VolUire à Tbieriot, 21 janvier
5. « Son Héloite, écrit-il le 8 aoiU 1770 à Mme du Deffand. me paraît écrite moitié dans un mauvais lieu, et moitié aux Petites-Maisons. Une des infamies de ce siècle est d'avoir applaudi quelque temps à ce
Nouvelle Héloïse ou Aloïsia, signées du marquis de Ximénès.
Bouchot a reconnu que ces lettres étaient l'œuvre du patriarche, mais il a assuré que le marquis les lui avait dérobées. C'est inexact. Il est vrai que Ximénùs avait déjà été pris la main... dans les manuscrits, mais cette fois, loin d'être coupable, il s'exposa au ressentiment de Rousseau pour plaire à son hôte; peut-être même celle pénitence lui fut-elle imposée en expiation de ses indélicatesses passées. Bien qu'il ne fût plus tenu à aucun ménagement vis-à-vis de celui qui l'injuriait si gratuitement, Voltaire, fidèle à son système de ne jamais se mettre en évidence, pria Ximénès de signer les lettres à sa place. Avec ses amis cependant il ne dissimulait pas sa paternité*, mais vis-à-vis de d'Alembert, qui était resté dans de bons termes avec Jean Jacques, il se montrait plus circonspect.
« Je n'ai point fait de réponse à sa lettre, lui écrivail-il, M. de Ximénès a répondu pour moi, et a écrasé son misérable roman. Si Rousseau avait été un homme raisonnable a qui on ne prtl reprocher qu'un mauvais livre, il n'aurait pas été traité ainsi*. »
monstrueux ouvrage. Les dames qu'il outrage sont assurément d'une autre nature que lui. La ZaTde de Mme de la Fayette vaut un peu mieux que la Suissesse de Jean-Jacques, qui accouche d'un faux germe pour te marier. Ce polisson m'ennuie et m'indigne, et ses particuliers me mettent en colère. Cependant il faut être véritablement philosophe et calmer ses passions, surtout à nos âges. »