »
Après la lutte militaire, la France se vit forcée d^ntrer daj^ la lii^e civil^ £)le jouissait egfin d'une liberti^soteiale à l'abri de tou^e attaque. Elle avait reodnnu et lait reconnaître son droit: la li« berté pcAiti^ue^et si l'ustfge en avai! été entravé, le pf^ncipe du moins n'en avait jamais' été contesté, et il ^pendait de sa pei%évé|:*a%oe de rapprochen détomuûs davantage Tni^ge du droit. La liberté adnUnÎBtratiWt^avait seule été sacrifiée à la'néces« site de réunir entre les inains 'du gouvemenÉerit répuhlî^in, puis du gouvernement impérial, tàu*
( 33o ) 1^ ic^§ovc€$ tialûmariestofttre le^agreêskMis étrati^ gères. Les Bûurtiôosy en reotrant en France après nos^ dësa^resv trcmvèrent ces Ibrcespubl^ues ceii^ traliséeit pom* r^ister d'abor<l à leurs attaqueg contre n<Mre révolution, puis aux 6M»nm ^'ils^ loi arment Mts , et ils s'en emparèrent coAi^e ^n léviar^ k Taîde chiquel ils pourraient entraver la liberté pobliquie, et qui sak, peut-être un jour eachaîiler aiKsi ta liberté Mckle. Affranchie de cette înqipÀuée^dlisurpaftbn^ en 'i83o, la France ptùcimnx bantement son ^tHtvU ne s'agissait phts* en œ moment éelui conte^er l'usage des princî^ pes sur le^opieli se fendaîçnl les nouvelles auto-^ pîtés publiques. I.e bon^ sens populaire, qui avait vu 4'#ii venak surtout le mat^ ï^ëdatna et réckme. encore «veepersévérance la Uberlé adnnnistrative^ lyéfroites idées d'ii^télrêt personnel kt di^^fent pied à f ied ; ttiaâs la volonté de to^s ii^ peut nfan-^ qui^rde prévaloir vm peu {i^Jot,mi p^u plustàrcl, jivijf l'assentiment x^i piâlgré ]0 ^ésistapcé du ^oùversement, de l'égoisnye de qu^lquesNLi^s, et on ar« rivera à déterminer en§p tine juste répa^rtitioç^des ponvoirs ç^tre l«s diverse» partiest|;t le centre de l'Etat^ répnrtitkna Xfon n'a^' d'autre nd^sure q^'e h$ nédessité de défexdfe.efad^cine: de cQ$;parl^ corn tre les enârepriées; de^ antres^ et U'' réymon'de tontes les parties coiiti*e T^ifres^ion 'dé rdoir cdrpà^ étranger. ' ■ ' ^ . >"
' {jethravwA que nous avons opère ^ sy r mnQii'tl^w
(33i) mes 9 rAUemagae le xoiami^feo . tnaîiiteoftot sur «ile-méme. £n pous débordant sur elle powt noiu défendre, comm^ elle voafaût déborder sur tious pour nous a]| a €yier , nous lui «roas apporté IIP bon sombre d'amélforations pratk^pips ^lea échM^ d^Yasserrk^semetii ddot nou& menaf^iéml les iléolaratîoi^dé Beriio^dePilaibLel} deCoblence« L'ëdi^ce social fut Vfmaniié par lat base* Ekaiu les pays q^} iassatônt partie de notre emfme^ tel» que If3S provfnc^es rhàaanes , le graiid*(kiohé dé Bergeilp royaume d^Westplmlie^ Kaffi*aiichî«se-< ment 4^$ .s^f^ fitt. opéré de la Hunière la plu» complète^, sans îa^ef^i^ pcnvr te seignesr: Eut Hesse, Iia§saiiy Bade»,^Q:rteii|berg, uoeindemciké fut accordée aui^ s^îg^iifEirs^ En Worteanl)ierg les serfs settlsdé lao9ur(t^jpi6f{^r)eûtafil^nc|û%sansiâ obligés à riademtrité.En Bavière et OMettbowg on ne supprima quêtes eh^es l^s^p}us .fepuaiîUaQtesy
telles qqe la dépendance penioiig^le et béréibiaîrfy» les corvé^Sy h peine de for-mariage et la nécessil^ d'obtcniir la p|e^tnission jduis^^eur pour leefaohci d\în état; rasais le dooiaîâ'èdineict/tttcdqiervéaa seigneur, et \e serf passa ainsi à la <ptaltté de coiott. En Mecklembourgi leserf nV^utlxfisicuké de se soustraire à lai sc^vitudié qtCfdu abmidolusant la terre qu'iU cultivait^ taadiss tpa son^ seigneur peut le congédier de spn eoté et le ooAdanuiei* ainsi à une liberté qui le prive d^e ^>iit moj^sn d*exuiteiice. Le sort du coloo reçut Àuissi quelques.
aniélkHftîons.ËnBaTÎère, Wvrtfmfatrg , Hcsse, il put aeqoérin la pl^ae propreté 4^ son champ en remboursant au seigneur le prix^lu domaine direct évalué au oq^tal de,la rente. En, Prusse, M. de Steîn comprit qu'il fallait &ire davantage pour le peuple si on voulait appeler poutre bs Français l'énergie de toutes ses forces; il résolut donc, de condbatlre Tinfluence que le ^propagandism^ d'une etœllente administration . dononit partput à la France en introduisant d'avance les rçfarme? le^ pk^ efEsetives et les plus populaires* Pat* un seul décret il fit puser les terres des mains des pro* priétams nominaux aux Aiaîns des prdpriétai^. res réels, et contribua aio^i d'un€| manière efficace au meilleiu* avenir qui s'oiivrait pour son pays. * ' Les dîmes reçurent aus^i par poti^ pirésence une attaque des. plus vives. Nous les supprima mes d'abord dans lés pays qui nous appartenaient et^nous apprîmeaà lesmettre en question dans les autres, de manièreà rendre un arrangement plus facile entre le censitaire et le prc^riétjiire d^ la dime. L^^^^^^ fiit souvent dansJLes temps anciens le prix d'une con« ce&sbn £i^ ou d'une protection accordée'; mais lu société ayant donné plus^rd à elle s^le toutes les garanties qu'on attendait autrefois du propriétaire delà dîme, il s'ensuivait qu'on continuait àpayei: le prix d'un service qu'on n'avait jamais à receyotr. A la vérité, la terre étant.transmise au coloo grevée de cette charge, il ne pouvait réclamc^ç
( .333 ) comme im droit db accrolteemeat réel ite pft'Ojfriété. L'Etat scuhea masse était adtorisë à profiter de cet împôt.transformé %n un impôt moins oné^ reùx pour les mêmes inftlividus^ à moins que par nn calcul, sage'aussi/ il ne voulût que les {hy»priétaires de dîmes tint avafent reçu par héritage une tei*re ainsi avantagée^ entrassent en pactage avec le censitaire dans le bénéfice de la compensa* tiop. Il restait toujours à TEtat un profit réel, ce* lui d'avoir augmeiflé 4a richesse publique en fiicilit^nt tduleslestran^Jiçtfons. Cette utilité fut t^lement sentie, qu^on chercha partoift à n<^re exem* pie et qu'on obèrcUé enotre à transformer la dîme, et que dans Fairnéë i853r-ia loi rebitive à cette €[iiestioi!eMr celle qui ïi leplus occupé les chambres du gï'and^duché de Baden, où ' le gouvernement, lo?n defisftre profiter le ttésordu rachat, avait poussé lesprit bien*entendu de conciliation jusqu'à offrir d& payer le quaf t du prix de rachat.
' Le code Napoléon fut'aussi introduit, dans ton* les nos conquêtes, et a tellement satisfait les:be« soins des peuples, que les plus éclairés ont imposé à leurs nouveaux gouvernemens la condition de le respecter. Il se conserve encore dans toutes nos anciennes provinces rhénanes, ainsi que dans le grandduché de Baden où, par les édits du 5juill|et 1808 çt du 18 février 1809, il fut déclaré loi del^Etat à dater du mois de juillet 1809, sauf quelques modifications prescrites par l'état du pays.
£n<iii) tournant au' profit commun de VAHema-» gneet de Ri France, dont les intérêts s'associent èH ce point, les td^s manifestées par la IVusse, à Too^ casioii dé la ligue des pribces , Napoléon créa la confédération Rhénane, softe de 'troisième' puûr*' sances capable de se ftire respecter ^e la Prusse et dfe yAntricbe. Cette création était la seiHe qui pât sauver les petites puissances d'^re engloutie» par les deux, grande; elle était à.k fois conser-» vatriee des liberlés intérieuf es k àe$ bonnes rel»» tiom extérieures, et la main puissante du prot^-^ teumne fois.réâpée^ les* bons «fiets en eussent été sentis sans mékinge. -' '
Malbeureusement, à-' coté de «fette influence ci^ vilisatrice, un pouvoir plus rude se faitoit* sentir. I.^ peuples repoOssaieirt le système continental ; les armées fui*eut' mises en mouvement potir eu âr* racber Tobservatiom'Ijes souverains tâincus don* nèrent une adhésion forcée dont ils m semojutraîeiit pas fort empressés de surveiller Tobservatif^n. Xe vainqueur, poursuivant avec obstination son idée , frappa les récalcitrans en réunissant temporairement de lointains pays entre ses mains pour mieux les surveiller. Gènes, Turin, Rome, Amsterdam, Hambourg furent renfermés dans la circonscription de Tempire. Ainsi se trouva frappée Tindividualké des peuples. La présence de nos armées avee leurs exigences, ToHini-présence de nos douaniers et les coups portés aux nationalités, irritèrent les
Hopuhtiops. Q^s.ce tiiom|ttt^le^ hommes les ptus; disposés à nous aimer et à .sympathiser avec le» principes les meilleurs de- noire révolution ^ se retirèrent de no^s. L'Allemagne entière s'amia et nous fûmes à notre tour forcés de. subir la loi du vatoqueur. Mais, de même que la Frattce après sa révolution^ rAllamagne sentit aussi le oontre^icroup des efforts qu'elle avait réunis pour vaincre. I^s^ii* verains uniç fois ^isis de Tautorité oublièrent les paroles doapées au moment du danger. L'Ailemagne se montra peu disposée à entraver l^r mar^* cbe nouvelle. Sa haine et sa méfiance coulrenous re à sa délivrance. Son imugi* ée au-delà du vrai, lui faisait s retour de Tof^essian soiis mir souvent le système mili* t elle se désarma ppur ainsi it moyeu de résistance h Ymr en réserve tous $e$ moyein^ attaques extérieures de la is une fédération de uati^qf 'es; ce fut un camp.
La France lutte encore pour rendre à cha^san en temps de paix la part de liberté qu'elle avait cru devoir sacrifier momentanément pour sç forr tifîer par une direction centrale en cas de guerre. Une dynastie de rois a déjà disparu pour avoir voulu faire remonter le torrent vers sa source. La France réussif^y cardes victoires préoédentes sou-
tietnient a&& coiir«ge,e^ c'est wj M^ seut centra qu'elle doit porter ses forces, non pour le détruire, mais pour dp^iner uue utilité moins poutestée à son action en la débarrassant de tous les, élémen» hétérjQgènes quii'entravent. Notre seul obstacle est notre' ignorance, bien plus encore ^i^e l'iégoîsme q,ue le go^ivernement s'est plu à^ip^tti^ dans le pays pour engourdir d#6 hommes qu^ ne, pouvait tromper. ^ , . .
L'Allemagne aura à lut^r pli{s long^^emps que? nous, et malgré ses lumières pjus,répandues, quoi* que moins pratiques, elle paiera par de. plus longsr malheurs peut-être son dé&ut de ^prévoyaqce.
Chez elle le centre est partout, la foi;ce d'a^ttaque du gouvernement peut à chaque iq^t^t se multi* plier sur tous les pmnts et la force de résistance n'est nulle part. On a beaucoup parlé depuis, f §j4 de l'unité de la patrie alleq^ande ; mais cetteps^trie allemande où la trouver? quel çst son ^qnv^ quelles sont ses limites ? quels liens communs unisseiû. entre eux ses ineinbres épars ? Ufie chanson nation naledu célèbre Arndt, faite, au commencement de 18 1 3 pour soulever les passions contre nous, m'a semblé représenter parfaitement tout le vague de ce sentiment, si pur et si dévoué pourtant dans les jeunes cœurs allemands. Je la traduis littéralement :
La patrie de F Allemand.
<c Quelle est la patrie de rAllemand ? Est-ce la
( ^37 ) teri*é dé Prusse? est^^e la terre de Souabe? est-ce celle oà près du Rhin rougit la grappe ? celle où on Toît la mouette se diriger vers le Belt ? Oh non ! oh non ! oh non. ! oh non ! la p$itrié de TAllemand est bien plus grande que tout cela.
« Quçlleest tapalrie de l'Allemand? Ëst-K^ la terre de Bavière? est «ce la terre de Styrie ? est-ce celle où s'étendent les troupeaux du Marse (i), celle que couvre le fer de la Marche (ji) Oh non !
oh hon ! etc.
tf Quelle est k patrie de rAltemand ? est-ce h terre de Pomécvanie? est-ce la terre de Westphalie? est-ce celle on le sable balaie les dunes? où le Da* nube roule en mugissant? Oh non ! oh non ! etc.
« Quelle est la patrie de l'Allemand ? Nommez^moi donc cette grande patrie? est-ce la terré de Suisse? est-ce celte du Tyï*ol? cette terre et ce peuple me plaisent. C
« Quelle de l'Allemand? I^ommez^^
moi donc 3 patrie? Peut-être est*ce
l'Autriche n moissons et en honneur?
Oh non ! c
et Quelle est la pitrie de l'Allemand ? Nommez* moi donc cette grande patrie? Ëst-cè celle qu'a déchirée en lambeaux l'ambition desei princes? est-ce
(i) Les Marses sont une tribu de la race Chérusque qui s'est établie entre là Ruhr\ la Lippe et le Rhin ^ dans une partie de la Westphalie et de la Prusse.
(2) Moravie.
( 338 ) ^lé qu'ils ont dépouillée et de Tempereilr et èb l'Empire? Oh 1 non, eTc.
« Quelle est donc la patrie de rAlleraand? Nom* inez«>moi donc enfin cette grande patrie. * — Aussi loin que résonne la 4angué allemande , aussi loin que des chants allemands s'élèvent au del pour louer Dieu , là doit-étre la patrie de rAllemand. Allemand si brave , nomme ce pays ta patrie.
«La patrie de F Allemand est le pays où pour tout serment il suflitde presser la main, où la bonne foi brille pure dans les regards, oùj^affection siège farûlaîite dans les cœurs. Là est la patrie deTAHe-* raand. Allemand si brave, nomme ce pays ta patrie^
« La patrie de l'Allemand est le pays où le courroux saura eflacer la vanité française; où tout malfaiteur est un ennemi, tout noble cœur un ami. Là est la patrie de rAllemand ; tout ce pays est la patrie.
«Tout ce pays est la patrie. ODieu du ciel ! atmisse les regards sur elle, et donne-nous cet esprit si pur, si vraiment allemand, pour que nous puissions vivre fidèles et bons. I^à où on vit ainsi se trouve la patrie de l'Allemand. Tout ce pays est la patrie. »
Ainsi, de l'embouchure, du Danube à celles du Rhin, des sources duRhin.au Cattegat, Suisse, Hollande, Flandre, Danemark, Poméranie, Mo~ ravie, Tyrol ( heureux qu'on ne parle pas de l'Alsace et de la Lorraine où l'allemand est
(339) encore la langue du pays), tout cela serait li^ patrie de rAllemand; champ vaste y comme Toa voit, et nobles pays assurément, mais où je ne puis trouver cette volonté commune , ce mou<^ vement simultané en présence des mêmes afliec'* tions et des mêmes haines , cette résolution biea arrêtée de ne pas permettre que la plu» minime partie du sol soit violée par le pied de rennemi, qui constituent seuls le sentiment de patrie , sentiment non vague, réfléchi, savant, maisintime,t instinctif, subit.
Tout ce désavantage de situation pèse niâinte«> nant sur l'Allemagne. Elle n'est plus et ne peut plus être l'Ëinpire. Elle n'est pas encore, soit la triple Allemagne y si la France relève sa polîtiquC]^ en ressaisissant sa force intérieure, la liberté; soiti la double Allemagne , si, ce qui parait probable, la Prusse réussit dans son but. A ces difficultés d'or«> ganisation générale qui se retrouvelit à chaque Kgne de l'acte constitutif de la fédération , se joi^ gnent beaucoup d'autres difficultés d'orgaaisa* tion intérieure. L'Allemagne cherche encore Tétat social approprié à son existence nouvelle. Elle vit au milieu des débris du passé, et les nouveaux élë* mens sociaux n'ont pas encore pris racine.
L'ancien Saint Empire, tout caduque, tout 'dé« sordonné qu'il était , était au moins vénérable par ses souvenirs. Par un heureux hasard pour la liberté de ses diverses parties , les fausses idées mises
( 346 ) dans la tété dés empereurs par learnom de César ou par rambition remuante d€ quelques papes , âvarentdétourné leurs vuesd'agrandissement de pou-
voî ' ' ' *
for da^ pai la pd qui laî dér de cev pai seii
garanties. Au centre même de ces petites souverainetés étaient enclavées d'autres souverainetés d'une autre forme : des baronies souveraines dont les possesseurs ne relevaient que de l'Empire^ aii service duquel ils s'enrôlaient assez souvent; des villes impériales^ espèces de petites républiques ,avec un protecteur situé loin d'elles, puis des seigneuries ecclésiastiques pu demi ecclésiastiques^des princes-abbés et dbs princes de Malte ou de l'ordre Teutonique iudépendans. Qu'on examine l'essor qu'avait pris la pensée en Allemagne daiis les der^^ niers siècles , et on verra quels germes d'améliorations pouvaient croître sur son sol brisé. Aux
iréfiormes religieuses sucoédaient . d'autres études qui préparaient à leur tour d'autres réformes , si utiles, quand elles sont comprises et voulue par le plus grand nombre. Le comte Palatin Chsirles* ,TJbéodore à Manhemi , le duc de Saxe à Weimar, Élisaient de leup&résidences autant de centres où se rvivtfiait et se^développait la civilisation aussi bien ,quejajittérature .nationale. Les nombreuses corr/Qspondaiices entretenues par les hommes les plus distingués- de l'Empire avec, nos savans et nos let- .trés^ contribuaient en<mêm«.lemps à donner, aux «miéditations élevées- et pures, mais souvent trop peu précises des Allemands, cette direction pratiquent sociale qui est dans les habitudes françaises; tandis que des ecçlésiastîqaes éclairés, tels que les deiixderQÎer^. électeurs de Mayence, cherchaient dms le congrès d'Eins. à imprimer à la discipline catholique, et à celles de ses erayances qui ne^on^ pi^s dogmatiques et fondamentales-, la/n^arche progressive suivie par toutes les autres institutions destipées.^ à l'honBone.
