AR QUE
Réduire la dépense, augmenter la recette,
Tout en baissant l'impôt. Problème intéressant, Facile à résoudre, d’une façon très nette,
Pour qui l’a travaillé, sans relâche, ardemment.
Enfin, pour terminer, un extrait de « Mon Calvaire ». « J'ai gravi mon calvaire... Dominant les sommets, J'’embrasse d’un regard l’immensité des Cieux,
Et fléchis les genoux, dans: la sérénité Pour le remercier, à mon guide, à mon Dieu.
C’est bien là le cri d’un homme qui a cessé de se plainidre, ayant acquis l’intime conviction de sa supériorité. Les conclusions s'imposent sans commentaires.
Observation 11.
A. Marcel, 34 ans.
Voici un malade au faciès béat. Il paraît calme et tranquille ; heureux peut-être ?... Nous l’interpellons pour confirmer ou infirmer cette impression première
— « Depuis combien de temps êtes-vous ici ? »
— « Depuis 1920. »
— « Content ? »
—.C Très heureux. »
— « La maison vous plaît ? »
— « On y est très bien. Bien nourri, bien couché, bien blanchi et bien éclairé. »
— « Voudriez-vous sortir ? »
— « Oui... (sans conviction), parce que je pourrais avoir des ciseaux pour faire mes « chaînes en crins ». Ici, on n'a pas le droit ; vous comprenez. Mais je me plais bien ici. »
— « Vous vous portez bien ?P » { « Je mange bien, je dors bien. »
— « Que faisiez-vous comme métier avant d’être ici ? » — « Ancien Empereur de Chine... »
Il s'exprime sur un ton monocorde. Gestes rares, vo-
cabulaire restreint.
Bien orienté dans le temps et dans l’espace, parfailement mnésique, il raconte qu'il est entré à l’âge de r2 ans à la colonie d'enfants arrièrés de Perray-Vaucluse. Nous trouvons au dossier des certificats qui confirment.
Celui de Déjerine, établi à Bicètre le 3r mai 1910 :
« Est atteint de débilité mentale avec instabilité. Crises de colère violentes pendant lesquelles il est véritablement dangereux pour son entourage. Il est nécessaire de le faire hospitaliser dans un sérvice spécial ».
Un autre du D' Magnan, le 3 juin 1910, à Sainte-Anne :
« Est atteint de débilité mentale avec instabilité morbide. Excitation violente envers son entourage. Convulsions dans la première enfance. Père alcoolique. »
Un autre enfin, du 5 juin 1910, à Vaucluse, du Docteur Blin
« Est atteint de débilité mentale avec excitation. Violences par intervalles, Menaces de mort contre sa mère: À maintenir. »
Aucun doule sur son niveau mental.
Il ne garde que de bons souvenirs de son séjour à Vaucluse. Il précise : « On y mangeait bien et on avait du dessert... »
La gastronomie n’est d’ailleurs pas son unique et principale préoccupation. Ce sont les «chaïnes en crins » dont il se dit l'inventeur. Il y travaille depuis l’âge de 8 ans. Effectivement, à l’aide de crins, seule matière première, il ouvrage avec beaucoup d'application des sortes de petites chaînes qu'il collectionne dans des boites en fer blanc.
Aucun fait saillant ne semble avoir marqué son séjour à Vaucluse, quelques crises de colère exceptées : il casse périodiquement des carreaux. Il suit les cours de l’école de rééducation où il apprend à lire, écrire et compter. Nous ne pouvons préciser si ces connaissances furent ou non sanctionnées par le certificat d’études. D’après ses dires, À. Marcel aurait non seulement son certificat, le brevet et le baccalauréat, mais bien d’autres titres encore que nous examinerons plus loin en détail.
. En 190, il à »2 ans. Sans doute ne peut-il être question pour lui d'une mise en liberté ; et ce n’est plus un enfant. On le dirige alors sur Ville-Evrard. Il y entre sans bruit. On ne trouve au dossier aucune trace de certificat.