‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 179 sur 334 · Fritz Berthoud · texte numérisé non relu

Fritz Berthoud

'^. A Mme de la Tour, 7 mai 1703. Catalogue d'autographes.

YOLTAinE ET J.-J. ROUSSEAU 527

Il mande également à Mlle de Bondeli :

« Je n'ose vous parler de mon élaf, il conlristerait votre bon cœur. Je vous dirai seulement que je ne puis me procurer des nuits supportables qu'en fendant du bois tout le jour, malgré ma faiblesse, pour me maintenir dans une transpiration continuelle dont la moindre suspension me fait cruellement souffrir ».

JeanJacques n'était pas aussi malade qu'il le voulait bien dire. Certes, il passait quelquefois par des crises douloureuses,, mais le reste du temps il se portait admirablement.

« Je ne l'ai jamais vu incommodé, dit d'Escherny; il jouissait de la meilleure santé, il cheminait, gambadait... et mangeait de fort bon appétit. Voltaire à Ferney voulait .toujours être mourant. Se dire malade est la maladie des. grands hommes ; c'est la coquetterie du génie et des jolies femmes * ».

A Tappui de son assertion, il cite une anecdote assez curieuse; ils venaient de passer une nuit sur la montagne :

« Le lendemain matin, comme on se demandait suivant l'usage : « Avez-vous bien dormi? — Pour moi, dit « Rousseau, je ne dors jamais. » Le colonel de Pury l'arrête et d'un ton leste et militaire: « Par Dieu, Monsieur Rousseau, « vous m'étonnez, je vous ai entendu ronfler toute la nuit; « c'est moi qui n'ai pas fermé l'œil. Ce diable de foin qui « ressue! » Ainsi Rousseau, par une faiblesse humaine,

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