‹ Quelques Tendances nouvelles en PuéricultureChapitre 13 sur 20 · PÉRIODE · texte numérisé non relu

PÉRIODE

Comme nous l'avons dit précédemment, pendant une première période, le Patronage franco-américain, coopérant avec l'Union maternelle et l’Assistance maternelle et infantile de Plaisance, par un service de visiteuses appliqua le système adopté aux Etats-Unis : tous les enfants nés dans l'arrondissement étaient catalogués et visités. C'était la misé en pratique dans le 14° du « district nursing ».

.. En automne 1919, à la suite de divers incidents relatifs aux enquêtes faites d’après les fiches de naissance, des objections s’élevèrent au sujet des visites à domicile; le Patronage franco-américain se vit dans l'obligation de modifier pour les visiteuses le procédé d'enquête

Voici l'opinion du D’ Lesage sur les différents modes d'enquête des visiteuses

« On peut avoir plusieurs opinions sur la façon de fai- «re de ces visiteuses prévues par la loi sur le repos des « femmes en couches. Le premier système est celui du « district nursing ». Dès qu'une naissance est signalée « par la mairie, la visiteuse attachée au district, se rend

Te

« à la maison du nouveau-né, se présente, explique le « but de sa visite, offre ses services à domicile à toute « mère qui vient d’accoucher. L'idée américaine est que « tous les enfants du district soient vus et Catalogués. « Ge système est excellent, mais, en France, il vient se « heurter à l'obligation du secret de naissance. La mai- ‘« rie ne peut fournir ni le nom, ni l'adresse de l’accou- « chée. Elle évite ainsi toute réclamation de personnes « qui tiennent « à cacher » la naissance d’un enfant. De « sorte que l'œuvre privée ne peut pas savoir s’il y à eu « une naissance, et de ce fait ne peut envoyer sa visi- « teuse. Il est certain que si l'œuvre est chargée officiel- « lement de surveiller la loi sur le repos des femmes en « couches, elle les aura, mais « sous le secret », car elle « est l’'émanation de l’administration. Elle connaîtra seu- « lement les femmes qui ont demandé le secours de Ha « loi. Mais les autres, elle les ignorera ».

Nous ferons remarquer que par l'application de ce système américain connaissant toutes les naissances quelle que soit la condition sociale, le Patronage avait

Une action sociale très étendue.

Une action médicale facilitée par une plus grande propagande.

Des statistiques exactes (par la @onnaissance de toute la natalité).

Mais partout où le système américain est exactement appliqué, il présente ces inconvénients ; peu compatible avec le caractère français, il est considéré comme inquisitorial, attentatoire à la liberté individuelle et ne respectant pas le secret de naissance.

A la suite de ces critiques et objections, il y eut sup-

pression de la tolérance accordée pour les fiches de naissance : la mairie ne communiqua plus les naissances. Depuis décembre 1919, le Patronage franco-américain, en attendant qu'il soit reconnu comme pouvant avoir connaissance « sous le secret » de toutes les naissances, a employé le système suivant :

Il fallait faire demander la visite par les intéressés ; le: Patronage distribua dans l'arrondissement et à la mairie (au Bureau des naissantes et au bureau de bienfaisance) des tracts disant « que le Patronage franco-américain aide et conseille toute femme enceinte et mère nourrice nécessiteuse à l’œuvre du district où habite la femme ». Les tracts sont également distribués dans les maternités à Chaque femme accouchée, indiquant directement les consultations (lieu, jour et heure, par quartier).

« La femme enceinte demandant le secours de gros- « sesse et la mère nourrice sont aïnsi attirées par l'espé- « rance d’unê aide et incorporées à l’œuvre à laquelle « elles s’attachent.

« Alors l'œuvre offre à la mère le secours de la visite « à domicile. Si elle refuse cette offre, l'œuvre peut sup- « primer toute allocation ; de même si la mère ne suit « pas régulièrement la consultation. Le Patronagé donne « une allocation, il a bien le droit de dire à la femme « qu’elle a le devoir d'accepter cette surveillance et de « suivre la consultation de nourrisson.

« Je pose en principe que : pour que la visiteuse serve ‘ à quelque chose, il faut qu’elle soit acceptée et même « demandée par la mère ».

Nous partageons l'avis du D’ Lesage. L'enquête ne doit

être faite qu'auprès des mères consentantes ; de cette façon, on respecte la liberté individuelle et le secret de naissance. C’est lors de la première enquête au dispensaire, que la visiteuse informe la mère des bienfaits du Patronage, elle propose son aide et sa visite. Agissant avec tout le tact nécessaire, la visiteuse secourt les fillesmères et les suit de la manière la plus discrète, respectant d’une façon absolue le secret professionnel auquel elle est liée. ra

I] y a une tendance à créer chez la femme : l'habitude de demander cette aide.

Pour cela, seule la propagande active faite par voie d'affiches ou de tracts, à la mairie, sur les murs, dans tout l'arrondissement et surtout dans les maternités et maisons d'accouchement, pourra atteindre ce but. L'ac- ‘tion la plus efficace étant celle exercée sur les femmes enceintes, il est à souhaiter que les dispensaires du Patronage franco-américain puissent délivrer le certificat

de grossesse réclainé par la loi Strauss.

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