CLASSE STÉRILE
AVANCES
annuel/es de celte classe, montant a deux milliards, qui ont produit Cinq milliards, dont deux milliards soa\ eaproiluit net ou revenu.
de deux milliards pour cette classe :
il s'en dépense un milliard en achats à la classe productive et l'autre milliard en achats a la classe stérile.
ÀVAPÏCES
de cette classe de la somme d'un milliard qui se dépense par la classe stérile en achats de matières premières à la classe productive.
Ainsi la classe productive vend pour un milliard de productions aux propriétaires du revenu, et pour un milliard à la classe stérile, qui y achète les matières premières de ses ouvrages, ci 2 milliards.
Le milliard que les propriétaires du revenu ont dépensé en achats à la classe stérile est employé par cette classe, pour la subsistance des agents dont elle est composée, en achats de productions prises à la classe productive, ci 1 milliard.
Total des achats faits, par les propriétaires du revenu et par la classe stérile, à la classe productive, ci 3 milliards.
De ces trois milliards reçus par la classe productive pour trois milliards de productions qu'elle a vendues, elle en doit deux milliards aux propriétaires pour l'année courante du revenu, et elle en dépense un milliard en achats d'ouvrages pris à la classe stérile. Cette dernière classe retient cette somme pour le remplacement de ses avances, qui ont été dépensées d'abord à la classe productive en achat des matières premières qu'elle a employées dans ses ouvrages. Ainsi ses avances ne produisent rien; elle les dépense, elles lui sont rendues, et restent toujours en réserve d'année en année.
Les matières premières et le travail pour les ouvrages montent les ventes de la classe stérile à deux milliards, dont un milliard est dépensé pour la subsistance des agents qui composent cette classe; et l'on voit qu'il n'y a là que consommation ou anéantissement de productions,
et point «le reproduction; car cette classe ne subsiste que du payement successif de la rétribution due à son travail, qui est inséparable d'une dépense employée en subsistances, c'està-dire en dépenses de pure consommation, sans régénération de ce gui s'anéantit par cette dépense stérile, qui est prise en entier sur la reproduction annuelle du territoire. L'autre milliard est réservé pour le remplacement de ses avances qui, l'année suivante, seront employées de nouveau à la classe productive en achats de matières premières pour les ouvrages que la classe stérile fabrique.
Ainsi les trois milliards que la classe productive a reçus pour les ventes qu'elle a faites aux propriétaires du revenu et à la classe stérile, sont employés par la classe productive au payement du revenu de l'année courante de deux milliards, et en achats d'un milliard d'ouvrages qu'elle paye à la classe stérile.
La marche de ce commerce entre les différentes classes, et ses conditions essentielles, ne sont point hypothétiques. Quiconque voudra réfléchir verra qu'elles sont fidèlement copiées d'après la nature; mais les données dont on s'est servi, et l'on en a provenu, ne sont applicables qu'au cas dont il s'agit ici.
Les divers états de prospérité ou de dépérissement d'une nation agricole offrent une multitude d'autres cas et par conséquent d'autres données, dont chacune est le fondement d'un
calcul particulier qui lui est propre en toute rigueur.
Celles d'où nous sommes partis fixent, d'après la règle la plus constante dans l'ordre naturel, à cinq milliards la reproduction totale que la classe productive fait renaître annuellement, avec deux milliards d'avances annuelles, sur un territoire tel que celui que nous avons décrit. Selon cette hypothèse, les avances annuelles reproduisent deux cent cinquante pour cent. Le revenu des propriétaires peut être alors égal aux avances annuelles. Mais ces données ont des conditions sine quabus non ; elles supposent que la liberté du commerce soutient le débit des productions à un bon prix, par exemple le prix du blé à 18 livres le septier; elles supposent d'ailleurs que le cultivateur n'ait à payer directement ou indirectement d'autres charges que le revenu, dont une partie, par exemple les deux septièmes, doit former le revenu du souverain. Selon ces données, sur un revenu total de deux milliards, la part du souverain serait de 572 millions ; celle des propriétaires serait de quatre septièmes ou un milliard 144 millions ; celle des décimateurs d'un septième ou 286 millions, l'impôt compris. 11 n'y a aucune manière d'établir l'impôt qui puisse fournir un aussi grand revenu public sans causer aucun dépérissement dans la reproduction annuelle des richesses de la nation.
Les propriétaires, le souverain et toute la na-
tion ont un grand intérêt que l'impôt soit établi en entier sur le revenu des terres immédiatement; car toute autre forme d'imposition serait contre l'ordre naturel, parce qu'elle serait préjudiciable à la reproduction et à l'impôt et que l'impôt retomberait sur l'impôt même. Tout est assujetti ici-bas aux lois de la nature: les hommes sont doués de l'intelligence nécessaire pour les connaître et les observer; mais la multiplicité des objets exige de grandes combinaisons, qui forment le fonds d'une science évidente fort étendue, dont l'étude est indispensable pour éviter les méprises dans la pratique.
