PRÉFACE
Le lecteur trouvera en tête de notre premier chapitre le plan et le but de cet ouvrage. Une préface serait donc inutile si nous ne tenions à répondre d'avance à une critique qui probablement nous sera faite.
Bien que des recherches, couronnées de succès, et l'extrême obligeance dés collectionneurs auxquels nous nous sommes adressés, nous aient permis de donner une part d'inédit considérable, les documents qui figurent dans ce volume sont en majeure partie extraits des correspondances et des ouvrages qui ont paru depuis le siècle dernier jusqu'à nos jours. On nous reprochera peutêtre d'avoir reproduit, intégralement ou en partie, des lettres publiées dans les correspondances générales et dans les recueils particuliers.
A cela nous répondrons que bien des documents édités sont peu connus et que c'est faire œuvre utile que de les mettre en valeur; que
Il PREFACE
peu de personnes peuvent lire les volumineuses correspondances de Voltaire, de Rousseau, de d'Alembert, de Diderot, de Grimm, etc., etc., en les rapprochant, en contrôlant les assertions, en portant la lumière au milieu d'affirmations souvent contradictoires, en éclairant les faits et les événements par les récits dos contemporains, les mémoires, les souvenirs, les publications périodiques, tant anciennes que contemporaines, tant françaises qu'étrangères.
Ce travail, que le public ne saurait entreprendre, nous Tavons fait sur un point spécial qui nous a paru intéressant : les rapports de J.-J. Rousseau et de Voltaire.
Nous nous sommes plus particulièrement attaché à Rousseau, dont la vie a été relativement très peu étudiée. On ne la connaît en effet que par les Confessions^ témoignage bien suspect, et par l'ouvrage de Musset-Pathay, édité en 1822, travail consciencieux, mais dont l'auteur n'a eu entre les mains que des documents très incomplets.
Personne n'a encore montré Rousseau sous son véritable jour; c'est le but que nous nous sommes proi)osé et nous n'avons pas hésité ix nous servir de tous les documents publiés ou inédits qui pouvaient nous venir en aide.
Peut-être nous reprochera-l-on d'avoir fait mention d'événements déjà racontés par les quelques
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auteurs qui ont touché incideminent aux rapports de Voltaire et de Rouseau : voulant traiter le sujet complètement, nous ne pouvions laisser de côté certains faits sous prétexte que ces faits étaient connus et qu'il était loisible au lecteur d'aller les rechercher dans les ouvrages spéciaux.
Les principales sources' auxquelles nous avons eu recours sont : La bibliothèque de Neufchâtel, où sont déposés tous les papiers légués par Rousseau à M. Du Peyrou. — Les manuscrits de la Bibliothèque nationale de Paris. — Les Mémoires inédits de Cornuaud que M. Victor Cherbuliez, de PAcadémie française, a eu l'extrême obligeance de mettre à notre disposition. — J.-J. Rousseau^ $68 amis et ses ennemisy par M. Streckeisen- Moultou. Paris, Michel-Lévy, 1865, 2 vol. in-8^ Ce recueil contient un très grand nombre de lettres adressées à Rousseau et déposées à la bibliothèque de Neufchâtel. Nous avons fait à cette correspondance de fréquents emprunts et nous Pavons désignée indifféremment sous le titre de « Streckoisen- Moultou », ou de « Rousseau^ ses amis et ses ennemis. » — Histoire de ta vie et des ouvrages de J.'J. Rousseau, par Musset-Pathay. Paris, 1822, Brière. 2 vol. — Julie von Bondeli und ihr Freundeskreis, par Eduard Bodemann, Ilannover, Hahn'sche Hofbuchhandlung, i87i. Cet ouvrage, tiré à très petit nombre, n'est pas dans le commerce. — Voltaire et la Société au dix-huitième siècle j par