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410 VOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAl
chercher une habitation où Ton juge les gens sur leur conduite, et non sur les libelles de leurs ennemis ^ »
Fatigué de toutes ces tracasseries, prévoyant qu'elles ne feraient qu'augmenter et que la situation ne serait bientôt plus tenable, Rousseau conCait à Mylord Marechai ses douleurs et ses projets.
(( J*espérais, Mylord, finir ici mes jours en paix; je sens que cela n*est pas possible. Quoique je vive en toute sûreté dans ce pays sous la protection du roi, je suis trop près de Genève et de Berne, qui ne me laisseront point en repos. Vous savez à quel usage ils jugent à propos d'employer la. religion : ils en font un gros torchon de paille enduit de boue qu*ils me fourrent dans la bouche à toute force pour me mettre en pièces tout à leur aise, sans que je puisse crier. 11 faut donc fuir malgré mes maux, malgré ma paresse; ' il faut chercher quelque endroit paisible où je puisse respirer. Hais où aller? Voilà, Mylord, sur quoi je vous consulte*. »
Mylord Maréchal, qui savait à quel point la passion re^ ligieuse était poussée à Neufchâtel, répondit que Torage ne Tétonnait pas, qu'il le prévoyait et qu'il ne fallait pas espérer de calmer « une haine théologale » aussi invétérée. Comme le climat de Berlin paraissait à son ami trop rigoureux, il écrivit à Venise aux inquisiteurs d'Etat pour savoir si, le cas échéant, Jean-Jacques pouvait compter sur l'hospitalité de la République. La réponse fut négative.
On songea alors à Turin, mais l'asile sollicité fut éga-