L'ambition de la Prusse de faire un Kt plus large au torrent de sa nouvelle mon^chie, les fautes commises par une guerri^ d'agression contrcuno^ idées et nos réformes intérieures, et l'entrainemeot des passions qui, en 181 5, ne permit pas aux Allemands, dont les. succès de 181 3 .et i8i4 eussent dû calmer les haines., de songer que, en donnant à leurs souverains tant de moyens
( 342 ) coBlre nous y ils leur en doQQaieqt en même temps contre eux, ont complètement dénaturé Taûcien ordre, pour transformer le sol de l'Empire en une «rêne où lutteront un jour la Presse et rAutriahe,, pour se disputer les lambeaux des autres états; A icet antique et vénérable édifice a> succédé une sorte de hangar moderne, sans plan , sans unité, sans grâce ^ bâti à la hâte pour abriter pendant Torage, ^t conservé par impuissance^de rienJCûDStruire. Atii -souverains justiciables de leurs pair^, aux villes li- Jires et aux villes impériales^ si opulentes çt si éclairées, à Ge& souverains ecclésiastiques et mondains, à la fots^ provenait de l'éleclion et servant comme d'intermédiaire entre la royauté héréditaire et la «^répubUqueyà ces quatre cerclesde cjievalerie, qui sans voix à la diète^ n étaient cÊpeiidant pas sans indépendance, ont succédé 39*états qui n'ont jfius de lien commun que la p^tu*: peur de l'étranger, peur les uns des autres, peur d'eux-mêmes^ J'ai entendu un des souverains allemands qui a fait la campagne de Moscou avec l'armée 4i^nçaise, et en est revenu à pied le sac éav le dos, dire qu'il préférerait pour l'Allemagne voirretoître cette époque de grandeur, ouïe génie d'un liomme donnait iine direction certaine aux am^iorakons ff/ai se coordonnaient «veç ordre autour de lui et qui savait les rendre fécond^ ou retenir dociles les idées les plus impétueuses, quand eUes ne pou<yaieQt offrir |)Our le mois^eut aucun résultat pror
Hque y plutôt que de régner dans Tépoque aoiueRe^ ou le génie manque pai^tout en Europe, où en. France le gouvernement ne laisse transpirer des idées libérales qu'une sorte d'agitation fébrile suffisante poui» effrayer le^ autres .monarchies ,. sans qu'il soit assez fort ni assez fidèle pour garantir aii^ amis d'iin progrès régulier ^ un appui contre ies exaspérations opposées; où tout enfin i^'offre que l'incertitude de la journée augmentée.de toute Ifinquiétude du .lendemain; situation surtout pé>nîble pour l'honnête et excellent peuple de l'Aile^ magne, à qui son amour du repos rend plus nécessaire la certitude d'im libre avenir, .pour se li* vrer avec plus d'abandon aux charmes de la viç^ contemplative*'
Au dedans., mais comme en secret encore, ^harmonie n'est pas moins troublée dans la, société germanique. Le corps social, tel qu'il était composé autrefois , avait des institutions et des habitudes, conformes à son organisation. La noblesse possédait toutes les dignités de l'é^ glise, de l'armée, d^ la magistrature, de l'état. Les non nobles étaient relégués daps les profes^ liions savantes, industrielles et commerçantes, à Fiexception des villes impériales , où^presique seuls ils occupaient tous les offices. Alors la division des conditions humaines en Lchr-Wehr-Nehr , c'e^t* à-dire la seience ou la robe, la défense o^ Vé* pée, le travail ou le tiers^État, n'avait pas encore
été renversée par les progrès de la raison pil^Uque, soutenus des progrès de notre révolution. La rc4>çi ^t Tépée jouissaient de tous les avantages sodaua^ aMpc tant de sécurité ^ qu'elles ne craignaient pa^ même d'y admettre quelquefois ceux des classes travailleuses qui se distinguaient par «ne su? |»ériorité personnelle jugée digne de prêter app^î à la- nullité xDffBcielle des dei^ premières classes^ Quant aux classes laborieuses , après avoir recoor quis la^iherté de leur personne , puis de l^ur conscience y elles n 'avaient pas enQpr^ hit un dernier pas f pour entrer à droits éganx daqs ra$spçiation politique plqs v^ste dans laf{uelle ell^s s'étaient lait place. Nous leur avons doi^é la maip pou^ les ai"? der à faire ce dernier pas, et maiqtenant, quoji qu'on dise et quoi qu^oa fasse ^Tégalité est aussi assurée à TAIlemagne. Plus tard elle se régulari-^ sera par les mçeurs cpiume par l^s lois, et des sys« tenues bien entç^dus decapdids^ture remplaceront de factices classifications et mettront un peu d'or* 4re dans ce chaos d'arbitraire qui jette eQcorç quelque doutes dans dç bons esprits, ^u attendant , quelque désprdre se Êiit encore sejà^ par la conservation des nombreux débris des formes anciennes et l'absence de système dans leç formes nouvelles. I^a noblesse de toutes lesçlasses^^p^^ple nombipeux répandu en AUem^giiey $e trouye aujoin*d'hui^ans une position beaucoup plus embi^rrassante que toutes les autres classes dé (a société 9 pa^ suite dç^
( 345 )^ la, co&servatioQ du droit d'aînesse dans ses héri- ^tàges. Autrefois y «i les cadets étaieut dénuée de toute fortune , ils aviiient pour eux seuls toutes les places de l'armée, de la magistrature, de la cour ; ils avaient TJEmpire qui leur ouvrait ses èinf>lois .et les destinait à ses ambassades; ils. avaient les bénéfices ecclésiastiques et les bailliages et priemrés de Malte ; - ils ayaient lés chapitres nobles et les pensions deefaanoiltiesses pour leurs filles; ilsavaient enfin les canonipatç des trois électorats^ ^ jus«* qu'à ces trois souverainetés offertes àleurambition. . Us n'ont plus aujourd'hui que les charges sans bénéfices: ]C>'armée et la magistraturesont -ouvertes , à tous.Tdus les bén^ces ecclésiastiques d'hom^mes et 4e fet^n^es otft été supprimés» Les canonicats nobles n^existent plus; les électorats ecclésiasâqùes ont drsparu; l'Empire avec ses nombreux emplois ft été anéanti. Au lieu d'être les ménâbres d'un vaste (empire, iU se trouvent les sujets du petit prince .dont; le mince territoire s*est accru de leur territoire méjdiiitisé. X^es princes et comtes souverains se .trouvent humiliés de figurer dans une chambre des pairs de Nassau ou de Darmstadt, ou à la cour d'un petit souverain sorti des mêmes rangs qu^eux. Les barons qui ont moins de fortune, regrettentplus vivement un Empire où l'Autriche s'empressait de }ès réunir autour d'elle pour grossir son influence par la destruction de toutes les autres, influences. ]L'a|né avec son majorât peut encore subsister,
( 346 ) mais que faire de^ autres enfaus qiii portent tous le mêine titre que l'aîné? Car en Allemagne tous les garçons et toutes les filles portent, en naissant, le* titre du père, dételle manière que les titres sont multipliés à l'infini. Je connais beaucoup de famiU les titrées où, les riches fiefs l'aîné, il ne reste à tous les ai modique revenu de 600 francs i o«n. La nécessité portera jsans d c^. Elle fera supprimer les fi partage, comme il a été conseï provinces qui ont profité de leur réunion à la France, ^ triomphera du préjugé qui empêcha presque partout les classes nobles de se livrera l'in- •dii6trie,au commerce, à la médecine, au professo- 1*81* Pour le moment on n'en est encore qu'à se /plaindre mu lieu vde prendre son parti.
. .Les classes 'éclairées de l'ancienne bourgeoisie nesopt'pas complètement satisfaites non plus. Si le&'prîvilèfges n'existent plus dans les lois, ils conservant desttraces dansila distrib|ition de la faveur 'desprinces. Gesclassesoccupent bien une bonne pàr^ iliedes emplois,, mais certains autr^ paraissent leur .êiréi^iepdiiSf et elles en sont blesséeâ. A coté de .tC6Siméc3ontenteuiens..si2ggérés par d'étroites vues personneljLes^ il s'en, .élève d'autres plus sérieux. uEUes firémissent de voir leur peiMée retenue dans .les .mille entraves dont ^l'enveloppent les tortùeu- .ses idécisions deJa^diètey et (a liberté intellectuelle
(347) manifestée par la presse est aussi bien un besoin pour elles que Taisance matérielle est le besoin de tous. Elles veulent des garanties qui leur man» quent, et le vœudesiiommes éclairés estdevenu le vœu de toutes les^cl^sses.
De €es deux mécotitentemens opposés surgirait sans^ doute un conflit , si l'état du reste du pays était arrivé au degré d'exaltation ou de malaise de l'une ou l'autre classe; mais il est loin â'en être ainsi. Xics classes inférieures ne sont pas opprimées ^ans la vie habituelle, et jouissent en général d'une modeste aisance; une instruction gratuite ou à boa marché est donnée indistinctement à tous, sans que personne <lans le plus petit hameau puisse s'y dérober; les impots, bien que condidérables, ne -sont pas un fardeau pour ce beau pays ; la lib^^té privée y est plus respectée qU'Clleael'esten France; aucun employé public,^ du degré le phis hautau degré le plttsinféttieurnepeutétrerenvoyé, àmoinsde délit judiciaire, sans conserver l'intégrité de la partie fixe de^on traitem6nt;toutes lesplacesmunicipale$ sont données à unelibreélectioii,etles attributions municipales sont 4leQdues etindépendantes. Le clergé, qui aiUeur&lutte àla foisr^Dontrele gouvernement et les progrès , est ici soumia aux lois, |>leio ,d^ tolérance; et, loin 4e chercher à propager l'ignorance pour la dominer, il feit ses efforts pour élever le peuple à des sentimens religieux moins greniers. Il -y a de plus une certaine con:sclence
( 348 ) ailemandequi nedonne presque jamais naissaticeatib despotisme individuel, et quiadpucit même dans I9, pratique certaines lois trop absurdes; et enfin. les entraves multipliées de tant de douanes qui se<;roisaient en tous sens vont disparaître par l'adjppction commerciale au système de la Pbusse, dont Tinfluence grandit si démesurém^ent par suite de* l'absurdité du système commercial français. Avec un tel bien-être matériel , soutenu par quelques améliorations morales , on peut sans doute encore désirer des réformes et des réformes efficaces, car les peuples cherchent aujourd'hui leurs garanties, dans des institutions stables et non dans des concessions personnelles toujours variables. Mais les gouvernemens mentent certainement quand ils pré- . tendent redouter une révolution violenté. l.es no- ;bles ne feront pas une révolution en faveur de. TAutriche et de l'ancien système, parce qu'ils sa- . vent bien que le peuple n'en veut pas. Les classes éclairées ne chercheront pas à soulever les passions, parce qu'elles savent que les entreprises hasardent .ses ont perdu plus de causes qu'elles n'en ont gagnées, et qu'elles manquent même rarement, en cas de non succès, d'assurer le triomphe momentané du parti opposé*
Chacun comprend que, faute d'avoir nmnqué une occasion qui ne se présentera plus , le cours seul des années peut aujourd'hui, en diminua^nt Iqs craintes et Firritation des partis, en rapprochant
(349) ^es hommes les uns des autres, en lés éclairant sur leurs vœux réciproques, en leur montrant la nécessite de se voir pour s'entendre , faire de tant de passions en guerre un seul peuple uni. Maïs les gouvernemens seront-ils aussi sages , et profîteront-ils^ pour offrir des transactions nécessai^s, du moment opportun que lui offrent les ]u<^ mièresde ceux qu'ils ont rangés parmi leurs ad« versaires? J'ai peineale croire, sans penser cepen« dant que les hommes éclairés puissent se laisser intimider ou irriter par une telle conduite.
La chambre des Etats de Baden a donné à cet égard un fort bon exemple. L'Autriche et la Prusse auraient bien désiré entre cette chambre et le gou* verQem^nt un conflit qui amenât une dissolution. La chambre a su l'éviter, en évitant en même temps tout acte de faiblesse. Il existait deux points de discusr sion fort délicats : la liberté de la pres&e et le rachat des dîmes. Les débats sur cette dernière question ont été graves et lumineux. M. de Rotteck et plusieurs autres savans distingués ont mis à nu tout Tégoisme du petit nombre d'hommes qui s'obstinaient à sacrifier le bien général à des vues sordides d'intérêt particulier. M. Mittermeier s'est montré dans toute la session aussi habile président, qu'il est ferme patriote et savant consommé. Le gouvernement lui-même s'est empressé de faire, des concessions, et cette cause, bien qu'ajournée encore, peut être regardée comme gagnée. La dis*;
( 35o ) cussioo sur la loi de la presse n'était pas seulemoit une question badoise, mais, par l'usurpation de la diète, elle est devenue une question allemande;
En i83ij liimpulsion domiëepar notre révolt»-» tion avait encore conservé de sa puissance. Le mi-» nistre Berateit, qui depuis long^lemps gouvernait Baden au nom de M. deMetternich, et avak été jugé digne^ en 1818, de recevoir les confidences eontre<»révolutîonnaires révélées par k publication de la lettre^ue lui adressa alors le chancelier au* trichien, ne crtiC pas pouvoir rester à la tête des al* faires dans cette nouvelle situation politique et il avait donné sa démission. Le nouveau ministère badois céda alors à Topinion publique , devenue plus puissante par le triomphe qu'elle venait d oblenir dans un pays voisin , et il présenta enfin aux chambres une loi pour abolir la censure et ré* gler Tusage de la liberté de la presse. Cette loi fut discutée avec calme et liberté , adoptée par les deux chambres y sanctionnée par le souverain et promulguée CD conséquence comme loi de l'Etat. On laissait par cette loi aux journaux la faculté d'éviter toute responsabilité légale en se soumettant d'eux-mêmes à la censure, ou de se soustraire à la censure ^n acceptant la responsabilité légale^et dans ce dernier cas la discussion judiciaire en cas de contravention devait être publique. C'était un grand pas de fait. La diète ne fut pas plutôt infor* mée de cette émancipation donnée à la pensée dans
(351) un des^ états allemands^ qu^elle renilii un Cofielu9Qtn par lequel elle déclarait cette loi incoispatibleavec la législation fédérale^ bien qu'oo ne sache pas ce que ce peut être que la législation fédérale, quo per^ sonne jusque>là n'en eût entendu parler,, et que la diète ne se compose pas de législate»ts în«^ vestis du pouvoir défaire des lois, mais de chargés^ d'affaires des differenS' princes, dont la seule nlts*^ sion est de faire connaître la volonté dessouverains, qui les nomment , les révoquent et ks accréditent selon leur bon plaisir. Cequ'il y eut de curieux dans cette affaire^ c'est que leConclusum de la diète fut rendu à Y unanimités II fallait donc que le cbargé d'affaires badois à Francfort eût voté contre la loi émanée du souverain dont il recevait ses pouvoirs et ne faisait que représenter les volontés. Avait-il deviné que c'était comprendre ses vues, que de les contredire? LeConclusum fut transmis au miiiistère badois qui persista. Il lit rédiger les argument à l'appui de cette résolution dans un protocole d'une quarantaine de pages , et expédia à la 'diète un commissaire spécial, M. Joly, conseiller*>d'£tat^ pour s'en expliquer avec la diète. M. Joly était chargé de déclarer que le grand-duc regarderait comme au-dessous de sa dignité, indigne de son honneur, et contraire à ses devoirs constitutionnels d'annuler ou modifier, sans la participation des chambres, une loiproposée,discutée, votée et adoptée selou toutes les formes constitutionnelles, une
( 352 ) loi toute particulière à son grand-duchë^ et qui avait été si vivement réclamée et approuvée par l'opinioa publique. Il devait demander qu'on lui indiquât^ les articles de cette loi qu'on disait être contraires* à cette législation fédérale mise en avant ici pour la première foisj afin que le grand-^^due pût, ea: suivant toutes les formes constitutionnelles^ les^ metUre en harmonie avec la législation^ générale de la fédération. La diète, toujours à l'unanimité et par conséquent avec la voix du chargé d'affaire»' badois, M. de Blittersdorf, contre la demi^de' des ministres de son souverain , se contenta de" s'en référer à son premier arrêté.
Il n'est pas douteux que s'il eut existé sur le9 trônes d'Allemagne un souverain d'un caractère ambitieux, passionné pour sa propre indépenflance^ estimé par ses lumières ou resj tusytels que le furent le roi M vière, le vieux grand-duc Fréd< cet impétueux roi de Wurtembi ter d'égal à égal avec Napoléon, triche auraient mis moins démo mination , et eussent été moins exigeantes avec Ba« den.Il suffirait qu'un seul de ces trois souverains dé-* clarât nettement qu'il saui*ait maintenir les droits» de sa souveraineté, en confondant son intérêt avec celui de son peuple, pour qu'on eut reculé. Entreprendre de le réduire par la force eût été allu-* mer soi-même une guerre dangeureuse et engager
pfkrt-ôire legduvernenient attaqué à serapipder que deux puissances, l'Angleterre et la France, avaient donné leur garadflie contre toute subversion forcée, et quesi cette garantie n'était pas un d^oit pour elles <]è se tnèier ddûs dès affaires où ne les appellerait -aucune des parties contendantes, lè'étmt du moins un devoir qui leur était imposé d'accourir au premier appel; etoneût.r^doulé un premier appel, fait par ùtt Souverain «u notri de son peupfe et au nom de léttcte de garantie. M£»s les tjrois souverains qui gouv^i^ent aujourdlpii ces trois parties de TAlie-^ mj^gne méridionale sont sans doQte moins impa^ tiens d'assurer leur indépeiidsince, ou pehsent devoir en sacrifier parft>is une partie à des craintes plus présentes de réforme intérieure. Le roi de Bavière, poète et antiquaire , ne montre sur ce ^rôaCi que le« incon^quencf^ du poète et les prë^ férenoes de l'antiquaire pour tout ce qui s'éteint. I^ roi de "Wurtemberg voît*le bien, le déftre , et .sent même parfois certaines velléités de force individuelle, mais bientôt, soit des engageniensde famille el d'amitié avec la Russie , soit quelque retour de crainte contre les idées dont il se serait fait Taj/pui, soit quelque hésitation naturelle de caractère, le font revenir sur lui-même. Dès avant 1 820 il avait osé le premier, en présence de haines encore récentes, approuver la publication d^^nn ouvrage où on parlait du moins de la FVaftèe en termes convenables. Dans celte brochait [Manu"
(364) S€ript ain Sûd'Deutschhnd)^i\xÀ fit ajorsun^raod bruit, le roi de Wurtemberg était, sans être nommé une seule Ais, représenté par • renchaiaement des raisonneiyns comme Jechef-nétessaire de -la confédération de l'Allemagne méridionale, oppo* sée par le fait à rinâueuce^cr^issante de TÂutricbe et de la Prusse. '
(c I^rsqu'autrefois^ disait le pubUcisle allemand, 4'bQptarcbie ti'Anglcterre se traiiiforma en ^n ^eul royaume, <]it!felles en furent les suiles?Les fam^les cks princes vaincus par ËgbQiBt«urent des rsgrets^ mais le (en^s «n effaça le souvenir, et la pat^e fût régénérée. La pluralité des souverains n'avait valu à TAngleteri^e que la ba{^)arie, la faftlesse et l'aiiardiie. i>
Le roi de Wurtemberg av^att , «ssurait-on, «n* courage lui-même le'^tiibliciste à développer ces idées par la presse , et la Prusse et TAutricbe t^cmblittent de voir «A lui le -nouvel ^bert , qui d'une Xaîble b^ptarchie allait 4aire un corps pins compact destiné à leur résister. Elles parlèrent de tendances dénaago^iques ; elles évoqutirent leur vieille fantasmagorie des révolutions, montrèreiit partout de nouveaux Sand, prêts à traiter -tous les pois en nouveaux Kotzebue^ et les idées de fédération méridionale furent sacrifiées à ce^uV>n représentait comme le saint de TAllemagne.
