‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 223 sur 334 · Musée Neuchàtelois · texte numérisé non relu

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excommunié de la façon de M. de Voltaire m'amusera fort aussi*. » N'est-il pas singulier que le nom de Voltaire revienne toujours sous la plume de Jean-Jacques! N'est-ce pas une véritable monomanie! Quelle influence Voltaire pouvait-il avoir à Neufchâtel? sur des pasteurs?

Mlle de Bondeli, en apprenant les nouveaux ennuis qui accablaient son ami, écrivait à Zimmermann :

« Il y a eu et il y a encore de terribles affaires dans ce pays à cause de Rousseau; pom'un rien il allait être brûlé, puis après excommunié. C'était pour la gloire de Dieu et pour faire enrager Sa Majesté, que la classe voulait traiter ainsi un homme auquel il a donné sa protection; mais le roi» qui ne se soucie pas tant de la gloire de Dieu et de Tavancement de son règne par les bûchers, a fait notifier, dit-on, ses intenlions, et alors la classe s'est contentée de demander à Rousseau une façon de rétractation, qu'il doit donner cette semaine à cause des fêtes et de l'édification chrétienne dont on a besoin dans ce temps-là'. »

Frédéric, très mécontent delà tournure que prenaient les événements et du peu de cas qu'on faisait de ses conseils, fit publier deux rescrits royaux, l'un du 30 mars, l'autre du 24 mai, ordonnant au Conseil d'État de pourvoir au repos et à la sécurité du philosophe. Le roi dit même à Mylord Maréchal : « Que ne vient-il ici si l'on continue à l'inquiéler où il est I » Cette parole parut à Rousseau le salut et dès lors il n'eut plus

i. 23 mars 1765, à M. Mouron.

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