Des cinq milliards de reproduction totale, les propriétaires du revenu et la classe stérile en ont acheté pour trois milliards pour leur consommation: ainsi il reste encore à la classe productive pour deux milliards de productions ; cette classe a acheté en outre pour un milliard d'ouvrages à la classe stérile, ce qui lui fait un fonds annuel de trois milliards, lequel est consommé par les divers agents occupés aux différents travaux de cette classe, qui sont payés par les avances annuelles de la culture, et aux diverses réparations journalières du fonds de l'établissement, qui sont payées par les intérêts dont on va parler.
Ainsi la dépense annuelle delà classe productive est de trois milliards, savoir deux milliards de productions qu'elle retient pour sa consommation et un milliard d'ouvrages qu'elle a achetés à la classe stérile.
Ces irois milliards formeDt ce qu'on appelle les reprises de la classe productive , dont deur milliards constituent les avances annuelles, qui se consomment pour le travail direct de la reproduction des cinq milliards que cette classe fait renaître annuellement, pour restituer et perpétuer les dépenses qui s'anéantissent par la consommation; l'autre milliard est prélevé par cette même classe sur ses ventes pour le» intérêts des avances de son établissement. 0» va faire sentir la nécessité de ces intérêts.
1° Le fonds des richesses d'exploitation qui constituent les avances primitives est sujet à un dépérissement journalier qui exige des réparations continuelles, indispensablement nécessaires pour que ce fonds important reste dans le même état et ne marche pas progressivement vers un anéantissement total qui détruirait la culture et par conséquent la reproduction et les richesses de l'Etat, et par conséquent ausss la population.
1° La culture est inséparable de plusieurs grands accidents qui détruisent quelquefois presque entièrement la récolte; telles sont la gelée, la grêle, les inondations, la mortalité des bestiaux, etc., etc. Si les cultivateurs n'avaient aucun fonds en réserve, il s'ensuivrait qu'après de tels accidents ils ne pourraient pas payer les propriétaires et le souverain, ou qu'ils ne pourraient pas subvenir aux dépenses de leur culture l'année suivante : ce dernier cas serait
celui qui arriverait toujours, attendu que le souverain et les propriétaires ont l'autorité pour se faire payer ; et Ton sent les conséquences funestes d'un pareil auéantissement de culture qui retomberait bientôt et sans ressource sur les propriétaires, sur le souverain, sur les décimateurs, sur tout le reste de la nation.
Les intérêts des avances de l'établissement des cultivateurs doivent donc être compris dans l leurs reprises annuelles. Ils servent à faire face à ces grands accidents et à l'entretien journalier des richesses d'exploitation, qui demandent à être réparées sans cesse.
On a remarqué plus haut que les avances primitives étaient d'environ cinq fois plus fortes que les avances annuel/es : dans l'hypothèse actuelle où les avances annuelles sont de deux milliards, les avances primitives sont donc de dix milliards, les intérêts annuels d'un milliard ne sont que sur le pied de 10 p. 100. Si l'on considère la quantité de dépeuses auxquelles ils doivent subvenir ; si l'on songe à l'importance de leur destination; si l'on réfléchit que, sans eux, le payement des fermages et de l'impôt ne serait jamais assuré, que la régénération des dépenses de la société s'éteindrait, que le fonds de richesses d'exploitation et par conséquent la culture disparaîtraient, que cette dévastation anéantirait la plus grande partie du genre humain et renverrait l'autre vivre dans les forêts, on sentira qu'il s'en faut beaucoup que le taux
•de 10 p. 100, pour les iotérêts des avances périssables de la culture, soit un taux trop fort.
Nous ne disons pas que tous les cultivateurs iretireut annuellement, outre leurs avances annuelles, 10 p. 100 pour les intérêts de leurs avances primitives ; mais nous disons que telle •est une des principales conditions d'un état de prospérité ; que, toutes les fois que cela n'est pas ainsi chez une nation, cette nation est dans «le dépérissement et dans un dépérissement progressif d'année en année, tel que, lorsque sa marche est connue, on peut annoncer par le •calcul le moment de l'entière destruction. Nous •disons d'ailleurs qu'un fonds placé aussi avantageusement pour la nation que celui des avances de sa culture, doit par lui-même rapporter net aux fermiers, qui y joignent leurs travaux et l'emploi de leur intelligence, un intérêt annuel au moins aussi fort que celui que l'on paye aux rentiers fainéants.
La somme totale de ces intérêts se dépense annuellement, parce que les cultivateurs ne les laissent point oisifs; car, dans les intervalles où ils ne sont pas obligés de les employer aux réparations, ils ne manquent pas de les mettre à profit pour accroître et améliorer leur culture, •sans quoi ils ne pourraient pas subvenir aux grands accidents. Voilà pourquoi on compte les intérêts dans la somme des dépenses annuelles.