I^ns {dusieurs autres occasions , le roi de Wur« tei^berg a laissé entrevoir la velléité de résister
( 355 ) ^aux UsUipations de l'Autriche et tibtia. Prusse,^ de se mettre à la tête 4eft idées ; mMs autant de fois tles considépations de position , ou peut^-étre iiae certaino timidité d^dion^ ont arrêté la facile exécution de pensées fortes, et utiles. Pour faire •luire^ sans dnogM de crise violente \ de meilleurs .jouVs-pour l'Allemagne, il suffirait à ce prince d'exéfiui9v bardiincatce qu'il avait hardiiftent conçu.
De ces trois souverains \e grand-duc de Badéa se trouvait dans la positioa la moins favorable à «iiMS Tésistance isolée. Arrivé le 3o mars 1 83a >s^r le tcôue .grand-ducal, en vertu des aft*ange* jnens du coiigi'èsd^Aix^a^Cbapelle, il sof^vit me« nacé dès l'abord de ne pas pouvoir conserver Tin* tégrîté de son territoire. La Bavière y-méconteote et foir le Palatinat entre ses mains, réclamait im* pétiemfiAenè le comté de Sponbeîm , tandis que l'Au^ichese plaisait àiaisser circuler des|bi*QiU sur son désir de lui reprendre le Brisgau. S'il n'y eut pas eu dant l'appel de sa branche à la cou* ronne un certsf n acte de tolérance sur sa situation de famille, il se serait sans doute cru bien plus fort contre des exigences réprouvées par l'esprit public de 5on grand-duché. I^otre révolution de 1 83o l'afll^r* mit complètement, en détournant ailleurs les vues des autres. Ce grand événement l'assurait contre toute entreprise, car jamais la France nouvelle n'eût permis, sitôt après sa révolution, que des armées ennemies approchassent aussi près du ca«
( 35« ) non de Stmsldur^. ^ olè» ce moment la|K>Utk{ué delà Fraucé^'eûl été précisée avec fermeté^ d, mar. chant sans arrière pensceilans le sens des réforme^ le cabinel &an$giis eût prbuvé qo'il était toujours «laiire de son action contre tout agriesseur ; si, sam se mêler de f administration intërienre des autres pays , il eut déclaré bien nettement qu'il regarderait comme ilti acte d'insolence^ loutg iâterve^tiop directe ou indirecte, toute réflexion diplomatique sur ses propres affaires ; si, loin de quêter des re^ cou naissances, moyennant salaire futur , il eût té« moigné de sa force en attendant et en montrant ainsi qu'il saVait ^'en paa^r, il «ût fait plus qu'as* surer au grand^duc de %aden l'intégrité de soai territoire, i^ût ^u i^endre à la fois aux souverains leor iadépeudance^ aux peuples leur liber^. *
La conduite du fort fui différente. Il ^ faut pas 1)^ mer le faible d'avoir cédé. Du i 7 novepn^ «SSoau i3 octobre i83a, le ministère fra^fais ées affaires étrangères n'offrit qu'une série de contradictions et de tergiversatioiis. Qui eût^pn appuyer des plans sur une base si mobile? Un seul souverain, assure-t-on, eut l'imprudence de jeter quelques mots en avant pour savoir sur quoi il pouvait compter , et sa lettre servit à témoigner ailleurs de l'inteiition où Ton était de ne pas se rendre dangereux en se ménageait des partisans. On ne maiiqua pas de répaiidre, d'accréditer, et p^utêrre même d'inrenter .le bruit de cette
(357) eomplâisance, et la cz*ainte d'une in^lscrëtion seii> blable comprima t<wites "les paroles , et refbuli^. jqsqu'aux pensées. Le$ souverains ne vouAiRnt paf courir les hasards de la gloire ^e résistent seuls y. n'avaient plus iqgi'a céder au plu» rnSnageipt, çl ils cédèrent. ^ ■ '
Ge fut da«s ceseircoostances <|ue M. Joly revinf ^ Catrbrulw apporter tes paroles iinpié^ieM^i^de U diète. Cette fois ^r^ se $oumit saus réplique^^etAK. Jqly retourna porter riujmble fidhé^ion du gte^uAt duc aux modi&<?ati9ns demandéesfi0ri y mît marne tant d'endossement qu'f>q publia de slipul^ au i^ioins Pabrogation de^ dispp^tî^tas pénalies intro»^ duitespar la nouv^pHeldi, dcr telle sorte que 103 écriyains sortt soumis à lâ fois pour la peine à la Xégislfitiondéla diète et ^ la législation d^ Bad^R? aggravation qui n'existe dans aucun autre £tat»
Une troisième quQstion^ ^ laquelle les habitaos 4e cette partie de l'AJlemagne-pf ennent un iiîtéAièt BOn moine Vif qu'à la question desdiim^s et a celle c^ la liberté de la presse, occi^pçiit aMssi la c4)am6r^ de Baden au moment de mon séjour dans c^t^e viReJe veu^parler de la gryde questionne l'ad- J4>nction au tarif prussien. Ce n'es^^as seulement lÂline question, commerciale, c'est aussi une impqptxtnte que/>tion f^oli tique. Les cabinets l'appnient dans yintérêt de l'assurance mutnelle qu'i)s.&e doj^eront ainsi les un^^les autres; quelques homip.ijs çplairérta rqpoujsswt parce qufc c ©st un moy€n
drassct'viâsemerft de plus fourni par la Prusse à chaeu» des souverains, jusqu'au moment où elle pourra Élire pa^er la domination exclusive en ses propres mainsr
Malgré ceTte opposition de quelques esprits prcloyans^ le système prussieà prévaudra cependant^ par l'effet des raisons même qui le feraient' combattre en d'autres temps. Peuples et souverains ne sont pas faehés de se venger de ]^ France, qui a e(^ frajé lesuns/déçu les espérances des autres, et qui s'obstine à femttr son territoire à tous les produits étrangers j on veut l'exclure des roarcUës de l'Eur* vope peur la punir d'exclure VEqrope de ses marchés , et on ferme les jeijc sur les dangers politiques pour mieux goûter tout le plaisir de $e ttiontrer plus éclairé qu'elle. Il faut ajouter cepen^ dant^^que ces idées toutes personnelles ne contrihueront pas seules à l'adoption de ce système ; il s*a|>it aussi de donner par-là un plus vaste dévelojjpement à l'industrie et de jeter les bases de cette liberté commei^ciale que réclament les lumières des savaus' comme les vœux des peuples. Quelques états en Souffriront momentanément^ mais h masse ^ gagnejja , et si on parvient à obtenir de la Prusse une réduction dans le tarif des marchandises coloniales, il y auVa augmentation .de richesse pour tous. En considérant l'accroissement céellement reniai'quible qu'la pris la navigation du Rhin depuis qu'elfe a été dégagée de toute
entrave par suite du traité conf^u, le 3 r mars 1 83 ty entre les états riverains , on sera aisément en état d^appréeîer teut le finiit que^J'ÂHemagne pourra çetirer de la Uberté de commerce, et toqt ce que la France perd à ne pas l'accorder à pix>pos. Je cite des cÈifïre» officiels , et je prends l'année. 1 832 comme la •plu&ré'cente parmi, celles sur lesquels les .on. a^ dés données complètes.
Commerce en amont du Rfiiu.
i^ 11 est arrivé de la HoUaYide ^ui„i.„x (,> parEmmerich. î,789,68g^
iy^i'j^oii quint, sont en denrées coloniales et produits hollandais^ et 343quirit.engraiiisdelaBffltiquepour les approvisiounemens militaires de la Prusse rhénane et le corps prussien, d'observation de la Meuse;
2^ Il a été ekpédié par Coblence , vers le Lehen^Mayence, Francfort, le MeinV le N^ecker , le Haut-Rhin et Vd Suisse «..,.. î,^B2yi5%
3^ Il est donoit*esté dans la Prusse
rhénane et environs ^ aa-dessus de
Mayence 537,5a9
Depuis les dm dernières années , il y a eu augmentation de 86i^656 quintaux pour les eutrée$>
(i) Is qtiintal a 5o kilogiamnies.
( 36o > par Eranierkli , et de 43ot733 pwr les ^jorlioa par Ço))}ençe.
5?. |l ç« a «té cippédifi v0rs fe\jMein et le HautrRhin. • ^ ., ^^^jZS^^^^k,
6"? Jl esA donc rallié à Mayence ^ mvirons . * • . .^ . . • • ; i38)ii5q.o4k.
^augmentation depuis les dix demière$ antiées est de 244y4'6 quint. o5 k? pour les arrivages à Mayence, 'et de i,5^7 quint, seulement pour les expéWitkms..
Cç deifiier chiffre est peu consî()érabli@ f parce que la suppres$iaa de (a relâcha fc^cée, établie auparavant , a permis ai^x ports situés au-'Sessas de Mayence de faire pa$3^r ddi>out devantHayence leurs commandes et leurs transports.
7** En effet, ont passé debout devant Mayence vers le Mein et le Haut-Rhia^ .... 456,756 q. i:3L Sur lesquels la ville dç' *
Manheim a reçu les si/5.
Commerce en ai^al du R/an.
8^ Il est passé debout devant Mayence. . . • 370,066 q. f^ k.
9** Il est arrivé «1 Mayence. 612^211 q. 01 L lO^IlaétéexpédiédeMayence à la descente du fleuve^ .... 463yp59 q-^ 43 k-
u"* î)ç§ arrivages dft HaW- Rbin, il est donc resté dans le pjays de Iîe;çse^ ..•,.,., i49}i^^ q* q3 k.
Il y a eu dçpuia 18311 augm^ti^tipii i)is
l î^** Mayeaee 9 reçu en grains 3 1 7,^8 1 5 q. a6 fc. 1,3* Il a paw p?r CoblençjB. 1^1 afe>,Çrt9 q* ^ 14° Il a pi^ssp par Enimiçjich^ frontière hpUauifeise^
pru5sieiipe, . . . 3,934,749^ q. ^
Y coujipris a^goo^oca q«int. de bouille p^M^ siçnn^ , ei^ pemplaçeoiwt des bouilk$ de la Belgi-
iréeçnHpHande.
is cpp^i^erciales.
%\X^ d^'Vpi^G sur
i ^e^y}Ç!d^ur le aospoiteçty an-
à ladescerffe . . 1)8^000 v^yageurs^ à la reiûîTOte . . a*kfÇùQ
En 1 83o , par exemple , 1^ coippagnie a perçu 1 34,635 écMs <Jo Prusse çoulila ti^ansportde^ voyageurs, et 746i^cus poiv* le trapj&poild^ 171,836 quintaux de marcha»4!<5es et yoi^u(-«s.
On cpmpt^ à peu près i i,aoo^ ?a,paQ b#elier& employés à la navigation du Rbjn, •
Les dévelpppeméns «^e çpipçwfi^ f^ 4^ ia navigation sur co be^M^^uv^ ^ont i^^ 4^ wgsesles
plus directes de la prospérité des contrées situées, sar les deyx rives.
L'âdoptioa du tarif prussien éloignera le •om^ merce français des bénéfibes qu'il a faits jiDsqu'icL proportionnellement à cet accpoisscment d*àcti- ▼itëy et particulièrement en ce qui cpUceme la: ventjB du sucre et des denrées coloniales^ dont no«s approvisionnions une partie de PAUemagne. Déjà plusieurs états s'étaient pour «ainsi dire incorporé» à ce système, en y adhérant complète» ment. C'étaient :
Le grand-dijclié de Hesse^ i4 février 1828I
Reuss Schleiz , «Reuss Lobensteiu et Ebers* dorf. 5
Principauté déWaldeck.*
Lippe-Detmold j pour trois
Principauté de ScbwarzSour
« tiës orientales. «
Saxe-Cobourg y Gotha /poi
Vôlkerodè. ^ • - •*
Saxe-W4âmaï*y pour les bailliages d'Âltstadt et
. d'OldîSlèben. ' ^
Ânh!l^lt-Bernbaùrg, |^oethien/€)e3sau.
Bbsse-Gassel. '^
JSt sut h rii^e gauche.
Hesse*Hombourg y pour Meisslenheim* 3i décembre 1 8^9.
Oldembûurg^ourBirchenfcld. 24juil. i83q.
Saxe-Cobourg/^ôurLicfatenberg. *
Des traités de eommeree et cfëchange étaienl £iits en méiiie temps par td Prusse avec la Bavière, le Wurtemberg et les deux prinoipdutës de Hoiien* zoUem le 27 mai 18^9, et ayec Saxè-Meimûgeu et Saxe-Cobourg le 4 juillet 1829.
CeS traités étaient préparatoires au traite d^a*^ nîl 1 833 avec la Bavière, le Wurtemberg, les deux prtnmpautés d^HobenzoUern, la Saxe royale^ et les maisons ducales ^ Saxe et de la Thuringe.
Le 10 mai i833 la Saxe ducale et grand«ditc&Ie, et les principautés de Sch'vmrzbourg et de Reuss^ fermèrent avec la Prusse une réunion particulière sous le nom d'Union des douanes de Thuringe , dont- le traitjéliit conclu à Berlin, etlelendiBmain il fot signé un second traité par lequel cette réuttion se réunit au système dSi douanes conclu entre U Prusse,' la Bafière, la Saxeroyall, le Wurtemberg, laHoslè électorale et Isf^i^sse grand-^ueale, de telle sorte que le système prussien coupe transver* saletiant rAUemagne depui^ le Rhin jusqu'à la Bohême et la GalUcie, et que la Prusse peut établir sea droits de transit, de manière à empêcher le nord dWtlemagne de communiquer avec le midi par dkutres routcs^ue celles qui seront favoiiaéi^ par 4fei Prusse , c'est-à-dire pai* jMUgdd^Ufg et l'Ëlbe, et par Cologne et le Rhin. .
* Le système tend à obtenir pour les ))rovincfls rhénanes de la Prusse lo monopole^de j'approviaionnementdes denrées coloniale dans toute TAl-
(364; IjQiQfigQe luéridiofia)^ et ^elui du produit do ses ÊJ^riqu^s^ 1^ pienûèrQs ^ le^ plu» avv^^aée^ dani»^ Ipqte rAll^in^gpQ , ^t à lui a*$urer:
I ^ 1(01? dfihoucUé^ daf» Hm$ les pny» fédëi^}
a"" Lesdeboupbéâ eiclu^i&dans oeun^de s69 pd]^« qui neAMt pas cOi9pmdft|i9la féA^ndôn g^rma** mqUCf ^f^ui ao«t par i^ooséqu^ot eu dehors de IfitisaQcialiofi^ G^id^^pièi^s prQndcesforiifi^4Q«* viren à elb^^ $etib$ 4 noillîms dUiabitaaa, ?t cW |ià pa^s tout dh ooJiamnnatioKiy tandis, qu'elle ne place daôs ras^omUonque-sespa^s de prod^uotîoa* Les âoiêriea d'Ëiberfeid , de ^araun, l^a indiemîsrt ^lc«^ $eroM desovnmia les seules qui auront coor» libre ea Allemagne. On évalue à ^p^.niillians éa frases le domtnagé qu'en iressèntira le comioer^ «ëul de LyoB.
Les roBséquences politiques sonf encore plus gvayes. Cest d'abord qa'^stàme de protection qui préoàde le^ystème de conquête. La Prusse ifpro^ tige pendant au ans Daptzig. On se feçonnertà ses lois; on s'habitue i 8€s^ îûstit^Uona, demanièi^ k rendrç imperceptible la transition entre la^pfoteotioa et TadjoBction ç ^xTadjoneticEn finit même par poraîti*e préférable à un ëtat ^termédiair#qui & ses ÎMertitij^s. ' **
Sans en ^voir l'apparenee, cette assoqatèon pbr-tera tot^ours en ^Ite une réalité pc^itique. Attaquer 1|b ëtat féd^é pour un démêlé particuUer, œ sera porter atteinte à Tîntérôt de tous; parce que
CQ sera rompre h Ugi^c de douaoes. 'îi^us sàrà donc forcés de marcher d'adcOrd, sou& uue sèûlé volonté^ et cette volonté sera celle de la Prusse. On met par là à la disposition de la Prusse , toutes les ressources des autres^ états ; on les empêche au moÎAS de. disposer de celles qui leur appartiennent. La Prusse fait ainsi des conquêtes par les intérêts matériels» Elle fait de la politique par le commerce; et cette honipgénéité de lois et d'intérêts qu'elle va intro(!uire,remplacera pour elle un territoire compare qu'elle 14'^pas éiicore, mai* qui m saurait lui échapper long-temps. Qu'oii joigne k cette influence commerciale celle que lui donne son organiytion tout^ militaire, et on ^ o<)nyaincra de plus en plus de l'imminence de U domination politique de la Prusse sur toute TAl* lemagYie. La France et les états voisins àpprèn* dront alors à mieux juger le grand acte de la confédération du Rhin^ par lequel Napoléon voulait éloigner ce danger. J'aurai à parler plus tard de la forte organisation de ce paya, mais je rapporterai ici en passant une letti*e fort curieuse, sur ^authenticité de laquelle on peut compter. Le grand-duo Constantin, en écrivant à M, d'Anstettj ministt^ de Russie près de la diète de Francfort, indique quelle est en Prusse la forcé qu'il redouté contre l'affermissement du despotisme, et cettQ crainte prouve ce que la Prusse doit espéier de force et de vie, d'une institution qui encourt la
(366 ) kaine de la Russie. Je copie lejctuellement, en laissant les fautes de français.
Fragment dune lettre du grandduc Constantin à M. dAnsteU.
Il/ Ski décembre i83o.
