‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 103 sur 334 · A )l. Marcel, iO aoât 17G · texte numérisé non relu

A )l. Marcel, iO aoât 17G

SIO TOLTAIRC.ET J.-J. BOUSSEAr

les mettait dans un grand embarras. Les bourgeois de Genève eo prêtant serment ne s*engageaient-ils pas à protéger la religion réformée contre toute atteinte? Ne les aecuserait-on pas de manquer à ce serment s'ils soutenaient un homme qui passait pour n'être plus chrétien ? Ne s'exposeraient-ils pas aux foudres du Consistoire? La résene de la bourgeoisie s'explique donc fort aisément.

On espérait cependant que le temps ferait son œuvre, que Teffenescence soulevée par les écrits du citoyen s*apaiserait peu à peu et que Ton arriverait à lui rouvrir les portes de sa patrie. Moultou faisait les plus louables efforts, pour arriver à ce but, et cependant Jean-Jacques, dans ses accès de méchante humeur, ne lui épargnait pas les boutades ; mais la passion du pasteur pour son ami dépassait toutes les bornes, et elle n'en reçut pas d'atteinte. Un autre fervent, M. Osteri, partageait cet enthousiasme. Depuis que Jean-Jacques était persécuté, Moultou et Ustcri se tutovaient et ils se donnaient des marques d'affection incroyables : « Ces gens-là me font mourir de rire, écrivait Mlle Curchod*; j'en demande pardon à Rousseau, mais je crois voir deux ivrognes qui pleurent de joie en s*embrassant parce qu'ils sont tous deux dans le même état*. »

Rousseau n'était donc pas si mal ser\î qu'il le disait. Les efforts de ses amis ne furent pas infructueux. Le syndic Jaliabcrt, qui avait courageusement défendu

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