L'indulgence avec laquelle vous avez toujours accueilli mes opinions et mes raisonnemens, nion cher Anstett, dans toutes les circonstances et durant tous les évënemejps de natre époque, qui est si féconde, vous a porté de même à présent a ne lire avec attention. Je vous en remercie bien sincèrement. Malheureusement mes nrévisions s'accomplissent partoutetsur tout. Ne voilà-t-il pas aussi que Berlin en fait des siennes , et malgré que la Staats* ZeUung et notre confrère veulent bien en pallier les faits, le bout de Toreille perce. Je le répète el le répéterai toujours, que durant le règne du vénérable et respectable roi d'à présent, il n'y aura rien de conséquent ; et veuille le bon Dieu lui accorder une vie des plus longues, c'est le vœu le plus sincère de mou cœur fidèle à mes maîtres, et à leurs amis. Mais tout étant roi, on ue cesse pas d'être homme, et tôt ou tard, il faut bien payer le tribut à la nature. Dès ce moment, je ne réponds plus de rien. Leur maudUe institution de la Landwehr est une révolution armée, et le ministre Boyne, dont c'est l'invention, est, à mon avis plus
(.367 ) que coupublc d'avoir exécuté un système sembla-ble, par lequel le vieux soldat est entre les mains des perturbateurs, et la recrue entre celles du roi pour s'y opposer. J'ai parlé avec un individu de ce pays, qui m'a dit en toutes lettres et dans un moment d'efFusion, qu'il était heureux de voir dans leur pajs des soldats citoyens en opposition à des mercenaires, et que c'était une garantie pour les citoyens enve|« le gouvernemeot. Jugez de ce qpi a dû se passer en moi, entendant un exposé semb^ble! D'une Landwehr à une garde nationale il n'y a qu'un pas; de celle-ci à une garde urbaine; et de celle-ci à une communale, de laquelle la république es|p un demi-pas... Souvenez-vous de ce que je vous ai dit en revenant l'année dernière de Bruxelles , et de l'apologie que m'a fait dans ce temps le roi des Pays-Bas de son invention des gardes communales. Comme il n'a pas daigué me demander mon avis, mon devoir était de me taire et d'écouter. Mais j'ai pensé, et je vous l'ai dit, mon «her Ânstett, que je craignais très sérieus^nent que cette belle invention ne tourne contre l'inventeur. Ma prophétie s'est réalisée plutôt queje ne le croyais. Ci-devant un factionnaire se faisait respecter d'une populace entière, étrangère aux armes, maintenant elle y est accoutumée et l'on ne voit que lutte. Un sou de tocsin faisait réunir des paysans avec des ustensiles domestiques pour armes. Maintenant Ton les réunit en troupes organisées qui en sa-
( 368 ) vent plus que des recrues. — Que Ton ne me parle pas y et que l'on te me fasse pas d^objection ^ur ce qui est en Autriche. Leur Landwehr est composée de vieux soldats ^ après i5 ans de service actif et de tourmens. Ce sont des dènii-inva^ lides et non des blanc-becs après 8 ou 5 ans de service. Telle chose est bonne en théorie et né Test nullement en pratique. Mes hommages respectueux à madame d'Anstètt et à tous les expressions de mes anciens sentimens. Û. I. C/
Cette lettre me paraît parfaitement juste dansses aperçus. Je crois en effet la Prusse organisée de manière à n^être bien ou mal gouvei*née qu^ sa fantaisie. Si elle u*a pas jusqu'ici clierché de gânulties dans lés institutions, c'est qu'elle les trouve dans un souverain qu'elle estime (i); mais elle saura
(i) En pdrkut de la confiance dès Prutôiens dans le roi ftotuei y je ne veux pas oublier cik rapporter urte lettre de lui. Le règne de Frédéric-le-Grand avi^t accoutumé le$ Prussiens à une liberté presque illimitée delà presse, sui^ tout si on écrivait en français et en bon finançais. Son successeur, qui donnait beaucoup depriseà l'attaque pstr^onadtnînrsti'atiou y se montra beaucoup plus sévère. Lé roi actuel hit fM-i libellai à cet égard dans les premiers temps de soft l*ègue. Il est vrai que tout cela a beaucoup changé depuis, mais les Prussiens ne sont pas encore arrivés à comprendre tous les maux qui naissent de la privation de la libeiié de la presse. Dans Tannée i8o4, un journal westphalien s*étiût plaint hautement des administrateurs des domaines
( 369 ) se proeqror des rnstil^ftions appropriées «'son hutneur, lorsque cela hji semblera nécessaire. Il est donc facile de prévoir l'avenir que lui réserve ^oa ambition^ appuyée sur des institulions conformes au génie dit peuple et «ur Tinfluencc de son sys^ tème commercial. Après tant defautes commises, il ^tait entoile possible (le retarde»-cet agrandissement delà Prusse en contractait avec la Bavière, le Wurtemberg, Bfd^, par réc];iaiige de quelques obj^s
-royairx qui , tîisaît-il , avaient laissé «nçont diwis un ét«it ' de decaderMEe qui en renc^it le passage dangereux. La chanibre des domaines se plaignit au roi de cette iftter- -ventiorf ln?cncieiise c^ la presse dans lesÉiffaires fqdminis- Iratives, et démoda ia pd^iition de Técrlvâin. Toici Ja réponse du roi ^
.ce II s'agit uniqueiii^ntdâ AiVQir si \es plaintes faites par le journal sont fondées Su non. Si eltes sont fondées, vous dewiez plutSt remercier Tauteiy que de vouloir l'exposer à quelquevembarjjis. 9i elles ne-jont pafsfoipdées, au cas cil , ce qui serait la meilleure voie à suivre^ vous ne jugeriez pas à propos de rectifier la fausseté de ^all^gation^ vous pourrea; le poursuivre régulièrement devant une ,coui**de justice. Si on*s!opposait à un certain degré de publicité, il n'y aurait aucun moyen de découvrir la négligence -OU l'infidélité des employés ; celte publicité est la meilleure garantie, à la fois pour le gouvernement et le public , contre Tincurie ou les mauvaises intentions des autorités inférieures, et mérite d'être encouragée et protégée. J'espère en même temps que cette dispute ne vous fera pas perdre de vue l'affaire principale , qui est la rcpajation du pont. ce Berlin , 20 février 1804. »
de conAMftiffiaiioQ rccipcoq^e ; on l'a fait avec Nas* ftau pour ses eaux minérales ( i jamais TafËiire est trop peu importante pour ai^er la marche de Tagrandissement prus^n, tandis qu'en se liant avec de plus grands ctats^ ontnterrotupait toute Féconomie de leur accession à la Prusse, et on liait ecs états eux« jnêmcs sinon à nos'iutéréts, du moins à ctnix que nous avons en commun contre d'autres. Il faudra bien en venir certain^ont à cotttractfr aussi avee la Prusse clle*n>ème, ipais les conditions eus^nt été plus favorables si elle eût eu à traiter isolé-* ment, que quand elle parera au nom des intérêts de ^5 millions' d'babitansf lleniinds. Rester dans le système actuel est impossiI)fe> ^t en différant (fen sortir, la France s'imposera des embarras de|]3us. (a)
(i) Leduc de Nass«i 'ayant rpmarqné qu'en stipulant la diminution du timfdes eaux de SelU, il ajifait, par suite des habitudes de notre aéminist ration , stipule en faveur de tous les autres propriflaires d*eaux^rti obtenaient ainsi wn avantag|2 sans le payer , trouva un prétexte pour faire annuler ce traité.
(2} Le traité commercial proposé par la Prusse esjt un pi-ogrès européen. La Prusse , livrée'tout entière à Tindustrie, se montrera moins disposée a se jeler en aventurière dans toutes les guerres. Elle sent qu'elle s'agrandit sans danger par l'union commerciale , et la mort même du roi actuel ne saurait interrompre la marche régulière du pays ; son successeur serait forcé de reconnaître l'empire de ces nécessités, soit par sa volonté, soit par l'etfet de» nouvelles institutions qu'on exigerait de lui.
Hï;iDE[.BERG.
Je me promenais un jour ssur les bords chariliansdu Neckar qmorneHeidelberg. Je rencontrai un paysan d'une treiïtaÎBfi d'années, occupe à l'accommoder et à regoudronner son bateau, et je m'arrêtai quelques instans à causer avec lui. Il ne lui fut pas difficile de voir S mon accent que j*étÉiis Fran4jai8;41mele demanda. Sur ma réponse arfBrSiative :«£t pourquoi clonc,Monsieur, me dit-il^ ^^iiand vous autres Français vou§ donniez et ôtiez deè couronnes eu Allemagne, ne l'avez vous pas mieux remaniée qu'elle rte l'est, et pourquoi nous avez* vous laissé tantcfepripces? — Mais, lui dis-je, 41 me semble que le Saint-Empire en tombant^ a entraîné un bon nombre de princes dans sa chute. Au lieu decentaineset decentaincsde petitset grands souverains, vous n'eu avez plus que 36.— Eh bien, 'Monsieur, me dit-il, c'est au moins 35 de trop, ^t quelques-uns disent même 36. — Vous êtes bien vif, mon ami, lui rcpondis-je, et du fond de votre 4)arqUe indépendante vous croyez facile tout ce -que vous rêvez en voyant couler l'eau; mais voussavez à peine comment vous auriez voulu vous-même vous appeller dans votre nouvel état avec ou sans un roi. Est-ce Prussien, Autrichien, Souabe, Bavarois,Saxon? — Allemand, me répliqua-t-il.— • Mais
d'abord ce n*est pas aux étrangers à opérer sur vous une telle transformation poKlique^dont, après tout, ils pourraient hien être les premiers à se repentir; ctr une fois bien forts, conmie vo» êles ua' peu '^erellenrs, vous pourriez bien dan^ vos rêves mettre rambîtion en ppqmière ligné.-— J'e^ père bien aussi, me ^t-il, que nous y arriverons tout seuls, mais un peu d^aide fait grand bien. — Un peu d'aide ! mais c'est un immense effort, un effort au-desausllB la puissance dfin seul peuple et d'une masse désordonnée en révolte, qiri seul poutrait fai^^e espérer un tel résukat. La France est eu dehors et veu^ y rester; et quanta vous,. je ne vous crois pas assez fous pour vouloir sortir d'une position médiocre mais 4brt strpportable et aller courir des hasavds incojpnus^u risque de tout perdre^ car enfin, ils se'^tiennent^ous ensemble ce& princes que vous croyez si difficiles à déraciner* — Bah ! me répliqua mon obstiné batelier, vous croyez cela, vous, parce que vous ne voyez que le dehors. Tenez, ajouta-t-il, regardez bien ce bateau que je viens de raccommoder; il a l'air tout neuf, maintenant qu'il est bien chevillé et regoudronné, mais au premier choc je ne puis en répondre, car les planches sont pourries et le clou n'y tient pas. £h bien ! mon bateau chevillé à neuf et goudronné par-dessus c'est notre Allemagne. »
Les idées que m'exprima mon batelier dans notre courte conversation sont assez semblabtesi
( 3>3 ) h celles qui anhnent Tes étudinn^ de runiversile, qui tous afissi demadlhMit Tuaité de la patrie atletnancle, et que les gouvernans aceusent de la vouloii' assez iudif{i#*eminent avec ou sairs mooapqu^ Pour bien Jttger Tesprit de- cette, stu*dieuse jeunesse, il faudri^it vivre a^p^ ^le, ou du juoûis h voir agir beaucoup* plus long* temps que je ne Vài fait. J'ai fK)uva|t i^pssë à Heidelberg «t m'y ^îs plusieurs fans ilFrété quelques jours fiçuxtit admireras Iieiles raines ou profites de sa belle Siblic^bèqm; mais s'il suffit de quelques jours pour -vdii* l^s choses, il feut des mois et *des anfié^,poMA*^^tudier Ifô hommes^ Pour donner sur les ^uctians d'^eidelberg des détails qui pus- -^eut insHk-esser, jj^faudrait^que je parisvsse d'après bs autTM^ et Je*' n'écris, que pour reproduire mes ^«ipre&lpppessioDs. ^ ^
Ep passant à Heidelbergt dans les pr^piiers jeiir» d'oeiïobré rSSa, )4 descendis à la même auberge o^ était descendue ^u^ilques jours aupara^ yai^ madame la ^uchesi^^' d'Âog^oulêine. lorsqu'on ih apporta Je livre des étrangers pour y écrire mon nom, j'y lus k note suivante:
Ual«. Noni|^ État. Demouie. Deslinatioiv.
•tf^ept^ C>=^ de Maro*. S. A. R. lu D^m^ d'Angoulômc. La Fiance CarUruhft.
fcSSa. M'ilt' dAKosny. S. A. R M«Ht> de Uen/. n »
Mme iaV>«od' Agonit. * »* » w
M leM'* de Conflaus.* » »> m.
-M«lle Vaclion. n » »
L'aubergiste avait été averti d'avance de l'arri-
( 374 ) méc de mailaiDe la duc^hesse d'AttgoulêUie, et avait disposé toutes ics ^n^^res^ul lui étaient destinées, de mauièt*^ à méi'iteri à. ce qn^ croj^ùt^ sa sati^factbn. Ua taf^s était fiUcé . àfi^s, la cbttiçbre qui kl ét#t doitî^ ; «^ le au4an|r eonti«ux^uhergiste avait fait ujte coafu^îoa daq$ l'histoire de Fraiiee^ et 1^ làjjfis qui orQ|ît 1^ chambre de madame k dauphiiie.étak4...tHcolDre^ Qu'on juge du mé^ntentemeiit de iMdame , h dauphj^ne en eutrant ibins ceUe ^luxibrcu £Ue«Ae vouliit pas y coudier, et pfit Ic^liaoubre destinée à mademoiselle de Berrj^ en cédaul' k «ienoe à ta jeune utèce qui n'était p^s encore U^&Sfée par âbf répugnances si vives snr l'esprit de sa (nutei^^Ce fut cette même chambre xlaos Ia(|^elle p logeai^ ^ c'est ainsi que j'appris du sotnmelîer ^fi m'jr ac» compagna Fhis^ire Au tapi& tricolore ^ont ^jUbp^ était encore revêtuc*-
Si j'écrivais un voyage^^ittortsqtre ^ jie^ ne nguio* qu9*ais pas une si ^helfe occasion d'écriq^ de trèa hrillantespagessyr lesjrqines duj|:omantii^ chaton d'Heidelberg. 11 est situé sur une hauteur^adossée à de grands bois et dotiiiiie la vine et toute la vallée du Neckar dont les jcxellfs eaux et le ppnt loger donnent tant de grâce à tout le paysage. Oa passerait des jours entiers de délicieuse rêverie à errer au soleil couchant a travers^ces salles antiques^ ces appartemens si éclatansde luxe autrefois , i^i--^ jourd'hui à moitié écroulés^ et dans lesquels la
(375) fiwêt voisine soniUe avoir (nit irru^tiotr Acliaque étàg«y sar les parquets brisés , le vent a iraas* porte Que poussiez ^ 'fécondée plus iainl par leâ germes des plantes ou des arbres arrivés sur les ailes des orages, et à chuquepas ou i*etrouve de ces inerveille^ décrites dans les contes de fées. Brûlé une pi^mière feîs par ordre de Louis XIV ^ avec le i*estedu Balatixilit, leciiâteau d'Heid«^berg fut une seconde fois détroit par un incencHé^ fortuit. On j cecopiiâît tous, lés genres d'arcfai^^yre depuis.la tour gothique jusqu'aux élégans arabesques ;de la renaissance y depuis l'enfance de l'art jusqu'à sa corruption par le maïuérisiné du 1 7' siècle» Après avoir passé la porte intéri^re, on trouve à droite un bâttmeftt destiné autrelbis àTéconomat. ave6 un avâfit-corps soutenu de quatre Kelles Colonnes, qu'on d^t avoi« ét4 ti^nsportcc^ dans ce lieu 'de& débris d'Iufelheisi , célèbre palii^s de Chartema-: ^e près de Mayence/décrit^'av^c tant de coni^ plaisance par.£gfnhai4l. Depuis le dernier iiiceu« diç, le jardii*' du châl.eau avak été complètement abaj^^nné^on Ta %auvé eu te donnant à Tuui* veft^Stè pour en faire ifn jardin hoUntt}uey et c'est amôûvd'hui tiue dm plI^^ agréables promenades que puisse avoir même une graudo vUb.
l.*u»iversité d'HeideH^rg est une des plus célèbres de l'AUetnagnc; et de tout temps elle a compté Ips sa vans Ic^plus distinguais parmi ses professeurs^ Ett i554,01impîa'Fulvia Morata, femme du mé--
deciivGi^imillér, allait y ouvrir if^ie chaire.de 'grec^ loi:s4U*ol!c motiri4|: ; ce^ qui eût flonné une physiouoiiiie |4us. ejtceptioiiiiclie k Tuaiversité. Le ref§r* witwr Mel«ttèlii<Hi; y avdit commence ses étndes h Tâgc de i I au$,.et^G fat-là que Luther fît con^ naissance avec lui d^ns un voyage xju'ilfii à pied de Wonns à Ifeidelberg* Fondée âits i386 ^ elle grandit proniptcjiieftt en renomméi^ et o^a jumais cessé ^depuis (H6tt*e regardjpe comme un des prem]^si établis|et»enà de TEurope. tJne biMiôtl^què y. fut formée dès sa/oadaûony et dans le i5* siècle^ ladjonction de la biblix3rf:Iièque élecloraîe , "et sur* KkJt jc'don fait p6r îean d^Dalberg, évéqoe de Worms, des manuscrits de sa propre bit)tiotitè^ (}ue, ia mit au r3ng dei meilleures colltctions' publiques efl AllAiagne. Les i5** et Y6* sîècfes sopl Vtiné bpilkrifle de l^uuvei'sit^ camt^^e de l^J)ibIio^ ihèque d^Heklell^rè. A cette épai|ue qii comptait jRiraMles professeurs qtfi y attira^ient la foule, RodtJ^ phe Agdcol^, Jean C]Ècolaifcpade;Ji^ii'Keuchlian^ ort^é pour ^a science comy* de l^Spplre , J^n Trithera , Ja<îtfuçs Winipfljin^ L'évêqtie' Jçan de Dalberg, qu#^û.î'liiit ch^celierdès 14^1"™'^!^ encore une ^tivitt nouvelle îen attifant d'^W savans dansiïetfct ville des sciences. Sur 1^ fin de ce siècle, il créa avec Coniad Celtes Ife première^orlÉtf scientifique.allemamie, connue sous le nom d'Aca* demie Rhénane des^sciQ^pes.XottradOessneryjVlar^ titt Crttsius, Pierre Reland / UWch de Hutteâ ea
(377) étaiient iraeniBres. Â aucuiiCiépoque on. ue vit rcu*^ m iJansune même ville un faisceau si brillant de lumières. La pn»c de Constàntiuopfe en i453 , en dispersant' les Byzantins, avait éveillé les sympà-^ thi^ét appelé plus vivement ratlentionsur Tétudf^de leur langue. Une chaire de gvëê fut âjoi*tée aux autres ctiaires dès la fin' de ce siècle et donnée au frère de Reuchlinn, tandis que l'iniprïmeriq <jpthmençaità multiplier lesTacilités de renseignement. On b^ cessait pourtant pas feùçore de iaire faire des copies mantiswites des aute^^s classiques; c'était surtout en Italie, où Vécriture ^'était conservée pure et beUe*que^'exécutaient ces copies; ce fui li aftàâqugTurroi publiiis avec éfé^ance les prem!ej*scU^i^u^, pendant qu*on ne s*ocqupait en Allemagne qu'à muUiplier*^ar* les moyens bouvêàux les pQgtilték, les cofiM|{p{|taires , les gloses stir rÉcritUFe sainte ou Jes jp^ints* pères. Jean de t)g1berg; Ses son séjour à Ferrare der* 1476 a i^'j^y à Fagr de a5 ou àG^ans^ âv^it employ^^n bon non> bvG^ de* copistes «t acheté beaucoup de manuscrits. J'ai indiqué, fn parlant de là ©ibliothèque^sla ville de S.-Gall ,4iïti beau manuscritide Vk*gile écrit par ses of*di*es. Élu en 1482 à Tévêc^ié de Worpis^ *il ouvrit s«t riche bibliothèque à tous les savans , de Tuniversitç' do^J^if était chancelier, de l'académie lîes^sci^cesj^et mêmedei villes éloignées. Il Kavai^ pkicée à LadenlMirg, à^deux Keues d'Heidelberg, et y avait réuni la bibliothèque de l'abbàye de Lorsch,
si détèbrc {lar Taul^uilé de â^ maflusiprits. ^nt histoire de dtte- abbaye ¥a jusqu'à dire^c^de pariflî^ ce$ mawiscrits^ s'en trou vaitiiu eoi^tenant leso&u!i^re$. de Yirgile écrite^ de la inaiu même du. poète ro# rajùixl ExeU^lajf- unum manu j^prii Firgilii Maronis ^MscAptum. Ce mcrveilleul ihaiitt8a*it^ le plus prëeloax assuréineQ( de^manusct^^. était sans doute d*unegrande antiquité poumvptrdaau^ lieu à une |)ai#ille s u|j position ; mais il n'existeaujourd'hui rien de^sembfàble ni dans la hibUothè* que de la fannUe t)aPerg^ lj[ue fax tiUtée et MiKsitée, ni dans celle d'Heidelbèr^, dws laquelle ont été versées toutes les richesses manuscrkes et imprimées dc^a bil4îothèAuft de 2ean de DàrlbéiPg^ Même sans ce trésmr fabuleux j \% collection de> Heidell>érg était régale ccîntnl une èb plus-raires de TEurope, lorsg&e^ rfansj'ànaëe i623yMa!iH milien, duc^de jBavièpei s'étflitt emparé du'Palatv nat4|ue TilUfsoo général, avait ineeiidié,£^ don.au. pape de tou{,e la bibliothèque del'universitq^^ qiil alla^ dos«le ryulf^ ^^^ssir les trésors de la Y âticane , Maximilien ne rései*va que quelc[iies maauscfrit& pour la biblîoltièque de Munich. 11 .é^fit difBclIe de* i^éparer^n si rude échec. On parvint toitfeibis, à. force' de zèle^ ^ s£ procurer du moins les livres utiles. On désespérait complètem'enti^ forcer jamais, le pape à une restitution, lorsque ^iva ta réaction légitimiste Je 1 8 14 et de i8] 5. La ^ance ayamt été forcée de rendi*e les tabteaux , statues et ma*
«ps€iûts4ûiiil la cessioa^vs^t soutetit été la sente 4xincUiibtt d'un trajlé de paix , Roîdellberg réclama tdu pape rj^^ervation d'un acte de re»tittttiM <fBe ; le papedrécldmaStdelaFrance JLepapé balança beattcoù p et se récria sur la prescription, si^i^ resp^ ^ àl'J^iseiPurla n^ssîtépiMirluidecaQserveroi^qui 4li)e fois a été donoé par d^s motifs religieux, il ne ftiroufait nuUeiaentîttstepaur Reme sinfe reslitutiQH
Î id[. lai. sembUt si Juste ponr la Fra^. Maison aîaait tAiU poiir lui qu'il luifaUtit bien Sàitn aussi qoelquecko^e pour kfl droits anciwft dont i6i5 proclamait le triomphe^ Il s'e^écuia^ coaisentitÀ i^eifclre non pjaf^ila tot^M^ ipais une parde di^ &>t^ iyt^T^âs^anre et cc^p^Pée île gSa mjottsçhntsu Le l^^iiçan conserva les ma^i^scrîls les ^pltis fw- .cienf||«t ^ivtqnit les iirnl]^, grecfi^.Iatins eti&aiibaxi. l^bonnpfnbre de ipan^^hsaUfiitecidsÊ^^ t^é,,et 9 été beyreuseinqnt Spl^fé depuis [(^r^ ardj^is et^vans inyesl%at0urf de llwtÎKiu^ lîMérttare teotofi^iq^e. M^ WilK^Pi daus son liistotve.de labiblipthèqued'H'ei^elberg^ a doboé la notîoeide <fe%.ii^^nu3crits r^ççu^ «d'une manière si inespérée «ifc ia YatK^A. Ils i^o^t totis redfeniiés dans >nne Vieille cl^mbre du .jrg^nle-cbaps^é^. ire bibliodié- 43airea eu la ^Hp(plai£||nci^ de me pormetlare db fcpna^lter ceuxii^ <m v^ww<:ti^ qm pouyaieiil m'intére^ser, en me s^v^n^t toiur àitour dAicatakh guc de Wilken et de ses propre^ indications. J'in*^ diquerai sommairement les voliuiies qui m*ont paru
é^viv le pl«$ d'iulérêjj^ à ceoK qui coin rue moi *»ie-
i^bl^rcb^al d|iii$ tes Uttératurtss ârangflres que
-4» PQuyçll^. lumières pour Thbt^e de leur
patria daiis* toutes ses braoches et à tduies ses
I. ^^njottrd'boi que laat de rërdlution^poUtic^és ctt.ide^ rcJvireœcn^ de forUme oot déplaise des rî** cbesses liUéraires , inîàpdém aussit eu quelque aorte depuis pbisieurj s . iÀes , il tfMrait (bf t iutà> ressaut pour TEurope entière âe publier une topol^phfe 4l^s«ipnuscrits déposés dans tous les pays^ jMMtdans le^btblidthèques publiques^ sok daits .les grandes bibliftthèqijès.- partâStiUères. • C'qsT te jÉttl. mofen de faire retrouver de 'précieii«:v<^ummns inçomplet'S et ignorés jusqu'ici. En Filfticev pii^'exemple , deux de nos historiens les ^s reîMvqtiâl^éflyn^oiit pi^ éh^ coQiplétés : Tun est Fajiôaj^e dq &-Denis dont nous avons en latin une tie fort» cut^îeuie d^ Charles YI , ^ns pouvoil ipj!Foii.Ter là vie de Cl^arlesV qu'il dît avoic écrite aussi; Fantré est Gedrges Ch^stelain , un ^des écrivains 'ftosçaUIes plusMistingués du i5* siècle , rival de Cfmmines pour le style , la*4iortée d'espfit, la si- •tuation sociale , et resté dàUs le parti bourguignon lorsque Comrntaëk passa dans Je parli français. Je .n'ai pu relrouv«r< qu'avec beaucifop de peine, et •par hasard, un votmne et*^demi déjà Glironîque
(i) Voyez rAp|iei^*e.
(38i ) des (lues Philippe et Chaujes ; encore les i45 pre^ miers' chapitres manquent-ils à mon édiriotu II m'a été' impossible de les décbnvrir; Je* ne doute pas cependant qu'ils n'existent encore dans quelque Wbliotiièque obscure. Chastelain était trop célèbre et est trop moderne pour atoir pu périr ainsi prgsque tout entier (i).
Il icn est de mêrae-^'un grand nombre de nos ancienà poèmes cheva^ereçques. Il existe peut-être en Allemagpp et en ftussie tel manuscrit d'un poète (rauçais k)u provençal que l'on recherche inutilement chez* uq\is. tM. Immanuel Bekkcr a publié à Berlin^ en 1829, en un vol. in-4% leromaaprovençal de Pierabras, dont le manuscrit a passéde la bibliothèque de la congrégation de St. -Maur dans,celle'*du prince Louis d'Œttingen Waller^ stein. Ce poème, inconnu jusqu'ici en France, nous est offert par la savante Allemagne et doit provoquer l'ardeur de nos recherches; Le même M.
B^ker a ajouté au poème provençal de Fierabras des fragmens d'autres poèmes en langue française^ tels, que: Les,Quatrefils Aymow^ Gérardde Fienn
(1) Mes conjectures se sont beureuacment Téali84 :.dans un voyage que j*ai fait cet ëlé dans Jes aticiet * villes de Flandres, j'ai retrouvé dans diverses bii3liothèq et sous différens titres et noms d'auteui*s , les fiagmens eu ce célèbre chix)Hiqueiir; et en les réunissant tous je me suis assuré que. je possédais ce grand travail complet. Je m'oe- ^upe de sa piU^lication prochaine. ■
(àÔa) ^golanidL Auéri UBongonnon^ qtii se retrouvent oiaiMJtôcrils dans les bibliothèques particulières d<r .sd¥Qns AlkcmaïKl». (fne topographie des manus* crits de l'Europe permettrait aux érudits de chaque nation de retrouvei* daus ce fond commun Fobjét particulier de ses *rechei*chc8. desX. petit-être I Garpentras que se troute un manuscrit cherd>é en vain par un savant fle Gi*cAiade ou d'Edimbourg; nWolfenbnttelqn'ua savjtJUtâeTouloose peut complètser ses travaux, et réci{ft*oquement Si tout espoir de cette fédération politique européenne ^êvée par des conquérans et des philosophes, est encore ajourné à des siècles reculés , pourquoi n'existe^ rait4l pas du moins un sorte de fédération litté*> mire? Ici tous proBtent des travaux ^e chacun , pourquoi diacun ne pourrait-il pas profite^ des ressources de tous ? Avant d'en arriver à cette harmonie générale , il est bon que chaque pays commence son travail sur lui-même. J'avais conçu autrefois ce projet pour toutes les bibliothèques de France. Mon travail avait feit quelques pro* grès, et après peu d'années j'aurais fait publier un catalogue général, non raisonné, mais sommaire, delousles manuscrits des bibliothèques de France, celles de Paris exceptées, car c'est là un travail immense dont peuvent seuls s'occuper les savans bibliothécaires qui dirigent ces précieux établisse* mens, surtout celui de la bibliothèque nationale. Ce que les événcmens ne m'ont pas permis de
Googk
coulinuer, iVautres pourront le faire. Moi, gla<^ neur persévérant y- je me contenterai du moims d'iniliquer du doigt les ehanips où on peut feire uite plus abondants récolte. Et pour prouver au public que dam les vieux livres il y a du plaisir à gagner, pour d*autres que de vieux érudits, je terminerai ce 'volume par la traduction d'un vieux fabliau allemand du i4" siècle. Il m'a paru n^ofTvii^ aucun trace d'ancienne imitation française. I^ sujet offre quelque analogie avec le Lépreux dp la cité* d'Aoste. Ce poème plein de grâce, de sentiment et de natairel, esl d'Hartmann von der A^p, dont 3'indiquç un autre poème, celui rfViveig^y dans mes notes sur quelques manuscrits d'Heidelberg, -dao^ TAppendice qui suit.
LE PAUVRE HEHîïRY.
Par Harlmaim von dcr Auc
Hartmann était chevalier et vassal du" seigneur d'Aue. Ala mort de son suzerain^^l prit la croix',eî Çt en laaS le voyage de la Terre Sainte avec Tempereur Frédéric II. Wolfram* d'Eschenbach <(^(îodefroy de Strasbourg, les deux plus brillans dis troubadours allemands, parleirt de lui cM^nie d& plus célèbre poète de leur â^e. Son plus grand poème fut le roman rimé d'Eroj^ et E%itc qu'on n'a jamais pu retrouver.*Wolfram en a imité plusieurs passades. On coftnaît de^ lui* un autre roman métrique, celui d^Iwein^ qui a été imprimé. Les deux poèmes (TErck et Enite et aïwein sont des imitations d'anciens poèmes français, ou pliitôt provençaux, dont les originaux sont perdus*, et dont le sir Tristem anglais publie par sir Walter Scott paraît, jusqu'ici, être la reproduction la plus ancienne. Un troisième poèmle d'Hartmann , bien que moins étendu (i), n'est pas moins digne de sa réputation. Il a d'ailleurs un mérite de plus, c'est d'être tout-à-fait original , et complètement allemand. Je n'ai rien trouvé dans les fabliaux français qui eût la moindre ressemblance avec le poème
(i) Il ïi'a que i522 petits vers.
du Pauifre Heniry ^ titre de ce troisième ouvrage d'Hartmann , et je dois ajouter que dans aucun poète contemporain je ne trouve ces gracieux développemens de sentiment qui font le véritable charme du Pauvi^ Henry ^ On ne codnaissait, il y a peu d'années, qu'an seul manuscrit de ce poème conservé dans la bibliothèque de Strasbourg. Il a servi aux premières éditions; mais depuis peu d'années on a retrouvé le même ouvrage dans un manuscrit moins ancien renvoyé par la Yaticane à la bibliothèque dlleidelbergy et dans un troisième à Colocsa en Hongrie. Celui de Strasbourg est le plus ancien et le pfais complet. Le début du poème est. entièrement le mâme pour le fond des idées et mêmi^ souvent par Farrangcment des mots que le 4ébut ^Iweiftj soit qu'Hartmann l'ait voulu ainsi lui-même^ soit qu^un prepiier cppistei suivi depuis par les autres, ait ajouté oetle espèce de placage. Le Ptuiure Henry a été imprimé. J'en connais quatre éditions; l'une dans la collection fde Mûller, partie première; lautre donnée par les frères Grin^n avec des notes historiques et grîimmaticales, à Berlin , en i8i5 (un vol. in*isu ); la troisième dans un recueil, en un vol. m^%.^ destiné aux classes par le s&vant Benccke. Bfischnig en a donné à Zurich^ en 1 8io, une autre éditipn; mais il a^ modernisé le langage. J[e traduis ce vLetu conte aussi simplement que possible, et en merappvochant pi€(d à pied du texte original.
Le paui^re Henry.
Ilyavait unç fois un chevalier si savant qu'il était en état de lire tout ce qui était, écrit dans les livres. Son nom était Hartmann. Il était vassal de* la seigneurie d^Aue^ 11 prenait grand plaisir h feuilletter tpus les vieux liyres pour voir 3'il n'y rçncpntrer^it pas quelques unes de ce% histoires qui adoucissent les heures trop pesantes; mais il voulait toujours qu'elles fussent de nature à conserver le respect dû, à Dieu^ en même temps qu'eU le&gi^njent raffection des hommes. Il se propose de^vQlia raoonter aujourd'hui une histoire qu'il a ttoAfY^^ écrite. S*il irons a donné d'avance son nom^ c'est potH! qi;e la peine qu^il a prise ne soit pas sans récompense^ ei poun que celui quî^ après sa mort, l'enteodra lire ou raconter , ^»euille Inén prier Dieu pour le salut de son ame^ Dites oui ; car c'e4t être 4on propre intercesseur et fiiîpe déjà son salut que de prier pour les &iittô des autres. Yoiei doocce^'illat:
Daas un certain château de la Sotialbe vivait un seigneiMT auquel ne maniquait aiicUM des Vertus que doit posséder tout jeune chevalier ^ui vent se faire un renouK II n^était personne dans le piîys dont on dit ttot de liîen.Il était d'iïâe haute naissance et possédait de grandes Hche^es. ^tS'
( 387 ) quelque grande que fut sa richqssc^ quelque haute que fut sa naissance toute princière, son honneur et son courage étaient encore au-ikssus. Son nom était bien connu. Il s'appelait Henry. Il était sel* gneur d'Âue. Son cœur ne coânaisioit la fraude ot l'astiice que pour les mépriser^ et il savait restar fi^ dèle à un serment jusqu'à la mort. Sa vie étdit san^s tache. Les soins de son honneur mondain ne lui faisaient jamais perdre de vue le soin de son sahit^ aussi tous les jours grandissait-il en pures vçrtiis; C'était une fleur pour la jeunesse, un miroir pour le mondain, un diamant quant k la fidélité,. imf couronne quant à la modestie, uii prètecteor poiir les opprimés, un bouclier poor $es amis^ une' h»i¥ lance exacte quant à U mansuétude. Atiee lui il n'y ay^it jama^ ni trop ni trop peu. Il portait le travail comme un faq^orable fardeau. Dans les coq* seils c'était un p(»it: et il savait aussi chantei^bar^ mpnieusement d'amoqr ; et il savait gtgo/er los.et prix du monde; et il savait à la fois reàtjer beau et sage.
Ainsi le seigneur Henry jouissait dé ses Hebes** ses, (^e sa réputation, de su gaité, de toutes 1^ délices humaines, et était prisé «t. honoré au*des8us des plu$ nobles, des s^en^. Comment de cette haulq situation tomba*t*il tout à cpdp d^ns uAe vie mi«^ sérable? Connnent vit*on se réaliser sur lui comme autrefois sur Absalon, que la frivole couronne desf douceurs mouj^aiffes tomba spus ses pieds^ ihi plu&
( 388 ) haut point de sa gloire, aOn.qu il se vérifiai ce qui a été écrit:
Media vita in morte suinus* La mori nous saisit au milieu de la vie. Oui, nous entrons déjà dans la mort lorsque nous croyons vivre. Oui, ce que le monde a de plus ferme , de plus durable, de meilleur , déplus puissant, tout cela s'évanouit sans que nous puissions le maîtrii^er , semblable au cierge qui s*éteint, scintillant encore ^ et ne laisse en se consumant qu'un peu de cendres noircies. Ainsi à nos éclats de joie succèdent promptement les larmes. Ainsi, dans là coupe des doucem*s de la vie vient se mêler un fiel amer. Ainsi au vent de Tadversité se flétrissent et VeReuillent nos fleurs dans tout le charme de leur fraîcheur. - Le pauvre Henry en fit la cruelle expérience. Celai qui est au plus haut degré des grandeurs du monde est bien infime devant Dieu. Dieu le voulut, et de son bonheur il tomba dans la souffrance la plus ignominieuse; il fut atteint de la lèpre. A peine eut -on vu s'appesantir sur son eorps le châtiment de Dieu, que femmes et hommes s'éloignèrent de lui. Autant il avait de charmes autrefois aux yeux du monde , autant il lui paraissait repoussant aujourd'hui; de telle sorte que personne ne voulait consentir à le voir, comme il arriva anciennement au pauvre Job qui, au milieu de sa prospérité, fut étendu sur une paille infecte. Mais Job supporta pieusement, avec un cœur
(389) résigné^ arec un atne égale^ les douleurs et les afflictions du monde, et remercia Joyeusement Dieu son seigneur dé tant d'épreuves. Le pauvre Henry fut bien loin d'en agir aussi sagement. Aussitôt qu'il eut vu le monde s'éloigner de lui avec horreur comme de tous les lépreux, il devint triste et malheureux; sa fermeté de cœur faiblit, sa gaieté si viv« disparut , son haut courage tomba, son miel fui changé en fiel , un nuage obscur couvrît l'éclat de son soleil, et le fracas de l'orage troubla la sérénité de son ciel. Il gémissait de songer qu'il lui fallait laisser tant d'honneurs derrière lui, et sou-^ vent il déplorait le jour où il était né.
Gepetjfdâot il éprouva un léger mouvement de joie lorsque^ pour le conso^er , on lui dit que sa maladie n'était pas tout«à-fait incurable. Il pensa et médite comment il pourrait obtenir une si heureuse gvérisoû. Il se rendit d'abord à Montpellier (i); il consulta médecins et professeurs ; mais, tous lui déclarèrent qu'il n'en pouvait pas guérir..
Pldn de tristesse de Cette menace, il se rendit sur-le-champ à Salerne pour y conférer avec de savans médecins. lia, le plus savant de tous ceux qu'il rencontra lui dit, après.mûre réflexion: qu'il était possible de guérir de sa maladie, et que cependant il n'en guérii^ait pas; « Gomment cela peut -il être? s'écria Henry. Tu parles d^une manière incompréhensible. Si je puis être guéri , je serai
(i) Munpasiliere, dit le poème ^ de Mous Pesalanus.
(399) guéri; car tout ce que peut l'or^ toMt ce que peut le travail, je te promets^ sur ma foi, de laccom* plir, — Qu'il vous suffise de savoir, dit le maître , ce que je vous ai annoncé sur l'espèce de^voUre ma* ladie. A quoi pourraitservir que je vous dise: Oui, il existe un remède capable de vous guérir, puis* qu'aucun homme n'est assez puisssint, aucune in* telUgence n'est assez savante pour vous le procuret;. Yous ne pouvez être guéri que si Dieu luimêm^ veut devenir votre piédecin.— Cruel, r^liqua jEJ^nry^ pourquoi m'arrachez* vous ma seule conso* lation ? Si vous ne voulez pas manquer à vos de^ voirs de médecin et à votre science, et rejeter mon or et mon argent, j'ai ass^ de biens pour vous déterminer à me donner de plein gré tous vos se* cours. — C'est n'est pas la bonne volonté envers vous qui me pi^mque, répondit le médecin, et s'il existait à l^ portée de l'homme une médecine de cette nature, certes, je ne vous laisserais pas dépérir. Il n'en est malheureusement pas ainsi; et fussiezvops plus soufïrai^t encore, œ n'est point en moi qu'est la puissance de vous soulager. Il faut pour cela que vous trouviez une vierge qui de son libre mouvement et de sa pleine vo|opté consente à subir la mort pour vous. Vous le voyez , il ne dé- .pçnd pas d'un homme d'obtenir d'un autre être ce dé voûmei;it volontaire. Je vous le répète donc; le sang d'ui^e jeune vierge offert de sa volonté libre, c'est là le seul remède qui puisse guérir vos maux. »
Le pauvre Henry recooout couibieu il cUât im* possible que personne ce dévouât volontwemient pour le sauver. Tout espoir s'éteignit ^n, lui ^ il vit qu'il ne fallait plus penser à sa guérîsoo* Son çoçur en fut si profondément attristé , que la vie }ui en devint importune. Il revint chez lui, et s'occupa de partager du mieux qu'il lui sembla ses ferres .et ses meuiii^esi sans rien $re de ses des* seins. Il con^meuça par enrichir ses amis pauvres et ses pareils, et n'oublia pas de compatir au sort des p2|uvres étrangers. Le reste, il le doQua aux maisons de Dieu, pour que Dieu voul&t donner le salut à son ame» Il disposa ainsi de tout son avoir, ne réservant pour luiqu'unet^rreoii il avait nouvellement bKti et où il se proposait de fuir les hommes.
Il n'était pas cependant le seul à déplorer son sort ; tous ceux qui le cH>miaissaient, tous cçux Pleine des aiitres pays ^i eu entendaient parler, le ^ploraiept aussi.
Sur cette même terre demeurait un de ses métayersy ^ui y menait gaiaietit une vie eakne, tandis que d'autres, piap^ sous de mauxais^ seigneurs, gémissaient sous l'oppression des tailles et des impôts^ Tout ce que faisait le métayer plaisait au^pauvr^ Henry qui l'avait afiranohi de tout impôt et de toute vexation d'un maître . étranger ; aussin'y enavait il aucun dans tous le pays qui fôt aussi à son aise. Ce fut près de lui qu'alla vivre SQU seigneur, le pauvre Henry. Sa libéralité en«-
( 392 ) vers le métayer fut amplemeat récompensée , car celui-ci allait gsnment au devant de toutes les peines pour Pamour de son sdgneur. Toujours fidèle et soigneux, itd'oubliàit rien de ce qtn pouvait faire un peu de bien à son malade.
Dieu/<lans sa grâce infinie, avait accordé nne vie heureuse au métayer, en le douant d*utt corps vi' goureux et sain , d'une femme laborieuse et de beaux enfans, te plus doux des plaisirs de lliomme. llavait entré autres, ainsi que le rapporte rhistoire, une fillede douze ans, du caractère le plus charmant. Jamais elle ne &'éloignaitd'auprèfrde9on seigneur, pour mieux prévenir tous ses désirs et mériter sa bienveillance. Sq bonté ei sa grâce étaient . telles qu'à lavoir, on Teût cru l'enfant des plus nobles familles de l'empire. Les parens venaient visiter le malade de temps à autre, toutes les fois qu'iries envoyait chercher ; elle, à chaque instant,, elle accourait près de lui et nevoulait jamais rester ailleurs. Toujours assise à ses pieds, seule elle charmait ses longues heures , et par la pureté de sa beauté enfantine, rendait un peu de courage à ce cœur accablé. Aussi aimait-il cette en&nt avant toutes choses; il cherchait à deviuer ses umocens désirs ; et tous ces petits riens, ces miroirs, ces rubans , ces tresses de cheveux, ces ceintures , res anneaux, qui plaisent tant aux jeunes filles dans leurs jeux, et parent si bien leur corps élégant ,
tous ces légers dons avec lesquels on gagne si aisé**
(393) ment leur cœur, il s'empressait de les acheter e€ de les lui offrir. Une telleafFection avait fait naître entre eux tant de confiance etjde familiarité qu'il s'était accoutumé à la nommer sa chère petite femme^ Rarement la douce fille le laissait-elle seul; elle avait cessé de le voir lépreux, et ces souvenirs si légers y ces minutieuses attentions de son seir gneur contribuaient encore à l'attacher à lui. L'amour pénétrait ainsi plus profondément chaque jour dans ce jeune cœur ouvert à tontes les douces impressions. Dieu l'avait arrêté dans sa grâce.
C'est de cette manière qu'elle le servit pendant les trois ans que le pauvre Henry, dont IMeu travaillait le corps par toutes les douleurs, passa auprès de son métayer. Un jour, le métayer, sa femme et sa fille, cette, même jeune fille que vous connaissez déjà par mon récit, se reposaient de leurs travaux, assis près de leur seigneur et déploraient ses i oqffrances. Une crainte personnelle d'avenir se mêlait aussi à leur chagrin de sa maladie; ils pouvaient craindre que, s'il mourait, un nouveau seigneur à l'ame dure ne les fit descendre de cette position si honorable et si prospère. Ib étaient donc assis tristes et inqui^'^ lorsque le métayer prit la parole et dit: a Cher» seigneur , excusezmoi, si je vous adresse une question. Comment se fait-il que dans une ville comme Salerne, où il y a tant de médecins habiles à guérir, il n'y en ait eu
(394) liueun ^sez savant pour vous douoer ud bon cofi^eil sur votre maladie? Seigneur,' cela n^'étonne. » Aces mots, le pauvre Hcory, pour qui ce souvenir réveil*^ lait des douleurs û amères, poussa du plus profond de son cœyr un pénible soupir et répondit avec unevoîx fréquemment entrecoupée par des sanglots: « Tai bien mérité de Dieu cette horrible et ignominieuse maladie ! Tu as vu ma porte toujours large ouverte aux délices du wii^^l^y tu as vu comhiw je cherchais que. chacun y vécût à sa fantaisie« SSais quelle était ma déraison ! La suite a l^en montré combien mes richesses pouvaient peu ponr mon bonheur. Je ne songeais pas assez que Dieu , dans sa grâce, m'accordait seul cette vie délicieuse. Comme tom» les autres mondains ii^s^nsés, je ip^'im;igin.ai3 en moi-m$me qi^e sans lui je pouvais posséder tant d'écla^, tant de biens. Ainsi m'égarait ma folle vanité, et je ne pensais que bien peu à celui dont la grâce m'avait comblé de t^nt de biens et d'honneurs. Mais enfin, ce Dieu puissant qui seul nous ouvre les hautes portes du ciel, s'indigna de mon orgueil; il me ferma les portes du bonheur' et je ne dois in*en prendre qu'à la pauvreté de mon jugement, si je suis pour jamais entré dans U voie des douleurs ! Dieu s'est courroucé contre moi, et m'a envoyé une maladie dont personne ne peut me délivrer. Les méchans m'injurient, les bons me fuient. Ah ! quelque soufirance qu'éprouve celui qui me regarde , j'en éprouve
unie bien plus amère encore quand je vois le mépris qu'on me témoigne et les yeux qui se détournent de moi. Combien ta fidélité est-elle donc admirable envers moi^ toi qui souffres un misérable malade auprès de toi et qui ne le fuis pas. £t cependanty bien que ma vue ne t'épouvante pas^ bien que je te sois cber^ et je ne le suis plus qu'à toi ! bien que ton; bonheur dépende de mon existence, cependant tu apprendra3 peut-être sans peine la mortd'uQ être aussi misérable que je le suis. Y a - 1 - il au monde une infortune, y a -^t - il un avilissement au$si complet que le mien. Autrefois, j étais ton seigneur , aujourd'hui je suis ton dé-* pendant. Certes, cher ami, toi, ma jeune femme et la tienne , vou;s méritez bien tous trois la vie éternelle pour tant de soins attentifs dont vous avez entouré un pauvre malade. Quant à ce que tu m'as demandé, je vais te répondre. J'ai fait le voyage de Salerne, mais je n'ai pu y rencontrer un seul médecin, qui osât ou voulût se charger de moi, car pour guérir de ma maladie, je devais me procurer une chose que personne, à aucun prix, ne peut se procurer sur la terre. Tout ce qu'ils purent me dire, c'est quUl me fallait trouver une jeune vierge nqbile décidée à souffrir volontairement la mort pour moi. Ou serait obligé de lui percer le cœur, et le sang qui coulerait de son cœur pourrait seul me soulager. Mais il m'est impossible de penser que personne veuille de plein gré souffrir la
(396) mort pour moi. Je dois donc porter ma pesante ignominie jusqu^à la fin , et puisse Dieu me Ten^ voyer bientôt. »
Ce que le pauvre Henry avait i*acontéà son mé* tayer , la jeune fille l'avait entendu , car assise aux pieds de son seigneur , elle les rëcbaufibit sur ses genoux avec la charité et la pureté d'un ange. Elle prêta une oreille attentive à toutes ses paroles y et elles demeurèrent profondément empreintes dans son cœur jusqu'à ce que la nuit eut appelé tout le monde au repos. Alors , suivant son habitude ^ elle alla se coucher aux pieds de^son père et de sa raère^ qui tous deux s'endormirent. Mais la jeune fille ne dormait pas. De profonds soupirs s'échappaient de son cœur au souvenir des maux de son sei^ gneur , et ses larmes coulèrent avec tant d'abondance ^ qu'elles coulèrent sur les pieds de ses p»rens endormis. En sentant couler les pleur» de leur fille 9 ils se réveillèrent , et lui demandèrent quel si grand chagrin causait ses sanglots. Long» temps elle voulut se taire, mais enfin son pèrey par un mélange de fermeté et de prières, la détermina à consentir à s'expliquer. aYous pouvez bien, aussi pleurer avec moi, leur dît-elle , car qu'y a-til de plus malheureux pour nous-mêmes que Pinfortune de notre seigneur? Si nous venions à le perdre, ne perdrions-nolis pas avec lui .biens et honneurs? Jamais nous ne trouverions certainement un aussi bon seigneur que celui que nous avous. »
( 397 ) ^ — - a Tu dis bien vrai , rëpliquèrent^ils, mais notce tristesse et nos plaintes allëgeront-elles d'un cheveu les inquiétudes de notre situation? Chère enfant^ détourne tes pensées d'un tel sujet. Cela nous fait ^ sans doute I autant et plus peut-être encore de chagrin qu'à toi, mais il n'est pas en notre pou« voir d'adoucir ses souffances. Si c'était un homme qui eût &it tomber tant de maux sut* notre seigneur , notre malédiction tomberait sur lui ; mais c'est Dieu qui l'a voulu , humlUons-nous. » C'est par ces mots qu'ils imposèrent silence à leur en* faut 9 mais elle ne dormit pas un seul instant, et elle demeura plongée dans la tristesse toute cette nuit et le jour suivant , et rien de ce qu'on fit pour la distraire ne put arracher sa pensée de son cœur. La nuit sqivante, lorsqu'ils furent allés se reposer à l'heure habituelle , et que leur fille eut été couchée à leurs pieds dans le vieux lit de famille^ ils se^sentirent de nouveau comme: baignés par les larmes qui coulaient abondamment de ses yeux. L'innocente enfant avait tenu cachée, en silence^ au plus profond de son cœur, la merveilleuse pensée de bonté qui l'avait saisie tout entière. Ou trouver une semblable vertu? Elle avait arrêté fermement dans son esprit , que le lendemain serait le jour où elle offrirait sa vie pour sonseigneur. Cette héroïque résolution lui avait rendu, toute sa tranquillité d'ame, toute sa gaité. Aucun chagrin ne pouvait plus l'atteindre. Une seule inquiétude
(39S) Igi restait encore cependant ; c'était que son seigneur , en apprenant son projet, lui défendit de le mettre à exécution , et que tous trois également refusassent d'y consentir. C'était sur cette pensée que son malaise étail devenu si grand , que, comme dans la nuit précédente, son père et sa mère s'éveillèrent au brmt de ses gémissemens étoufii^s. Ils se relevèrent et lui dirent ; « Qui t'agite donc ainsi? Âs-tu perdu la tête de t'abandonner à ces sanglots qui te brisent le ccsur sans que personne puisse y mettre un terme! Pourquoi ne nous laisses*tu pas dormir? a C'est ainsi qu'ils la réprîman* daient sur ses chagrins inutiles et qu'ils croyaient l'avoir calmée à Finstaiit; mais sa résolution ne leur était pas encore connue, et à ces conseils elle répondit: «Mon seigneur a dit, qu'il existait poHi* Itii un moyen de guérir. Bien a voulu que, malgré mon peu de valeur, j'eusse en moi de quoi Iniiofinr le remède prescrit ; car je suis vierge, et plutôt que de le voir mourir, je suis fermement rjcsoloe à mourir pour lui. n
A ces paroles, le père et la mère furent tout tristes et troublés. Le père la pria de renoncer à d© telles' idées, et dene pas promettre au seigneur Henry d^xécuier ce qui était au-dessus de ses forées, «c Ma chère fille , lui dit-il , tu n'es qu'un enfant; tu crois trop facilement à la possibilité f accomplir un aussi grand sacrifice que celui dont tu viens de lious parler. Tu n'as pas encore vti là
(399) mort dé près; mais qu'arriva le moment oil sans ressource y sàos délai, il te faudrait mourir, alors te reviendrait avee force le dësir de vivre, lors* qu'il ùe serait plus temps. Tu n'as pas encore re-^ garde dans ce noir abîme. Ferme donc la bouche y et garde^toide proferier désormais, une seule fois, tout haut, de semblables discours, pour quHk ne retombent pas sur tatête.»» •'
Cest ainsi que,. par un mélange de tendresse et de fermeté, il comptait lui imposer silence^ mais il ne put y parvenir, a Cher père, lui dit-elle, quelque simple d'esprit que je sois, mon bon juge* ment ne m'ûpas toujours abandonnée, et/àiassez^ souvent entendu parler des douleurs de la mort pourne pas ignorer combien elles soiit fortes et poignantes; mais je saris aussi qUe celui qui, pour prolôn* ger sa vie , est forcé de se i^otidamhet* aux tHivâUx! les p1u$fatigan$,n^échappe pas d'avantagé aprèl tout à cet arrêt final. Il lui faut lutter et travailler sans cesse; ce n'est qu'avec les plus grand^efferts qu'il parvient à atteindre la vieillesse ; et après* tout cela , it n'en doit pas moins souffrir k mort» Et si^ au milieu de tant d'épreuves, ila perdiison' ame , ne vaudrait^il pas mieux pou^ lui qu'il nie fOtt jamais né? Le lot qui m'est tombé en pattage* est bien meilleur, et j'efi rende ^ace à Dieu du fend de mon ame, car même en mes tendres an-^ nées je puis abandonner mon corps pour obtenir la vie étern^e en récompense. :V6us ne pouvez-
Vous opposer à une résolution si bienfi^isante pour nous tous y pour moi surtout et pour vous-mêmes^ bon père et bonne mère. Seule, je puis éloigner de vous toutes les peines et les inquiétudes à. venir. Ces honneurs et ces biens que vous possédez aujourdlitii, vous les devez à la bienveillance de notre seigneur qui ne vous a jamais imposé de far* deau, qui ne vous a jamais enlevé aucun profit. Tant qu'il vivra, tout ira bien^ je le sais; n^ds s'il meurt, il nous faut tous mourir. Notre devoir comme notre intérêt est donc de prolonger sa vie et j'y parviendrai par un noble moyen, utile à nous tous. Âccordez-moi donc ce que je vous demande, car il faut que cela soit. »
Quand la mère vit que sa fille lui parlait avec tant.de détermination , elle lui dit en fondant en larmes: «^Ah, chère fille, songe à toutes les peines que je me suis données pour toi! ne dois^epasen avoir d'autre récompense que de t'entendre parler ainsi? Tu veux donc briser mon cœur! Adoucis, je t^'en/ooi^ure, tes paroles cruelles. Ne vois-tu pas qu'en, agissant en opposition à notre yplonté, tu compromets auprès de Dieu ton salut éternel ? Pense. à ses saints commandemens. Il prescrit à chacun de respecter et d'aimer ses père et mère, et il leur assure, en récompense, unç longue vie sur la terre et le salut de leur ame. Tu dis que tu veux sacrifier ta vie pour notre bien ; ah I<noii, tu veux, empoisonner ce qui nous reste de vie. N'est^e pas
(4oi )
pot|r toi seule qu'il peut nous être doux , à ton père et à moi, de vivre plus long-temps. Oui, chère enfant, tu es notre seul plaisir à nou$ deux, tu es lotit le charme de notre vie^ tu es la fleur de ta fa-* mille, \e Jbdton de notre vieillesse, et si par ta faute nous avions à pleurer sur ton tombeau, tu serais à jamais privée de la grâce de Dieu. Sois bonne fille, "écoutè-nous. — Ma bonne mère , répondit la jeune iUle^ je sais que vous et mon père vous avez pour moi la plus tendre affection que jamais parens eurent pour leurs enfans, et vous m'en donnez chaque jour des preuves. C'est à cette affection que je dois «t mon ame et ce beau corps , si prisé d'bemme et de femme que, partout où je vais, î'entends dii*equeje suis la plus fc^^Ue enSant^qui soit au monde. A qui^ après Dieu ^ dois-je autant de reconnaissance qu'à vous deux? Aussi, daustoutes mes actions, je m'empresserai toujours comme £1 -convient de me conformer à votre volonté^ JVIais, è ma douce anèrei vous, femme remplie de piété, puisque je dois à votre amour et mon corps et mon ame, daignez permettre en grâce que j'arrache l'un et l'autre aux pièges du, démon et q^e je «ic dévoue tout entière à Pieu. La vie de> ce monde n'est que la mort de l'ame. Les convoitises mondaines qui mènent droit en enfer ne m'ont pas encor<e atteinte. Grâces soient rendues à Dieu, de ce que, dans mes jeunes années, il m'a irispiré.la volonté de ne faire aucun cas de cette vie fragile et
de me remettre entre ses mains aussi pure qtto j'en suk sortie. Je craindrais, en vivant plus longt«0ips> que les délices du monde ne me foulassent aux pieds, et de me voir privée ensuite de la vue de Dieu, comme il est arrivé à plusieurs quT, àpr^ avoir cédé aux plaisirs, ont été entraînéi en enfri*. Oui, je me plains à Dieu d*être obligée de vivre encore jusqu'à demain. Le monde n'a aucun attrait pour moi. Ses plus grands plaisirs sont des souF« (tances pour le cœur; ses pluu*ouces récompense» uiie cruelle contrainte; la vie la plus longue, une mort de chaque jour; rien de certain que rincertitude qui nous apporte aujourd'hui ie bien, demain le mal, et enfin la mort. Cest là en vérité une des-* tinée pleine de tristeàse; et naissance, richesse, beauté, courage, rien ne peut servir. L'hoûdeur et la vertu ne peuvent pas plus contre la mort, que ne peuvent le crime et la honte. Notre jeunesse Cotnme notre vie entière n'est que nuage et poussière. Insensé est celui qui renferme en soi une telle fumée et s'attache au monde sans en conce*» voir le néant. Il ne voit pas la paille impure que recouvre un riche tapis, et quand ses yeux s'ouvrent enfin, c'est pour Voir qu'il n'a gagné que l'enfer et qu'il a donné en' échange à la fois corps et ame.
tf Ten appelle à votre tendresse maternelle, bonne et excellente mère. Calmez le chagrin que vous éprouvez a cause de moi. Mon père ne peut man«
quer de se rendre au même avis. Il veut mon bon« heur, je le sais; mais ii est trop loyal pour ne pas reconnaître bientôt ainsi que vous, ITiciireux avenir quevous pouvez en même temps me devoir et m'a»sUrer. Que lé ciel me donne en effet de vivre dénx ou trois ans de plus près de vous, et alors notre seigneur succombera probablement à ses maux , et la pauvreté nous fera tomber dans une si misérable éit«ation,q[ue vous -né pourrez pas me donner un bien suffisant pour qu'un mari m'accepte sans peine; et il vous serait moins pénible alors de me savoir morte. Vous espérez peut-être que la pauvreté ne viendra pas foudre sur nous, et que notre sieigr^ur vivra assez dans ses souffrances, pour qn'on ait le temps de me choisir Un riche et digne mari; Vest ainsi que volis voulez et eoniptez assurer mon bonheur, mais mon cœur repousse bien loin de semblables idées de félicité. Î5 j'aîmc mon mari^ iuon eti&te'nte sera sans c*esse empoisonnée par la vue de notre seigfieur cotttinuaût à souffrir; si je le hais, c'est pire que la mort. Dieu le sait! la lîouleur a toujours été mon partage. Tout ce qui tourmente les femmes, tout ce qiii trouble leurs plaisirs, tout cela a été ma vie et m'a privée de tout bien être comme de tout repos. Ah! permettez que j'entre en jouissance de cette plénitude de bonheur qui ne s'épuise jamais* Cest a Fange de la mort, c*cst à un époux céleste que je veux m'abandonner tout entière. Me donner h lui c\st assu-
fer mon avenir. Sa charrue va toujours légère et rapide à celui-là ; sa ferme est toujours abondam* meut pourvue; il ne lui meurt ni cheval ni bétail qui arrête ses travaux; là on n'est point importuné pardesenfans qui pleurent; Fa pluie ni la sécheresse, la chaleur ni le froid ne dévastent ses champs et ses récoltes; là point de décrépitude; le vieillard y recouvre toute la verdeur de la jeunesse; là ni soif, ni faim, ni privations, ni souffrances d'aucune espèce; tout y est plaisir sans fatigue. Voilà le mari qu'appellent mes vœux; voilà pour quelle existence je veux renoncer à un ménage que le feu peut incendier , que l'eau peut inonder, un ménage où il faut se débattre et lutter sans fin, et où ce qu'on a amassé avec beaucoup d'effor^durant teute une année de sacrifices, est perdu en un seul jour. Ah! si 'Vous m'aimez, comme cela doit être , que votre amour, mes chers parens, n'ait pas à mon égard les mêmes résultats qu'aurait la haine. Voyez où mou désir m'entraîne, et donnez-moi à la fois les biens et l'honneur en me laissant retournera notre Seigneur Jésus-Christ dont la grâce est si iaéptiisable quil ne repousse personne , et qui a autant d'amour pour moi, pauvre créature , que si j'étab une puissante reine. Je ne veux pas perdre voti*e tendresse par ma faute. Dieu m'ordonne de vous obéir à vous deux, mes chers parens, à qui je dois la vie, et je me soumets avec joie à ses commandemens ; mais il n'exige pas pour cela que je man-
t]ue à toute foi envers moi-même, réiiicndà dire detouseôtës : qui oblige ics autres dé manièté à se nuire à soi-ipêdie , qui couronne^ les autres et se l^nnil saif*mêfiie> celui-là a une mesure beau* coup trop fraiïd^ dé confiance. Je veux bien suivre tous vos avis et vous donner toute ma coh* fianoe; maïs mon devoir est aussi de ne pas abdiquer toute pensée de mon salut éternel. Plutôt que de me laisser détourner de mon sakit^ je dois me. résoudre à vous laisser me pleurer pendant quelque temps. Je serais coupable à nepasl'accomp\iv. et à ne pas me rendre là où je dois trouver un jH^lheuL* éternel. Puisse ma conviction profondé amener . la vàtr&l II vous reste d'autres enfans qui •vous &réBt jouir des plaisirs de ce monde et vàm fiOOaoleroDi:de;]na mort; car je vpus le disefitvé'i rité^ persoDiie ne pourra m'empérhor ^e sauVef* nîoname^ la perdition, mon seigneur de sa ma^ ladie. Bonhis .mère ^ je t'entendais tout-à-l'heure pleurer et dii*e que cela briserait ton cœur de venir pleurer sm* oioi» Icmibeau. Vrois^^ tff ï^e^ pourras vl6mr..aiir.jnon tc^beau;.car olîi la mort itie^^e^ «lonn^, personne oie te Findiquera. C'est à Sa* leroe^ueje d<MS aller ; c*est laque la mort nous, dclivreri tous les quatre de la puissance; de l'èiifer et de^ mauvais esprit^ c'est là que tons nous trotiY^QDS le bonheur, et moi. plus que voustous. » Lpraqb'ils virent que leur Glle était si fcrttiîsment décidée à la. mort, qu'elle parlait avec tant
fTc sagesse, et brisait si pîeusernont tous les lieo& du droit humain, ils s apei-çurcat bien qiie de teilles pçi:isees et une telle sagesse ne pou vaieni^rtir de la seule iatelliget^ce d'uQ enfaat^ mais que le Saiut-E^sprit paviait sap^ dçuto par m bouche y. coiojne il 6t at^tpefoi^ par ^Ue de St. Nicolas ^u Cerceau, U>fsqu'il lui enâeigtia la âiagesBe afin que sa bouté çu(aDti<ie tQuraât tout à Diqu. Us peasè-^ je^^t doi^e ea^ leur cœur qti'ils ne pourraient et ne devaient pa^ délournercette jeune vierge de la voit qu elle s'était tmcée avec taat de feripeté, et doQi Tinspii^fi^iaa lui veaaît certaîtieiiient de Dieu. lU £rissQOBaiQQt d'efîroi à cette idée; ils s-assirent muets sur leur Ht, et tout aatiersà leur amoor paup leur fille, Us semblaient avoir perdttlafteulté de piarl<9r et de pcuser. Pendant loc^tèciipsaAOttn 4'^^x ne put articuler un seul mol. Le anof de 1^ bonne mère ëlait surtout affaissé par la donkar; Ils. restèrent ainsi assis immobib^ et accablés de tris«> tesse. Us vireul bien enfin que taaidc4Jia|^n nç leur servait de rieu^ puisqu'il n'éiaît au piouvnir d'aucune créature bumaiiie de détourner leur R\l^ 4e$a courageuse résolution, Ib crurent 4oiiC).puisi* ^U^'il leur fallaiiÈ pettlre leiitvfilley quaqctii|e mort ne pouvait cire pi us: honorable^ et iU résoltivènt de lui donner leur auloi*isatk>n. En s^y opposant d-aiU leurs, leur seigneur pouvait leur imputer ta ikulc sans qu'ils réussissent pour cela h empêcher le sacrifice dp leur fille. Après un cruel combat enln^
( 4P7 ) l0Ur |on<k«ss&pour cette eafiint et leur piét^, demi- C9«^Ot^n^9 (]€;«)ÎTrefiisans , \h lui dir<$(it qnelh :fei\hS^\lwiwW ce qu^ctlli; uvaû ré^lp,
G^'M 9Î\fiirf ^^9,cqUA vierge sî.put*e eqt U ç«wr
yr^îtf^pm roiQplide joie; A peUie le jour »^mi^
paru i}a*elle ent|r^ fbns la çliambre à coucher de json
$«^4^ui* çt r^ippel^^M Dorw^-voMs, nfpnseigQeur?
Imî ijUtHf^Ue. -^ NoD , in9 lip^iie pe(il^ femqde y r^
jiQttdiuU} ^^ di^^iuQi; purq^ot ^tuiBuijoiir-
4'lm fev^ de^klkwme l^PWft? -t- Ahî «cigneiw,
^•«st le 4)b9grm ^w me ftkU éprouver votre ma*
J^îe ni ^m me tjent éveîUéa ^^ Clière petite
^Aît^EweiU^ ^ompMstiw pom* mmvm^^ mVst asaefs
)^H<M^f>9^W/i apmbreui(1ém^H4g(El$ q^ie m'eo
dooae tOD Jxm eomr. Dieti t'eo récompense 1 mais
a oelà il vHy a pa^ de remkàt. -^ Si, certaioeh
BWfitt monae^neur ^ il- y a un faon remède. Il ne
^diépèod quiç de vous d'êtne' s^ula|[é ^ et je' n'ai pas.
Youhi iftadar iw joar à voits l'aimoBcer. Ne aoos
;a!Vfi&^yoti6 pas dît 'Cfiie si vous repcontorieft unp
|etim vierge <|uide son^^ plèûi: gné^o^lât .soafirti*
Ift jttori-fKHir voits, vous étieai ioerftain d'ttse couu*
pUto guérÎAQni £h bîaii ! je s&rm^* cette j^ne
ûerge^^çia^ votée viç est plus nid)le et pli^ pré^
^ieuaa^ie |a mieane* ii
. A <^:inot»lesy€w du seigneor se reaiplÎDeni
idtt.douim larmes^net Ath ftommAa. de iâa loonoê
volonté. . fl Chèse ;eaiBUft> \i& dit4);> mouriclnlost
i|^ ube clK>se:»ii j^uce. que tu FimagHKs bien* Tu
(458) lh€ témoignes, je le vois, autant qu'il est eu toi*, Ion ardent désir de m'étre utile. Je te rends grâce de ce plaisir que tu viens de me faire gofttèri Je Wconnais bien lia bont^ de iott cceùr^ ta cdtiâetir et «a pitreté; Biais aunlel^ jé ne puis rien accepte!'. Que Dieu te récompetase dudctdûrtieùt quetit riif montres ! Mais toi-même tu tie pdurrak répondre lié Faccomptissément d*an ' aussi' terrible sad*ifice que celui di>tit lu tHé partes f et moi j'appeliefai$ avec raison surma' tête le liftëpris des hommes , si après être ^nm avaocié dati& le qours funeste dé^ ma maladie^ et avoir essayé intitilément téù0 les^^ remèdes, }'en acceptais ua semblablij à èelhi que th m'ofirea. Chère pevitefemtïie, t-u agis eii cilacommfe font lescofans. Us sont prompts è<tone6vdir,'etle projet qu'ik o»t conçu , bon oir mauvai^ lîenvie leur préiidde le mettre à eKécutioR; maisavt premier obstacle ils set Iiâtent de ehaager.* l^otB^tu-, moai enfant, tu fois ècumne eux. T«s penséâs.dt tes paroles scot portées en ce niouiefit>sur ce pomt; mais Vil s'agissait de les suivre et lie les «etAre à «x^cutÎQflV c'^^ ^^^i^ V^ ^ commeno^âlis fciM vite a i*en repentir^ Pensèft-y^ donc mieux;, songe <{jae ton père et ta -raèrq htf peuvent' se^pas$çr'de toi, et que moi-même, à qui ils onttoiijaur)9 témovgoé tant d'affectioQ, je ne puis coadefllir h fitire leur malheurs Ainu^les bien; ma chère eafiint, et jcondni»! toi toujours d'âpràs kursconseils. tB»- . C/fAi ainsi qu'il parla en souriant à la bonne
.jeone^le.: ILéUit Loîn. desecdonteF ékœ^m 9klM arriver. £n effet ier pire ^ lai ipère? \inr€hklle[ ivévh Yérè cejaoneat^citiiiii âifeât : :« Cher tci^eaiiy vèilsinot» avë^ainiésiètih^iMrés!) iLne k^kit ipfs
lun ;bbBflit;Xa!voloBtë,jid iibivë il «te^^sottf •
jfrthlm.iiioit]^ottlT yaufisaiiva;;» etnoasile i«i.[irà- ^aneltûi^ A>è|buéd>bciléstile ir«iîsitai)& ijour qu'«lfe 'éblaitt fisst ptmr) i''ttccoinpbs8€api€nit'](k| kd»>v«&ui et elle yieat. dfoètbnr.aotre ^u>Hs«tiôtiîi)ba veuttle >qi}ejcd& ^o(|s plaise^ic^r.jjtiâNt è ^boui, aonsLjaiioite
i !Uiijsd€»e?lal'piuf Mteadiîacaote^oaBèi'sfèttta^e sanglots, de larmes et de douletarsfmmitiiQettf déiMtêtaié*. tâfA^fé^ lepxtfiemej résilpnaÉSQaQi'^i hà psigens 114^ ipcAiiifticint' ëtoàtifér* Imisabglats iifQ6;9duk- VMttdan9:}^riiràA te pe<âéet!fi<\ laaBOBli^eïieqL-
IPP^Pt^i^ pQijfcy^t re^^H- ïj^jftr^iîafde rocooMM*
• <iafliîe»/ÏM»iratiqft p| jç}^ |>i4*i©# Pt p^ savait cn^'il
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jewe: vie*g9;i;^lftfr,^Ji#§s;k4e^^do»^w% deiSM^botl,
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^6t;$^pbsîtiàt b^ia^t \i^ piHip9fr^Uii de smUnàn^iffià
Salerpq; €lie^^ux de. firix ^ iVêteiq^ASk.! j^Fo^ilx
d'im'nsiiittc^ dé Melours, dé fanioat!d otlkle matàûer^, teU qii'eUe n'«a avak pmais; poité^ tout oe qim .p<mmiâ conirHMier.à' lui vekiërQle uoymgt' mcàns ^ fémhïtrlm fiik fléD«épûr;Heiii!3r.QtnpéiMniiitdé- 0rii»le$ âadglttftsv Lé&Iamesofc JàlfireilseidiiifeiwiBfe 4« mmfe et le pit>fiHidchâgotii'jda"{»ie?i Le départ
-fiU j pofkr. èttKt iififi >scàD« Jae»iBlihbkJ Y<^i^ (*<^ *>^^ i^lnéri^ âéolsKattt dr^bcéuté etde)fc»i^ftiiffy mitoyé h hmoKi ). pènsfiTcpi'aupAiejTeiyeiva jasais lirh! Otea^seolv^uî avait iiiapiré iineaî hérolqlie^rësdlattOK^à anm .timdrç jvîerge^^ 'ponivat^ ptif âd gmce donner assez deioroc^ assesjdeiemaâléaUK'pArens fj^ioiMr kfQ'Hrae, siOBonifbasadtft ^[ àk déolaur ikns ùhflslDeîLmcmcotv .
Lé[ MprsoKi«É«a:rjemK» epmpàgiie at^nvèrent lien- DMaeme»t à 3alenie. G^â^ un èiea l0i|ig voyage fioiir uaeoamssi jfttae fitte^ j^ussîeôt l«ur avrivée^ -Bmarj alla trouv(9i^ le iné4ècni> amtdi^ qirïl Itti aiMtiQk ia viêMgé pupedémahâëe, latfâconlaewfAitÎMfm^les^ëtdîft o(ïeY^(«^iljik tla^ lui pr^senta^ T'Mt >«ela ^riit tticfoyâ^leau mé^eeiir^iy è'àdrèdâift«it(à 3Ai^^>doiiee>t^iargé t « ]^ft enlant^l^'di^^iV i^t-^oef^e .^IpIcJA ^d Qi dé I»i4tiéiii^4[{dé tui-aâr^€ùn^ vjMHiIflalik r^soIiiiîtfflV'^ à'âs^^ ^tpdiràt éiéfh-
es Ion soigiiveui^? -LjoitertV i*^<^*Jt fl«îviéï^fe, nd'4*« au fôrtd de itWjnPpr^ïë cteofé ^t^ j'a* pèiié ^1119 résolution. lylJemédi^id A^ céhfoéd^ lioD. Il; lo^pi^it à part et h daBJ«>a de lui dii^ si son
l&aÉli*e ott cfsà que oc soit, lui arrachait de force de
semblables pfatoks. a Mon enfant^ ajoala^ti-ii, i\esA
amfsaireiqi>etu y |)enses^lus mârenieat^ car je
Tais t'csplîquer nettement la ti^urô de ton saci^i^^
fifiçe dans, tdulietsoii éte]i&ie« Si ce n'est: pàspntîère«*t
mfmty de tou plein gré, et k ta seule €ft nuique iak^
pîvalioii que tq soufflées la mort^ tu «««rifies ilmti*
legiedt tajeuaetvie^ saospouvoir^tro de la moindre
milité h t^n seigneur. Ne me dérol^ auduœ des
pensées 4e toa cœur. Je dois le rao^nier dam l4Mitb
sa vérité rborribte so«rf£raiice qu)â4u am^asàsubir;
Il fautd^abord-quie je te dëshabilielouie wiè) catau
incfNrî&de toute p«deur vir^«aie^43^«st tout^e hoa^^
Icàse de la nudité que ta dmspiiraitite devant moiy
sct^l jVige -de (on iftnocencfe* Après J^foie' tu^to seras
aitmi (EépouiHée absolument nue, .je t?aiiaciieftaLiles
feras et les jambes ; fHÛs^ situ as pitië «lefèoSiMiipi^
fen9e à la doulaïa^qi^ tu éproKi V-eres;* pilki<j7oi»rrii
rai ten sein, j'^o arracherai ton coeur, eii 4e brâei^t
loât palpitaot sur toié EKs-moi maintettaani , ttlMf
ettâust, ee tableau qabat^l pas «^a coûter? '^^
mais eii&fit «u'auna son^ïl^i ce quie ta> âouffrira^j «4
mqif'h la seule idée de eonteQi|^«r> «ft 4'li){Kgeti db
si' cruels toormens^ )e sei|^ UM 'SUeur froide; indiV^.
der 0100 visage^ Ëk bien ! sr nt\e ipeti^ée , vi '^tie
bienr de repentir s^est fatc j(>ur d»ns toûimiP^^l
eea'A'^ri^^ux tourmens, et ee génÂfeui sacrifice de
ta yWf toot est perdu. » C'est ainsi ^ pstt- des
prières plus vives encore qu'il la 'conjurait N^e ro^
{ 4i.a ) nonccr a àa réiolutton. Maïs elle, qui aspirait h une sainte m^t qui rarirachât à toutes les attgois«< ses du moade^ i^eMa.dalme el ferme ^ et \mtéfoa^ dit ea sourtént:«Q&e. Dîeti vous réeompeasê^bbn doeleur^de m'aToû* dit ausi siocèceBH&nt la vérités Oui,-$ans «doute^ j'4praUT€ ù» peu de ^coudiagei ineot, et jl m'«st survcMu tin doute que je dois vcMiq exposer tel qu'ii, est. Je o^ains donc que votre tî* midité :de cœur ne fasse éehouerx. notre projet. Le disfi«3Air$ qvcs .ions mm^z tenu est celui d'une feninmîofirane» Aune&-vou4 doocJe!e«urd'uQlièK^te timide etittould.cceur jdHin homii^! C'est envécite vou^ dDaoer beaucoup trop.diâ.aoïici. do manK^t^ c'est mal ¥buB.:luequ|tter. de vco devoirs de' médo^ €sn.)Jejsuis'U9!e fetume;, sans 49iite^ mais je sen& ma isiroè^ Menaoèzrmoi de /me cof^ficr en laipbeauz, çtfmfeBLiÀÏ\»étëDk^ Ces an^oiçses, ces vives dou4 lèui»<dp«t:v|opftm!av«z.parlëyje:le8>souhaitài& avant d^i'y^uâeiitQi^di^Abl «»Q«;4oMte^}q.ne.suîs:iNa Vmue, jmqiè'ifii^^iiej J)i9i f$st[ cpuq» jsi Je^memc^t unie rés(9^tkn^ ppyirjdéMret» pour i^Ou^^^ ^nAis )#|im^; CUwf 'à ^^otusykpàbuRi^^ temt a ^f^rj^ftàifi 9^mi^i nm uacoùi^aêgesi&rmey que j^.mft jrf^efltftà ,vp«j;»i|H^lices .av^ bjnâme ardftwr jqi^e^ j^ ipQ pjié^Q[taisà une dip^sev Ujw?. toi^r |i|i;e :4?.CQrp9:;a^Qqf^lt)èj^n Un jcmr. n'est.pas sï effr^^j^at^ quftj' J0 puisse la ^mettre: ea j(tHUpar»isou avec les jouii^saficçs de la vie cterneikt et. que j^ caqi^fsy^miihçv rétenûlé au prix d'un jour de dou-
( 4i3 ) leur. Apprenez que mon courage nest pas. de naf tureà se laisser abattre ainsi. N'bé&tiez donc pas plus loag*lémps à rendre la aanté à mon seigneur, à me donner à moi la vie éttîr«€;Ue. Dieu o^i^^t loué! Le temps jest. arrivé. Que voliie. sQiefic^iS^ mette à l œuvre l Qu attendez -vpup? Je ss^is que oeluîau nom duquel j'ai a>nçu et j'accomplirai mon projet, reconnaît bien ses vrais serviteurs elî ne les laisse jamais sans récompense. Je sai^ quM a dit : Ceiui-là qui a fait beaucoup pour moi, je, ferai aussi lïcaucoup pour lui. Certaine de ma i^^ compense céleste, je regarde donc cette mort comma une douce nécessités Je serais bien insenst'e de n^^ noncer à la couronne du ciel, au moment où mori ame, libre et légire, se sent déjà dégagée de 8«8 grossiers liens. »
Lonsque le médecin la vit si inébranlable, il la ramena près du lépreux, et lui dit: a Je ne doute plus q«e le sacrffice de cette jeune vierge ne soît pleinement agréé. Jléjouissez- vous, car la santé va ¥ous être rendue. »
Jl enimeua donc la vierge dans un cabinet ire« tiré, le ferma à clef et laissa le pauvre Henry à la porte pour quïl ne vît rien de lopération k lî|^ quelle il devait procéder. Aussitôt qu'ils furent arrivés dans ce cabinet, abondamment pourvu de toutes les ressources de l'art médical , il ordonua ' à la jeune fille de se dépouiller de ses v^teûiens. Elle s'empressa de lui obéir, et dans sa précipita^
tioQ etle)e$ déefaira en lambeaux, et se présenta à ses regards cémplètcment nuc^ sans que sa pudeur s'en crût blessée. £a voyant devant hii ce beau; c^orps, le médecin confessa ddns son cœur que ja* m^is il n*avàit e^cisté une pkis parfaite créature ^ î) Alt saisi d'une telle coto^assîoiii que son cott^age et son esprit eu étaient tout^ii-fait abattus. Une bàute table était disposée dans le cabinet;; il Un prescrivit d'y monter et l'y attacha^ Il prit ensuite entre ses mains un couteau large et long destiné à de semblables opérations ; îl Tessaya ; il œ cou^* pait p«s aussi bien qu'il le désirait; car puiscpio cette jeone fiile Àait destinée à perdre la vie^ il vou^ bât au moins dans sa pitié lui rendre la Inort ans» deuce que possible. 11 prit donc une bonne pierre à aiguiser, et commença à y promener son couteau en long él en large de manière à le rendre le plus tt^ncbant qu'il pourrait le faire. Le pauvre Henry^ po«ir qui l'rnnotente jeune fille allait mourir, en* tendait tous ces^ préparatifs du deliors , et s'aban* donnait au désespoir en pensant que jamais ise9 yeux ne la verraient phis vivante» Il chercha donc s'il n'y aurait pas quelque ouverture dans le mur ^ et par une fente il la vit gisantsurcette table, attachée et nue. 11 vit ce corps si beau, ces formes si délicieuses. Il la vit et reporta ensuite ses yeux sur h]î<^ ' mutile. De nouveaux sentimens surgirent tout à amp en lui; ce qu'il avait approuvé auparavant^ii Te àé* sapprouvait maintenant, et ramcrtuine de sespen-
séea fit place à la plus douce hienveillaficc* En: la voyant fit belle il se fit honte à lui-même et se cKt: « Il faut que tu sots bien msensë pour samâ^r une jeune flUe dont tout le monde a respecté bpai'ebéy au déair c(ue tit as de vivre. Toa boa jugetnent a àïé troublé. Malgré ta t^ésistanoe «a cécter cette m^ sërable vk que Dieu t'a accordée, il te faudra pocir* tant mourit*; el lu ne sais pas même s'il est bien certain €|ue la mort de celte enfant assuitetagliori^ son. Ce que Dieu t*a uifli^S âppi*ends à le support ter« Noi^s*écrîa>t-U, épouvanté de ses rétleaionSf BODyje ne permettrai pas la mort de cette enfodti» A Tiaslant même il frappa fortement à la porte et s'écria : «Laissez -moi entrer. -^ Ce n'est pas le: uiomeiHi répondit le médecin. ^-^ Il finit que je vous parle, dit Henry« «^ Je ne le puis mainteiiant^ roooseigaeur, répliqua le médecin; attendes que co soU terminé. — Arrêtez , vous dis-je , docteur, et venej^ me parler. — Pai'lez à travers la porte. — Je ne le ppis^il faut ouvrir, »
I^ médeciu laissa donc entrer Henry ^ qui iUâ, aussitôt à la jeune fille attachée sur cette tnbll) cruelle, et s'écria : <r Cette créature est trop par* faite pour que Je consente à sa mort. Qu^ la ntaia de Dieu s'appesantisse sur moi , pourvu qvtû cette: vierge innocente soit sauvée de la mort« Tout ce dont je suis convenu avec vous, argent et or je yooe donne tout, mais que cette jeune fille vive* » Dès que la jeune fille eut vu qu'on l'empêchait
ùe se ssaortl»3f et qu'on détachait ses liens ^ elle se Uirfa au plus violent désespoir ; elle s arradba les obeveux et poussa dentela sanglots qu'elle eût fait verser cleâ larmes aux cœurs les pk» froids. Elle, pleura araèreoieut et s'écria : « Malheur I mallieur à moi^ miséraUe ! <|ue vais-je devenir? Me fiiut^il doo€. perdre cette couronne céleste qtfe j^obtenais en édiange d'une si courte douleur? C'esthûsn maintenant que mon cœur est frappé de mort.
O Christ tout puissaiit ! quelle gloire nous est enlevée à mon seigneur et à moi ! NQusf>erdons ensemble le fruit d'une si noble résolution. E^fi.me laissant l'accomplir, lui recouvrait Jasatttéy moi j'acquérais la félicité éternelle. »
G'«st ainsi qu'elle réclamaitinstamnient la mort^ qm devait commencer son bonheur; mais ses ins^ tances ne fléchissaient pei^soone. Elle se tourna alors vers le pauvre Henry pour lui fait'e un ré* proche de sa pitié, a Devats-je croire, monseigneur, que j'aurais un jour à vous accuser d'une timidité tiui prolonge mon supplice star cettéterre. Tout le monde et moi-tnéme nous rtôus sommes donc abusés. J'entendais répéter partout que vous étieK la boulé et la loyauté ntéme, et que la fer^ mcté de votre ame ne (léchièsatt jamais; Dieu me soit en aide ! toutes ces' hautes (Qualités ne sontelles donc qu'une déception? he monde entier S'est41 abusé sur votre compte? N'avez- vous jartfais été et n'êtes vous encore, en effet, que le plus pusil-
(4*7) Ranime des hommes? Eh qupi ! ce qu/e je ne cfaii>g pas moi-même vous le craindriez pour moi ! Est-piç doBC là cette boiité, cette loyauté, cçtte fero^^të d'ame tant vantées? Pourqupi trembler en ipe voyant attachée? De l'autre côt4 ào ce mur épais qui me protégeait contre la coptagiou de votre faiblesse, m'avez-vous aperçue manifester quelque crainte? La vue de la mort d'un étranger est-elle si pénible à supporter? Vous le saviez d'avance; il ne s'agissait pas pour vous de souffrir dans votre personne^ mais de guérir. Je ne vous denia^ide que le courage du silence. E$t-ce trop exiger encore? »
La jeune fille eut beau s'emporter en reprpçheS| le blâmer, l'accuser, le supplier, tout fut inutile; il lui fallut vivre. Le pauvre Hpnry,.^veç douc^uf ,^ avec vertu, tel qu'il convenait à un preux cheya^^ lier formé aux bonnes manières, supporta toute son indignation. El lorsque, infortune qu'il était , il eut fait habiller la j^ne fiUe çt eut payé ou jiifS7 decin tout ce dont il était convenu, il prit sonc^pmin pour retourner chez lui avec son innop^qtp compagne. Il prévoyait bien qu'à son iHJtQur U i^ manquerait pas d'être accueilli par les raiilc^^^s. de toute, nature et de tout le monde, mais il :f^*! porta pieusement tout à Dieu» , . - ' yi '-,
La jeune ûlte avait tant p!^ux*é, tant .sapglpt^ tant gémi , qu'elle en tomba malade elle^tpén^eM et fut près d'en mourir. Ç'çst alprs flpe cejuj.;qf^f; sonde les cœurs, celui li^vant Iqquel s'ouvre -Jf^
( 4t8 ) porte de toutes les cottséienees, prit leur malheur en pitié. Dans sùû àinour et sa toute puissance, il avait voulu les éprouver tons deux, cortime il 6t autrefois du ridte Jobj mais Notre Seigneur Jésus- Christ montra en ce moment combien la foi et le dévoâment de la pitié lui sont chers; il les.urradiâ tous les deux de leur abtmede misère, et leur rendit en uninïstant la plénitude delà santé et du bonheur. Le bon seigneur Henry, complètement rétabli de son infirtuité, recouvra en même temps la fraîcheur et la beauté, et par sa faveur spéciale. Dieu lui accorda de rajeunir de vingt ans. Henry s'em* pre^a défaire part dé ce retour de santé à tous ceux qtfil savait avùir conservé au fond du cœur de Taf* fettioû et de la bienveillance pour lui.T-ons se ré* jouirent vivement de la iavear miraculeuse que la bonté de Keu avait daigné manifester en lui.
Dès que ses meilleurs amis eurent reçu la nouvelle de son retour, ils mpfntèrënt à cheval et allèrent à trois journées de chetnin au devant de lui aBn dé raccUéilfir convenablement. Ils ne voulaient sVn fier <pi*à leurs propres yenx ^ôur témoigner le miracle divin opéré sur son corps, tl est aisé de penser que \é métayer et sa femme ne tardèrent pas à arriver. Ceùt été leur faire injure que de ne pas être certain de les trouver les premiers près de leur bon seigneur. Comment décrire le hoilheur qu'ils ressentirent? car Dieu avait loorné gur eux un regard miséricordieux j il leUr rendait
( 4i9 ) à la fois leur fille pleine de vie ^ et leur seigneur plein de santé. Ils ne savaient comment «xprimer Texcès de leur plaisir. Leur oonir ëudt si ému ^ leur jaie était si extraordindiire, cpie les rires les plus folâtres et les larmes les plus abondantes se .succédaient et s'associaient sur leur figure.
Les Souabes ^es compatriotes le comblèrent ^ dons d'amitié et raccueillirent de la manière lapins amicale. Tout preux dievalier qui vient visiter les $0Uiab«s chez eux, peut dire comment ils accueillent leurs amis, et jamab, Dieu le sait, plus grande affection neûit montrée à personne que ses compar triotes n'en témoignèrent pour lui.
Que vous diraî*-je? Il redevint aussi riche en biens et en honneurs qu'ill'avait été auparavant. A celte fois il tourna séneusement ses regards vers Dieu etfobservaœieaxqucjacHKHssessamIscommandémens, voie certaine pour conserver inébranlàblemenl son honneur. Le bon métayer et sa fenime Avaient bien mérité qu'il les enrichit de biens et d'honneurs; aussi a'étaît*it pas homme à oublier de tels services. Cette même habitation, ces mêmes terres où il avait élé soigné par eux , il les leur doAaaen toute propriété. Quant à la jeune vierge, sa dièro petite femme, il eut sqin de la combler de hieiss et de tous ces égards qui adoucissent la vk^ et il la traita en tout aussi noblement et mieut encore que si elle eût été sô«i épouse épousée , selon qu'il était drcHte raison de le fait'(^.
A . peine le seigneur Henry était-il revenu à son ancien éclat de richesse et de santé , que les sages du pays commencèrent à le presser vivement de songer à un noble mariage. «Puisqu'il vous plaît ainsi, leur rëpendtt-il, j'y suis décidé, et je vais convoquer tous mes amis et vassaux pour prendre leur avis. » Ils envoya dotic convoquer et mander de partout, tous les hommes de sa sergneurie et de son obéissance, et dès qu'ils furent assemblés, amis et chevaliers, il leur fit part du conseil qui lui aivait été donné par les sages du pays. Tous |>ensèrent unanimement conune avaient pense les sages, qu*il était bien temps et bien raison qu'il se inariât. Mais une difficulté s'éleva alors. Lorsqu'il fut question du choix à faire, l'un conseillait celleci, l'aiuire ceUc^rlà^ ainsi qu'il est d'iisage quand les gens ont à donner conseil. Voyant qu'ils ne pouvaient tomber, d'accord , le seigneur Henry prit lap^i^teetdit:
a Bonnes geas et amis, il vous est bien connu à toi|s, quil y a peu de temps encore j';étais txunbé dans une affreuse maladie qui avait âoigné tout le monjdQ dp nH>i, Perinne ne s'épouvante à ma vue ai^qufHl'iiiXi, ef.Di^u a voulu que j'eiBse comme autrefois ; tm corps, pkûu de santé. Maintenant , dites-moi, comu^i^nt dois-je récompenser, celui qui a attiré sur mpi une. telle. bénédiction du ciel et m'a rendu à la vie? V Tous i^épondirent : « Vous devez sans hésiter vous mettre corpsct biens à sa merci:»
( 421 ) La pure vierge de son salut était en ce moment près de lui. Il la regarda avec douceur , entoura de ses bras sa taille souple et la présentant à tous: «La voilà, s'écria-t-il, bonnes gens et amis, la voilà près de moi cette bonne jeune fille à laquelle je dois la santé. Elle est de naissance aussi libre que je le suis moi-même, et mon cœur me prescrit de la prendre pour femme. Dieu veuille que cela puisse être ainsi; mais en vérité, je vous le dis, sis vous le déclarez impossible, je mourrai plutôt sans mariage, car vie et honneur je tiens tout d'elle seule. Au nom de notre Seigneur Dieu, je vous prie, bonnes gens et amis, de vouloir qu'il en soit akisi, »
A ces mots, tous, pauvres et riches ^.s'écrièrent: a Oui, oui, épousez-la ; c'est raison, c'est justice, i^
Il se trouvait dans cette réunion un grand nom* bre de prêtres et de chanoines qui leur donnèrent la sainte bénédiction du mariage. Après une pieuse et longue vie, ils entrèrent réunis dans le royaume de la vie éternelle.
Puissions-nous comme eux entrer en partage des joies célestes! Que Dieu nous l'accorde dans sa grâce. Amen.